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      <titleStmt>
        <title type="main">Circulations des savoirs, de la recherche à
        l’enseignement : une approche genevoise</title>

        <author role="aut"><name>Béatrice
        Joyeux-Prunel</name><affiliation><ref target="#aff01"
        type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">087635410</idno><idno
        type="ORCID">0000000310467002</idno><idno
        type="HAL">beatrice-joyeux-prunel</idno><idno
        type="ISNI">0000000109197442</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/81019277</idno></author>

        <author role="aut"><name>Simon Gabay</name><affiliation><ref
        target="#aff02" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">261700286</idno></author>
      </titleStmt>

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        <edition><date>2022-03-27T10:14:00</date></edition>
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          </dimensions><date>01/04/2022</date></ab>

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        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 3.0</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
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      who="Christophe Arnaud">Révision</change>
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    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Circulations des savoirs,
          de la recherche à l’enseignement : une approche
          genevoise</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Béatrice Joyeux-Prunel</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:beatrice.joyeux-prunel@unige.ch">beatrice.joyeux-prunel@unige.ch</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Professeur en humanités numériques à l’université de
        Genève</affiliation></byline>

        <docAuthor style="txt_auteur">Simon Gabay</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:simon.gabay@unige.fr">simon.gabay@unige.fr</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation xml:id="aff02">Chargé
        d’enseignement à l’université de Genève</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">À l’université de Genève, les projets en
        humanités numériques suivent trois axes principaux : l’étude numérique
        des circulations, une expertise sur le traitement des images, et
        l’accent sur la dimension multiscalaire de toute recherche.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Si les humanités numériques sont parvenues à se
        constituer en discipline, leur futur reste à écrire : après une
        première phase qui a vu le texte placé au centre des préoccupations,
        vient le temps de diversifier les objets d’étude en s’ouvrant
        davantage à l’image, statique comme mouvante, ou au son. Il est temps
        aussi de démocratiser l’accès à la machine, donc de réfléchir sur la
        place de la technique dans les humanités numériques elles-mêmes.
        L’approche genevoise répond à ces défis. Elle s’inscrit dans une
        stratégie systématique en faveur du numérique à l’université de
        Genève, concrétisée, entre autres, par la création d’une chaire en
        humanités numériques en 2019. S’il s’agit d’ouvrir de nouveaux
        horizons de recherche et de développer des solutions techniques
        innovantes, un tel processus s’incarne dans des projets concrets, qui
        suivent à Genève trois axes principaux : l’étude numérique des
        circulations, une expertise sur le traitement des images, et l’accent
        sur la dimension multiscalaire de toute recherche.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une approche du fait culturel par
          les circulations</head>

          <p style="txt_Normal">L’ampleur de la littérature scientifique sur
          les circulations culturelles témoigne d’un intérêt ancien pour les
          questions de réemploi, d’allusion et citation, de transmission
          culturelle ou de culture partagée. Les ordinateurs, par leur
          capacité à gérer le temps long et l’espace, ont rapidement été
          mobilisés pour analyser et visualiser les informations
          indispensables qui permettent d’identifier les origines de certaines
          circulations culturelles, leurs acteurs, leurs mutations, leurs
          routes et leurs impasses, leurs logiques structurelles. Les textes,
          les idées, les objets, les images, les musiques, les personnes, les
          motifs circulant abondamment, la question des circulations est un
          objet d’étude transversal parfait pour construire une communauté de
          travail. Le projet Artl@s<note n="1" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn1"><p><ref
          target="https://artlas.huma-num.fr/fr"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://artlas.huma-num.fr/fr</hi></ref></p></note>,
          fondé en 2009 à l’École normale supérieure de Paris et désormais
          localisé à Genève, cartographie la circulation mondiale des œuvres
          d’art à partir de traces textuelles, en particulier celles des
          catalogues d’expositions. Quoique rarement reproduites, les œuvres y
          sont amplement décrites (noms des auteurs présumés, titres, dates,
          lieux de naissance et adresses, médium, propriétaire ou prix).
          Autant d’informations qui ont permis de montrer l’absence de centres
          uniques dans la circulation internationale de l’art, donc le côté
          mythique (géopolitiquement efficace) du récit moderniste selon
          lequel Paris aurait été le centre mondial de l’innovation artistique
          jusqu’en 1945, puis New York après la guerre. Des méthodes
          comparables sont appliquées pour le projet Katabase<note n="2"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn5"><p><ref
          target="https://katabase.huma-num.fr"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://katabase.huma-num.fr</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>sur l’histoire des manuscrits.
          Katabase et Artl@s, dont les bases de données sont le fruit d’un <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">crowdsourcing </hi>de grande
          ampleur, partagent une réflexion et des méthodes communes pour
          semi-automatiser la récupération du contenu textuel de catalogues
          (de vente ou d’expositions), en s’appuyant sur la mise en page très
          codifiée de ces derniers. L’intérêt d’une approche numérique des
          circulations n’est pas seulement de gérer de grands corpus dans
          l’espace et le temps ; il est aussi de dénationaliser le propos, de
          déhiérarchiser les objets d’étude, donc de faciliter la sortie de
          réflexes nationalisateurs et de jugements de valeurs fréquents dans
          l’étude des circulations culturelles.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_105_page_13_dossier.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Projet Artlas, capture de la page
            d’accueil du site https://artlas.huma-num.fr/fr/</head>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une place nouvelle pour les
          images</head>

