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      <titleStmt>
        <title type="main">Les bibliothèques de recherche suédoises en déficit
        de coopération nationale</title>

        <author role="aut"><name>Lars Burman</name><affiliation><ref
        target="#aff01" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">031317006</idno><idno
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        <edition><date>2021-06-20T14:22:00</date></edition>
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          </dimensions><date>01/07/2021</date></ab>

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        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
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      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
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      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Les bibliothèques de
          recherche suédoises en déficit de coopération nationale<anchor
          xml:id="_Hlk71915861"/></titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Lars Burman</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:lars.burman@ub.uu.se">lars.burman@ub.uu.se</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Professeur, directeur de la bibliothèque de
        l’université d’Uppsala</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Faute d’une réelle stratégie nationale et malgré
        quelques initiatives probantes, les bibliothèques de recherche
        suédoises manquent d’outils de collaboration à l’échelle du pays.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Lorsque j’ai débarqué dans le monde des
        bibliothèques suédoises il y a huit ans, j’étais un extraterrestre.
        Jusque-là, j’avais passé ma carrière dans le monde de la recherche
        universitaire où les valeurs dominantes sont l’indépendance, la
        distance critique, la compétitivité et la capacité à trouver des
        solutions innovantes et alternatives, mais où on peut parfois se
        sentir isolé. Ce qui m’attirait le plus dans le monde des
        bibliothèques, ainsi que dans le poste de directeur d’une grande
        bibliothèque universitaire, c’était l’esprit de coopération
        professionnelle ainsi que le rôle des bibliothèques en tant
        qu’infrastructures de soutien à la recherche et à l’enseignement
        supérieur, non seulement au niveau local mais aussi dans des contextes
        nationaux et internationaux.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une bibliothèque dans chaque
          université</head>

          <p style="txt_Normal">S’il est vrai que « la culture d’entreprise
          fait de la stratégie son petit déjeuner » (citation célèbre
          attribuée au consultant en management Peter Drucker), les structures
          institutionnelles ont également le droit de s’asseoir à la même
          table pour un copieux repas matinal. Le système des bibliothèques de
          recherche suédois se compose de la Bibliothèque royale, c’est-à-dire
          la Bibliothèque nationale, des bibliothèques d’une quarantaine
          d’universités et collèges universitaires, ainsi que des
          bibliothèques spécialisées de divers organismes gouvernementaux. En
          Suède, la Bibliothèque royale et les universités sont elles-mêmes
          des institutions gouvernementales officielles, ce qui signifie
          qu’elles jouissent d’un haut niveau d’indépendance. Chaque année, le
          gouvernement distribue des lettres d’instruction plus ou moins
          détaillées à ses agences gouvernementales. Leurs directeurs, ou
          recteurs dans le cas des universités, disposent d’une grande liberté
          dans l’exercice des fonctions qui leur sont confiées, le pouvoir
          étant ainsi encapsulé dans les différentes institutions.</p>

          <p style="txt_Normal">Les bibliothécaires en chef des universités
          rendent compte à leur recteur mais jouissent normalement d’une
          certaine indépendance, même si l’on observe une tendance croissante,
          quoique discutable, à inscrire les bibliothèques dans un cadre
          administratif, en particulier dans les petits collèges
          universitaires. Dans ces derniers, cette situation n’est pas tout à
          fait déraisonnable étant donné la taille relativement petite de
          leurs bibliothèques mais ce type d’organisation soulève des
          questions quant à ses limites et à l’identité des bibliothèques
          modernes.</p>

          <p style="txt_Normal">La loi suédoise sur les bibliothèques stipule
          que chaque université ou collège universitaire doit avoir sa propre
          bibliothèque. Au sein de la SUHF, l’association des établissements
          d’enseignement supérieur suédois, les recteurs se réunissent pour
          décider des questions de politique générale. Les bibliothécaires en
          chef et directeurs de bibliothèque s’y répartissent en sous-groupes
          de discussions professionnelles sous la direction d’un recteur. Le
          brassage des intérêts au sein de l’association (et de son
          sous-groupe de bibliothécaires) favorise la recherche de terrains
          d’entente plutôt que les débats difficiles où il s’agirait d’établir
          des priorités ou de concentrer le pouvoir.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_102_page_19_suede_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Le « salon » de la bibliothèque
            universitaire d’Uppsala, qui a fêté son 400ème anniversaire en
            2020.</head>

            <p style="ill-credits-sources">© Bibliothèque universitaire -
            Uppsala</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Des consortiums pour les
          ressources électroniques et les métadonnées</head>

          <p style="txt_Normal">La Bibliothèque royale dépend du ministère de
          l’Éducation mais elle est également chargée d’une mission importante
          pour le ministère de la Culture. Elle a donc une double mission et
          peut être décrite comme une organisation descendante, recevant des
          instructions détaillées du ministère. Selon la lettre d’instruction
          qu’elle reçoit, la Bibliothèque royale doit coordonner les
          bibliothèques universitaires ou de recherche mais cette instruction
          ne s’accompagne d’aucune autorité.</p>

