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      <titleStmt>
        <title type="main">Pour une bibliométrie ouverte et
        responsable</title>

        <author role="aut"><name>Grégory Colcanap</name><affiliation><ref
        target="#aff01" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">15200873X</idno><idno
        type="ORCID">0000000162363550</idno><idno
        type="ARK">http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb16528726t</idno><idno
        type="HAL">gregory-colcanap</idno><idno
        type="ISNI">0000000355939982</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/175911379</idno></author>

        <author role="aut"><name>Françoise Rousseau</name><affiliation><ref
        target="#aff02" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">257827714</idno></author>
      </titleStmt>

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        <edition><date>2021-10-19T07:56:00</date></edition>
      </editionStmt>

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        <ab type="papier"><dimensions>
            <dim type="pagination">12-15</dim>
          </dimensions><date>01/10/2021</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 2.3</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
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      </langUsage>

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    <revisionDesc>
      <change when="2021-10-19T13:38:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
    </revisionDesc>
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    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Pour une bibliométrie
          ouverte et responsable</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Grégory Colcanap</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:gregory.colcanap@univ-evry.fr">gregory.colcanap@univ-evry.fr</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Directeur de la bibliothèque de l’université d’Evry Val
        d’Essonne, coordonnateur du consortium Couperin</affiliation></byline>

        <docAuthor style="txt_auteur">Françoise Rousseau</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:francoise.rousseau@cea.fr">francoise.rousseau@cea.fr
        </ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation xml:id="aff02">Chef du
        service Valorisation de l’information au Commissariat à l’énergie
        atomique et aux énergies alternatives, responsable du département
        Services et prospective du consortium Couperin </affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Controversée dans son utilisation pour
        l’évaluation des chercheurs, la bibliométrie contribue néanmoins,
        grâce à ses indicateurs quantitatifs, au suivi et au pilotage de la
        recherche scientifique.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">La bibliométrie n’a jamais tant fait parler
        d’elle. Il est reconnu que son mésusage dans les pratiques
        d’évaluation scientifique, en particulier celles concernant les
        évaluations individuelles de chercheurs, entraîne des dérives du
        système de communication scientifique<note n="1" place="foot"
        style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn1"><p> Du bon usage de la
        bibliométrie pour l’évaluation individuelle des chercheurs, Académie
        des Sciences, 2011. <ref
        target="https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/avis170111.pdf"><hi
        rend="underline"
        style="typo_souligne">https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/avis170111.pdf</hi></ref></p></note>.
        Cependant, la bibliométrie ne se limite pas à l’évaluation. Cette
        pratique basée sur des analyses statistiques de corpus de publications
        importants, en fournissant des indicateurs quantitatifs, peut
        permettre d’analyser un positionnement scientifique, d’appréhender et
        de cartographier les thématiques de recherche et leurs évolutions,
        d’identifier les réseaux de chercheurs en fonctions de leurs travaux,
        de choisir des partenariats pertinents, d’observer le déploiement du
        libre accès, en bref de contribuer au suivi et au pilotage de la
        recherche scientifique. Dans cet article, nous allons analyser
        brièvement les usages de la bibliométrie, ses limites, ses biais ainsi
        que ses bonnes pratiques en nous appuyant notamment sur le très bon
        ouvrage d’Yves Gingras, <hi rend="italic" style="typo_Italique">Les
        dérives de l’évaluation de la recherche. Du bon usage de la
        bibliométrie</hi>. Paris : Éditions Raisons d’agir ; 2014. Nous
        utiliserons également les résultats de l’enquête Couperin<note n="2"
        place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn2"><p> Les
        pratiques de recherche documentaire des chercheurs français en 2020 :
        étude du consortium Couperin <ref
        target="https://hal.inrae.fr/hal-03148285/document%20"><hi
        rend="underline"
        style="typo_souligne">https://hal.inrae.fr/hal-03148285/document</hi></ref>
        </p></note> effectuée auprès des chercheurs (plus de 5500 répondants)
        sur leurs pratiques de recherche documentaire intégrant l’usage des
        bases bibliométriques. Cette enquête a été effectuée dans le cadre de
        la renégociation des produits proposés par les éditeurs <hi
        rend="italic" style="typo_Italique">Elsevier</hi> et <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">Clarivate Analytics</hi>. Nous conclurons sur
        l’observation de nouvelles initiatives qui se mettent en place pour
        améliorer le système.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Les chercheurs, la bibliométrie
          et l’évaluation</head>

