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      <titleStmt>
        <title type="main">Comment ouvrir et mesurer la science vont de
        pair ?</title>

        <author role="aut"><name>Frédérique Bordignon </name><affiliation><ref
        target="#aff01" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">076525457</idno><idno
        type="ORCID">0000000249189137</idno><idno
        type="HAL">frederique-bordignon</idno><idno
        type="ISNI">0000000358178074</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/205957304</idno></author>
      </titleStmt>

      <editionStmt>
        <edition><date>2021-10-18T15:36:00</date></edition>
      </editionStmt>

      <publicationStmt>
        <ab type="papier"><dimensions>
            <dim type="pagination">4-5</dim>
          </dimensions><date>01/10/2021</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>

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      </tagsDecl>
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      </langUsage>

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    <revisionDesc>
      <change when="2021-10-18T17:11:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
    </revisionDesc>
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    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Comment ouvrir et mesurer
          la science vont de pair ?</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Frédérique Bordignon</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:frederique.bordignon@enpc.fr">frederique.bordignon@enpc.fr
        </ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Responsable du Pôle IST à l’École des Ponts, chercheuse
        au LISIS (Laboratoire Interdisciplinaire Sciences, Innovations,
        Sociétés) </affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Ouvrir et mesurer la science vont de pair. S’il
        faut combattre les études décontextualisées et les indicateurs
        réductionnistes, il convient également d’encourager le libre accès à
        toutes les données de la science pour alimenter des études
        scientométriques pertinentes.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">La scientométrie (l’étude quantitative des
        sciences et des technologies) s’appuie sur des outils biblio­métriques
        permettant la collecte, l’analyse et la mesure des productions
        scientifiques (articles, livres ou brevets). Cette quantification de
        l’activité de recherche est parfois décriée lorsqu’elle conduit à la
        production de classements internationaux d’universités ou qu’elle est
        maladroitement utilisée pour l’évaluation des chercheurs. Certains
        fustigent l’évaluation technocratique de leurs activités et s’opposent
        aux obligations de dépôt de leurs tra­vaux en archive ouverte, dans
        HAL notamment. En réalité, la bibliométrie n’a pas eu besoin de
        l’accès ouvert pour exister. En revanche, elle en a besoin pour
        progresser et produire des études fiables et pertinentes. Inversement,
        le mouvement du libre accès a besoin de mesures bibliométriques pour
        évaluer l’impact des incitations mises en œuvre et trouver des voies
        d’amélioration.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Ouvrir pour mesurer mieux</head>

          <p style="txt_Normal">Les études scientométriques, lorsqu’elles sont
          correctement menées et expliquées, constituent un moyen d’observer
          l’activité scientifique. Les publi­cations et les métadonnées qui
          leur sont associées constituent le matériau de base de ces études,
          dont dépendent leur richesse et leur pertinence.</p>

          <p style="txt_Normal">Pour constituer ses corpus, le bibliomètre a
          le choix d’interroger des dizaines de bases bibliographiques
          généralistes ou disciplinaires. Néanmoins, les bases commerciales de
          Clarivate (<hi rend="italic" style="typo_Italique">Web of
          Science</hi>) et d’<hi rend="italic" style="typo_Italique">Elsevier
          </hi>(<hi rend="italic" style="typo_Italique">Scopus</hi>) sont les
          plus couramment uti­lisées, concurrencées par <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Dimensions</hi><hi rend="italic"
          style="typo_Italique"><note n="1" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn1"><p> <ref
          target="https://app.dimensions.ai/"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://app.dimensions.ai/</hi></ref></p></note></hi><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>(<hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Digital Science</hi>) dont la plupart des
          fonctions sont utilisables gratuitement. Mais ces bases ont des
          biais de cou­verture : elles favorisent notamment les publications
          en anglais, privilégient les sciences et techniques au détriment des
          sciences sociales et des humanités ou encore préfèrent les articles
          aux monographies.</p>