          <p style="txt_Normal">Contrairement à la Bibliothèque royale, les
          universités, bien qu’étant comme la Bibliothèque royale des agences
          gouvernementales, sont des organisations ascendantes, devant réagir
          rapidement et efficacement aux besoins de la recherche et de
          l’enseignement supérieur. Les infrastructures universitaires et les
          organismes de recherche suédois sont généralement organisés en
          consortiums, ce qui est plus rarement le cas des bibliothèques.</p>

          <p style="txt_Normal">Il existe cependant de bons exemples de
          collaboration des bibliothèques universitaires en Suède, comme le
          consortium Bibsam, au sein duquel la Bibliothèque royale négocie des
          accords de licence pour les ressources électroniques. Toutefois,
          l’augmentation des coûts, notamment dans le cadre de la transition
          vers l’accès ouvert, met à mal la collaboration puisqu’il revient
          aux universités de payer la facture. Autre exemple de collaboration,
          le consortium DiVA, qui compte 49 membres et qui est dirigé depuis
          Uppsala, est un système de diffusion des métadonnées et des textes
          intégraux des publications de la recherche. Il fournit des
          métadonnées au service Swepub de la Bibliothèque royale, ces données
          étant ensuite utilisées pour l’évaluation de la recherche.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une stratégie nationale à
          inventer</head>

          <p style="txt_Normal">La coexistence en Suède de deux systèmes de
          dépôts pour la mise à disposition du patrimoine culturel numérisé
          est un bon exemple à la fois de la problématique
          ascendante/descendante et du problème des systèmes qui se
          chevauchent. On trouve une multitude d’anciens catalogues
          spécialisés mais ceux-ci sont accessibles numériquement via
          différents systèmes informatiques. Les fonds documentaires physiques
          des grandes bibliothèques, quant à eux, ne sont pas coordonnés,
          laissant en suspens la question « qui doit garder quoi ? » et ils
          pâtissent de pratiques de catalogage disparates. À titre de
          développement prometteur de la coopération, on peut tout de même
          citer l’initiative conduite conjointement par la Bibliothèque royale
          et cinq grandes bibliothèques universitaires visant à préparer et à
          encourager la numérisation à grande échelle des imprimés suédois de
          ces six derniers siècles, un domaine dans lequel la Suède est
          tristement à la traîne.</p>

          <p style="txt_Normal">Des ressources sont nécessaires pour les
          projets nationaux de grande ampleur tels que la numérisation mais
          les bibliothèques de recherche suédoises ne sont généralement pas
          sous-financées et les compétences nécessaires sont disponibles. Le
          problème est plutôt d’identifier les moyens d’une collaboration
          fructueuse, en surmontant les défis posés par les cultures
          professionnelles et les structures organisationnelles. Je suis
          convaincu que cette collaboration est actuellement sous-optimisée en
          raison d’un manque de stratégie et d’orientation auquel il faut
          remédier.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Créer des consortiums</head>

          <p style="txt_Normal">La meilleure réponse à apporter à cette
          sous-optimisation est de traiter les bibliothèques de recherche
          comme une infrastructure nationale collaborative en créant des
          consortiums qui clarifient les tâches et prennent en charge la
          gouvernance et le financement.</p>

          <p style="txt_Normal">Lorsque j’ai pris le poste de directeur de la
          bibliothèque de l’université d’Uppsala en 2012, j’ai réalisé que
          celle-ci fêterait son 400<hi rend="sup"
          style="typo_Exposant">ème</hi> anniversaire en 2020/2021 (en raison
          de la pandémie, les célébrations furent malheureusement un peu
          austères). Cinquante ans plus tôt, lors d’une conférence célébrant
          les 350 ans de la bibliothèque de l’université d’Uppsala, d’éminents
          bibliothécaires du monde entier discutaient déjà de l’avenir de
          leurs institutions. Dans le compte-rendu de cette conférence de
          1971, James E. Skipper, directeur des bibliothèques de l’université
          de Californie à Berkeley, décrit avec acuité une situation qui
          semble aujourd’hui toujours d’actualité : « La coopération entre
          bibliothèques est un paradoxe. Nous avons l’habitude de nous
          agenouiller devant l’autel de la coopération mais seulement pour
          mieux pécher de nouveau. Au travers de toute la profession, c’est
          dans notre domaine que la nécessité de coopérer fait couler le plus
          d’encre, pourtant nous sommes ceux qui progressent le moins en ce
          sens ».</p>

          <p style="txt_Normal">La culture des bibliothèques est forte mais
          l’ère du numérique a tout bouleversé. Les frontières disparaissent
          et les services finiront par devenir transparents. Les usagers
          d’aujourd’hui et de demain sont au centre des préoccupations, et ils
          demandent des ressources et des compétences parfaitement gérées. Le
          leadership, la stratégie et les nouveaux modèles seront
          déterminants.</p>
        </div>
      </div>
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