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      <titleStmt>
        <title type="main">Bibliothèques et Archives de l’université
        d’Angers : abaisser les barrières de l’accessibilité</title>

        <author role="aut"><name>Nathalie Clot</name><affiliation><ref
        target="#aff01" type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">060368764</idno><idno
        type="ORCID">0000000345594503</idno><idno
        type="HAL">nathalie-clot</idno><idno
        type="ISNI">0000000122445666</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/68285985</idno></author>
      </titleStmt>

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        <edition><date>2022-06-28T09:04:00</date></edition>
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        <ab type="papier"><dimensions>
            <dim type="pagination">14-15</dim>
          </dimensions><date>01/07/2022</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 3.0</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>

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      </tagsDecl>
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      </langUsage>

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      <change when="2022-07-04T15:28:00"
      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
    </revisionDesc>
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    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Bibliothèques et Archives
          de l’université d’Angers :<hi rend="italic" style="typo_Italique">
          </hi>abaisser les barrières de l’accessibilité</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Nathalie Clot</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:nathalie.clot@univ-angers.fr">nathalie.clot@univ-angers.fr</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Directrice de la Bibliothèque universitaire
        d’Angers</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">La bibliothèque universitaire d’Angers, sans être
        exemplaire en la matière, a cartographié les barrières encore à
        surmonter pour permettre l’égal accès aux services qu’elle souhaite
        rendre à toutes et tous.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">L’accessibilité s’impose juridiquement aux
        bibliothèques, comme à tous les établissements recevant du public
        (ERP), depuis la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et
        des chances, la participation et la citoyenneté des personnes
        handicapées. L’accès aux bâtiments, à l’information, à la
        communication et aux prestations doit être facilité pour toutes et
        tous, quel que soit l’âge, le sexe, le handicap moteur, sensoriel ou
        mental. Près de 20 ans après, il reste du travail pour passer du
        chemin plein de nids de poule et d’obstacles, du terrain à la route
        plane et rectiligne dessinée par la loi.</p>

        <p style="txt_Normal">La bibliothèque universitaire d’Angers, loin
        d’être exemplaire en la matière, a cartographié ornières, barrières et
        frontières qu’il lui faut encore surmonter pour permettre l’égal accès
        aux services qu’elle prétend rendre à toutes et tous.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Dans les têtes : les ornières du
          « validisme »</head>

          <p style="txt_Normal">J’utilise ici le néologisme « validisme » pour
          traduire la notion anglo-saxonne d’<hi rend="italic"
          style="typo_Italique">ableism. </hi>Le Collectif Lutte et Handicaps
          pour l’Égalité et l’Émancipation (CLHEE)<note n="1" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn1"><p> <ref
          target="https://clhee.org"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://clhee.org</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>en donne la définition
          suivante : « le validisme se caractérise par la conviction de la
          part des personnes valides que leur absence de handicap et/ou leur
          bonne santé leur confère une position plus enviable et même
          supérieure à celle des personnes handicapées ».</p>

          <p style="txt_Normal">En bibliothèque, cette ornière est souvent
          dissimulée par un remblai superficiel de matériel « adapté » peu
          utilisé, de bonnes intentions infantilisantes, de réticences
          murmurées tout bas sur le bien-fondé de maintenir dans la durée des
          efforts et des aménagements dont on ne « voit jamais les
          bénéficiaires potentiels ». Le validisme est partout : dans les
          petites blagues sur les « bras cassés », dans les réticences au sein
          des équipes à ouvrir des postes fléchés pour des bénéficiaires de
          l’obligation d’emploi, dans la difficulté d’inscrire dans les
          profils de postes les vérifications quotidiennes permettant que les
          espaces physiques ou numériques mis à disposition des personnes en
          situation de handicap leur demeurent accessibles. Cette culture
          validiste est la nôtre, à la BUA comme ailleurs, et comme tout
          implicite, elle est difficile à faire évoluer.</p>

