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      <titleStmt>
        <title type="main">Les BU, un phare dans la tourmente</title>

        <author role="aut"><name>Marc Martinez</name><affiliation><ref
        target="#aff01" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">240228758</idno><idno
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        <edition><date>2021-03-30T16:12:00</date></edition>
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            <dim type="pagination">6-7</dim>
          </dimensions><date>01/04/2021</date></ab>

        <idno type="book"/>

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      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
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      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
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      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Les BU, un phare dans la
          tourmente</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Marc Martinez</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:marc.martinez@univ-lyon3.fr">marc.martinez@univ-lyon3.fr
        </ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Président de l’ADBU, directeur des bibliothèques de
        l’université Jean Moulin Lyon 3</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Grâce à leur réactivité, les BU sont demeurées,
        en dépit des contraintes, un pôle de stabilité pour leurs publics dans
        un environnement rendu incertain par la crise sanitaire.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Depuis un an à présent, les bibliothèques
        universitaires font face aux conséquences de la pandémie de Covid-19 :
        confinements, jauges d’accueil, mesures sanitaires, couvre-feux,
        travail à distance… Frappées au cœur de leur raison d’être la plus
        visible - accueillir et servir les publics étudiants et de chercheurs
        -, les BU sont parvenues en dépit de difficultés de tous ordres à
        maintenir les collectifs de travail en interne, à rendre les services
        essentiels aux communautés qui y recourent, à garder enfin le lien
        entre elles par le biais des réseaux professionnels.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Improviser, s’adapter,
          surmonter</head>

          <p style="txt_Normal">Le choc de mi-mars 2020 a été considérable
          pour des services qui, au sein des établissements d’enseignement
          supérieur ou dans les organismes de recherche, drainent des flux de
          public importants : les BU ont en effet accueilli en 2018 près de 70
          millions de visites. Cœur des campus et bien souvent « seconde
          maison » des étudiants, les bibliothèques, qui œuvraient depuis des
          années à accroître horaires d’ouverture et disponibilité des places
          ainsi qu’à porter leurs équipes au contact des publics, se sont
          soudainement retrouvées vides de visiteurs et de professionnels. Les
          équipes des BU ont négocié le brusque changement de pied en
          improvisant des modes de fonctionnement intégralement à distance
          bien différents, par l’échelle et les conditions, des premiers
          déploiements des protocoles de télétravail des années précédentes.
          Moniteurs, contractuels, bibliothécaires, encadrement : toutes et
          tous ont dû recréer des organisations de travail sans pouvoir
          d’abord compter sur les matériels, l’infrastructure ou les outils
          logiciels nécessaires. Les premiers mois de confinement strict, de
          mars à mai, ont été placés sous le signe de l’improvisation et d’une
          forme de bricolage pragmatique. Le défilé des logiciels de
          visioconférence et de chat essayés puis abandonnés ou juxtaposés (de
          Renavisio en Zoom en Teams en Skype ou Slack et j’en passe) a fini
          par laisser la place à un agencement plus raisonné à partir de la
          rentrée de septembre 2020. Les niveaux d’équipement des personnels
          en PC mobiles se sont également améliorés à partir de la rentrée,
          les plans d’acquisition en urgence de matériel informatique donnant
          alors leur plein rendement.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_101_page_06_dossier_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Illustration Ileana Da Rin</head>

            <p style="ill-credits-sources">@unitednations-Unsplash</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Servir de loin et de près, en
          s’adaptant en permanence</head>

          <p style="txt_Normal">Avec leurs publics confinés sans préavis, les
          services d’accueil et d’orientation, les services de formation,
          d’appui à la recherche, les missions culturelles ont basculé sur des
          formes numériques, subissant d’abord les limites des équipements et
          outillages informatiques dont disposaient des équipes elles-mêmes
          confinées. Les réseaux sociaux, sur lesquels les BU étaient déjà
          très largement présentes et suivies, ont constitué un lieu
          d’information et de dialogue essentiel avec des étudiants désemparés
          par cette situation inédite.</p>

          <p style="txt_Normal">Le retour des publics sur site, très
          progressif à partir de la première levée de confinement en mai 2020,
          a été marqué par des modifications de régime à vue auxquelles les BU
          se sont adaptées en souplesse. On est passé, pour mémoire, du <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">drive</hi>/guichet en mai 2020 à
          une rentrée à effectifs complets, fussent-ils masqués, avant de
          basculer en jauge adaptée puis à nouveau en confinement à partir de
          fin octobre. Moins strict que le premier, ce confinement a autorisé
          le maintien de l’ouverture des BU au prix d’une réservation
          obligatoire des places de travail, là aussi déployée en un temps
          record afin de garantir la permanence d’accès pour le public. À un
          moment où la précarité étudiante, aggravée par la crise sanitaire,
          s’installait dans le débat public, les BU demeuraient, au sein
          d’universités qui ne pouvaient plus accueillir d’activités
          pédagogiques, un lieu essentiel pour maintenir le contact avec les
          étudiants, replongés dans l’incertitude et l’angoisse. Les
          dispositifs mis en place fin octobre 2020 ont démontré depuis qu’ils
          permettaient d’accueillir un public fourni, de manière contrôlée et
          suivie, et avec toutes les garanties de sécurité sanitaire pour les
          usagers comme pour le personnel.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Garder le lien</head>