          <p style="txt_Normal">Le suivi des citations a longtemps été
          l’apanage du seul « <hi rend="italic" style="typo_Italique">Web of
          Science</hi> » (<hi rend="italic" style="typo_Italique">WoS</hi>)
          qui s’est alors imposé comme une référence pour la bibliométrie,
          surtout dans le cadre d’évaluations scientifiques. Cette
          fonctionnalité a été utilisée pour construire des indicateurs de
          mesure d’impact de la notoriété scientifique d’un article, d’une
          revue (Facteur d’impact), d’un auteur (H-index) ou d’un laboratoire.
          Depuis 2004, les bases bibliographiques <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Scopus</hi>, produite par <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Elsevier</hi>, et <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Google Scholar</hi>, outil libre, sont venues
          concurrencer le leader du marché. L’arrivée des deux « challengers »
          a été bénéfique à l’amélioration de la qualité des bases et à
          l’élargissement thématique et géographique des revues scientifiques
          couvertes. Depuis peu, d’autres ressources comme les livres et les
          comptes rendus de conférences sont de plus en plus signalées dans
          ces bases. Les bases commerciales <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">WoS</hi> et <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Scopus </hi>restent encore une référence dans
          le domaine de la bibliométrie, surtout pour les STM. La qualité de
          ces bases est reconnue par ceux qui les utilisent, notamment pour la
          robustesse des critères de sélection des revues retenues. Cependant,
          leurs fonctionnalités avancées ne sont accessibles qu’à des initiés.
          Les outils dédiés à l’analyse bibliométrique, <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">InCites</hi> pour <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Clarivate </hi>et <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Scival</hi> pour <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Elsevier</hi> sont trop complexes à utiliser
          pour des usages occasionnels. De plus, ces outils peuvent
          quelquefois montrer un « effet boîte noire », très ennuyeux pour
          s’assurer de la fiabilité des résultats. Selon les résultats de
          l’enquête Couperin, <hi rend="italic" style="typo_Italique">Google
          Scholar</hi> devient un concurrent très sérieux. Malgré la qualité
          hétérogène de ses données et l’absence de fonctionnalités avancées,
          la facilité d’usage et d’accès, l’exhaustivité de la base et la
          rapidité de sa mise à jour en font une alternative crédible aux yeux
          de certains utilisateurs. Il ressort même que <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Google Scholar</hi> commence à très bien se
          positionner sur le segment « mesure des citations », avec plus de
          60 % d’usage fréquent ou occasionnel. Ceci peut poser un problème
          pour un usage bibliométrique où la stabilité et la qualité des
          données sont nécessaires pour donner une mesure utilisable et
          réutilisable. Le calcul de certains indicateurs comme l’H-index, qui
          pose déjà problème avec des bases très normalisées, devient assez
          fantaisiste sur une base où les signalements des publications ne
          sont par exemple pas dédoublonnés. Un conseil donc pour les
          chercheurs : calculez votre H-index avec les trois outils et prenez
          le meilleur !</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_103_page_13_Colcanap_Rousseau_fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure"> </head>

            <p style="ill-credits-sources">© Unsplash - Forest Simon</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Défendre un usage raisonné de la
          bibliométrie</head>