          <p style="txt_Normal">Donner du sens à des efforts quotidiens et
          invisibles, se mettre à l’écoute des demandes spécifiques, résister
          à la tentation de faire des choses « pour » les gens, « sans » eux
          est sans doute le plus délicat et insaisissable des enjeux
          d’accessibilité. Les outils habituels d’accompagnement du
          changement, qu’il s’agisse de la formation continue ou d’actions de
          communication comme le DuoDay, consistant à ce qu’un·e collègue
          accueille à ses côtés, le temps d’une journée, une personne
          « handi », sont de bien petits cailloux pour combler une telle
          ornière.</p>

          <p style="txt_Normal">Accompagner dans la durée les reconnaissances
          de qualité de travailleur handicapé (RQTH), utiliser les
          possibilités de détachement promotionnel, accueillir délibérément
          des stagiaires en situation de handicap, inciter les collègues
          volontaires à suivre une formation de premiers secours en santé
          mentale pour lutter contre la psychophobie, sont quelques-unes des
          pierres un peu plus grosses que nous tentons d’agencer pour tracer
          un passage encore bien étroit au milieu de l’ornière du validisme
          ambiant.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_106_page_15_dossier.jpg"/>

            <head style="titre_figure"> </head>

            <p style="ill-credits-sources">Plan d’immeuble en relief, par Andy
            Shell - Adobe Stock</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Espaces physiques et numériques :
          les barrières à abaisser</head>

          <p style="txt_Normal">Dès que nous nous sommes mis à les
          cartographier, nous avons vu des barrières un peu partout : notre
          porte tournante que les personnes malvoyantes ou en fauteuil ne
          pouvaient prendre, celle de secours installée pour pallier le
          problème exigeant un recours aux personnels, l’ascenseur extérieur
          mal paramétré après 20 heures, bloquant les personnes pour qui les
          escaliers sont inaccessibles, les chaises qui reviennent jour après
          jour devant les postes de consultation publics accessibles aux
          personnes en fauteuil, nos surfaces accessibles colonisées par des
          affichettes, notre boucle magnétique que personne n’utilise, nos
          formations en ligne <hi rend="italic" style="typo_Italique">Moodle
          </hi>pleines de captures d’écran non commentées, notre charte
          graphique imposant des couleurs au contraste insuffisant sur tous
          nos supports papiers et numériques, la lourde bureaucratie entourant
          la mise à disposition de ressources accessibles trop peu nombreuses…
          Initier la démarche, la maintenir dans la durée et prioriser nos
          efforts n’est pas simple. Sur ce chemin-là, les référentiels
          d’accessibilité des bâtiments et des outils numériques sont autant
          de cartes précieuses qui nous permettent de ne pas oublier qu’à
          chaque type de handicap correspondent des besoins propres. Matthias
          Quinton, développeur à la Direction du développement du numérique, a
          bénéficié de 5 jours de formation aux référentiels RGAA et WGAC
          avant la refonte du site de la BUA. Il a posé la conformité de son
          codage HTML aux standards d’accessibilité WGAC comme un prérequis.
          Pour nous guider, nous avons fixé des priorités :</p>

          <list type="unordered">
            <item style="txt_Liste_1">Naviguer au clavier en veillant à ce que
            les services les plus utilisés soient accessibles en
            premier.</item>

            <item style="txt_Liste_1">Structurer les pages avec des niveaux de
            titre explicites.</item>

            <item style="txt_Liste_1">Afficher les résultats des recherches
            catalogue de manière à permettre le passage rapide d’une référence
            à l’autre.</item>

            <item style="txt_Liste_1">Laisser la possibilité à chacun·e
            d’afficher les pages à la taille et dans le mode de couleur de son
            choix.</item>

            <item style="txt_Liste_1">Demander à la direction de la
            communication d’ajouter dans la palette de la charte graphique une
            couleur bien contrastée.</item>
          </list>

