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      <titleStmt>
        <title type="main">PLATON : les grands enjeux de l’exception handicap
        au droit d’auteur</title>

        <author role="aut"><name>Marianne Clatin</name><affiliation><ref
        target="#aff01" type="affiliation"/></affiliation><affiliation><ref
        target="#aff02" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">078628385</idno><idno
        type="ARK">http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb144394291</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/54366949</idno></author>
      </titleStmt>

      <editionStmt>
        <edition><date>2022-06-27T21:49:00</date></edition>
      </editionStmt>

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        <ab type="papier"><dimensions>
            <dim type="pagination">6-8</dim>
          </dimensions><date>01/07/2022</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 3.0</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
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    <revisionDesc>
      <change when="2022-07-04T14:11:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>

  <text xml:id="text">
    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">PLATON : les grands
          enjeux de l’exception handicap au droit d’auteur</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Marianne Clatin</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:marianne.clatin@bnf.fr">marianne.clatin@bnf.fr</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Responsable du service Diffusion des
        métadonnées</affiliation></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff02">Bibliothèque nationale de France</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Gérée par la Bibliothèque nationale de France, la
        plateforme PLATON, mise en place dans le cadre de « l’exception
        handicap » au droit d’auteur, doit aujourd’hui évoluer pour répondre
        aux nouveaux enjeux de l’édition adaptée ou nativement accessible.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Il est difficile d’évaluer le nombre « des
        personnes atteintes d’une ou de plusieurs déficiences des fonctions
        motrices, physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou
        psychiques » qui se trouvent « empêchées, du fait de ces déficiences,
        d’accéder à l’œuvre dans la forme sous laquelle l’auteur la rend
        disponible au public »<note n="1" place="foot" style="txt_Note"
        type="standard" xml:id="ftn1"><p> Loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016
        relative à la liberté de la création, à l’architecture et au
        patrimoine : <ref
        target="http://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000032854501"><hi
        rend="underline"
        style="typo_souligne">www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000032854501</hi></ref></p></note>.
        Le vieillissement de la population porterait à presque un million le
        lectorat placé en difficulté en raison d’une déficience sensorielle.
        Si l’on y ajoute les personnes atteintes de troubles de
        l’apprentissage et de la cognition, qualifiés de « Dys », telle la
        dyslexie, ce chiffre devrait être au minimum triplé. À l’aune de ce
        prisme, la production éditoriale française considérée comme pleinement
        accessible ne serait aujourd’hui que de 8 %.</p>

        <p style="txt_Normal">C’est à cette pénurie d’ouvrages accessibles
        qu’entend répondre l’une des exceptions au droit d’auteur introduites
        en 2006 par la loi DADVSI<note n="2" place="foot" style="txt_Note"
        type="standard" xml:id="ftn2"><p> Loi n° 2006-961 du 1er août 2006
        relative au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de
        l’information : <ref
        target="http://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000266350"><hi
        rend="underline"
        style="typo_souligne">www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000266350</hi></ref></p></note> :
        l’exception dite « handicap » permet que soient réalisées des
        adaptations d’ouvrages à destination de personnes en situation de
        handicap, sans demande d’autorisation préalable ni rémunération des
        auteurs ou ayants droit. Ces adaptations, exceptionnelles au regard du
        droit d’auteur, sont réalisées par des organismes ayant reçu
        l’habilitation d’une commission réunissant les ministères de la
        Culture, des Affaires sociales, de l’Éducation nationale ainsi que de
        l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
        Aujourd’hui, 188 organismes sont « inscrits » à ce dispositif, 84
        d’entre eux étant également « agréés », ce qui les autorise à demander
        aux éditeurs les fichiers sources de leurs ouvrages (y compris de ceux
        publiés sous forme papier). Au lieu de réaliser l’adaptation « livre
        en main », comme le fait par exemple l’Association des Donneurs de
        Voix<note n="3" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
        xml:id="ftn3"><p> <ref target="http://www.advbs.fr/"><hi
        rend="underline"
        style="typo_souligne">http://www.advbs.fr</hi></ref></p></note><hi
        rend="bold" style="typo_gras"> </hi>dont les bénévoles enregistrent
        des livres audio à partir de leur version papier, ces organismes
        créent des programmes informatiques permettant d’automatiser la
        production d’adaptations à partir de fichiers numériques.</p>

