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      <titleStmt>
        <title type="main">La Bibliothèque Humaniste de Sélestat, de la
        conservation à la diffusion auprès du plus grand nombre</title>

        <author role="aut"><name>Laurent Naas</name><affiliation>Responsable
        scientifique de la Bibliothèque Humaniste de
        Sélestat</affiliation><idno type="IDREF">080823866</idno><idno
        type="ARK">http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb145671959</idno><idno
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        <edition><date>2020-10-02T06:28:00</date></edition>
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            <dim type="pagination">18-19</dim>
          </dimensions><date>01/10/2020</date></ab>

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        <p>Version Métopes : 2.2</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
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      <change when="2020-10-07T15:35:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
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      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">La Bibliothèque Humaniste
          de Sélestat, de la conservation à la diffusion auprès du plus grand
          nombre</titlePart>
        </docTitle>

        <byline><docAuthor style="txt_auteur">Laurent
        Naas</docAuthor><affiliation style="auteur_Institution">Responsable
        scientifique de la Bibliothèque Humaniste de
        Sélestat</affiliation><email style="auteur_Courriel"><ref
        target="mailto:laurent.naas@ville-selestat.fr">laurent.naas@ville-selestat.fr</ref></email></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Rouverte en juin 2018 dans un nouveau bâtiment,
        la Bibliothèque Humaniste de Sélestat a entièrement repensé sa
        muséographie en y intégrant des dispositifs numériques offrant une
        médiation renouvelée entre le patrimoine écrit et les visiteurs.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">La Bibliothèque Humaniste (B.H.) de Sélestat
        est, à plus d’un titre, une institution atypique parmi les
        bibliothèques françaises. Elle assure en effet la conservation d’un
        patrimoine écrit considérable pour une ville de 20 000 habitants,
        composé de la bibliothèque paroissiale, fondée en 1452, et de la
        collection privée du savant et ami d’Erasme de Rotterdam, Beatus
        Rhenanus (1485-1547), inscrite en mai 2011 au registre de la Mémoire
        du monde de l’UNESCO<note n="1" place="foot" style="txt_Note"
        type="standard" xml:id="ftn1"><p> Sur les collections de la B.H., voir
        MEYER (Hubert), « Bibliothèque Humaniste », dans <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">Patrimoine des bibliothèques de France. Un guide
        des régions, </hi>t. IV : <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">Alsace, Franche-Comté, </hi>[Paris], Payot,
        1995, p. 110-119 et NAAS (Laurent), « La Bibliothèque Humaniste de
        Sélestat, entre le Moyen Age et la Renaissance », dans <hi
        rend="italic" style="typo_Italique">Arts et Métiers du Livre, </hi>297
        (juin 2013), p. 20-35.</p></note>. Ces ensembles, qui ne proviennent
        pas des confiscations révolutionnaires, ont fait l’objet d’une mise en
        valeur ancienne, dès 1841, qui a contribué progressivement à
        l’attractivité touristique de la ville. Conscients de la valeur de cet
        héritage, les élus sélestadiens ont tenu, après de longues réflexions,
        à mener un vaste projet de revalorisation de la B.H., que ses
        visiteurs et usagers peuvent à nouveau visiter depuis sa réouverture
        en juin 2018<note n="2" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
        xml:id="ftn2"><p> Sur les grandes lignes du projet de revalorisation,
        voir NAAS (Laurent), « Une bibliothèque en cours de
        métamorphose : vers la Nouvelle Bibliothèque Humaniste », dans <hi
        rend="italic" style="typo_Italique">Gutenberg Jahrbuch, </hi>90
        (2015), p. 183-202.</p></note>. La B.H. bénéficiait depuis une
        vingtaine d’années d’un contexte favorable marqué notamment par une
        redéfinition de ses missions. Depuis l’ouverture d’une médiathèque
        intercommunale en juin 1997, la bibliothèque municipale de Sélestat
        n’exerçait plus ses missions liées à la lecture publique et pouvait
        ainsi se concentrer sur la conservation et la mise en valeur du
        patrimoine écrit sélestadien<note n="3" place="foot" style="txt_Note"
        type="standard" xml:id="ftn3"><p> NAAS (Laurent) et SONNEFRAUD
        (Claire), « La Bibliothèque Humaniste de Sélestat : une bibliothèque
        aux missions atypiques », dans <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">B.B.F.</hi>, (2011-4), p. 38-42.</p></note>. Le
        départ des archives historiques (du XIII<hi rend="sup"
        style="typo_Exposant">e</hi> siècle à 1945), lié à la création d’un
        service d’archives municipales à part entière, contribua aussi à la
        redéfinition des missions de la bibliothèque. Afin de mettre en valeur
        ses trésors, la B.H. développa les expositions temporaires, les
        animations et son service éducatif en complément de l’exposition
        permanente conçue après l’installation de la bibliothèque dans
        l’ancienne Halle aux Blés de la cité sélestadienne en 1889.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">280 000 pages du patrimoine écrit
          sélestadien numérisées</head>

