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      <titleStmt>
        <title type="main">BU d’Angers : et vogue le navire</title>

        <author role="aut"><name>Nathalie Clot</name><affiliation><ref
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        type="IDREF">060368764</idno><idno
        type="ORCID">0000000345594503</idno><idno
        type="HAL">nathalie-clot</idno><idno
        type="ISNI">0000000122445666</idno><idno
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        <edition><date>2021-03-30T12:35:00</date></edition>
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          </dimensions><date>01/04/2021</date></ab>

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        <ab type="lodel"><date/></ab>
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        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
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      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
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    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">BU d’Angers : et vogue le
          navire</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Nathalie Clot</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:nathalie.clot@univ-angers.fr">nathalie.clot@univ-angers.fr
        </ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Directrice de la Bibliothèque universitaire d’Angers
        </affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Entre pragmatisme, bon sens, anticipation et
        improvisation : le journal de bord de la BU d’Angers pour rester à
        flot pendant la crise sanitaire.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Depuis un an, nous usons et abusons de
        métaphores maritimes pour décrire notre manière de flotter au gré du
        courant d’une crise qui dure. La forte image du film de Fellini, <hi
        rend="italic" style="typo_Italique">E la nave va</hi>, montrant un
        petit bateau chargé d’un rhinocéros traduit fort bien notre ressenti
        collectif face à la situation improbable et inconfortable que nous
        traversons.</p>

        <p style="txt_Normal">Voici donc un bref retour d’expérience,
        subjectif et singulier, sur la manière dont les bibliothèques
        universitaires et archives de l’université d’Angers ont essayé de
        tenir à flot leur barque avec le gros rhinocéros de la crise sanitaire
        à son bord.</p>

        <p style="txt_Normal">Les BU d’Angers sont une flottille de deux gros
        vaisseaux de croisière, de 900 et 1000 places, avec un équipage de 20
        personnes environ chacune et d’un petit bateau technique en charge des
        archives de l’université et ses 5 matelots.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Prendre la première vague,
          mars-mai 2020</head>

          <p style="txt_Normal">L’annonce le 14 mars 2020 de la fermeture
          totale des universités a été un moment de sidération. C’est peu dire
          que nous n’étions pas prêts, dans un département encore peu touché
          par la crise sanitaire. Nous avions, en fait, un plan de navigation
          très différent : la semaine précédente s’était achevée sur le beau
          spectacle <hi rend="italic" style="typo_Italique">Bonhomme</hi> de
          Laurent Sciamma dans le cadre du Mois du genre, la programmation <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">in situ</hi> était affichée à
          l’entrée de chacune des BU et les petits gadgets en forme de
          clitoris qui devaient être distribués en souvenir lors de certaines
          conférences étaient prêts à sortir des imprimantes 3D de Polytech
          Angers. Des séances de caresses à des chiens et chats câlins étaient
          programmées les mercredis et vendredis jusqu’aux vacances d’avril,
          le dispositif « Place à (P)rendre » incitait les étudiants à
          partager les places pour faire face à l’affluence et nous étions en
          plein dans l’écriture d’un projet de service faisant la part belle
          aux aspects conviviaux de la vie d’une BU.</p>

          <p style="txt_Normal">Lors de ce premier confinement, la gouvernance
          de l’université d’Angers a eu une approche très restrictive de la
          circulation et du plan de continuité d’activité : l’accès aux
          bâtiments n’a été autorisé qu’à quelques agents pour des questions
          d’entretien du bâtiment.</p>

          <p style="txt_Normal">Lorsque nous avons pris la première vague,
          seuls 19 agents sur 50 étaient équipés d’ordinateurs portables
          professionnels.</p>

          <p style="txt_Normal">Les premières semaines de confinement ont été
          occupées à recenser les possibilités de télétravail de chacun, en
          fonction de sa situation familiale et de son environnement
          technique, à caler les questions de positions d’activité et de temps
          de travail « réel ». Seules deux priorités avaient été fixées à
          l’équipe de la BUA : se maintenir en bonne santé morale et physique
          et créer des conditions favorables pour pouvoir reprendre le travail
          rapidement à la fin du confinement.</p>

          <p style="txt_Normal">Nous avons eu la chance de travailler avec une
          équipe politique tout juste réélue pour 4 ans. Expérimentée, unie et
          compétente, elle a fait beaucoup pour anticiper et sécuriser le
          cadre de travail collectif et nous a protégé, par des décisions
          fortes prises et votées tôt au niveau local, des va-et-vient tardifs
          des arbitrages nationaux. Elle a notamment évité les différences de
          traitement entre agents sur les sujets aussi sensibles que les
          congés et l’indemnitaire, et a permis un large usage du statut ASA
          Covid pour éviter de dévaluer la notion de télétravail.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">L’occasion d’avancer sur des
          chantiers toujours reportés</head>

          <p style="txt_Normal">Nous nous sommes efforcés de trouver des
          chantiers et activités pour les collègues en mesure de
          télétravailler et qui étaient en demande, sans en faire, lors de
          cette première vague, notre priorité.</p>

