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>Vingt ans après : LRM, le cinquième mousquetaire</title
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>Philippe Le Pape</name
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>032554362</idno
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>2019-06-17T08:55:00</date
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>18-19</dim
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>01/10/2017</date
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>01/12/2019</date
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>Version Métopes : 2.1</p
><p
>Written by OpenOffice</p
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>Arabesques</bibl
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>Formats et modèles</titlePart
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>Vingt ans après : LRM, le cinquième mousquetaire</titlePart
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>Philippe Le Pape</docAuthor
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><argument
><p
style="txt_chapo"
>Le modèle FRBR a vingt ans. Dix de plus que ses compléments, FRAD et FRSAD, centrés sur les données d’autorité. Voici les trois modèles désormais fondus en un seul : IFLA Library Reference Model, ou LRM.</p
></argument
></front
><body
><div
type="chapitre"
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><p
style="txt_Normal"
>La rédaction de FRBR, FRAD et FRSAD s’est échelonnée sur une quinzaine d’années, au cours desquelles l’Internet déferlait sur le monde. Né trop tôt pour en tenir compte, le modèle FRBR se nourrit encore des Principes de Paris (1961). Le cadre général qu’il pose s’avérera pourtant suffisamment solide pour que les modèles suivants, LRM compris, le reprennent sans écarts conceptuels : un cœur bibliographique réparti en quatre entités, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre, expression, manifestation </hi
>et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>item </hi
>(les « WEMI » ou « groupe 1 »), sur lequel des agents (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>personnes </hi
>et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>collectivités </hi
>ou « groupe 2 ») exercent des responsabilités de création, transformation, publication, possession… S’y ajoute la <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>relation de sujet, </hi
>qui associe n’importe laquelle de ces six entités plus quatre autres (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>objet, concept, lieu </hi
>et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>événement </hi
>ou « groupe 3 ») à l’entité <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre </hi
>et à elle seule. Chaque entité est dotée d’un certain nombre d’attributs caractéristiques, qui pourraient être autant de zones d’une notice MARC qui en décrirait une instance. Enfin l’architecture du modèle répond aux quatre types d’opération (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>user tasks</hi
>) : <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>trouver, sélectionner, identifier, obtenir, </hi
>que toute utilisation d’un catalogue est censée mettre en œuvre en tout ou partie.</p
><figure
><graphic
url="../icono/br/IMP_Arabesque87_Page_18_Image_0001.jpg"
></graphic
><head
style="titre_figure"
></head
><p
style="ill-credits-sources"
>Source : Gallica - BnF</p
></figure
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Extension du domaine de la modélisation</head
><p
style="txt_Normal"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>FRBR</hi
><hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>, ou FRBR orienté objet. </hi
>Publié en 2009, FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
><hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
><note
n="1"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn1"
><p
> Voir : <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Definition of FRBR</hi
><hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>: a conceptual model for bibliographic information in object-oriented formalism, </hi
>version 2.4, IFLA, 2016. En ligne : <ref
target="https://www.ifla.org/publications/node/11240"
>https://www.ifla.org/publications/node/11240</ref
></p
></note
></hi
> est une formalisation de FRBR (puis de FRAD et FRSAD) en ontologie, par le biais d’une harmonisation avec CIDOC CRM, modèle créé pour les objets de musée. FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
> en est une extension, et se présente comme <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>« </hi
>une ontologie ou modèle conceptuel de haut niveau pour les données bibliographiques ». Le formalisme de FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
> est très éloigné de celui de FRBR. En revanche, son analyse rejoint celle du modèle d’origine, moyennant quelques différences notables. Ainsi, le temps y est envisagé de manière dynamique, sous forme de <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>laps de temps, </hi
>aussi court soit-il, par opposition à la notion FRBR, fixe, de <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>dat</hi
>e. La <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>manifestation </hi
>selon FRBR est un avatar de l’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>expression </hi
>d’une <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre, </hi
>tandis que, pour FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