          <p style="txt_Normal">La bibliométrie reste un outil très utile pour
          l’analyse de grandes quantités de publications. Cependant, il est
          important de prôner un usage averti qui prenne en compte la validité
          des indicateurs utilisés. Il est difficile de définir précisément un
          bon indicateur. Pourtant, quelques règles de bon sens peuvent être
          énoncées :<lb/> • Choisir des indicateurs simples à interpréter. Il
          faut pouvoir revenir aux données primaires avant d’affirmer un
          évènement (augmentation inattendue d’un nombre de publications par
          exemple) pour vérifier que ce n’est pas l’observation d’un artefact
          ou d’un biais. Cette règle est vraie dans toutes les études
          statistiques, pourquoi pas en bibliométrie ? Les outils « boîtes
          noires » sont donc à éviter.<lb/>• Prendre en compte la pertinence
          du corpus rapportée au champ disciplinaire. En effet, il est reconnu
          que les pratiques disciplinaires sont très différentes. Sans viser
          l’exhaustivité du corpus, il est nécessaire de viser une certaine
          représentativité de la production scientifique du système à
          évaluer.<lb/>• Rapporter les citations à la taille de la communauté
          en mesure de citer les résultats publiés.• Ne pas inférer la qualité
          d’un article de la notoriété d’une revue. Par exemple, l’application
          du facteur d’impact d’une revue (moyenne des citations des articles)
          à chacun de ses articles n’aurait pas de sens.<lb/>• Proscrire les
          indicateurs complexes qui combinent de manière arbitraire des
          indicateurs plus simples. Leurs variations deviennent
          ininterprétables. Par exemple les indicateurs utilisés dans de
          nombreux classements internationaux ou le cas du H-index dépendant à
          la fois du corpus analysé, de la volumétrie des publications et de
          la longévité de la carrière du publiant.<lb/>• Privilégier la
          multiplicité des indicateurs, ce qui permet de consolider un avis,
          de corriger certaines imprécisions et d’aborder différents points de
          vue pour la prise de décision. Il faut préciser que les indicateurs
          bibliométriques ne sont pas les plus adaptés pour détecter les
          savoirs et les approches en rupture, qui sont généralement
          minoritaires avant de devenir, parfois, un nouveau paradigme.
          D’autres analyses telles que celles issues de la fouille de textes
          pourraient s’avérer plus adaptées dans ce cas.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">L’usage abusif de la bibliométrie
          modifie les stratégies de communication scientifique</head>

          <p style="txt_Normal">L’utilisation systématique et continue des
          facteurs d’impact dans les processus d’évaluation a entrainé une
          modification progressive des stratégies de publication. Ce mécanisme
          d’interaction entre un phénomène et son observation est bien connu
          en psychologie. Dans le cas de l’activité de publication, les
          chercheurs adoptent naturellement des stratégies de publication en
          adéquation avec les règles de valorisation de leur activité au sein
          d’une communauté donnée. Si la communauté n’a pas adopté de fait ces
          critères ou si elle ne valorise pas ou si elle rejette le paramètre
          bibliométrique, alors les pratiques de publication restent guidées
          par d’autres choix. Il convient néanmoins de nuancer le propos et de
          rappeler le truisme suivant : beaucoup de chercheurs publient pour
          être lus, et de fait soumettent leurs articles aux revues qui font
          référence dans leur discipline, au sens de l’audience plus que de la
          notoriété, bien que les deux soient fortement corrélées. Être lu
          constituant une condition nécessaire mais pas suffisante pour être
          cité, du moins peut-on l’espérer.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_103_page_14_Colcanap_Rousseau_fig02.jpg"/>

            <head style="titre_figure"> </head>

            <p style="ill-credits-sources">© Unsplash - Alex Beaz</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une dépendance des bases
          commerciales pour l’évaluation institutionnelle ?</head>