        <figure>
          <graphic url="../icono/br/arabesques_106_page_07_dossier.png"/>

          <head style="titre_figure">Circuit des fichiers numériques entre les
          différents acteurs de l’exception handicap au droit d’auteur.</head>
        </figure>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une plateforme commune pour
          toutes les adaptations</head>

          <p style="txt_Normal">Afin de lever les craintes des éditeurs et
          auteurs soucieux que les fichiers sources des ouvrages sous droits
          ne circulent pas sans contrôle sur Internet, la BnF a été mandatée
          en 2009<note n="4" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn4"><p> Décret n° 2009-131 du 6 février 2009 relatif à la
          désignation de l’organisme dépositaire des fichiers numériques
          d’œuvres imprimées mentionné au 7° de l’article L. 122-5 du code de
          la propriété intellectuelle : <ref
          target="http://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=JLew9ysLAHiKHAYzarrzBlJ0wjbRAdl--KsqwyWyk1c"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">http://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=JLew9ysLAHiKHAYzarrzBlJ0wjbRAdl--KsqwyWyk1c</hi></ref><hi
          rend="underline" style="typo_souligne"> </hi></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>comme « tiers de confiance »
          entre les différents acteurs du dispositif. Un « Centre Exception
          handicap », désormais hébergé au service Diffusion du département
          des Métadonnées, a ainsi été créé avec pour mission de concevoir et
          d’administrer un service d’échange sécurisé de fichiers entre
          éditeurs et organismes agréés. L’application dédiée, dont le public
          bénéficiaire était à l’origine majoritairement constitué d’aveugles
          ou de mal voyants, aurait pu être nommée « Homère » ou « Œdipe ».
          C’est toutefois l’appellation « PLATON » qui a été retenue par la
          BnF, pour « Plateforme de Transfert des Ouvrages Numériques ». Mise
          en service en 2010, PLATON<note n="5" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn5"><p> <ref
          target="https://exceptionhandicap.bnf.fr/"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://exceptionhandicap.bnf.fr</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>a désormais vocation, depuis la
          loi LCAP de 2016, à accueillir également les fichiers adaptés par
          tout organisme inscrit au dispositif de l’exception handicap. Par
          cette obligation, le législateur entendait répondre au souhait que
          toutes les adaptations soient mutualisées dans une base commune.</p>

          <p style="txt_Normal">La base PLATON contient aujourd’hui 65 000
          fichiers sources déposés depuis 2010 par 1 500 éditeurs, ainsi que
          38 000 adaptations déposées depuis 2018 par 81 organismes
          « inscrits » ou « agréés ». Parmi les principaux d’entre eux, on
          trouve notamment Braillenet, à l’initiative de la base HELENE et de
          la Bibliothèque numérique francophone adaptée (BNFA), ou
          l’association Valentin Haüy (AVH), qui administre la base EOLE et
          propose notamment le service « Daisy en bibliothèque ».</p>

          <p style="txt_Normal">Reflet des besoins d’adaptation des
          bénéficiaires finaux, la typologie documentaire des fichiers déposés
          par les éditeurs (un tiers de documentaires adultes, un tiers de
          littérature, un huitième de littérature jeunesse, un huitième de
          manuels scolaires) peut être considérée comme relativement
          représentative des besoins du lectorat. « Relativement » toutefois,
          dès lors que les demandes de fichiers, formulées par les organismes
          adaptateurs, sont également le reflet de ce que ceux-ci sont en
          capacité réelle d’adapter. Les manuels scolaires, globalement peu
          accessibles, font ainsi l’objet d’un nombre relativement faible
          d’adaptations, en raison de la complexité et donc du coût de
          production de celles-ci.</p>