          <p style="txt_Normal">La fameuse vision artificielle a ouvert de
          nouvelles opportunités à la recherche, de même que la disponibilité
          de machines et de techniques plus puissantes pour le traitement de
          données. Ainsi peut-on travailler désormais sur les images en grande
          quantités, en deux ou trois dimensions, illustrées ou représentant
          des textes, qu’elles relèvent des beaux-arts, de la culture visuelle
          d’une époque (illustrations), mais aussi des belles-lettres (figures
          de style). Le projet Visual Contagions<note n="3" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn5"><p><ref
          target="https://www.unige.ch/visualcontagions"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.unige.ch/visualcontagions</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>utilise ainsi les images à
          grande échelle pour mieux comprendre la mondialisation. Ce projet
          s’inspire des méthodologies précédemment exposées sur les
          circulations pour étudier la circulation des images imprimées, sur
          la longue période et à l’échelle mondiale. Il tire parti de la
          disponibilité épochale d’imprimés illustrés du passé accessibles
          gratuitement en version numérisée. Grâce à un outil <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">ad hoc, </hi>les illustrations
          de chaque page sont extraites puis comparées entre elles et
          regroupées par proximités visuelles. Les métadonnées de la source
          originelle de chaque image (titres, dates, lieux de publication),
          permettent ensuite de mettre en évidence certaines circulations,
          avant des approfondissements selon d’autres échelles et méthodes.
          L’image contient encore souvent du texte, un état de fait que le
          projet FONDUE<note n="4" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn5"><p><ref
          target="https://www.unige.ch/lettres/humanites-numeriques/recherche/projets-de-la-chaire"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.unige.ch/lettres/humanites-numeriques/recherche/projets-de-la-chaire</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>a pour ambition d’aborder
          techniquement comme historiquement. Il s’agit de déployer une
          infrastructure capable d’aider les chercheurs à transcrire, mais
          aussi à enrichir la transcription pour comprendre, par exemple, ce
          qui peut relier sémantiquement les contenus textuel et pictural,
          dans le temps et dans l’espace. Un tel outil, et les méthodes qu’il
          rend possibles, doivent permettre notamment de mieux comprendre
          l’histoire et l’esthétique visuelle des documents, partant d’une
          étude longitudinale d’éléments de mise en page des textes, un legs
          du passé relativement peu étudié à grande échelle.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une indispensable
          pluridimensionnalité</head>

          <p style="txt_Normal">Le développement des études de corpus,
          textuels ou visuels, a entraîné une inflation de la quantité de
          données disponibles, elle-même alimentée par l’amélioration des
          techniques d’extraction. Si cette inflation justifie le tournant des
          humanités vers une science <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">data driven, </hi>la réarticulation des
          méthodes quantitatives et computationnelles avec d’autres niveaux
          d’analyses devient plus cruciale que jamais. Les chiffres sont un
          mode d’accès au texte ou à l’image parmi d’autres - mode nouveau
          mais dont il s’agit de se détourner ensuite pour relire les textes
          et les images à nouveau frais selon des échelles et des méthodes
          plus traditionnelles. Cette lecture multiscalaire, du fait de sa
          complexité, se fait volontiers interdisciplinaire, d’abord par son
          recours à l’informatique, mais aussi aux concepts et méthodes
          d’analyses de disciplines connexes comme la stylistique ou la
          sociologie. Pour le texte, si des analyses par « sac de mots » ont
          montré leur pertinence (notamment pour l’attribution d’auteur), la
          lecture distante ne suffit pas toujours et doit permettre une
          redescente vers un niveau de lecture plus proche de l’œuvre. Dans
          ces grands ensembles textuels analysés, certains mots comptent plus
          que d’autres, que la machine peut repérer. Elle nous aide donc aussi
          dans la lecture proche du texte, sans la médiation des
          visualisations. La « lecture » est ainsi au cœur de l’approche
          genevoise des humanités numériques. Une lecture outillée, pour
          laquelle l’informatique n’est pas une fin mais un moyen, et qui
          s’attache à donner sens aux artefacts du passé qui nous sont
          parvenus (tableaux, romans, archives, images). Cette lecture,
          prenant un sens différent chez les philologues, les historiens, les
          historiens de l’art, les linguistes, requiert des compétences
          disciplinaires qu’il s’agit de numériser, sans faire du degré de <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">maestria </hi>informatique un
          critère de qualité : seule compte notre capacité à répondre de
          manière pertinente à une question de recherche pertinente. Analystes
          des circulations artistiques au niveau scientifique, il nous paraît
          important de devenir acteurs enfin d’une autre circulation : celle,
          pédagogique, de la maîtrise de la machine par le plus grand nombre.
          Une large offre de cours est donc accessible à nos étudiants mais
          aussi aux chercheurs, jeunes et moins jeunes, <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">via </hi>un certificat de spécialisation en
          humanités numériques d’un an, totalement intégré aux projets de
          recherche des participants. Cette autre circulation, entre recherche
          et enseignement, a depuis toujours été au cœur du projet de
          l’université : nous nous attachons à perpétuer cette tradition.</p>
        </div>
      </div>
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