<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI change="metopes_publication#openedition"
     xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"
     xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance"
     xmlns:xs="http://www.w3.org/2001/XMLSchema"
     xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink"
     xmlns:xi="http://www.w3.org/2001/XInclude"
     xmlns:ns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"
     xmlns:mathml="http://www.w3.org/1998/Math/MathML"
     xmlns:loext="urn:org:documentfoundation:names:experimental:office:xmlns:loext:1.0"
     xmlns:dcr="http://www.isocat.org/ns/dcr">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title type="main">La politique documentaire, un enjeu dans les
        stratégies des universités</title>

        <author role="aut"><name>Gilles Roussel</name><affiliation><ref
        target="#aff01" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">034117261</idno><idno
        type="ARK">http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb124907556</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/66569340</idno></author>
      </titleStmt>

      <editionStmt>
        <edition><date>2021-01-08T14:38:00</date></edition>
      </editionStmt>

      <publicationStmt>
        <ab type="papier"><dimensions>
            <dim type="pagination">8</dim>
          </dimensions><date>01/01/2021</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>

    <encodingDesc>
      <tagsDecl>
        <rendition scheme="css" xml:id="none">color:black;</rendition>
      </tagsDecl>
    </encodingDesc>

    <profileDesc>
      <langUsage>
        <language ident="fr-FR"/>
      </langUsage>

      <textClass/>
    </profileDesc>

    <revisionDesc>
      <change when="2021-01-13T13:55:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>

  <text xml:id="text">
    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">La politique
          documentaire, un enjeu dans les stratégies des
          universités</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Gilles Roussel</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:gilles.roussel@u-pem.fr">gilles.roussel@u-pem.fr</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Président de la Conférence des présidents
        d’université</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Avec des dossiers tels que la science ouverte ou
        les acquisitions de ressources numériques, les gouvernances des
        universités intègrent aujourd’hui plus fortement la politique
        documentaire dans leurs stratégies.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">La politique documentaire des universités est un
        sujet dont la Conférence des présidents d’université s’est emparée, en
        particulier par le biais du dossier des acquisitions de ressources
        numériques et de celui de la science ouverte. La CPU est très
        impliquée dans les instances nationales de Couperin, de l’Abes et du
        plus récent Comité de la science ouverte. Elle s’est dotée d’une
        conseillère science ouverte et un réseau des référents science ouverte
        des universités vient de se constituer.</p>

        <p style="txt_Normal">Les bibliothèques ont vécu en semi-autonomie à
        partir des années 1960, avec une forte coordination centrale, un
        budget à part et une insertion plus ou moins aboutie dans les
        stratégies locales des universités. Elles se sont progressivement
        rapprochées de ces dernières depuis les années 1980. À partir de 2007,
        la loi LRU, favorisant l’autonomie et la prise de responsabilité des
        universités, a contribué à ce rapprochement. Aujourd’hui, la politique
        documentaire fait de plus en plus partie de l’ensemble des stratégies
        des universités.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Les BU, chevilles ouvrières de la
          transition numérique</head>

          <p style="txt_Normal">Les bibliothèques ont ressenti l’impact de la
          transition numérique et s’y sont adaptées remarquablement grâce à
          l’implication et aux compétences de leurs personnels.</p>

          <p style="txt_Normal">Un gros effort, coordonné par l’Abes, a été
          accompli dans le catalogage et le partage numérique des métadonnées,
          de même que pour la numérisation et le partage des documents
          (programme Gallica de la BnF, Persée, Istex) mais une coordination
          d’ensemble de ces programmes reste à faire. La transition numérique
          a rendu nécessaire l’évolution des espaces documentaires, désormais
          plus centrés sur l’accueil et les services et moins sur la
          conservation des documents. Aussi, de nombreux chantiers immobiliers
          ont eu lieu dans les bibliothèques universitaires, pris en charge
          dans le cadre des contrats de plan Etat-Région et du plan campus.
          Les nouveaux aménagements ont permis de développer les espaces de
          travail connectés pour les utilisateurs, auxquels les BU offrent des
          services numériques diversifiés, accompagnant la transformation des
          usages. Les bibliothécaires ont développé des activités de conseil,
          de formation et d’appui aux étudiants, aux enseignants et aux
          chercheurs, en particulier pour l’utilisation des services
          numériques. Ils se sont organisés pour faire face à ces évolutions
          importantes et rapides, avec un accompagnement de l’État qui n’a
          cependant pas permis de rattraper le retard pris en ce domaine par
          la France au sein des grandes nations. De grandes infrastructures
          partagées sont mises en place, mais le manque de personnel et de
          budget de fonctionnement dans les bibliothèques reste criant.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_100_page_08_dossier_02_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Feuille de mousse murale vue au
            microscope</head>

            <p style="ill-credits-sources">© Odra Noel</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Améliorer la coordination
          stratégique pour la science ouverte</head>

          <p style="txt_Normal">La transformation numérique a rendu nécessaire
          l’union de tous les acteurs de l’ESR pour négocier les acquisitions
          numériques auprès des éditeurs, en particulier des gros groupes
          internationaux dont les prix et les marges se sont envolés. Les
          bibliothécaires ont été à la pointe de ce combat et ont créé avec
          quelques universités le consortium Couperin, qui regroupe maintenant
          universités, écoles, ONR, CHU et quelques autres membres.</p>

          <p style="txt_Normal">Les équipes de gouvernance des universités ont
          pris conscience plus récemment de l’importance de ce dossier avec la
          montée en puissance du mouvement de la science ouverte : largement
          soutenu, il conjugue la volonté de partage de la science avec celle
          de retrouver la souveraineté sur ses productions, souvent détournées
          aux fins d’un profit commercial privé disproportionné par rapport au
          service rendu. De nombreuses initiatives individuelles se sont
          développées et un plan national pour la science ouverte a été lancé
          en 2018 dans lequel les bibliothèques ont toute leur place.</p>

          <p style="txt_Normal">Ces évolutions sont mondiales, comme l’est le
          partage de la science, et l’Europe doit trouver sa place dans ce
          concert. L’ESR français doit se coordonner pour porter un message
          unifié. Des efforts ont été faits en ce sens et de nombreux organes
          de coordination existent : Couperin, l’Abes, l’ADBU, Eprist, le
          CCSD, toutes les infrastructures nationales, le Comité pour la
          science ouverte. Toutefois, si la coordination technique est plutôt
          bonne, la coordination stratégique peut encore progresser. Elle
          seule nous donnera la force collective nécessaire pour résister aux
          puissants éditeurs internationaux, défendre la position de la France
          dans les échanges internationaux, et construire ensemble des
          solutions alternatives, accessibles à tous sur tout le territoire et
          au-delà de façon équitable.</p>
        </div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
