<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI change="metopes_publication#openedition"
     xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"
     xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance"
     xmlns:xs="http://www.w3.org/2001/XMLSchema"
     xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink"
     xmlns:xi="http://www.w3.org/2001/XInclude"
     xmlns:ns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"
     xmlns:mathml="http://www.w3.org/1998/Math/MathML"
     xmlns:loext="urn:org:documentfoundation:names:experimental:office:xmlns:loext:1.0"
     xmlns:dcr="http://www.isocat.org/ns/dcr">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title type="main">L’Abes : un modèle singulier dans le paysage
        européen</title>

        <author role="aut"><name>Julien Roche</name><affiliation><ref
        target="#aff01" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">060923806</idno><idno
        type="ARK">http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb15048207k</idno><idno
        type="ISNI">0000000434876748</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/189903935</idno></author>
      </titleStmt>

      <editionStmt>
        <edition><date>2021-06-20T13:57:00</date></edition>
      </editionStmt>

      <publicationStmt>
        <ab type="papier"><dimensions>
            <dim type="pagination">4_5</dim>
          </dimensions><date>01/07/2021</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>

    <encodingDesc>
      <tagsDecl>
        <rendition scheme="css" xml:id="none">color:black;</rendition>
      </tagsDecl>
    </encodingDesc>

    <profileDesc>
      <langUsage>
        <language ident="fr-FR"/>
      </langUsage>

      <textClass/>
    </profileDesc>

    <revisionDesc>
      <change when="2021-07-16T14:27:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>

  <text xml:id="text">
    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">L’Abes : un modèle
          singulier dans le paysage européen</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Julien Roche</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:julien.roche@univ-lille.fr">julien.roche@univ-lille.fr</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Directeur des bibliothèques et du Learning center de
        l’université de Lille, vice-président de la Ligue des bibliothèques
        européennes de recherche (Liber)</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Les modèles élaborés par chaque pays européen
        pour répondre aux enjeux de l’IST montrent une grande vitalité et
        éclairent utilement la singularité du modèle d’opérateur national de
        l’Abes.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Les bibliothèques ont une longue tradition de
        collaboration et de réseautage, en France comme à l’international.
        Cela sonne comme une évidence pour les professionnels de l’information
        scientifique et technique, pour les établissements eux-mêmes et pour
        l’État français. Mais comme toute évidence communément admise, c’est
        moins la question de la légitimité de ce fonctionnement qui anime la
        communauté et les acteurs depuis une vingtaine d’années que celle de
        ses modalités.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Pourquoi faire réseau ?</head>

          <p style="txt_Normal">Le présent dossier d’<hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Arabesques</hi> permet de revenir utilement à
          la question fondamentale de la valeur ajoutée d’un modèle
          collaboratif. À ce titre, l’exemple suédois s’avère éclairant. La
          Suède présente en effet un certain déficit de coopération et de
          stratégie nationale concernant ses bibliothèques. Son organisation
          présente des similarités avec la France - inscription de la fonction
          documentaire dans la loi relative à l’enseignement supérieur et à la
          recherche, existence d’une infrastructure associative permettant le
          réseautage, pilotage formalisé par l’État, articulation au moins
          formelle entre la Bibliothèque Royale et les bibliothèques
          universitaires - mais aussi des différences notables. Il existe
          certes des consortia nationaux, mais leur champ d’activités est plus
          limité qu’en France, se restreignant aux archives ouvertes et à la
          négociation de ressources électroniques. En creux, apparaissent des
          manques sur des sujets pris en charge en France par le Groupement
          d’Intérêt Scientifique Collex-Persée et par l’Abes. Il est
          d’ailleurs intéressant de mettre en regard la multitude d’agences
          gouvernementales compétentes en matière de bibliothèques en Suède
          avec l’existence d’une seule agence de coordination pour
          l’enseignement supérieur et la recherche en France : l’Abes. La
          communauté professionnelle critique certes, à juste titre, une
          certaine tendance de l’agence à la dispersion. Cette dernière répond
          pour une bonne part aux demandes parfois tous azimuts de la tutelle,
          qui voit en elle un opérateur efficace pour sa politique alors que
          le contexte d’autonomie des universités tend à limiter les
          « outils » à disposition de l’État. Cependant, l’implication
          croissante de l’agence dans le portage et la mise en œuvre des
          groupements de commande en appui au consortium Couperin, par
          exemple, illustre bien l’utilité de disposer d’un opérateur à
          l’échelle nationale, dispositif qui manque, peut-être, à la
          Suède.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Fédéralisme et
          centralisation</head>

          <p style="txt_Normal">La France reste un pays largement centralisé
          et jacobin en matière d’enseignement supérieur et de recherche, à la
          différence d’autres pays européens issus d’une histoire marquée par
          une tradition fédéraliste. À ce titre, le cas helvétique est riche
          d’enseignements. Au début des années 2000, dans un calendrier assez
          proche de celui de la France où le Sudoc ouvre son interface
          publique en 2000, la Suisse développe SwissBib grâce à une
          subvention fédérale. La création de ce « méta-catalogue » s’inscrit
          dans une dynamique nationale alors porteuse, qui conduit également à
          l’acquisition en réseau de ressources électroniques<hi rend="bold"
          style="typo_gras">. </hi>Ces 15 ans de partenariat se concluent
          cependant en 2016 sur un échec, avec le départ du canton de Vaud et
          le constat que, malgré le recours à un même format de catalogage, au
          même prestataire et aux mêmes outils, les cantons peinent à faire
          vivre des projets communs. En regard, l’Abes et son réseau ont
          démontré leur capacité à agir ensemble à travers le portage récent
          puis la mise en œuvre du projet de Système de Gestion de
          Bibliothèque mutualisé (SGBm). Si cet article n’est pas le lieu pour
          discuter du bilan du SGBm, qui n’a assurément pas tenu toutes ses
          promesses, il est à souligner que le réseau a massivement adhéré au
          projet, l’a porté, nourri, soutenu et qu’il a fait confiance à
          l’Abes pour le co-piloter et le coordonner, avec le plein soutien de
          la tutelle.</p>

