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        <title type="main">Couperin et l’Abes : de la différence dans l’union
        libre</title>

        <author role="aut"><name>Grégory Colcanap</name><affiliation><ref
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        type="HAL">gregory-colcanap</idno><idno
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        <edition><date>2021-01-08T14:40:00</date></edition>
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        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
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      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
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        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Couperin et l’Abes : de
          la différence dans l’union libre</titlePart>
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        <docAuthor style="txt_auteur">Grégory Colcanap</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:gregory.colcanap@univ-evry.fr">gregory.colcanap@univ-evry.fr</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Coordonnateur du consortium Couperin.org, directeur de
        la BU, Université d’Evry Val d’Essonne</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Différentes par nature, les deux institutions
        sont alliées pour accompagner les mutations des bibliothèques dans la
        révolution de la science ouverte.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Couperin et l’Abes se sont associés dans
        l’intérêt des établissements que le consortium représente et que
        l’agence dessert. Cette collaboration a pris la forme d’un premier
        groupement de commandes en 2001 pour l’acquisition des revues de
        l’éditeur Elsevier. Le portage des groupements de commandes est
        progressivement monté en charge pour atteindre un plafond de verre
        déterminé par la soutenabilité financière de l’ensemble des marchés
        d’acquisition de ressources électroniques. Un équilibre des missions
        s’est établi avec le temps, les rôles ont été répartis avec des phases
        de convergences et d’interrogation des missions de chacun pour aboutir
        à un équilibre permettant à chaque opérateur de valoriser son
        expertise. Cette mise en cohérence a été grandement facilitée en
        désignant la même personne pour présider à la fois Couperin et le
        conseil d’administration de l’Abes. De 2009 à 2019, Jean-Pierre
        Finance a exercé cette double mission et à sa suite, Lise Dumasy. Les
        relations institutionnelles sont largement dépendantes des hommes et
        des femmes qui les incarnent, mais aussi de tous les collègues qui
        travaillent de concert, dossier par dossier.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Istex, un socle documentaire
          national innovant</head>

          <p style="txt_Normal">Si l’achat de ressources électroniques fut
          premier, très vite d’autres centres d’intérêt communs émergèrent et
          se matérialisèrent par des projets. Citons en 2009 le projet de mise
          en place d’un système mutualisé de gestion des ressources
          électroniques, appelé ERMS partagé, initiative de Couperin pour
          doter les établissements et le consortium d’un outil partagé de
          gestion et de signalement, qui se solda par un échec. Ce projet
          était trop novateur pour l’époque et aucune solution technique
          n’était en mesure de répondre à nos besoins sur le marché.
          Néanmoins, tout le travail fourni, notamment pour les établissements
          impliqués dans l’élaboration du programme fonctionnel, a permis de
          mieux définir les besoins des établissements tant au niveau local
          que national. Une partie des questions soulevées sont encore sans
          réponse complètement opérationnelle au niveau du pays, notamment le
          signalement.</p>

          <p style="txt_Normal">Le second projet d’envergure, pleinement
          réussi, est Istex. La collaboration débute en 2011 avec la phase
          d’élaboration commune. En voulant créer un socle documentaire
          national doté de services d’exploration des contenus, alimenté dans
          une première phase par des ressources documentaires rétrospectives,
          le pays innovait et offrait un service garantissant une égalité
          d’accès sans disparités territoriales et s’engageait aussi dans le
          développement et la maîtrise de technologies innovantes. Ce fut
          aussi l’occasion de construire des liens solides et fructueux avec
          l’Inist-CNRS. Les ponts entre l’enseignement supérieur et la
          recherche dans le secteur de l’IST se matérialisaient enfin autour
          d’un projet commun et se poursuivent toujours au travers des
          acquisitions de CollEx-Persée, des versements de contenus dans
          Panist ou encore dans le développement de solutions techniques pour
          l’analyse des usages.</p>

          <p style="txt_Normal">Troisième illustration, la mise en œuvre du
          plan de soutien à l’édition scientifique française. Cette action
          s’inscrivait pas dans les compétences habituelles de négociation et
          d’achat de l’Abes et de Couperin mais dans le cadre d’une commande
          politique articulée avec la loi pour une République numérique,
          source de complexité et d’innovations.</p>

          <p style="txt_Normal">Enfin, dernier jalon, la création en 2019 de
          la communauté française Orcid, engagement de la France dans le cadre
          de <hi rend="italic" style="typo_Italique">l’Open Government
          Partnership</hi> pour regrouper les établissements français et
          s’engager dans une démarche d’adoption généralisée de cet
          identifiant international des chercheurs.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Différents et
          complémentaires</head>