          <p style="txt_Normal">Tant au moment du développement que lors des
          évolutions, Matthias teste les pages avec plusieurs outils
          d’accessibilité (<hi rend="italic" style="typo_Italique">AXE
          Development tool, Wave </hi>et <hi rend="italic"
          style="typo_Italique">Contrast Checker</hi>) et corrige au fil de
          l’eau les points critiques. L’ensemble des bibliothécaires qui
          rédigent les contenus ont été formé·e·s à quelques bonnes pratiques
          de rédaction : phrases brèves, listes lorsque cela est possible,
          doublure de tout tableau ou image d’un équivalent textuel.</p>

          <p style="txt_Normal">De l’avis général, le numérique permet, qu’il
          s’agisse de déficience visuelle, de dyslexie ou de fatigabilité,
          d’abaisser une partie des barrières du monde analogique, à condition
          de faciliter l’usage par chacun·e de son propre matériel, paramétré
          selon ses besoins particuliers et la possibilité de s’installer à
          l’endroit qui lui convient le mieux. Nous avons donc choisi de
          donner accès à de grands écrans connectables plutôt qu’à un PC avec
          une sélection de logiciels, de développer des formations à distance
          en asynchrone plutôt que des séances sur site dans une salle
          informatique à configuration figée, etc.</p>

          <p style="txt_Normal">Au quotidien, nous nous assurons que les
          circulations restent libres et conformes aux normes d’accessibilité
          du bâtiment, que l’accueil ne soit pas un monolithe inaccessible
          bardé de plexiglass, que les sanitaires accessibles aient toujours
          des consommables et de la lumière. Nous essayons de donner, sur le
          site Web, sur Google et aux chargées de mission handicap de
          l’université, des détails pratiques précis sur ce qui est accessible
          ou non. Nous espérons que, sans être spectaculaires, toutes ces
          petites attentions permettent à chaque personne de se sentir
          bienvenue à la bibliothèque, sans avoir à demander à y être
          accueillie dignement.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Au-delà des frontières de la
          bibliothèque</head>

          <p style="txt_Normal">Nous avons déjà du mal à baliser les chemins
          de notre jardin. Or, notre site Web est avant tout un portillon vers
          des pays gérés par d’autres, qu’il s’agisse des ressources
          électroniques, des interfaces de SIGB ou d’autres bibliothèques, des
          outils de réservation comme Affluences…</p>

          <p style="txt_Normal">Quelle pression mettre sur nos fournisseurs et
          quel niveau d’accessibilité exiger lors des négociations Couperin ?
          Comment évaluer, récompenser et accompagner les prestataires qui
          font ces efforts ? Comment auditer ce qui se passe lorsque nos
          usagers essaient de profiter de ces prestations et rencontrent des
          problèmes ? Ces questions dépassent le seul cadre de la BU d’Angers
          et nous appelons de nos vœux une mobilisation consortiale sur cette
          question qui sera seule en mesure de faire bouger les lignes.</p>

          <p style="txt_Normal">Au-delà des frontières de la BU, on trouve
          aussi les questions de transports en commun, la continuité des
          cheminements d’accès, les dispositifs d’enseignement et d’évaluation
          prévus pour les neurotypiques, et bien d’autres barrières,
          handicapantes pour beaucoup, qu’il n’est pas en notre pouvoir de
          lever directement.</p>

          <p style="txt_Normal">La position de « marginale sécante » de la
          bibliothèque peut nous permettre d’influencer de loin ce qui se
          passe hors de nos frontières. Nadine Kiker, responsable des
          interactions avec les publics à la BUA, a ainsi été associée à la
          rédaction du schéma directeur du handicap 2021-2024, et nous sommes
          des animatrices actives des forums du handicap organisés par
          l’université. Rechercher une meilleure accessibilité, en tenant
          compte de l’arc en ciel des besoins spécifiques de chacun, n’est-il
          pas une des multiples façons d’écouter de manière ouverte et sans
          préjugé *toutes* les demandes et d’identifier les besoins, à la base
          de notre philosophie de service ?</p>
        </div>
      </div>
    </body>
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