          <p style="txt_Normal">Les adaptations présentes sur PLATON ne sont,
          quant à elles, représentatives que de la production des structures
          adaptatrices ayant déjà commencé à déposer leurs fichiers. Elles
          illustrent toutefois bien la diversité des besoins en termes de
          formats, liée à la multiplicité des formes de lecture adaptées aux
          différents « empêchements » : un quart de fichiers en XML/DTBook
          (format pivot servant à produire de l’EPUB) ; un quart de fichiers
          en Daisy audio (utiles tant aux aveugles ou amblyopes qu’aux
          dyslexiques) ; un quart de fichiers sous forme de traitement de
          texte (pouvant être utilisés pour des livres en gros caractères,
          pour des plages Braille tactiles, ou des applications ou feuilles de
          style pour dyslexiques) ; un huitième de fichiers au format PDF
          (plus facile à produire par certains organismes et plus aisé à
          manipuler pour une partie du lectorat) ; de façon marginale, les
          formats Mp3, <hi rend="italic" style="typo_Italique">InDesign
          </hi>ou <hi rend="italic" style="typo_Italique">Duxbury, </hi>ainsi
          que des vidéos en langue des signes.</p>

          <p style="txt_Normal">Afin de répondre non seulement aux besoins
          fonctionnels découlant des évolutions législatives, mais également à
          l’obsolescence d’une plateforme conçue il y a plus de douze ans, la
          BnF est engagée depuis plusieurs années dans des évolutions du site.
          Sont déjà opérationnels le dépôt des fichiers à l’unité ou par lots
          ainsi qu’une interface sommaire de consultation publique permettant
          de prendre connaissance du « catalogue » PLATON. La prochaine mise
          en production, espérée pour la fin de l’année 2022, comprendra
          notamment : une interface de consultation plus ergonomique du
          contenu de la base visant à transformer la GED initiale en un
          véritable catalogue public ; une simplification des processus de
          demande et récupération des fichiers sources ainsi que du circuit et
          de la gestion des dépôts ; un service SRU (<hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Search/Retrieval via URL</hi>)<note n="6"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn6"><p>
          Search/Retrievial via URL (SRU) est un protocole standard permettant
          de générer un service web de recherche dans un catalogue de
          bibliothèques.</p></note><hi rend="bold" style="typo_gras">
          </hi>permettant de récupérer les métadonnées des fichiers
          adaptés.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">En 2025, l’entrée en vigueur de
          l’acte européen d’accessibilité</head>

          <p style="txt_Normal">À la croisée d’un circuit reliant éditeurs,
          ayants droit, organismes adaptateurs et bénéficiaires de l’exception
          handicap, le Centre Exception handicap évolue dans un environnement
          aujourd’hui confronté à de nouveaux enjeux. Le premier est l’entrée
          en vigueur prévue en 2025 de l’Acte européen d’accessibilité<note
          n="7" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn7"><p> Directive (UE) 2019/882 du Parlement européen et
          du Conseil du 17 avril 2019 relative aux exigences en matière
          d’accessibilité applicables aux produits et services : <ref
          target="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32019L0882"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32019L0882</hi></ref></p></note>,
          dont la transposition en droit français est attendue pour la fin de
          l’année 2022.</p>

          <p style="txt_Normal">Entre autres exigences d’accessibilité des
          sites et services en ligne, cette directive stipule qu’en 2025, tout
          ouvrage numérique devra être commercialisé sous une forme
          « accessible ». Concrètement, cela signifie que les livres
          numériques devront être produits de façon à répondre « nativement »
          à des critères d’accessibilité tels que ceux de l’EPUB 3 par
          exemple. Cette perspective exige du monde de l’édition qu’il
          transforme profondément ses chaînes de production des publications
          numériques. Ce qui est possible à brève échéance pour les ouvrages
          dits « à maquette simple », comme la littérature, s’avère cependant
          moins aisé pour les ouvrages dits « à maquette complexe »,
          comprenant des illustrations, schémas, formules mathématiques, au
          premier rang desquels figurent les manuels scolaires.</p>