          <p style="txt_Normal">La contribution de l’Allemagne – également
          pays fédéral – porte sur un autre cœur de métier de l’Abes, celui
          des fichiers d’autorités. Elle montre de fortes similarités avec la
          situation française, notamment l’articulation nécessaire entre
          bibliothèque nationale et bibliothèques d’enseignement supérieur. En
          France, cette articulation s’appuie sur le projet de fichier
          national d’entités (FNE), dont l’objet est la mise en place d’une
          plateforme de production mutualisée d’entités sous pilotage conjoint
          de l’Abes et de la BnF. Les défis à relever dans les deux pays sont
          eux aussi similaires : nécessité d’une gouvernance partagée avec la
          communauté, mise en réseau des données, attentes en matière de
          développement de capacités de fouille et de visualisation des
          données, projets d’articulation avec les initiatives ouvertes et
          collaboratives de la fondation Wikimedia, intérêt pour le
          développement de services spécifiques aux différents domaines
          disciplinaires, etc. France et Allemagne font également face au même
          enjeu structurant, celui de mobiliser dans la durée des financements
          pour des sujets vus à tort par les financeurs comme techniques voire
          « métiers » donc secondaires alors qu’ils sont fondamentaux.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Bibliothèques nationales,
          bibliothèques universitaires</head>

          <p style="txt_Normal">Au-delà du cas allemand, les autres exemples
          européens démontrent, eux aussi, la nécessité d’intensifier les
          collaborations entre bibliothèques nationales et bibliothèques
          universitaires. Si, en France, un partenariat direct et fort entre
          la BnF et l’Abes est nécessaire, c’est l’ensemble de la relation
          entre la BnF et les établissements de l’enseignement supérieur et de
          la recherche qui doit être repensée, sans se limiter au cœur
          historique que constituent le catalogue et les fiches d’autorités.
          L’Abes a assurément un rôle à jouer dans cette relation en
          émergence, notamment en termes de développement de services.</p>

          <p style="txt_Normal">Historiquement, l’Abes est l’opérateur du
          catalogue Sudoc et du catalogage partagé de l’enseignement supérieur
          et de la recherche, même si ce périmètre s’est depuis fortement
          élargi avec l’entrée de nouvelles missions dans son portefeuille. Ce
          mode d’organisation se retrouve dans un grand nombre de pays
          européens, qui fédèrent l’effort catalographique de leurs
          bibliothèques au niveau national, pour d’évidentes raisons
          politiques, administratives, linguistiques, culturelles ou
          historiques. C’est le cas pour les bibliothèques universitaires
          espagnoles avec Rebiun, au Royaume-Uni avec la <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">National Bibliographic Knowledgebase</hi>, au
          Danemark avec le catalogue collectif danois ou encore en Grèce avec
          le projet de catalogue collectif pour toutes les bibliothèques
          grecques, universitaires et municipales. Les Balkans occidentaux se
          sont, quant à eux, fédérés autour d’un catalogue collectif et
          partagé, réalisant ainsi une mise en réseau intelligente de pays
          n’atteignant pas, chacun, une taille critique suffisante pour
          supporter séparément les coûts d’un catalogue commun.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_102_page_05_julien_roche_liber_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Illustration du réseau Liber</head>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une feuille de route pour
          l’Abes</head>

          <p style="txt_Normal">On ne saurait terminer cette mise en abyme
          initiale sans aborder la myriade de services à la communauté décrits
          au fil des différentes contributions de ce dossier : bibliothèques
          numériques, valorisation des thèses, soutien au libre accès et plus
          généralement à la science ouverte, participation aux négociations
          pour l’acquisition de ressources électroniques, licences nationales,
          entrepôts de données, formation aux compétences numériques,
          identifiants, formats, statistiques d’usage, etc. Ils témoignent de
          la vitalité du réseau qui, sous des formes différentes, se développe
          dans chaque pays européen. En miroir, ils questionnent la capacité
          de l’Abes à investir dans la durée et en parallèle un nombre élevé
          de champs d’activités. Cette dernière, éclairée notamment par son
          conseil scientifique, a pris conscience de la diversité des chemins
          possibles et du risque important de dispersion évoqué précédemment.
          À la lumière des exemples européens présentés, il apparaît plus que
          jamais urgent que la réflexion aujourd’hui amorcée sur ce qui est
          cœur et sur ce qui doit rester périphérique dans les missions de
          l’Abes aboutisse à la définition et à l’adoption d’une feuille de
          route stabilisée, partagée et évolutive, qui permette aux
          établissements d’appréhender la dynamique de développement et
          d’action de l’agence et de s’y inscrire pleinement, dans le cadre de
          leur propre stratégie pluriannuelle.</p>
        </div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
