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      <titleStmt>
        <title type="main">Numériser à la bibliothèque du Service historique
        de la Défense ou l’art de cultiver son jardin</title>

        <author role="aut"><name>Service historique de la Défense Département
        bibliothèque</name></author>
      </titleStmt>

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        <edition><date>2020-10-08T14:32:00</date></edition>
      </editionStmt>

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        <ab type="papier"><dimensions>
            <dim type="pagination">20-21</dim>
          </dimensions><date>01/10/2020</date></ab>

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        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 2.2</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
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      <change when="2020-10-09T10:41:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
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    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Numériser à la
          bibliothèque du Service historique de la Défense ou l’art de
          cultiver son jardin</titlePart>
        </docTitle>

        <byline><docAuthor style="txt_auteur">Service historique de la Défense
        Département bibliothèque</docAuthor><email
        style="auteur_Courriel"><ref
        target="mailto:jean-francois.dubos@intradef.gouv.fr">jean-francois.dubos@intradef.gouv.fr</ref></email></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Souvent perçue comme la panacée, la numérisation
        doit cependant, en raison des investissements importants requis,
        s’inscrire dans une politique globale de valorisation et de services
        aux publics qui lui donne tout son sens. Retour sur l’expérience de la
        bibliothèque du SHD.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Comme toute bibliothèque spécialisée, celle du
        Service historique de la Défense (SHD) conserve des fonds et
        collections dont elle est, pour certains d’entre eux, la seule à
        disposer. Cela est d’autant plus vrai pour ses collections
        patrimoniales ou celles, d’un abord sans doute plus subtil, à la
        patrimonialité croissante ou sous-jacente (presse spécialisée,
        littérature grise, etc.). Or arroser le champ du numérique n’a de sens
        qu’à la condition de savoir qu’y faire pousser, et au profit de quels
        « <hi rend="italic" style="typo_Italique">consommateurs </hi>». Au
        bibliothécaire d’être aussi un bon jardinier et de trouver l’équilibre
        entre désert numérique et jungle inextricable, documents endémiques et
        espèces rares. La réflexion et la préparation en amont des chantiers
        successifs de numérisation doivent, telle la préparation d’un terrain,
        impliquer cette prise en compte pour nourrir quelque espoir de
        floraison. Ce postulat est d’autant plus important pour ce qui
        concerne la valorisation des collections les plus rares ou précieuses.
        Souvent fierté – légitime – de ceux qui en ont la responsabilité, leur
        numérisation ne manque pas de poser questions : la récolte sera-t-elle
        bonne ? Contentera-t-elle le plus grand nombre ? Surtout, aura-t-elle
        justifié les efforts et le temps qui y auront été consacrés ?</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">L’arbre remarquable…</head>

