<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI change="metopes_publication#openedition"
     xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"
     xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance"
     xmlns:xs="http://www.w3.org/2001/XMLSchema"
     xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink"
     xmlns:xi="http://www.w3.org/2001/XInclude"
     xmlns:ns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"
     xmlns:mathml="http://www.w3.org/1998/Math/MathML"
     xmlns:loext="urn:org:documentfoundation:names:experimental:office:xmlns:loext:1.0"
     xmlns:dcr="http://www.isocat.org/ns/dcr">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title type="main">L’accessibilité numérique, une grande œuvre
        collective</title>

        <author role="aut"><name>Olivier Caudron</name><idno
        type="IDREF">03013241X</idno><idno
        type="ARK">http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb121609997</idno><idno
        type="HAL">olivier-caudron</idno><idno
        type="ISNI">000000003390092X</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/56649255</idno></author>
      </titleStmt>

      <editionStmt>
        <edition><date>2022-06-27T21:24:00</date></edition>
      </editionStmt>

      <publicationStmt>
        <publisher/>

        <ab type="papier"><dimensions>
            <dim type="pagination">4-5</dim>
          </dimensions><date>01/07/2022</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 3.0</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>

    <encodingDesc>
      <tagsDecl>
        <rendition scheme="css" xml:id="none">color:black;</rendition>
      </tagsDecl>
    </encodingDesc>

    <profileDesc>
      <langUsage>
        <language ident="fr-FR"/>
      </langUsage>

      <textClass/>
    </profileDesc>

    <revisionDesc>
      <change when="2022-07-04T14:18:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>

  <text xml:id="text">
    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">L’accessibilité
          numérique, une grande œuvre collective</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Olivier Caudron</docAuthor>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Alors que se profile pour 2025 l’échéance fixée
        par l’Acte européen d’accessibilité, l’accessibilité numérique au sein
        des bibliothèques de l’enseignement supérieur reste très variable
        selon les établissements et constitue un défi à relever
        collectivement.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Dans l’immense, permanent et toujours
        perfectible chantier que constitue la réalisation de l’accessibilité
        universelle, le numérique représente, pour les personnes empêchées de
        lire ou du moins en difficulté pour y parvenir, à la fois une chance
        formidable et potentiellement un redoutable obstacle. Ainsi, dans une
        société hybride qui voit la dématérialisation gagner sans cesse du
        terrain, mettre en œuvre l’accessibilité numérique est une
        préoccupation urgente, de tous les instants et qu’il importe de
        partager et diffuser très largement.</p>

        <p style="txt_Normal">Les professionnels de l’information que sont les
        bibliothécaires et les documentalistes se retrouvent naturellement
        dans les premiers rangs des acteurs concernés, en même temps que tous
        les maillons de la chaîne du livre ou encore, notamment, les chargés
        de communication, les médiateurs numériques et bien sûr les
        informaticiens. Tous ces intervenants doivent être sensibilisés et
        formés à la question de l’accessibilité numérique, chacun jouant sa
        partition pour la réussite de l’orchestre et donc la pleine
        satisfaction des publics, en particulier les personnes malvoyantes ou
        dyslexiques.</p>

        <p style="txt_Normal">Le fait est que l’accessibilité numérique
        effective est le fruit d’un continuum qui va de l’outil de lecture (ou
        d’audio-lecture) à la prise de connaissance de l’information finale ou
        du document souhaité, en passant par une application, un site Web, un
        catalogue de bibliothèque, un moteur de recherche, une base de
        données, etc. L’enquête et la méthodologie déployées à l’initiative du
        ministère de la Culture pour réaliser, à intervalles réguliers, le
        « Baromètre de l’accessibilité numérique en lecture publique »
        (cf p. 8) montre bien qu’un maillon qui bloque le passage compromet
        les efforts de l’amont et de l’aval du circuit et peut rendre en
        définitive toute la démarche de l’usager infructueuse. C’est le cas,
        par exemple, lorsqu’un site Web qui répond aux critères
        d’accessibilité mène en bout de parcours de recherche à une ressource
        qui s’avère inaccessible, à l’instar d’une plateforme pédagogique sur
        laquelle enseignants ou bibliothécaires ont déposé des fichiers
        non-accessibles. Il faut donc bien avoir conscience que
        l’accessibilité numérique est une œuvre collective, dans laquelle
        chaque intervenant de la chaîne a sa part de responsabilité pleine et
        entière.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">L’accessibilité des services
          numériques : un droit qui reste une exception</head>

          <p style="txt_Normal">Les dimensions collective et coopérative sont
          également présentes à diverses échelles et sur différents pans du
          grand édifice. Ainsi, l’Acte européen d’accessibilité, transposé en
          droit national dans chaque pays de l’Union européenne, édicte
          l’accessibilité des produits et services numériques à travers
          l’Union à échéance de l’année 2025. Il restera à faire appliquer
          concrètement ces dispositions : on voit bien aujourd’hui que
          l’existence en France d’un Référentiel général d’amélioration de
          l’accessibilité (ou RGAA) n’empêche pas que l’accessibilité réelle
          d’un service numérique demeure l’exception, ce que<hi rend="bold"
          style="typo_gras"> </hi>dénoncent aussi bien le Conseil national du
          numérique, le Défenseur des droits ou les associations. Le collectif
          permet également de développer et promouvoir, y compris à l’échelle
          internationale, un écosystème de formats et logiciels ouverts,
          interopérables et accessibles, comme le format EPUB 3 (cf p. 25) et
          le verrou LCP (mesure technique de protection ou DRM) pour le livre
          numérique.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_106_page_04_dossier.jpg"/>

