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    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title type="main">« Les fablabs accèdent à la
        reconnaissance »</title>

        <title type="sub">Interview de Cyrille Jaouan, bibliothécaire à la
        Ville de Paris</title>

        <author role="aut"><name>Cyrille Jaouan</name><idno
        type="IDREF">237882108</idno><idno
        type="ISNI">0000000476991795</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/237157098460372551784</idno></author>
      </titleStmt>

      <editionStmt>
        <edition><date>2021-04-06T15:51:00</date></edition>
      </editionStmt>

      <publicationStmt>
        <ab type="papier"><dimensions>
            <dim type="pagination">23</dim>
          </dimensions><date>01/04/2021</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>

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      </tagsDecl>
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      <langUsage>
        <language ident="fr-FR"/>
      </langUsage>

      <textClass>
        <keywords scheme="keyword" xml:lang="fr">
          <list>
            <item>interview</item>
          </list>
        </keywords>
      </textClass>
    </profileDesc>

    <revisionDesc>
      <change when="2021-04-09T13:30:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>

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    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">« Les fablabs accèdent à
          la reconnaissance »</titlePart>

          <titlePart style="T_SousTitre" type="sub">Interview de Cyrille
          Jaouan, bibliothécaire à la Ville de Paris</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Cyrille Jaouan</docAuthor>
      </titlePage>

      <div type="resume_motscles">
        <p style="txt_Motclef"> : interview</p>
      </div>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Cyrille Jaouan, responsable de la médiation
        numérique à la médiathèque Marguerite Duras, initiateur d’un fablab
        qui a fabriqué du matériel pour les soignants pendant la pandémie,
        revient sur cette expérience insolite.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <figure>
          <graphic url="../icono/br/arabesques_101_page_23_dossier_fig01.jpg"/>

          <head style="titre_figure"> </head>

          <p style="ill-credits-sources">© Cyrille Jaouan cc by sa nc
          cyrzbib</p>
        </figure>

        <sp>
          <p rend="question" style="txt_question"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">Arabesques : </hi><hi rend="bold"
          style="typo_gras">comment est né le « corolab » de la médiathèque
          Duras ?</hi></p>
        </sp>

        <sp>
          <p rend="answer" style="txt_reponse"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">Cyrille Jaouan</hi> : je fais une veille active
          sur le monde des fablabs, dont je m’inspire beaucoup pour mes
          projets en bibliothèque, notamment autour de l’inclusion numérique.
          J’ai vu qu’une dynamique s’y mettait en place pour fabriquer du
          matériel sanitaire. J’ai commencé par participer à titre individuel
          et bénévole dans le réseau des fablabs d’Ile-de France qui assurait
          l’interface avec les hôpitaux. Quand j’ai livré à l’hôpital mes
          premiers masques fabriqués sur mon imprimante 3D personnelle et que
          j’ai vu des soignants obligés d’utiliser des sacs poubelles comme
          blouse, ça a été un choc. Je me suis dit qu’il fallait faire plus.
          J’ai ensuite participé au Simplon lab qui cherchait des bénévoles
          pour coudre des blouses d’après un modèle validé par les instances
          hospitalières. J’ai contacté des collègues qui nous ont rejoints. A
          partir de ces premières expériences, on a décidé, avec Pascal Ferry,
          le coordinateur du festival numérique parisien Numok, de créer notre
          propre fablab en bibliothèque pour apporter notre contribution<note
          n="1" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn1"><p> <ref target="https://cyrzbib.net/tag/corolab"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://cyrzbib.net/tag/corolab</hi></ref></p></note>.</p>
        </sp>

        <sp>
          <p rend="question" style="txt_question"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">Comment et combien de temps a-t-il
          fonctionné ?</hi></p>
        </sp>