          <p style="txt_Normal">C’est en croisant les bases mais surtout en
          puisant dans des archives ouvertes que ces biais peuvent être
          atténués. Que vaut en effet l’analyse de la recherche d’un
          établissement ou d’un pays si un pan complet de sa production n’est
          pas pris en considération ? Comment peut-on parler d’étude
          interdisciplinaire si les sciences sociales sont <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">a priori </hi>oubliées ? Pour jouer pleinement
          leur rôle, il faut néanmoins que les archives ouvertes disposent de
          métadonnées de qualité. Les opérations de dédoublonnage et
          d’alignement restent souvent une gageure pour le bibliomètre qui
          dépend de ces bases, de leur ouverture et aussi de leur pérennité.
          En effet, Microsoft a récemment annoncé la fermeture prochaine du
          <hi rend="italic" style="typo_Italique">Microsoft Academic Graph,
          </hi>une base bibliographique librement accessible et sur laquelle
          reposaient de nombreux outils, comme par exemple <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">The Lens</hi><hi rend="italic"
          style="typo_Italique"><note n="2" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn2"><p> <ref
          target="https://www.lens.org/"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.lens.org</hi></ref></p></note></hi>.
          Heureusement, <hi rend="italic" style="typo_Italique">OurResearch
          </hi>(société à but non lucratif et acteur déjà bien connu de l’<hi
          rend="italic" style="typo_Italique">Open Access </hi>pour son outil
          <hi rend="italic" style="typo_Italique">Unpaywall</hi><hi
          rend="italic" style="typo_Italique"><note n="3" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn3"><p> <ref
          target="https://unpaywall.org"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://unpaywall.org</hi></ref></p></note></hi>)
          est déjà prêt à développer un successeur, <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">OpenAlex, </hi>et à ouvrir l’accès aux données
          et au code, ce qui permettrait de garantir la pérennité de
          l’outil.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_103_page_05_Bordignon_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure"> </head>

            <p style="ill-credits-sources">© Unsplash - Susan Gold</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Vers un écosystème ouvert</head>

          <p style="txt_Normal">La bibliométrie s’intéresse à la circulation
          des connaissances et étudie les réseaux de citations ; il s’agit
          techniquement de parcourir les bibliogra­phies et d’attribuer les
          citations aux documents qui y sont cités. Mais ces données de
          citation sont parfois soumises à des licences d’utilisation selon
          les éditeurs propriétaires des documents. Pour libérer les liens de
          citations et permettre au plus grand nombre de les exploiter,
          l’initiative I4OC<note n="4" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn4"><p> <ref target="https://i4oc.org"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://i4oc.org</hi></ref><hi rend="bold"
          style="typo_gras"> </hi></p></note><hi rend="bold"
          style="typo_gras"> </hi>(<hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Initiative for Open Citations</hi>) a été
          lancée en 2017 et ce sont désormais plus de 2700 éditeurs qui ont
          rejoint le mouvement et versé leurs citations, laissant entrevoir
          une meilleure évaluation de la recherche avec cette base ouverte,
          structurée et réutilisable conformément aux principes du libre
          accès.</p>

          <p style="txt_Normal">Pour des études bibliométriques à l’échelle
          d’un pays ou d’une ville, il est nécessaire d’exploiter la ligne de
          signature que les chercheurs associent à leur publication pour
          mentionner leur affiliation. <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Scopus </hi>et le <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Web of Science </hi>ont des systèmes avancés
          qui reconnaissent les organismes mentionnés, au prix d’efforts
          concédés en amont par les professionnels de l’IST pour fournir des
          informations facilitant ce repérage. Mais des initiatives pour
          mettre en œuvre des identifiants uniques et ouverts se développent
          (comme ROR<note n="5" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn5"><p> <ref target="https://ror.org"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://ror.org</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>basé sur GRID (<hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Digital Science</hi>), faisant écho aux RNSR
          et AuréHAL français). Ces identifiants pérennes, à l’instar des DOIs
          pour les publications ou des identifiants Orcid pour désam­biguïser
          les noms de chercheurs, sont essentiels à la constitution d’un
          écosystème ouvert et répondent au premier critère des principes FAIR
          (<hi rend="italic" style="typo_Italique">Findable, Accessible,
          Interoperable, Reusable</hi>) qui exige l’attribution d’un
          identifiant aux métadonnées.</p>