          <p style="txt_Normal">Comme beaucoup, nous avons eu trois grands
          types de projets « Yoni » (<hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Your Organisation Not In Situ</hi>). Tout
          d’abord le service de réponse en ligne. Ubib ne s’est pas interrompu
          une seule journée pendant le confinement et le réseau a continué à
          répondre aux horaires habituels à des questions nombreuses en chat
          ou par mail. Nos formulaires de réponse en ligne ont connu un succès
          sans précédent, notamment pour rassurer les 8 000 utilisateurs
          détenant 24 000 documents de la BU sur les conditions de restitution
          pendant et après la crise. Les rendez-vous avec un bibliothécaire
          ont été transposés en ligne. L’amélioration des instruments de
          recherche ensuite<hi rend="bold" style="typo_gras"> </hi>: nettoyage
          de données des catalogues, notamment grâce à l’ouverture de WinIBW,
          application de catalogage dans le Sudoc, à des ordinateurs sans VPN,
          travail à plusieurs mains d’unification de la grosse centaine
          d’inventaires à relire et à reprendre dans Calames. La crise a
          permis d’avancer ces chantiers importants et non urgents que nous
          reportions d’année en année au moment « où on aurait du temps ».
          Dernier grand projet : le signalement de ressources ouvertes à titre
          exceptionnel.</p>

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            <graphic url="../icono/br/arabesques_101_page_09_dossier_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Illustration Aashti Miller</head>

            <p style="ill-credits-sources">@unitednations-Unsplash</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Anticiper une rentrée « pas
          normale »</head>

          <p style="txt_Normal">A l’annonce du déconfinement fin avril, un des
          enjeux était de remettre en route une équipe atteinte du « syndrome
          du naufragé », fait d’une peur de sortir de chez soi, d’une
          attention exacerbée au « théâtre de l’hygiène » et ayant besoin
          d’assurance pour reprendre le chemin du travail sur site sans
          peur.</p>

          <p style="txt_Normal">Là encore, une bonne organisation locale nous
          a protégé des flottements nationaux : nous avions un protocole, des
          masques, un cadre écrit le 3 mai et un calendrier. Nous n’avons
          jamais attendu des consignes d’en haut pour protéger notre public et
          notre personnel, en portant à notre échelle une attention toute
          particulière aux données de la recherche en train de se faire. On ne
          dira jamais assez ce qu’un bon bibliothécaire médical peut
          faire !</p>

          <p style="txt_Normal">Dès fin avril, nous nous sommes dits que la
          réservation de créneau avec jauge était le meilleur moyen à notre
          portée de garantir l’étalement des venues. Par imitation du
          protocole imaginé par l’équipe d’Olivier Tacheau à Caen, nous avons
          opté pour un accès direct à la collection par le public et un retour
          des livres via les automates de prêt avec dépôt sur des étagères
          roulantes. Nous avons déterminé la durée de quarantaine des
          documents en fonction de ce que nous pouvions stocker plutôt qu’en
          fonction de critères sanitaires qui faisaient déjà débat au sein de
          la communauté scientifique. La consigne masque + lavage de mains
          avant et après nous a paru préférable à de nombreuses manipulations
          des documents pour respecter une longue quarantaine.</p>

          <p style="txt_Normal">Dès le 27 avril, nous discutions avec
          Affluences, dont nous sommes l’un des clients historiques, des
          possibilités techniques de leur solution, que nous utilisons pour
          les réservations de salle de groupes depuis 2017. Moyennant un
          partenariat de « co-développement », nous avons pu être une BU
          bêta-testeuse de leurs innovations techniques.</p>

          <p style="txt_Normal">Histoire de ne pas être surpris une fois de
          plus par la marée, nous avons fait le choix délibéré d’anticiper une
          rentrée « pas normale », à un stade ou un autre. Nous avons organisé
          une concertation avec l’aide des élus au conseil documentaire et de
          la VP étudiante avec plusieurs scénarios, validé le principe
          d’ajustements au fil de l’eau sur la base d’un prototype imparfait
          et fait plusieurs paris qui nous ont permis de prendre assez
          tranquillement la deuxième vague.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Prêts pour la deuxième vague,
          novembre 2020-février 2021</head>

          <p style="txt_Normal">Les paris de la réservation à la place, de
          l’augmentation du nombre de moniteurs étudiants, celui de la
          préparation de plannings d’accueil permettant de passer 75% de
          l’équipe en télétravail chaque demi-journée si nécessaire ont montré
          leur utilité lors de l’arrivée de la deuxième vague.</p>

          <p style="txt_Normal">L’équipement des 50 agents en postes « Flex »
          (portable + station d’accueil + écran extérieur) et dès septembre en
          accès VPN aux outils métiers (SIGB, Sudoc, répertoires partagés) ont
          été vite rentabilisés, de même que la formation et la pratique
          régulière de temps collectifs et de formations participatives
          exclusivement en ligne.</p>

          <p style="txt_Normal">Le renforcement, grâce au passage à Libanswer
          via le réseau Ubib de l’infrastructure de réponse en ligne et la
          formation de l’ensemble des collègues répondants se sont également
          révélés fort précieux. Alors que nous avions fait le gros dos et
          « sacrifié » le travail lors de la première vague, nous avons cette
          fois pris la mesure de l’importance de ce dernier pour le bien-être
          psychologique de l’équipage et nous avons placé sa continuité pour
          tous comme priorité.</p>

          <p style="txt_Normal">Anticiper plutôt que suivre, faire plutôt
          qu’attendre, accepter parfois une prise de risque juridique minime
          sans jamais transiger sur la santé des personnels et du public,
          considérer qu’il y a toujours à apprendre et à garder lorsqu’on
          surmonte un coup de tabac : ainsi va notre petit navire au fil de la
          houle, en attendant le retour du beau temps, belle mer et du côté
          « la croisière s’amuse » qui nous est si cher.</p>
        </div>
      </div>
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