          <p style="txt_Normal">Pour la bibliométrie institutionnelle, les
          bases <hi rend="italic" style="typo_Italique">WoS</hi> et <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">Scopus </hi>restent dans le
          paysage surtout pour les STM malgré certaines limites. Elles
          fournissent un instrument de mesure « relativement » stable dans le
          temps, condition indispensable pour des études diachroniques. C’est
          comme utiliser un thermomètre faux, mais toujours le même, ce qui
          permet de pouvoir observer quelques variations. En effet, les
          indicateurs bibliométriques sont relativement stables dans le temps
          et l’observation de variations peut vite être le fait d’artefacts :
          indexation d’une nouvelle revue, meilleure reconnaissance des
          adresses d’une institution. De plus, les deux producteurs de ces
          bases bibliométriques ont beaucoup investi, souvent avec l’appui des
          institutions, sur la qualité des données (dédoublonnage, suivi des
          citations) et sur l’homogénéisation des index : auteurs, adresses
          des institutions, ou sur les thématiques, même si on peut regretter
          que souvent la thématique appliquée soit celle du journal. Ainsi,
          les analyses de positionnement international sont facilitées : il
          est possible de retrouver toutes les publications de l’université X,
          sans connaître toutes les diverses graphies de l’appartenance
          générées par la créativité des chercheurs ou des règles
          d’affiliation quelquefois mal suivies. Ce travail de curation est
          indispensable pour des analyses statistiques représentatives des
          contenus. Par contre, l’usage bibliométrique concentré sur ces deux
          bases commerciales rencontre quelques limites liées aux contenus
          recensés :<lb/>• Un contenu avec une surreprésentation des écrits en
          langue anglaise, défavorisant les disciplines ou les pays dont
          l’activité de publication dans la langue native reste
          significative.<lb/>• Un poids prépondérant des revues publiées par
          les grands éditeurs commerciaux et les sociétés savantes à
          rayonnement international.<lb/>• Une forte valorisation des articles
          et dans une moindre mesure des conférences au détriment des ouvrages
          ou d’autres formes de divulgation et de diffusion des résultats
          scientifiques. La conjonction de ces trois paramètres rend ces
          outils bibliométriques inopérants dans certains secteurs
          disciplinaires, essentiellement pour les études littéraires et les
          sciences humaines et sociales. Les outils existants apportent une
          couverture significative dès lors que la communication savante d’une
          discipline repose essentiellement sur des articles, qu’elle est
          fortement internationalisée et, de fait, d’expression anglaise.</p>

          <p style="txt_Normal">Une autre grande limite pour l’usage de ces
          bases est leur usage sous <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">copyright</hi>, soumis à abonnement. En effet,
          il est possible de partager les résultats des études, mais les
          données de base enrichies ne sont pas partageables librement en
          dehors des abonnés. Dans un monde ouvert où les données
          bibliographiques pourraient être libres de droits, cela ne facilite
          pas les partenariats sur ces sujets. Ainsi en France, où les
          établissements effectuent pour l’OST/HCERES, un travail de
          reconnaissance de l’ensemble de leurs publications présentes dans la
          base <hi rend="italic" style="typo_Italique">WoS</hi>, le résultat
          n’est pas partageable. Et plus aberrant, les établissements non
          abonnés ne peuvent pas avoir accès aux notices françaises complètes
          pour faire leur reconnaissance.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Évaluer autrement : introduire du
          qualitatif auprès du quantitatif</head>

          <p style="txt_Normal">Conscient de l’usage abusif de la
          bibliométrie, les chercheurs ont formulé dès 2012 avec la
          Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche
          (DORA), un plaidoyer pour un retour à une évaluation qualitative,
          reposant en premier lieu sur une lecture des contenus publiés les
          plus pertinents. De même, le manifeste de Leiden de 2015 s’inscrit
          dans cette lignée avec dix principes promouvant des bonnes
          pratiques. Bien que les esprits semblent aujourd’hui mûrs pour
          adopter de nouvelles pratiques d’évaluation, les avancées se font
          d’un pas chancelant : de nombreux établissements signent DORA et
          entament une réflexion pour réviser leurs critères d’évaluation
          individuelle et collective tout en portant un regard concupiscent
          sur les divers classements internationaux, fortement alimentés par
          des indicateurs bibliométriques complexes peu fiables. Il est
          évident que si les chercheurs sont moins guidés par la recherche de
          la lumière portée sur une revue et qu’ils décident de publier dans
          des titres moins cotés, issus d’une édition nouvelle ou alternative,
          alors ces pratiques se feront ressentir dans les classements
          internationaux, surtout si les changements de communication
          scientifique ne sont pas uniformes au niveau mondial.</p>

