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>Hors du monde, la carte et l’imaginaire : une exposition cartographique à la BNU</title
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>Gwénaël Citérin</name
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>BNU de Strasbourg - Responsable scientifique des collections Arts et Iconographie</affiliation
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>2020-06-16T10:15:00</date
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>Version Métopes : 2.1</p
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>Written by OpenOffice</p
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>Arabesques</bibl
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>Hors du monde, la carte et l’imaginaire : une exposition cartographique à la BNU</titlePart
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>Gwénaël Citérin</docAuthor
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>BNU de Strasbourg - Responsable scientifique des collections Arts et Iconographie</affiliation
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>Avec l’exposition <hi
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>Hors du monde, la carte et l’imaginaire </hi
>(mai-octobre 2019)<hi
rend="italic"
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>, </hi
>la Bibliothèque nationale et universitaire (BNU) de Strasbourg a proposé une exploration des multiples dimensions de la carte.</p
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><p
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>Objet à la fois scientifique, esthétique et narratif, la carte apparaît comme un produit de synthèse, hybride et plastique. Elle nous décrit le monde autant qu’elle l’invente. Elle nous raconte toujours une histoire, parfois jusqu’au mensonge. Pour illustrer cette polyvalence, le parcours de l’exposition<note
n="1"
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><p
> Voir ici pour un aperçu des vitrines et la liste des établissements prêteurs : <ref
target="https://www.bnu.fr/fr/evenements-culturels/nos-expositions/hors-du-monde-la-carte-et-limaginaire"
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>https://www.bnu.fr/fr/evenements-culturels/nos-expositions/hors-du-monde-la-carte-et-limaginaire</hi
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> se divisait en deux parties, chacune en deux sections.</p
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>Cosmographie de Claude Ptolémée. Incunable publié par Lienhart Holl, Ulm, 1482. Collections de la Médiathèque protestante de Strasbourg.</head
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>© Jean-Pierre Rosenkranz / Bnu</p
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>Vers l’inconnu</head
><p
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>La première partie, <hi
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>Vers l’inconnu</hi
>, se voulait historique : histoire de la cartographie (<hi
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>Un monde à découvrir</hi
>) et histoire des explorations à travers quelques exemples (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Un monde à explorer</hi
>). Le survol historique menait le visiteur d’une vision symbolique du monde (carte en TO<note
n="2"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
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><p
> Carte selon une représentation du monde en usage au Moyen-Age.</p
></note
> d’Isidore de Séville) jusqu’au travail scientifique de Bourguignon d’Anville, qui ne cherchait plus à combler le manque des connaissances par des créatures ornementales. Ce raccourci rapide et contestable, mais assumé, s’arrêtait sur un splendide incunable mis en couleurs de la <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Géographie</hi
> de Ptolémée et des éditions du 17<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>ème</hi
> siècle des atlas d’Abraham Ortelius et Gérard Mercator. Les œuvres exposées donnaient à voir comment l’imagination des cartographes, alimentée aux meilleures sources, comblait les blancs de la carte en redessinant des espaces inconnus, ou en peuplant ces terres étranges de faunes et de flores fantastiques. En les figurant sur les cartes, on avait aussi fantasmé sur les habitants de ces ailleurs inquiétants, monstres à l’anatomie bouleversée ou terribles cannibales rencontrés au Nouveau Monde.</p
><p
style="txt_Normal"
>L’imaginaire a pu aussi constituer un moteur pour l’exploration de territoires vierges. Localiser la mythique Eldorado, descendre le Nil pour dissiper le mystère millénaire de ses sources, faire renaître la cité perdue d’Angkor en navigant sur le Mékong - voyages de découvertes, loin des conquêtes guerrières. Même s’il ne faut pas être dupe, le colonialisme en toile de fond autorise et justifie souvent ces aventures. A côté de cartes et d’ouvrages du 16<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>ème</hi
> au 19<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>ème</hi
> siècle, le visiteur pouvait admirer de superbes manuscrits arabes qui reprenaient la vision de Ptolémée, ou une sélection d’objets de mesure et de navigation, dont un astrolabe marocain du 13<hi
rend="sup"
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>ème</hi
> siècle ou le sextant d’Alexandre Von Humboldt.</p
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>De la fiction à l’œuvre</head
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>La seconde partie de l’exposition, <hi
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>De la fiction à l’œuvre</hi
>, inversait le point de vue. Il ne s’agissait plus d’étudier l’imaginaire dans le dessin de la carte, mais bien le rôle de la carte dans la constitution des mondes de fiction ou des créations artistiques. Afin de bien marquer la césure, la part de l’illustration se fait ici plus importante. La carte représente un moyen parmi d’autres pour donner corps à ces terres fictives. Dans <hi
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style="typo_Italique"
>Un monde à inventer</hi
>, on accostait en pays d’utopie, de <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>fantasy</hi
> ou de science-fiction, avec Homère, Dante, Thomas More, Jonathan Swift, Jules Verne, François Place ou J.R.R. Tolkien, pour ne citer que les auteurs phares. Une place particulière était laissée aux jeux. La carte y joue souvent un rôle primordial : dans le jeu de rôle notamment, mais aussi dans les univers vidéoludiques, lesquels sont cartographiés dès leur conception afin de permettre la navigation virtuelle des futurs joueurs.</p
><p
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>La dernière section, <hi
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style="typo_Italique"
>Un monde à créer</hi
>, s’intéressait à la carte comme objet esthétique, dont les codes peuvent être détournés par des artistes ou des graphistes, et les représentations distordues à des fins politiques. Les cartes humoristiques font sourire des tensions internationales à l’issue dramatique dans un 19<hi
rend="sup"
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>ème</hi
> siècle finissant. L’allégorie redessine le monde dans un but religieux, moral ou courtisan, tels la Dame Europe par Sebastian Münster ou l’Asie en forme de Pégase par Heinrich Bünting. L’exposition s’achevait sur un cabinet d’art contemporain, une sélection d’artistes qui se sont approprié les codes de la carte. L’œuvre se fait l’écho d’un discours critique (Guy Debord), conserve la trace d’une intervention <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>in situ</hi
> (Dennis Oppenheim), questionne la notion de territoire (David Renaud), condense les manifestations d’une œuvre mémorielle (Vincent Chevillon), transcrit en un flux virtuel des données cartographiques (Claire Malrieux),…</p
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