>, le processus de publication est considéré comme un travail de création : FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
> reconnaît une <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre de publication</hi
>, dont l’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>expression </hi
>est un équivalent « en relief » de la <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>manifestation </hi
>de FRBR. C’est une vision plus juste de la réalité, qui permet de modéliser de façon précise les agrégats (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>manifestations </hi
>réunissant les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>expressions </hi
>de plusieurs <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvres</hi
>).</p
><p
style="txt_Normal"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Parallèlement, FRAD et FRSAD étendent et affinent FRBR. </hi
>Mais approfondir la modélisation des données « d’autorité » et de la relation de sujet oblige à des points de vue particuliers, d’où quelques incohérences avec le modèle original, de même qu’entre FRAD et FRSAD. Il y avait donc lieu de fondre les trois modèles en un tout et d’adopter un formalisme unique (car si FRBR reste un modèle « entité-association » basique, FRSAD louche un peu du côté de l’ontologie).</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>LRM : la tentation de FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>OO</hi
></head
><p
style="txt_Normal"
>IFLA LRM est une mise en cohérence de FRBR, FRAD et FRSAD dans un formalisme d’ontologie. L’influence de FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
> y est sensible : LRM se veut « un modèle conceptuel de référence de haut niveau développé dans un cadre de modélisation entité-association enrichi », voilà qui rappelle la façon dont FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
> se présente (cf. <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>supra</hi
>). Son nom même fait écho à celui du CIDOC CRM. Les entités y sont organisées en classes et sous-classes comme dans FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
> et non plus en trois groupes comme dans FRBR— ce qui abolit la notion d’autorité. L’entité <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>res </hi
>(« chose » en latin), définie comme « toute entité de l’univers du discours », est déclarée comme la superclasse de toutes les autres, qui héritent donc de ses propriétés.</p
><p
style="txt_Normal"
>De même est établie une relation générique <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>est associé à, </hi
>dont toutes les autres sont des spécialisations.</p
><p
style="txt_Normal"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Entités. </hi
>Il y en a moins que dans les modèles précédents cumulés (11 au lieu de 18). Sous l’influence de FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
>, les entités <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>lieu </hi
>et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>laps de temps </hi
>(qui remplace <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>événement </hi
>de FRBR) peuvent être associées à <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>res </hi
>(donc à n’importe quelle entité) et ne sont plus exclusivement <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>sujet. </hi
>En conséquence, les attributs FRBR formés sur un lieu ou une date sont remplacés chacun par une relation entre l’entité concernée et l’une ou l’autre de ces deux entités.</p
><p
style="txt_Normal"
>Les WEMI voient leurs définitions retouchées (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre </hi
>et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>manifestation </hi
>dans un sens plus abstrait), tandis qu’il devient possible, pour une <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre </hi
>donnée, d’en déterminer une « <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>expression </hi
>représentative » dont certains attributs peuvent être enregistrés au niveau de l’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre </hi
>(exemple : la <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>langue originale </hi
>d’une œuvre textuelle). L’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre </hi
>et l’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>expression de publication </hi
>de FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
> n’ont malheureusement pas été reportées dans LRM. L’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>agent </hi
>(entité générique) est défini comme « capable d’actions délibérées, qui peut bénéficier de droits et être tenu pour responsable de ses actions », alors que pour FRAD, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>personne </hi
>et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>collectivité </hi
>comprennent les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>identités d’emprunt, </hi
>les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>personnage</hi
>s ou <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>groupes de personnes fictifs. </hi
>Ce glissement, influence directe de FRBR<hi
rend="sub"
style="typo_Indice"
>oo</hi
>, constitue un changement de point de vue notable.</p
><figure
><graphic
url="../icono/br/IMP_Arabesque87_Page_19_Image_0001.jpg"
></graphic
><head
style="titre_figure"
>Les relations dans LRM, vue d’ensemble</head
><p