          <p style="txt_Normal">Enfin, au-delà du libre accès aux métadonnées,
          le libre accès au résumé et au texte intégral des publi­cations ou
          brevets permet aussi d’alimenter des indi­cateurs bibliométriques
          innovants qui exploitent les données textuelles. L’École des Ponts a
          par exemple mis au point des requêtes<note n="6" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn6"><p> Bordignon, F.
          (2021). Dataset of search queries to map scientific publications to
          the UN Sustainable Development Goals. Data in Brief, 106731. <ref
          target="https://doi.org/10.1016/j.%20dib.2021.106731"><hi
          rend="underline" style="typo_souligne">https://doi.org/10.1016/j.
          dib.2021.106731</hi></ref></p></note><hi rend="bold"
          style="typo_gras"> </hi>pour faire correspondre ses publications aux
          Objectifs de développement durable de l’Onu. Cela démontre tout
          l’intérêt de l’initiative I4OA<note n="7" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn7"><p><hi rend="bold"
          style="typo_gras"> </hi><ref target="https://i4oa.org"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://i4oa.org</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>(<hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Initiative for Open Abstracts</hi>) qui
          promeut l’ouverture et la mise à disposition des résumés d’articles
          et de chapitres d’ouvrage.</p>

          <p style="txt_Normal">L’ouverture du texte intégral constitue aussi
          la for­midable opportunité d’analyser automatiquement le contexte
          des citations (la phrase notamment) en offrant une alternative à un
          comptage brut avec l’attribution d’une polarité (positive, critique
          ou neutre envers le travail cité) à l’instar de ce que l’outil <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">Scite.ai </hi>a développé à
          partir d’accords avec les éditeurs pour constituer sa base de
          textes. La mise à disposition de ces enrichissements pourrait même
          s’inscrire dans le Web sémantique comme l’offre l’ontologie
          CiTO<note n="8" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn8"><p> <ref
          target="https://sparontologies.github.io/cito/current/cito.html"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://sparontologies.github.io/cito/current/cito.html</hi></ref></p></note>.</p>

          <p style="txt_Normal">Ces projets vertueux sont rendus possibles par
          le libre accès aux productions scientifiques, aux métadonnées qui
          les décrivent et aux infrastructures qui les exposent. Vue sous un
          autre angle, la biblio­métrie peut à son tour être un élément
          facilitateur du libre accès.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Mesurer pour ouvrir
          davantage</head>

          <p style="txt_Normal">Tout d’abord, il faut être lucide, de nombreux
          biblio­mètres sont aussi des acteurs du libre accès et ils ne
          renient pas leurs engagements en faveur de l’ouverture de la science
          lorsqu’ils s’investissent dans la réalisation d’un rapport
          bibliométrique. Les bibliomètres sont donc attachés à la qualité des
          données des archives ouvertes et sont souvent à la manœuvre pour
          faire les vérifications et tampons dans HAL.</p>

          <p style="txt_Normal">Par ailleurs, la bibliométrie permet de
          mesurer le taux de disponibilité d’un corpus et de cibler ainsi les
          disciplines ou laboratoires qui ont une marge de progression en vue
          des objectifs fixés, par les établissements ou par le récent
          deuxième Plan national pour la science ouverte. Ces baromètres de la
          science ouverte (qui sont d’ailleurs plutôt des thermomètres) sont
          plus justes lorsqu’ils sont déclinés à l’échelle d’une institution
          avec des pro­fessionnels locaux qui connaissent mieux le péri­mètre
          de leurs unités de recherche. À l’École des Ponts par exemple, c’est
          le corpus servant de base aux analyses bibliométriques qui est
          utilisé. Cela permet de s’affranchir de la dépendance aux DOIs dont
          souffre le baromètre national et de prendre la température sur un
          corpus qui frôle l’exhaustivité. Ces mesures régulières informent de
          l’effet des incitations, permettent d’organiser des campagnes
          ciblées de collecte de <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">postprints, </hi>et renseignent sur le type de
          libre accès (green ou gold) et la mise à disposition de jeux de
          données associés. Enfin elles ont démontré que les publications en
          libre accès ont plus d’impact en termes de citations, mais aussi de
          reprises dans les media ou Wikipedia.</p>
        </div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