        <sp>
          <p rend="answer" style="txt_reponse"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">C.J.</hi> : avec l’accord de notre hiérarchie,
          nous avons rassemblé dans la salle de lecture de la médiathèque
          Marguerite Duras des imprimantes 3D et des machines à coudre
          récupérées dans d’autres établissements. En tout, 37 bibliothécaires
          du réseau parisien se sont relayés sur la base du volontariat pour
          coudre, découper, monter, assurer le nettoyage. Le « corolab »,
          comme on l’avait appelé pour plaisanter, a fonctionné jusqu’à la
          réouverture au public en mai. À ce moment-là, les demandes des
          hôpitaux baissaient tandis que celles de tous les services publics
          qui allaient rouvrir explosaient. Nous avons estimé que ce n’était
          pas notre rôle d’y répondre et nous avons décidé de nous recentrer
          sur les besoins des bibliothèques parisiennes. Nous avons continué à
          fabriquer des objets pour le réseau tels que de la signalétique, des
          pousse-portes et un prototype de masques en plexiglass que nous
          avons élaboré pour que les bibliothécaires de nos cinq pôles sourds
          qui pratiquent la langue des signes en français puissent continuer à
          communiquer avec les parlants<note n="2" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn2"><p> <ref
          target="https://bibliopi.wordpress.com/2020/06/22/qui-se-cache-derriere-le-masque"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://bibliopi.wordpress.com/2020/06/22/qui-se-cache-derriere-le-masque</hi></ref></p></note>.</p>
        </sp>

        <sp>
          <p rend="question" style="txt_question"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">Avec ce type d’activité, est-on encore dans le
          métier de bibliothécaire ?</hi></p>
        </sp>

        <sp>
          <p rend="answer" style="txt_reponse"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">C.J.</hi> : absolument. Faire des tutoriels, se
          renseigner sur les bons sites pour savoir, par exemple, comment
          désinfecter un bâtiment, cela reste au cœur de notre métier, c’est à
          dire trouver de l’information, la valider et la mettre à la
          disposition de tous. La signalétique qu’on a créée est en open
          source et tout le monde peut l’utiliser.</p>
        </sp>

        <sp>
          <p rend="question" style="txt_question"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">Quelles suites aura cette expérience à
          Paris ?</hi></p>
        </sp>

        <sp>
          <p rend="answer" style="txt_reponse"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">C.J. :</hi> le projet de création d’un fablab à la
          bibliothèque Marguerite Duras<note n="3" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn3"><p> La médiathèque
          Duras accueillera cet automne une expo de ses photos relatant la
          période « Maker X Covid ». Cette expo tourne déjà dans les Fablabs
          <ref
          target="https://www.billetweb.fr/expositionretrospectivemakers-x-covid"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.billetweb.fr/expositionretrospectivemakers-x-covid</hi></ref></p></note>,
          voté par les Parisiens au budget participatif de 2019 avec un
          montant de 300 000 euros vient d’entrer dans sa phase
          opérationnelle. En interne, nous avons mis en place des groupes de
          travail ouverts à toute l’équipe car l’enjeu est d’intégrer le futur
          fablab dans le projet d’établissement et surtout pas d’en faire un
          service isolé. La bibliothèque Robert Sabatier, dans le 18<hi
          rend="sup" style="typo_Exposant">ème</hi> arrondissement, réfléchit
          dans le cadre de sa rénovation à installer un fablab. Plus
          largement, j’ai eu l’occasion d’échanger avec les élèves
          conservateurs territoriaux et d’Etat sur les fablabs, l’idée fait
          son chemin.</p>
        </sp>

        <sp>
          <p rend="question" style="txt_question"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">Cette initiative a été très médiatisée. Est-ce que
          cela a changé le regard porté sur les fablabs en
          bibliothèque ?</hi></p>
        </sp>

        <sp>
          <p rend="answer" style="txt_reponse"><hi rend="bold"
          style="typo_gras">C.J.</hi> : cette expérience, effectivement très
          médiatisée, a valu tous les discours. Elle a montré, aux élus, à la
          hiérarchie, aux collègues, l’intérêt d’avoir de tels équipements
          dans une bibliothèque, et pas seulement en temps de crise, à la fois
          pour les besoins internes à un réseau et pour le public. Ils
          permettent de mener des actions de démocratisation de la culture
          numérique et d’accompagner les utilisateurs dans leurs projets
          personnels. Le fait que des projets de fablabs se développent dans
          des bibliothèques et soient ainsi largement accessibles à tous, et
          plus seulement à une poignée de geeks, montrent qu’on est entré dans
          un processus de reconnaissance. On est en train de passer de l’âge
          des pionniers à celui de la généralisation de ce type
          d’équipement.</p>
        </sp>

        <epigraph>
          <quote style="txt_Epigraphe">Interview réalisée par Véronique
          Heurtematte, coordinatrice éditoriale d’Arabesques</quote>
        </epigraph>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