          <p style="txt_Normal">C’est pourquoi l’Acte européen d’accessibilité
          et ses déclinaisons par les premiers pays l’ayant transposé en droit
          national comportent plusieurs exceptions, en cas de modification
          fondamentale de l’ouvrage par exemple, et notamment pour « charge
          disproportionnée ». Celle-ci est valable pour de petits éditeurs à
          la faible production annuelle mais pourrait s’appliquer à des types
          d’ouvrages dont la production nativement accessible serait
          susceptible d’entraîner un surcoût important. La question se pose
          ainsi de savoir si les ouvrages de niveau universitaire, dont une
          grande partie peut être considérée comme « à maquette complexe »,
          seront concernés par cette exemption. Il convient de citer le projet
          Métopes, « Méthodes et outils pour l’édition structurée », qui
          propose un ensemble d’outils et de modules à destination des
          structures éditoriales afin de rationaliser la gestion de
          collections à la fois imprimées et numériques<note n="8"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn8"><p> Sur
          le modèle du <hi rend="italic" style="typo_Italique">single source
          publishing, </hi>un format pivot en XML permet de générer différents
          formats de diffusion, dont certains sont accessibles : <ref
          target="http://www.metopes.fr/metopes.html"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">http://www.metopes.fr/metopes.html</hi></ref></p></note>.
          Au-delà de cette initiative concernant essentiellement le domaine de
          l’édition scientifique institutionnelle, rares sont cependant les
          éditeurs très avancés sur la production d’ouvrages de ce niveau sous
          forme nativement accessible. Il est donc possible qu’en 2025, un
          certain nombre d’étudiants soient toujours soumis à une pénurie
          d’ouvrages et doivent encore recourir au dispositif de l’exception
          handicap. Ceci pose la question du modèle économique de ce
          dispositif, ce qui est coûteux à produire nativement (par exemple le
          texte alternatif à l’image) ne l’étant pas moins à adapter <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">a posteriori </hi>par les
          organismes habilités.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_106_page_08_dossier-fig01.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Typologie documentaire des 65 000
            fichiers sources déposés sur PLATON par les éditeurs depuis
            2010.</head>
          </figure>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_106_page_08_dossier-fig02.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Typologie des formats des 38 000
            fichiers adaptés déposés par les organismes depuis 2018.</head>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Le signalement des ressources
          accessibles ou adaptées : un enjeu crucial</head>

          <p style="txt_Normal">Le deuxième enjeu est celui de l’accès et du
          signalement conjoint des ressources accessibles ou adaptées. Depuis
          1995, l’Institut national des jeunes aveugles (INJA) a pour mission
          de signaler les adaptations à destination des aveugles et mal
          voyants, ce qu’elle fait <hi rend="italic" style="typo_Italique">via
          </hi>la Banque de données de l’édition adaptée (BDEA)<note n="9"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn9"><p> <ref
          target="http://www.inja.fr/bdea"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">http://www.inja.fr/bdea</hi></ref></p></note>,
          qui agrège les données de l’ensemble des organismes concernés.
          L’extension à un public plus large de bénéficiaires de l’exception
          handicap, due à la prise en compte d’autres types de handicaps ou de
          difficulté de lecture, ainsi que la perspective de la mise en
          accessibilité d’un nombre plus importants de livres à partir de 2025
          soulèvent cependant plusieurs questions. D’une part, celle de
          l’exhaustivité du signalement des différents types d’adaptations, et
          d’autre part, celle du besoin éventuel de signalement spécifique de
          l’édition accessible et de son rapprochement avec le corpus des
          titres adaptés. Le changement d’échelle d’un dispositif initialement
          pensé pour une population limitée, desservie par des associations
          spécialisées, amène par ailleurs à interroger la complexité d’un
          circuit qui visait à encadrer strictement la diffusion d’œuvres dont
          on prône aujourd’hui la facilité de l’accès pour une part
          grandissante de la population. C’est pour répondre à ces enjeux
          qu’une mission de préfiguration étudie cette année un projet de
          portail national de l’édition accessible et adaptée, qui aurait
          vocation à signaler conjointement les titres nativement accessibles
          et les adaptations pour tous types de publics, ainsi qu’à donner
          accès à ces dernières sur authentification.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Quel rôle pour les bibliothèques
          dans ce dispositif ?</head>