          <floatingText n="1" subtype="Focus" type="encadre">
            <body>
              <div type="encadre">
                <head style="titreEncFocus">L’abes porte les marchés des bases
                bibliométriques 2021-2023</head>

                <p style="txt_Normal">Prenant la suite de l’accord-cadre porté
                par le CNRS entre 2016 et 2020, l’Abes a participé en 2020 aux
                négociations des marchés des bases bibliométriques Scopus /
                SciVal (Elsevier) et WoS / InCites (Clarivate), menées en
                parallèle par le consortium Couperin.org. Les deux marchés
                portés par l’Abes pour la durée 2021-2023, dans le cadre du
                groupement de commandes permanent pour l’abonnement aux
                ressources documentaires numériques, présentent plusieurs
                particularités : la facturation est assurée directement par
                les éditeurs aux membres du groupement ; les établissements
                peuvent intégrer les marchés en cours d’année.</p>

                <p style="txt_Normal">CHIFFRES CLÉS DES ADHÉSIONS AUX MARCHÉS
                PORTÉS PAR L’ABES EN SEPTEMBRE 2021 :</p>

                <p style="txt_Normal">Scopus / SciVal : 47 membres, dont 6
                regroupements d’établissements</p>

                <p style="txt_Normal">WoS / InCites : 52 membres, dont 5
                regroupements d’établissements</p>

                <p style="txt_Normal">LES BASES BIBLIOMÉTRIQUES EN UN CLIN
                D’ŒIL (CHIFFRES FIN 2020) :</p>

                <p style="txt_Normal">Scopus : plus de 80 millions de notices
                ; plus de 1,7 milliard de références citées depuis 1970.</p>

                <p style="txt_Normal">WoS : plus de 78,5 millions de notices
                contenant les références citées depuis 1900 dans la Core
                Collection ; plus de 1,8 milliard de références citées dans
                Citation Connection.</p>
              </div>
            </body>
          </floatingText>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Construire une nouvelle
          bibliométrie, ouverte et responsable</head>

          <p style="txt_Normal">L’amélioration de la bibliométrie nécessite de
          pouvoir élargir la collecte et l’agrégation des données
          bibliographiques et des liens de citations pour s’appliquer à
          davantage de domaines scientifiques. Elle nécessite de pouvoir
          combiner des données d’origines différentes et de rendre les index
          interopérables entre eux. L’apparition et la généralisation d’usage
          de référentiels uniques, internationaux, ouverts de données répond
          en partie à ce besoin : CrossRef pour les DOIs d’articles, Orcid
          pour les identifiants chercheurs. Cependant, il est nécessaire
          d’avoir une adhésion et une adoption large du référentiel pour
          rendre le système opérant.</p>

          <p style="txt_Normal">L’initiative <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">OpenCitations </hi>répond à ce projet en
          collectant les données de publication et les liens de citation
          auprès des éditeurs et en les mettant à disposition de tous avec une
          licence ouverte. Le projet est soutenu par la France dans le cadre
          des financements du fonds national pour la science ouverte et se
          développe rapidement. La base <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Unpaywall</hi> permet également le suivi du
          libre accès des articles, référencés par leur DOI. L’élargissement
          de la collecte des données ouvertes associé à une transparence des
          algorithmes dans les outils d’exploitation de ces données peut
          permettre d’améliorer l’usage de la bibliométrie. Cependant, cet
          usage devra rester au sein d’une démarche responsable considérant
          les indicateurs comme des aides à la décision et non pas comme des
          valeurs immuables, sorties de tout contexte. Il gagnera toujours à
          s’associer à des analyses qualitatives.</p>
        </div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