          <p style="txt_Normal">Au-delà des objectifs liés à la conservation
          et à la diffusion des volumes concernés<note n="4" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn4"><p> Voir CLAERR
          (Thierry) et WESTEEL (Isabelle) (dir.), <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Manuel de la numérisation, </hi>Paris,
          Electre – Editions du Cercle de la Librairie, « Collection
          Bibliothèques », 2011.</p></note>, le projet de numérisation, mené
          de 2008 à 2013 avec le soutien financier de l’État via le ministère
          de la Culture, permit de constituer un précieux réservoir de près de
          280 000 pages de documents issus de divers segments de collections
          (fonds précieux, alsatiques, atlas anciens). Inscrit dans le projet
          de revalorisation, ce programme avait aussi vocation à alimenter la
          nouvelle muséographie, la nécessaire médiation portant sur ces
          collections, ainsi que la confection de supports de
          communication.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_99_dossier_08_selestat_fig02.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Livre des miracles de sainte Foy
            (manuscrit sur parchemin, XIe-XIIIe s. ; B.H.S., MS.22).</head>

            <p style="ill-credits-sources">Crédit Bibliothèque Humaniste de
            Sélestat</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une nouvelle muséographie
          intégrant les dernières évolutions du numérique</head>

          <p style="txt_Normal">En 2014, la Ville de Sélestat sélectionna le
          projet architectural conçu par Rudy Ricciotti, qui répondait au
          mieux aux attentes formulées au sujet de la conservation et de la
          mise en valeur du patrimoine écrit sélestadien. Les 2 500 m<hi
          rend="sup" style="typo_Exposant">2</hi> du nouvel équipement
          englobent en particulier l’exposition permanente de 350 m<hi
          rend="sup" style="typo_Exposant">2</hi> consacrée à la vie et à
          l’œuvre du savant Beatus Rhenanus, replacée dans son contexte de
          renouveau des savoirs et de l’histoire du livre à la Renaissance.
          L’ancienne présentation des collections de la B.H. ne répondant plus
          aux attentes de ses visiteurs du point de vue de la place croissante
          du numérique dans les modes d’appropriation et les usages de la
          culture, il était incontournable que la nouvelle muséographie,
          élaborée par l’atelier Kiko en lien avec l’assistance à maîtrise
          d’ouvrage confiée au cabinet Metapraxis<note n="5" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn5"><p> NAAS (Laurent) et
          VIGNIER (Gilles), « Exposer le patrimoine écrit. Le projet
          muséographique de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat », dans <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">B.B.F.</hi>, 16 (novembre 2018),
          p. 136-145.</p></note>, intégrât les dernières évolutions que
          pouvait apporter le numérique en s’appuyant sur la numérisation des
          collections menée jusque-là. Elle devait permettre de proposer un
