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      <titleStmt>
        <title type="main">Suisse : des réseaux multiples fédérés dans le
        cloud</title>

        <author role="aut"><name>Jeannette Frey</name><affiliation><ref
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        type="IDREF">237124076</idno><idno
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        <edition><date>2021-06-20T14:10:00</date></edition>
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        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
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      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
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      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Suisse : des réseaux
          multiples fédérés dans le cloud</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Jeannette Frey</docAuthor>

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        target="mailto:jeannette.frey@bcu.unil.ch">jeannette.frey@bcu.unil.ch</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Directrice de la Bibliothèque cantonale et
        universitaire de Lausanne, présidente de Liber</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Dans un pays où se côtoient 4 langues nationales
        et 26 cantons autonomes, les outils cloud ont permis d’unifier les
        multiples réseaux et portails nés au fil du temps, notamment pour les
        ressources électroniques.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">La bibliothéconomie suisse a connu durant la
        seconde décennie du 21<hi rend="sup" style="typo_Exposant">ème</hi>
        siècle de profonds changements. Le premier catalogue en ligne a été
        créé par la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (BCUL)
        pour l’ouverture de son site central sur le nouveau campus de Dorigny
        en 1971. C’est sur ce catalogue reposant sur le logiciel Sibil
        (Système intégré pour les bibliothèques lausannoises) entièrement
        développé par la BCU Lausanne que se construira ensuite le réseau
        Rebus (Réseau des bibliothèques utilisant Sibil) en décembre 1982,
        puis le réseau romand des bibliothèques Rero (Réseau des bibliothèques
        de Suisse occidentale) en 1985, qui migra dès 1997 sur le logiciel
        commercial Virtua et VTLS/Virtua depuis 2002.</p>

        <p style="txt_Normal">Parallèlement, les bibliothèques universitaires
        germanophones créèrent leur propre réseau en 1983, d’abord sur le
        logiciel Ethics de l’ETHZ (École polytechnique fédérale de Zurich),
        porté sur le logiciel commercial Aleph 500 d’ExLibris en 1998/1999. La
        Bibliothèque nationale suisse (BN) fut informatisée, quant à elle, sur
        sa propre installation de Virtua de VTLS en 1993. S’en suivirent
        quelque 20 ans apparemment calmes durant lesquels les réseaux
        germanophones IDS/Nebis, Rero et la BN se développèrent chacun de son
        côté.</p>

        <p style="txt_Normal">D’autres réseaux cantonaux de portée moins
        grande se développèrent d’un côté et de l’autre de la Sarine, entre
        autres le réseau BGR des bibliothèques du canton des Grisons dès 2004
        (23 bibliothèques), le réseau <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">Baselbieter Bibliotheksverbund</hi> (9
        bibliothèques) ainsi que le <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">Verein Bibliotheken Nordwestschweiz</hi> (19
        bibliothèques) à Bâle-Campagne dès 2009, ou encore le réseau développé
        autour de la Kornausbibliothek à Berne dès 2010 (21 bibliothèques).
        Enfin, mentionnons la création du réseau Alexandria des bibliothèques
        de la Confédération dès 1996.</p>

        <p style="txt_Normal">À l’orée des années 2000, une subvention
        fédérale des Hautes Écoles (HE) permit de développer le métacatalogue
        SwissBib, un outil qui permit la découverte des fonds non seulement
        des grandes bibliothèques universitaires, mais également de beaucoup
        de bibliothèques communales et cantonales absentes des trois grands
        réseaux académiques suisses et des quelques autres réseaux
        cantonaux.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Rendre visibles les ressources
          électroniques</head>

          <p style="txt_Normal">Dès le début des années 2000, les mêmes
          subventions fédérales permirent aux bibliothèques universitaires de
          se lancer dans l’acquisition massive de ressources électroniques.
          Dans l’incapacité de faire apparaître les titres de ces bouquets de
          ressources dans des outils développés pour le catalogage et le prêt
          de monographies, les bibliothèques universitaires développèrent tout
          d’abord des portails de ressources électroniques. La multiplication
          de ces portails exigeait des utilisateurs qu’ils effectuent des
          recherches sur plusieurs catalogues d’une même bibliothèque. Les
          établissements firent rapidement pression sur les réseaux afin
          qu’ils fournissent de nouveaux outils cloud permettant l’import et
          la mise en valeur aisée des ressources électroniques, rapidement
          devenues cruciales pour leurs chercheurs. L’exercice s’avéra
          extrêmement complexe et douloureux dans un pays multilingue où, de
          plus, le principal flux financier se trouve au niveau de cantons aux
          tailles et aux moyens économiques très disparates. Entre 2000 et
          2014, plusieurs projets de réformes de gouvernance et d’évaluations
          communes de nouveaux outils furent envisagés, au sein des réseaux et
          entre réseaux, puis abandonnés. En désespoir de cause, l’un des
          grands partenaires et financeurs de Rero, le canton de Vaud, annonça
          qu’il quitterait le réseau fin 2016 au vu de l’incapacité de Rero à
          se réformer pour investir dans une nouvelle technologie.</p>

          <p style="txt_Normal">L’annonce du départ du canton de Vaud de Rero
          ébranla la planète bibliothéconomique suisse dans ses fondements. La
          BCU Lausanne fut chargée de reprendre la gestion de la centaine de
          bibliothèques vaudoises à leur sortie de Rero et d’implémenter les
          nouvelles technologies cloud pour cet ensemble à fin 2016. Ce départ
          libérait aussi la possibilité de revoir la structure des réseaux au
          niveau national. De 2011 à 2014, la Conférence des bibliothèques
          universitaires suisses (CBU) avait mené, avec des participants des
          directions d’IDS/Nebis, Rero et de la BN, le projet Gemeval (<hi
          rend="italic" style="typo_Italique">Gemeinsame Evaluation eines
          neuen Bibliothekssystem</hi>). Gemeval avait abouti à une esquisse
          de cahier des charges pour procéder à un appel d’offres public en
          vue de l’acquisition commune d’un logiciel cloud pour ces trois
          périmètres. En fin de compte, un appel d’offres commun a été
          abandonné en raison de la disparité des organes décisionnels qu’il
          aurait impliqué.</p>