          <p style="txt_Normal">Le prestige de certains documents conduit
          souvent à en lancer la numérisation, dans un double objectif :
          disposer d’un substitut de qualité en cas de perte irrémédiable et
          se doter d’un outil de consultation. Cet « <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">arbre remarquable </hi>» dans une forêt de
          documents plus communs jouit alors de privilèges qui ne font que
          renforcer son statut. Pour autant, passé l’effet spectaculaire de la
          découverte du document, sa valorisation aux yeux du public passe par
          un ensemble d’actions qui doivent être pensées et envisagées en
          amont de l’opération de numérisation proprement dite. Ainsi, après
          son acquisition en 2016 grâce à une opération de mécénat
          participatif, le rouleau de l’ordre de bataille de Velez-Malaga a
          été au centre d’une exposition destinée non seulement à présenter ce
          document d’exception, mais aussi à le replacer dans son contexte
          historique et à expliciter les motivations de son achat. Tout à fait
          atypique, fragile et précieux, ce document manuscrit du début du
          XVIII<hi rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi> siècle d’une
          longueur de près de six mètres a fait l’objet d’une numérisation qui
          en a permis, outre une meilleure exploitation scientifique, une
          médiation accrue complétant celle proposée lors de l’exposition. Une
          borne numérique offrant l’exploration du document, en particulier
          pour le public jeune, puis la déclinaison de l’exposition en une
          version virtuelle ont permis d’aborder un document complexe, dont la
          valorisation aurait été incomplète sans l’apport du numérique<note
          n="1" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn1"><p> Pour davantage d’informations sur le sujet, voir
          Constance de Courrèges d’Agnos, Jean-François Dubos et Sylvie
          Legrosse, « Le numérique au service de l’exceptionnel à la
          bibliothèque du Service historique de la Défense : le rouleau de
          l’ordre de bataille de Vélez-Málaga », <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">In Situe.Revue</hi> <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">des patrimoines </hi>[En ligne],42, 2020, <ref
          target="http://journals.openedition.org/insitu/27403"><hi
          rend="underline" style="typo_souligne"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">http://journals.openedition.org/insitu/27403</hi></hi></ref><hi
          rend="bold" style="typo_gras">. </hi>DOI : <ref
          target="https://doi.org/10.4000/insitu.27403"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">https://doi.org/10.4000/insitu.27403</hi></hi></ref></p></note>.
          Sa numérisation a été réalisée en 2016 grâce aux ressources d’un
          atelier spécialisé au sein du SHD. C’est le même qui, au gré des
          numérisations successives, notamment lors des demandes de prêt à des
          expositions extérieures ou de demandes de consultation de documents
          fragiles, permet à la bibliothèque de constituer progressivement une
          banque d’images numérisées de documents qui ne sont plus dès lors,
          sauf exception, consultables que sous leur forme dématérialisée.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_99_dossier_09_shd_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure"><hi rend="italic"
            style="typo_Italique">Estat abrégé de la Marine du Roy au mois
            d’Avril 1692</hi> : ce document,<hi rend="italic"
            style="typo_Italique"> </hi>conservé sur le site de<hi
            rend="italic" style="typo_Italique"> </hi>Vincennes de la
            bibliothèque<hi rend="italic" style="typo_Italique"> </hi>du
            Service historique de<hi rend="italic" style="typo_Italique">
            </hi>la Défense, fait partie de<hi rend="italic"
            style="typo_Italique"> </hi>l’ensemble des annuaires de<hi
            rend="italic" style="typo_Italique"> </hi>la Marine numérisés en
            2018.</head>

            <p style="ill-credits-sources">SH 21 / Photo SHD/D.Viola, CHA
            Vincennes</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">… qui ne doit pas cacher la
          forêt</head>

          <p style="txt_Normal">Parmi les collections de référence conservées
          par la bibliothèque du SHD, celles des annuaires du personnel
          militaire constituent une ressource documentaire de premier ordre
          pour nombre de lecteurs. Le recours à la version numérisée de ces
          documents offre un triple avantage : limitation de la manipulation
          de volumes lourds et épais, aux reliures souvent « <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">fatiguées </hi>» ; accès plus aisé et
          recherche facilitée grâce à l’océrisation et enfin, diminution
          conséquente de la charge à manipuler par les magasiniers pour
          répondre aux demandes. La numérisation de ces collections
          particulières leur offre, outre un surcroît de visibilité, une
          valorisation certaine par leur mise en perspective avec d’autres
          bases de données et ensembles documentaires. À titre d’exemple, la
          consultation de ces annuaires, de la base Mémoire des hommes
          recensant les morts pour la France<hi rend="bold"
          style="typo_gras"><note n="2" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn2"><p> <ref
          target="https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/</hi></ref></p></note></hi>
          et des historiques régimentaires permet de dessiner, avec précision,
          le parcours de nombreux combattants de la Grande Guerre. Bien que
          distincte de la grande collecte lancée en 2014 auprès des
          particuliers aux fins de numérisation de documents familiaux
          relatifs à la Grande Guerre, la numérisation des historiques
          régimentaires conservés par la bibliothèque du SHD a procédé d’une
          même volonté de conservation et de mise à disposition d’un
          patrimoine documentaire méconnu du public le plus large. Ce fonds
          original et très complet, riche de 900 documents rien que pour la
          guerre de 1914-1918, a ainsi constitué une participation
          intéressante aux multiples initiatives qui ont marqué le début des
          commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale. Il en a
          été de même pour de la littérature grise spécialisée, tels que les
          cours et règlements militaires ou les austères volumes des <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">Armées françaises dans la Grande
          Guerre. </hi>Ces numérisations sérielles sont réalisées au moyen de
          prestations externalisées, dans le cadre d’une convention de
          partenariat entre le ministère des Armées et la Bibliothèque
          nationale de France. Cette solution permet de s’inscrire dans une
          démarche de forte visibilité des fonds numérisés, puisque les images
          produites à partir des collections de la bibliothèque du SHD
          viennent compléter l’offre, déjà considérable, proposée sur Gallica.
          Pour autant, la charge du travail préparatoire, de la sélection à
          l’envoi des trains de numérisation, ne saurait être ni méconnue ni
          sous-estimée. Ainsi, la description exhaustive de chaque unité
          matérielle selon des normes précises, la préparation matérielle des
          envois puis la réintégration des volumes après opération et enfin la
          vérification du résultat obtenu représentent des charges qui, pour
          être invisibles de l’extérieur, n’en sont pas moins un
          investissement conséquent en interne.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Numériser oui, mais
          jusqu’où ?</head>