          autre type de médiation en complément de celle, plus classique,
          menée sous la forme des visites guidées ou des accueils de classe
          dans le cadre du service éducatif ou celle mise en œuvre, en
          première instance, par les dispositifs textuels courants (panneaux
          textes, cartels). Il importait tout d’abord d’interroger les
          attentes pouvant être formulées à l’égard de ces outils de
          médiation<note n="6" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn6"><p> Notamment à l’aune de cette étude : SCHMITT
          (Daniel) et MEYERCHEMENSKA (Muriel), « 20 ans de numérique dans les
          musées : entre monstration et effacement », dans <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">La Lettre de l’OCIM </hi>[En ligne], 162
          (2015), mis en ligne le 18 janvier 2016, consulté le 14 août 2020
          (<ref target="http://journals.openedition.org/ocim/1605"><hi
          rend="underline" style="typo_souligne"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">http://journals.openedition.org/ocim/1605</hi></hi></ref>).</p></note>.
          Les dispositifs numériques ne devaient pas constituer une fin en soi
          mais s’intégrer dans le propos d’ensemble de la nouvelle
          muséographie visant à rendre intelligible ce qui ne l’est pas de
          manière immédiate, à plus forte raison s’agissant le plus souvent de
          textes en latin. Le leitmotiv de la scénographie fut celui de « <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">donner à voir ce qui est à
          lire </hi>», en conciliant la conservation et la mise en valeur du
          patrimoine écrit, tout en offrant des dispositifs de médiation
          permettant au visiteur de dépasser la simple contemplation des
          trésors du patrimoine écrit sélestadien. Les dispositifs numériques
          devaient permettre de diffuser des contenus, de proposer des
          expériences et de raconter des histoires de manière didactique mais
          aussi ludique, en s’interrogeant sur la manière dont les publics
          allaient s’approprier ces dispositifs, ainsi que sur leur
          articulation avec le reste du propos muséographique. Il fallait
          également anticiper les contraintes, non négligeables, liées à la
          maintenance des matériels et des logiciels qu’implique ce type de
          supports de médiation. Enfin, les outils mis au service de la
          médiation numérique devaient esthétiquement trouver leur place dans
          le mobilier contemporain conçu pour la muséographie afin de ne pas
          en rompre l’harmonie visuelle.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_99_dossier_08_selestat_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Vue du dispositif numérique invitant
            les visiteurs à réaliser la copie d’un passage du Livre des
            miracles de sainte Foy (manuscrit sur parchemin, XIe-XIIIe s. ;
            B.H.S., MS.22).</head>

            <p style="ill-credits-sources">Cliché Ville de Sélestat - Laurent
            NAAS</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Les manuscrits du trésor
          accessibles via une table numérique géante</head>