          <p style="txt_Normal">La BCU Lausanne reprit l’esquisse de cahier
          des charges GEMEVAL et le compléta pour lancer l’appel d’offres
          public pour le réseau dont elle allait être en charge à fin 2016,
          dénommé Renouvaud. ExLibris remporta cet appel d’offres public avec
          les outils Alma/Primo sur lesquels les 110 bibliothèques du réseau
          Renouvaud furent lancées avec succès le 22 août 2016.</p>

          <p style="txt_Normal">La BN suivit avec son propre appel d’offres en
          2016, et choisit les mêmes outils cloud.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Un projet de réseau
          national</head>

          <p style="txt_Normal">Les tenants d’IDS/Nebis reprirent l’idée d’un
          réseau national et lancèrent fin 2014 SLSP (<hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Swiss Library Service Platform</hi>) en tant
          que projet de 15 Hautes Écoles. La principale difficulté était de
          trouver une structure capable de porter un appel d’offres public
          pour l’ensemble des partenaires. Dans ce but, la SLSP SA fut créée
          le 30 mai 2017, avec les 15 institutions fondatrices comme
          actionnaires. La SLSP SA aboutit avec son appel d’offres le 3
          janvier 2018 et passa sur les mêmes outils Alma/Primo d’Exlibris en
          <hi rend="italic" style="typo_Italique">live</hi> au 7 décembre
          2020. Elle regroupe actuellement 470 bibliothèques suisses.</p>

          <p style="txt_Normal">Depuis début 2021, l’ensemble des
          bibliothèques anciennement sur IDS/Nebis, la BN et les bibliothèques
          du réseau vaudois Renouvaud travaillent donc toutes sur les mêmes
          outils cloud. Depuis 2019, des amorces de collaborations sont
          discutées, au vu du fait qu’elles se partagent toutes le même
          prestataire et les mêmes outils. Les partenaires académiques de Rero
          ont quitté fin 2020 le réseau pour rejoindre SLSP SA. Rero continue
          d’offrir des services à une cinquantaine de bibliothèques non
          universitaires, sur la base d’une nouvelle gouvernance et au moyen
          de l’outil Rero ILS développé par le réseau sur la base
          d’Invenio.</p>

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            <head style="titre_figure">La BCU de Lausanne (ici le site HEP
            Vaud) a été chargée de reprendre la gestion des bibliothèques
            vaudoises sorties du réseau Rero.</head>
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          <figure>
            <head style="titre_figure">© BCU Lausanne</head>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">90 % du catalogage automatisés en
          2021</head>

          <p style="txt_Normal">Bien que ne faisant pas partie de l’Union
          européenne, la Suisse est souvent décrite comme un laboratoire de
          l’Europe. En matière de bibliothéconomie, c’est certainement le cas,
          et la Suisse rencontre toutes les difficultés que rencontrerait un
          projet paneuropéen en la matière. En effet, sur son territoire
          pourtant exigu se bousculent 4 langues nationales et 26 cantons
          farouchement autonomes du point de vue financier et culturel.</p>

          <p style="txt_Normal">L’ensemble des bibliothèques académiques
          suisses utilise actuellement pour le catalogage le format MARC21
          mais les règles de catalogage ont toujours divergé dans le détail
          entre IDS/Nebis, Rero et la BN. S’il a été relativement simple
          d’émettre des règles de catalogage pour le réseau Renouvaud, ainsi
          que pour la BN, la question est moins évidente pour les
          bibliothèques participant à la SLSP SA. Les outils de conversion de
          formats et d’assistance à l’enrichissement des métadonnées sont donc
          les bienvenus. Au bénéfice des outils cloud depuis 5 ans, Renouvaud
          a ainsi développé un arsenal d’outils d’aide au catalogage,
          notamment dans le cadre de l’intégration de nouvelles bibliothèques.
          Ceci permet déjà l’import d’environ 90 % de notices automatiquement
          adaptées aux normes en vigueur dans le réseau. En 2021, la BCUL mène
          un projet devant permettre d’automatiser 90 % du catalogage courant
          et d’enrichir automatiquement les notices importées.</p>

          <p style="txt_Normal">La question de l’indexation suscite beaucoup
          de discussions et était déjà fort débattue au sein de Rero (qui
          indexe en Rameau sans pré-coordination). Renouvaud opta en 2016 pour
          une indexation en Rameau pur. Afin de pouvoir bénéficier de cette
          indexation relativement complexe pour un maximum d’ouvrages,
          Renouvaud a mis en œuvre dès octobre 2016 l’outil d’assistance
          Platex permettant une indexation semi-automatique. Les bibliothèques
          qui ont rejoint SLSP, quant à elles, n’ont pas changé leurs
          vocabulaires d’indexation suite au passage à Alma et continuent donc
          à indexer comme elles le faisaient auparavant.</p>

          <p style="txt_Normal">Au vu de la proportion croissante de
          ressources électroniques dans les catalogues des bibliothèques
          universitaires, le mouvement vers l’import et l’enrichissement
          automatique des notices ainsi que vers l’automatisation de
          l’indexation va certainement gagner en importance dans les années à
          venir.</p>
        </div>
      </div>
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