          <p style="txt_Normal">Il ne saurait être actuellement envisageable,
          au regard des moyens humains, techniques et financiers ainsi que du
          temps disponible, de lancer des chantiers d’ampleur sans en avoir
          analysé au mieux les tenants et aboutissants. Un équilibre doit se
          dessiner entre l’investissement multifactoriel que requièrent de
          telles opérations, y compris lorsqu’elles sont tout ou partiellement
          externalisées, et le retour attendu à long terme dans l’optique d’un
          vrai bénéfice technique et documentaire, et à court terme pour une
          opération de valorisation telle une exposition. Le questionnement du
          décalage possible entre une attente qui peut sembler forte de la
          part des usagers et une utilisation au final modeste voire décevante
          ne manque pas d’engager à la prudence. En effet, comme le plongeur
          ou l’alpiniste, le bibliothécaire, conforté par un lectorat parfois
          <hi rend="italic" style="typo_Italique">numérivore</hi>, peut
          rapidement être saisi de l’ivresse des profondeurs ou du vertige des
          cimes, tant la numérisation paraît être la réponse unique à
          plusieurs préoccupations d’ampleur qui questionnent sa profession.
          Le recours à la dématérialisation des supports semble être en effet
          une panacée bibliothéconomique. Un problème de conservation ? Des
          difficultés pour communiquer les documents ? Volonté de valorisation
          des collections ? Numérisation. Mais, à la façon dont le général de
          Gaulle évoquait l’Europe, on peut « <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">sauter sur sa chaise comme un cabri en disant
          la numérisation, la numérisation, la numérisation ! </hi>» sans que
          cela ne corresponde à la réponse attendue. C’est notamment le cas en
          matière de valorisation, laquelle requiert un effort supplémentaire
          pour que le résultat ne soit pas considéré comme un simple
          palliatif, mais apporte une plus-value avérée : la fleur en
          plastique n’aura jamais le parfum des roses… Souvent à la croisée
          des chemins entre usages et prescription, il revient au
          bibliothécaire de s’interroger sur le bien-fondé de pratiques qui,
          au-delà de leur évidente simplicité, n’en appellent qu’une plus
          grande attention. Pour autant, les résultats obtenus sont
          encourageants. Si le public préfère toujours – heureusement ? – le
          contact avec les documents originaux, les chercheurs ont vite
          intégré les atouts de collections numériques permettant une
          utilisation optimisée. Le nouveau site Internet du SHD, ainsi que
          ses pages sur les réseaux sociaux, sur lesquels sont régulièrement
          présentés les trésors de sa bibliothèque, témoignent de cette
          réalité encourageante et stimulante. Au « <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">bibliojardinier </hi>» de bien connaître le
          terrain et les espèces qui s’épanouissent dans son jardin, pour ne
          pas y épuiser en vain ses forces et ses ressources, et avoir le
          plaisir d’y accueillir des visiteurs émerveillés.</p>

          <floatingText n="1" subtype="Focus" type="encadre">
            <body>
              <div type="encadre">
                <head style="titreEncFocus">Les collections numérisées de la
                bibliothèque du SHD</head>

                <p style="txt_Normal">Outre le rouleau de l’ordre de bataille
                de Velez-Malaga en 2016, la bibliothèque du SHD a numérisé en
                2017 les annuaires des officiers de la Marine, suivis en 2020
                de ceux des officiers de l’armée de Terre. Les premiers
                constituent un ensemble de 113 volumes, pour un total de près
                de 114 000 vues, couvrant la période allant de l’Ancien Régime
                à 1940. Le second lot compte 120 volumes, pour un total
                117 000 vues. Ont également été numérisés les historiques
                régimentaires conservés par la bibliothèque du SHD, un fonds
                original et très complet, riche de 900 documents rien que pour
                la guerre de 1914-1918.</p>
              </div>
            </body>
          </floatingText>
        </div>
      </div>
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