          <p style="txt_Normal">Le troisième enjeu est le rôle dévolu aux
          bibliothèques dans ce dispositif. Un rapport d’inspection
          interministériel publié en décembre 2016<note n="10" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn10"><p> Les structures
          ayant une activité d’adaptation des œuvres au bénéfice des personnes
          en situation de handicap - réalités observées et perspectives : <ref
          target="https://www.culture.gouv.fr/Espace-documentation/Rapports/Les-structures-ayant-une-activite-d-adaptation-des-aeuvres-au-benefice-des-personnes-en-situation-de-handicap-realites-observees-et-perspectives"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.culture.gouv.fr/Espace-documentation/Rapports/Les-structures-ayant-une-activite-d-adaptation-des-aeuvres-au-benefice-des-personnes-en-situation-de-handicap-realites-observees-et-perspectives</hi></ref>
          </p></note><hi rend="bold" style="typo_gras"> </hi>préconisait
          l’habilitation de 300 bibliothèques sur tout le territoire national,
          dont 100 % des bibliothèques universitaires. L’extension du
          périmètre des bénéficiaires de l’exception handicap à quelque 10 %
          de la population posait en effet la question des nouveaux acteurs
          appelés à servir de médiateurs à destination notamment de personnes
          ne se percevant pas comme étant en situation de handicap (par
          exemple celles concernées par les troubles « Dys ») et non prises en
          charge par un réseau d’associations spécialisées. Or, quelles
          institutions ont vocation à promouvoir l’accès à la lecture, sinon
          les bibliothèques ?</p>

          <p style="txt_Normal">Cinq ans et 73 bibliothèques habilitées plus
          tard (dont 21 pour l’enseignement supérieur), se pose la question du
          rôle de ces institutions dans le dispositif. Ont-elles vocation à
          simplement communiquer des ouvrages adaptés par des organismes
          spécialisés et mis à disposition par exemple sur PLATON (dont le
          cadre législatif interdit qu’il soit accessible directement aux
          bénéficiaires finaux, lesquels doivent demander le téléchargement
          des fichiers par un organisme inscrit) ? Seuls 300 ouvrages de
          niveau universitaire ou pour « public spécialisé » sont cependant
          présents sur PLATON, ce qui pose la question du seuil de pertinence
          d’un semblable catalogue (même en y ajoutant les 350 ouvrages
          « grand public » déposés par des bibliothèques universitaires).
          Ont-elles dès lors vocation à répondre directement au besoin de
          leurs usagers, en produisant elles-mêmes des adaptations ? Est-il
          envisageable que les bibliothèques acquièrent les compétences
          spécifiques à cette production, dont on a vu qu’elle est d’autant
          plus complexe pour les ouvrages de niveau universitaire ?
          Faudrait-il, comme le suggérait le rapport de 2021 de l’IGÉSR sur la
          prise en compte des handicaps dans les bibliothèques<note n="11"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn11"><p> La
          prise en compte des handicaps dans les bibliothèques de
          l’enseignement supérieur et dans les bibliothèques territoriales :
          <ref
          target="https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/la-prise-en-compte-des-handicaps-dans-les-bibliotheques-de-l-enseignement-superieur-et-dans-les-47570"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/la-prise-en-compte-des-handicaps-dans-les-bibliotheques-de-l-enseignement-superieur-et-dans-les-47570</hi></ref></p></note>,
          imaginer une spécialisation de certaines bibliothèques
          universitaires à vocation de mutualisation ? Subsiste-t-il par
          ailleurs des marges d’amélioration dans la capacité des organismes
          spécialisés dans l’adaptation à répondre aux besoins spécifiques des
          étudiants ? C’est pour avancer sur toutes ces questions que le MESRI
          et la BnF ont décidé d’entreprendre cette année un travail conjoint
          d’analyse avec les bibliothèques universitaires engagées dans le
          dispositif.</p>
        </div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