          <p style="txt_Normal">Le budget du volet numérique de la
          muséographie (150 000 € TTC sur un budget global de 1,5 million
          d’euros dévolus à l’ensemble de la nouvelle présentation des
          collections) a permis, en lien avec le cabinet Mosquito, la mise en
          œuvre de ces outils numériques. Le plus remarquable d’entre eux est
          une table numérique de près de 3,80 m de long et composée de trois
          grands écrans interactifs. Ce dispositif en contact direct avec le
          Trésor, réserve visible dans laquelle sont conservées les
          collections les plus précieuses (manuscrits du VII<hi rend="sup"
          style="typo_Exposant">e</hi> au XVI<hi rend="sup"
          style="typo_Exposant">e</hi> siècle et imprimés des XV<hi rend="sup"
          style="typo_Exposant">e</hi> et XVI<hi rend="sup"
          style="typo_Exposant">e</hi> siècles), permet de feuilleter quelques
          doubles-pages numérisées et accompagnées de petits textes de
          médiation trilingues (français, allemand et anglais) se présentant
          sous la forme de pop-ups et destinés à éclairer tel ou tel détail
          d’un document patrimonial (provenance, originalité matérielle,
          détail d’un texte). D’autres outils numériques ont pour objectif de
          faire (re)découvrir des techniques anciennes de confection des
          manuscrits médiévaux (avec la copie, par les visiteurs, du texte du
          MS.22, le <hi rend="italic" style="typo_Italique">Livre des miracles
          de sainte Foy</hi>) ou des premiers imprimés (grâce au maniement
          d’une casse virtuelle et à la composition d’un texte bref en vue de
          son impression). Deux autres dispositifs contribuent à éclairer des
          aspects de la vie et de l’œuvre du savant Beatus Rhenanus. Le
          premier s’appuie sur des gravures du XVI<hi rend="sup"
          style="typo_Exposant">e</hi> siècle afin d’expliquer le cursus des
          études à la Renaissance. Le second donne un petit aperçu de la
          correspondance de Rhenanus (dont 265 lettres originales sont encore
          conservées dans les collections de la B.H.) dans le contexte de
          l’essor de la République des lettres. Une carte interactive donne à
          voir une partie du réseau des correspondants du savant et débouche
          sur la lecture de brefs extraits traduits en français, allemand et
          anglais lus par des comédiens. Ce dispositif permet tout
          particulièrement de rendre vivante et accessible une matière
          première qui pourrait sembler aride de prime abord. Un dernier outil
          numérique, plus ludique et destiné avant tout aux enfants, est
          constitué d’un simple banc de repos comportant des lutrins et des
          plaquettes de bois imprimées de gravures, tels des disques, qui
          permettent d’accéder via des antennes RFID invisibles à de multiples
          descriptions audio issues de la <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Cosmographie universelle </hi>de Sébastien
          Münster, véritable best-seller du milieu du XVI<hi rend="sup"
          style="typo_Exposant">e</hi> siècle. Les outils numériques mis en
          œuvre dans le cadre de la nouvelle muséographie de la Bibliothèque
          Humaniste ont largement profité des acquis de la première tranche du
          projet de numérisation des collections précieuses menée de 2008 à
          2013. Au-delà des outils de médiation plus traditionnels, ces
          dispositifs numériques rendent possible une médiation renouvelée
          entre le patrimoine écrit et les visiteurs de la B.H. La
          dématérialisation des ouvrages les plus précieux intégrés à la
          nouvelle muséographie permet une véritable plongée dans la
          matérialité la plus concrète de ces trésors tout en bénéficiant
          d’une médiation permettant aux visiteurs d’en tirer le meilleur
          profit.</p>

          <floatingText n="1" subtype="Focus" type="encadre">
            <body>
              <div type="encadre">
                <head style="titreEncFocus">À savoir</head>

                <p style="txt_Normal">La Bibliothèque Humaniste de Sélestat
                rassemble un fonds exceptionnel de 464 manuscrits anciens, 530
                incunables, près de 2 600 imprimés du XVI<hi rend="sup"
                style="typo_Exposant">e</hi> siècle, 3 000 ouvrages des
                XVII<hi rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi> et XVIII<hi
                rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi> siècles, 13 000
                ouvrages du XIX<hi rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi>
                siècle, 2 000 alsatiques allant du XV<hi rend="sup"
                style="typo_Exposant">e</hi> au XX<hi rend="sup"
                style="typo_Exposant">e</hi> siècle et plus de 20 000 ouvrages
                généraux du XX<hi rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi>
                siècle. La bibliothèque numérique rassemble 156 volumes de
                manuscrits qui ont totalisé 66 824 vues, 265 pièces de la
                correspondance de Beatus Rhenanus (1 043 vues), 380 imprimés
                des XV<hi rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi> et XVI<hi
                rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi> siècles (177 369
                vues), ainsi que 161 Alsatiques et ouvrages modernes (33 405
                vues), soit un ensemble de 697 volumes et 265 lettres qui
                totalisent 278 641 vues.</p>
              </div>
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          </floatingText>
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