          <p style="txt_Normal">L’Abes et Couperin sont de nature très
          différente : une association et un établissement public
          administratif. Au-delà du simple statut juridique, la nature de nos
          ressources humaines - s’appuyant sur les volontaires dans les
          établissements d’un côté, agents exerçant des missions dans un
          établissement de l’autre - mais aussi la forme de nos gouvernances,
          déterminent nos marges d’autonomie. Ces caractéristiques nous
          amènent à aborder les dossiers différemment. Ce sont nos différences
          qui font aussi notre complémentarité. Nous nous chamaillons parfois,
          mais tendrement, parce que nous savons que nous trouverons forcément
          un point d’accord, tant par nécessité que par désir de construire.
          Il ne peut en être autrement car nous sommes au service des mêmes
          établissements.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_100_page_12_dossier_05_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Neurones de Cajal</head>

            <p style="ill-credits-sources">© Odra Noel</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Les bibliothèques face à la
          révolution de la science ouverte</head>

          <p style="txt_Normal">Ma position d’acteur engagé, membre du CA de
          l’Abes, et coordonnateur de Couperin depuis plus de 10 ans, me
          permet de percevoir le chemin parcouru mais aussi les défis qui nous
          attendent encore. Nous évoluons d’un paradigme de constitution de
          collections documentaires numériques avec une assise nationale à
          celui de construction d’un système de publication ouvert où la
          dimension internationale constitue un facteur déterminant. Nous
          devons répondre à plusieurs questions : qu’est-ce qu’une
          bibliothèque dans le monde de la science ouverte ? Les collections
          imprimées continueront à exister pour un certain temps encore,
          notamment pour répondre à une partie des besoins des étudiants.
          L’acquisition de documents sur support physique ne constitue plus
          l’essentiel des dépenses des services documentaires mais mobilise
          encore fortement les moyens humains. Pour les productions de niveau
          recherche, les bibliothèques s’orientent dans plusieurs voies : la
          bibliothèque en soutien à l’édition - de revues le plus souvent - la
          bibliothèque gestionnaire de l’activité de publication qui négocie
          et finance auprès des éditeurs le droit à publier, la bibliothèque
          qui préserve des collections publiées en accès libre, la
          bibliothèque gestionnaire des publications collectées directement
          auprès des auteurs ou des éditeurs en fonction des droits associés
          aux contenus et aux versions (les archives ouvertes), et des données
          de la recherche (les entrepôts de données), la bibliothèque comme
          fournisseur de services d’analyse et d’exploration des contenus. Les
          missions de formation aux compétences informationnelles, d’animation
          culturelle ou de numérisation de corpus patrimoniaux demeurent aussi
          des axes de développement.</p>

          <p style="txt_Normal">Le modèle classique - sélection, acquisition,
          signalement, mise à disposition, évaluation des usages,
          conservation, est déjà fortement perturbé. Les missions demeureront
          mais ce ne seront pas forcément les mêmes acteurs qui agiront. Le
          tableau ci-dessous tente d’identifier les activités qui seront le
          plus atteintes par ces évolutions en faisant l’hypothèse que les
          bibliothèques resteront les opérateurs principaux dans ces champs
          d’activité.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Elaborer une vision pour le monde
          d’après</head>

          <p style="txt_Normal">La principale évolution est d’une certaine
          façon une révolution, il n’est plus question d’acquérir des
          documents pour donner accès mais de financer l’activité de
          publication réalisée par des éditeurs ou des plateformes publics et
          privés, ou bien d’assurer cette fonction, la bibliothèque devenant
          elle-même gestionnaire de plateformes d’édition. Les enjeux
          d’évaluation des usages se modifient, les mesures de consultation
          des ressources permettent actuellement de mesurer l’adéquation de
          l’offre à la demande, dans un monde ouvert, il s’agira de mesurer
          l’audience et la pertinence des ressources que la bibliothèque
          soutient. Enfin, les enjeux de conservation restent identiques dans
          une relation différente avec les producteurs, qui passeront d’une
          position de monopole à une position de prestataire de services pour
          autant que les contenus qu’ils diffusent soient systématiquement
          dans des licences ouvertes et très libérales (CC-BY), rendant
          possible le moissonnage des productions en vue de leur conservation
          mais aussi de leur exploitation à des fins de fouille.</p>

          <p style="txt_Normal">Sur de nombreux segments, l’Abes et Couperin,
          mais aussi d’autres acteurs de l’IST en France comme l’Inist-CNRS,
          Persée ou OpenEdition, ont un rôle à jouer. C’est à nous,
          collectivement, avec les établissements dans leur diversité, de
          définir les missions que nous souhaitons assumer. Faute d’avoir une
          vision où nous aurons un rôle à jouer, nous risquons d’être de
          simples figurants dans le monde d’après.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_100_page_13dossier_05_fig02.jpg"/>

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