            <head style="titre_figure"> </head>

            <p style="ill-credits-sources">Inclusion digitale, illustration
            par bsd studio - Adobe Stock</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Un portail des données
          éditoriales et réservoirs bibliographiques en 2025</head>

          <p style="txt_Normal">Pour favoriser le repérage et l’accès aux
          œuvres, soit nativement accessibles, soit adaptées dans le cadre de
          l’exception handicap au droit d’auteur, la puissance publique
          prépare l’ouverture pour 2025 d’un vaste portail qui orientera vers
          les données éditoriales, les grands réservoirs bibliographiques
          associatifs et la base PLATON créée et gérée par la Bibliothèque
          nationale de France (cf p. 6-7). La vocation de PLATON s’est en
          effet élargie, puisqu’aux fichiers-sources des œuvres collectés
          auprès des éditeurs, s’adjoignent depuis 2018 les fichiers produits
          par les organismes adaptateurs – à condition que ceux-ci
          s’astreignent effectivement à alimenter ce dépôt mutualisé qui
          permet de faciliter la circulation des œuvres adaptées et d’éviter
          de doublonner un travail souvent lourd et chronophage.</p>

          <p style="txt_Normal">Un nombre croissant de bibliothèques, et en
          particulier de bibliothèques de l’enseignement supérieur,
          sollicitent, auprès de la commission nationale en charge de
          l’exception handicap au droit d’auteur, leur habilitation – leur
          inscription, et éventuellement, de surcroît, pour pouvoir accéder
          aux fichiers-sources éditoriaux, leur agrément – afin de rejoindre
          les rangs des structures adaptatrices. Dans un récent rapport<note
          n="1" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn1"><p> « La prise en compte des handicaps dans les
          bibliothèques de l’enseignement supérieur et dans les bibliothèques
          territoriales », publié par l’IGÉSR en janvier 2021. La mission
          était composée d’Olivier Caudron comme pilote, Fabrice Wiitkar et
          Juliana Rimane. L’étude est consultable en ligne, au format pdf,
          word ou EPUB : <ref
          target="https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/la-prise-en-compte-des-handicaps-dans-les-bibliotheques-de-l-enseignement-superieur-et-dans-les-47570"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/la-prise-en-compte-des-handicaps-dans-les-bibliotheques-de-l-enseignement-superieur-et-dans-les-47570</hi></ref></p></note>,
          l’IGÉSR a dressé une ébauche de premier bilan de l’activité des
          bibliothèques en matière d’adaptation d’œuvres, en l’occurrence,
          s’agissant de l’enseignement supérieur, à destination
          majoritairement d’étudiants mais parfois aussi d’enseignants, et
          formulé quelques préconisations – en prenant toutefois en compte le
          fait que, dans la plupart des cas, cette habilitation n’a été
          demandée et obtenue que récemment.</p>

          <p style="txt_Normal">La force du collectif peut aussi s’exercer à
          travers l’action du consortium Couperin (cf p. 11), et celle de
          Réseau Carel du côté de la lecture publique, en sorte de
          sensibiliser, inciter et exhorter les fournisseurs de ressources
          numériques à rendre leurs produits accessibles, en faisant même de
          ce paramètre un critère de négociation.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Le rôle essentiel des référents
          handicap</head>

          <p style="txt_Normal">Au sein de chaque bibliothèque, le moteur, la
          force d’entraînement du collectif – et l’aiguillon – sera le
          référent handicap qui, sur toutes les facettes de l’accessibilité,
          et en particulier dans le champ du numérique, et en s’appuyant sur
          un schéma directeur <hi rend="italic" style="typo_Italique">ad
          hoc</hi>, a mission de rappeler inlassablement et contre vents et
          marées l’importance et la nécessité de prendre en compte dès le
          début d’une action la dimension de l’accessibilité : par exemple,
          dans l’élaboration du cahier des charges du nouveau site Web ou de
          la réinformatisation, dans l’alimentation du portail en nouveaux
          contenus, le dépôt de documents sur la plateforme pédagogique… ou
          encore, naturellement, l’équipement en matériels et en logiciels
          informatiques. Le référent handicap travaille en liaison avec le
          service handicap et la direction informatique de l’établissement. Il
          veille, par l’information, la sensibilisation et la formation, à ce
          que tous les agents du service documentaire s’approprient le sujet
          de l’accessibilité, d’autant plus que le nombre d’étudiants reconnus
          en situation de handicap croît régulièrement dans l’enseignement
          supérieur, pour atteindre actuellement un chiffre d’environ 35 000
          (soit plus de 1,5 % de la population étudiante totale). C’est le
          signe d’un accès facilité des jeunes handicapés dans l’enseignement
          supérieur, mais aussi une donnée révélatrice de la prévalence des
          troubles « Dys » tout comme de l’extension ou de la meilleure
          reconnaissance des troubles psychiques chez les étudiants.</p>

          <p style="txt_Normal">Dans la population étudiante de l’année
          universitaire 2018-2019, les troubles générant le handicap étaient :
          les troubles du langage et de la parole (28 %), les troubles moteurs
          (19 %), les troubles psychiques (17 %), les troubles viscéraux et
          maladies invalidantes (14 %), l’association de plusieurs troubles
          (8 %), les troubles visuels (5 %) et les troubles auditifs (4 %).
          Outre les personnes dyslexiques ou malvoyantes, d’autres ont aussi
          des besoins en termes d’accessibilité numérique.</p>

          <p style="txt_Normal">Le rapport de l’IGÉSR a fait le constat d’une
          prise en compte très variable, selon les bibliothèques, de la
          dimension de l’accessibilité. Formons le vœu que toutes
          s’investissent désormais au même niveau dans ce grand chantier
          collectif !</p>
        </div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