          <p style="txt_Normal">Le lien avec leurs publics, à distance comme
          sur site quand les conditions le permettaient, a constitué une
          priorité pour les BU, contribuant très concrètement aux efforts des
          établissements dans le domaine. Lieu de vie étudiant essentiel, les
          BU sont demeurées, en dépit des contraintes d’accès et de jauge, un
          pôle d’accueil stable dans un environnement qui ne cessait de
          changer au gré des mesures sanitaires.</p>

          <p style="txt_Normal">Une autre forme de lien, entre les
          professionnels de la documentation celui-ci, a contribué, me
          semble-t-il, à la capacité des bibliothèques universitaires, de
          leurs équipes, de leur encadrement, à affronter l’épreuve dans la
          durée. Le réseau professionnel et associatif de l’information
          scientifique et technique a constitué un forum aux échanges nourris
          et un espace de travail qui a permis à l’ADBU de porter la voix
          collective des cadres des BU auprès de tous les acteurs de
          l’enseignement supérieur et de la recherche, et parmi eux en premier
          lieu, naturellement, le ministère par le biais du DISTRD<note n="1"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn1"><p>
          Département de l’information scientifique et technique et du réseau
          documentaire</p></note>.</p>

          <p style="txt_Normal">L’enquête réalisée en décembre 2020 et
          présentée auprès des SCD et bibliothèques universitaires lors de la
          journée DIRBUIST<note n="2" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn2"><p> Journée des directeurs de BU et de
          l’information scientifique et technique</p></note> du 4 février
          2021, a ainsi permis de dégager les grandes lignes du processus
          d’adaptation des BU à la pandémie, dans ses réussites comme ses
          difficultés, de fournir des arguments en faveur du maintien de leur
          ouverture lors des arbitrages ministériels successifs, de montrer
          enfin la souplesse de leur organisation au service des publics, en
          dépit d’une réelle fatigue accumulée dans les équipes.</p>

          <floatingText n="1" subtype="Focus" type="encadre">
            <body>
              <div type="encadre">
                <head style="titreEncFocus">« PRÊT DE CHEZ MOI », UNE
                OPÉRATION MUTUALISÉE À L’ÉCHELLE NATIONALE</head>

                <p style="txt_Normal">La mobilisation des réseaux
                professionnels et associatifs de l’ESR pendant la crise
                sanitaire a donné lieu à plusieurs initiatives parmi
                lesquelles l’opération « Prêt de chez moi ». Lancé en février
                2021 sur une initiative de l’Université de Toulouse
                Jean-Jaurès et relayé via le forum des membres de l’ADBU, ce
                nouveau service permet aux étudiants de rapporter les
                documents qu’ils ont empruntés à leur bibliothèque
                universitaire habituelle dans la BU la plus proche de leur
                lieu de résidence du moment, même s'ils n’y sont pas inscrits.
                Ce dispositif répond à la situation créée par le passage des
                cours en distanciel qui a entraîné la dispersion géographique
                des étudiants, parfois loin de leur université d’inscription.
                Plusieurs centaines de milliers de documents pourront ainsi
                être rendus dans les mois qui viennent et remis à disposition
                en évitant aux emprunteurs de devoir recourir à des retours
                par voie postale, souvent très onéreux. L’ADBU propose une
                carte participative recensant les BU prenant part à
                l’opération. <ref target="https://adbu.fr/retourdocuments"><hi
                rend="underline"
                style="typo_souligne">https://adbu.fr/retourdocuments</hi></ref></p>
              </div>
            </body>
          </floatingText>

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            <graphic url="../icono/br/arabesques_101_page_07_dossier_fig02.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Depuis le 15 janvier 2021, la campagne
            de communication lancée sur Twitter avec le hashtag
            #LesBUsontouvertes a généré de nombreux retours d'expériences et
            témoignages d'étudiants sur l’importance des bibliothèques
            universitaires pendant la crise du Covid-19.</head>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une nouvelle normalité à
          inventer</head>

          <p style="txt_Normal">À l’heure où ces lignes sont écrites, la
          troisième vague épidémique submerge le pays. Si l’horizon d’une
          vaccination généralisée permet d’espérer une rentrée aux contraintes
          sanitaires allégées, il apparaît douteux qu’on puisse revenir, pour
          les établissements d’enseignement supérieur comme pour les BU, au
          <hi rend="italic" style="typo_Italique">statu quo ante</hi>. Une
          nouvelle normalité prend corps, où enseignements à distance et sur
          site se combinent dans de nouvelles proportions, où les modalités
          pédagogiques sont très fortement interrogées, où l’organisation même
          des établissements est réévaluée à l’aune de l’année écoulée. Pour
          les BU, la réflexion collective sur les conséquences — durables ou
          conjoncturelles — de la pandémie de Covid-19 est d’une urgente
          actualité. De l’organisation d’équipes en partie à distance aux
          nouveaux équilibres documentaires en passant par l’appropriation
          différente de l’espace par les publics : autant d’interrogations
          ouvertes dont les réponses pèseront fortement sur le développement
          des BU, notamment envisagées comme lieux. Après la crise elle-même,
          c’est un immense défi intellectuel, scientifique et professionnel
          qui est devant nous.</p>
        </div>
      </div>
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