style="ill-credits-sources"
>Source : IFLA Library Reference Model, IFLA, 2017, page 84.</p
></figure
><p
style="txt_Normal"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Attributs. </hi
>Là où ils ont pu être remplacés par des associations entre entités, ou lorsqu’ils semblaient relever davantage d’applications du modèle que du modèle lui-même, ils ont disparu, parfois au profit d’attributs génériques tels que <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>mention de manifestation </hi
>: cet attribut de l’entité <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>manifestation </hi
>prend en charge l’intégralité des métadonnées qui sont transcrites de la ressource elle-même. Aux règles de catalogage de les détailler autant que nécessaire.</p
><p
style="txt_Normal"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Relations. </hi
>Elles sont moins nombreuses et généralement plus abstraites que dans les modèles précédents.</p
><p
style="txt_Normal"
>Les <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>relations fondamentales </hi
>(entre WEMI) et les <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>relations d’agent </hi
>changent assez peu. La relation de sujet est établie uniquement entre <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>res </hi
>et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre, </hi
>ce qui revient à dire que toute entité du modèle peut être sujet d’une <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>œuvre.</hi
></p
><p
style="txt_Normal"
>La <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>relation d’appellation</hi
>, reprise de FRSAD, est peut-être la plus troublante pour qui ne connaissait que le modèle FRBR. Dans FRBR, les noms que peut prendre une instance de telle ou telle entité sont des <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>attributs</hi
> de ladite entité. Dans LRM, toute forme particulière de nom liée à une entité est une instance d’une autre entité, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>nomen, </hi
>associée à la première par la relation <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>a pour appellation/est une appellation de. </hi
>Chaque forme de nom peut ainsi être dotée d’attributs : la <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>chaîne de caractères </hi
>qui la compose, son <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>type </hi
>(identifiant point d’accès normalisé, variante de nom…), sa <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>langue, </hi
>son <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>écriture, </hi
>son <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>contexte d’utilisation, </hi
>sa <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>source… </hi
>et être mise en relation avec d’autres entités (l’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>agent </hi
>qui a assigné cette forme particulière du nom, par exemple).</p
><p
style="txt_Normal"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Les opérations des utilisateurs (« </hi
><hi
rend="italic bold"
style="typo_italic_gras"
>user tasks </hi
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>»). </hi
>Comme FRBR, LRM s’appuie sur les besoins supposés des utilisateurs de l’information bibliographique, mais réduit à cinq les sept « <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>user tasks </hi
>» identifiées conjointement dans FRBR, FRAD et FRSAD : il garde ceux de FRBR – <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>trouver, identifier, sélectionner, obtenir </hi
>– définis d’une manière plus synthétique, et y ajoute <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>explorer</hi
>, fusion d’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>explorer </hi
>(FRSAD) et de <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>contextualiser </hi
>(FRAD).</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Libre aux applications de raffiner !</head
><p
style="txt_Normal"
>LRM se présente comme un modèle « de haut niveau », c’est-à-dire qu’il se tient à un certain degré de généralité. Il revient à ses applications d’en raffiner les concepts en tant que de besoin, en créant des sous-classes des entités existantes, des relations spécifiques à partir de celles définies dans le modèle, ou de nouveaux attributs aux entités. Ou encore, sans défi de nouvelles entités, en se contentant d’utiliser l’attribut <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>catégorie </hi
>de <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>res</hi
>, qui permet de créer en quelque sorte des entités virtuelles. À l’inverse, une application de LRM est libre de n’utiliser qu’une partie des entités, des attributs ou des relations, à condition « qu’elle respecte la structure fondamentale des entités et des relations définies entre elles (…), ainsi que le rattachement des attributs aux entités pertinentes. »</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Et RDA ?</head
><p
style="txt_Normal"
>Dès novembre 2016, le RSC a pris la décision de réviser en profondeur RDA afin de l’aligner sur LRM. Ce travail est en cours. La publication d’une nouvelle édition de RDA, dans un <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>RDA Toolkit </hi
>lui-même rénové, est annoncée pour juin 2018. Ce sera l’épreuve de vérité : est-ce que de la chrysalide éclora enfin un standard vraiment nouveau ?</p
></div
></div
></body
></text
></TEI
>
