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        <author role="aut"><name>Jean-François Moufflet
        </name><affiliation><ref target="#aff01"
        type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">179962841</idno><idno
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        <edition><date>2022-10-05T19:20:00</date></edition>
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            <dim type="pagination">14-15</dim>
          </dimensions><date>01/10/2022</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
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      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 3.0</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>

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      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
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    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">L’intelligence
          artificielle au service du traitement des archives</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Jean-François Moufflet</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:jean-francois.moufflet@culture.gouv.fr">jean-francois.moufflet@culture.gouv.fr</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Conservateur en chef du patrimoine, responsable de
        fonds au département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime, Archives
        nationales </affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Utilisée aux Archives nationales depuis 2015,
        l’intelligence artificielle permet de traiter les fonds de manière
        inédite, principalement grâce à la reconnaissance d’écritures
        manuscrites, au bénéfice des archivistes comme des lecteurs.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">L’intelligence artificielle, en plus d’être une
        notion de plus en plus divulguée, est devenue un outil à part entière
        dans les administrations<hi rend="bold" style="typo_gras"> </hi>pour
        tirer parti des vastes réservoirs de données qu’elles produisent. Le
        monde de la recherche, de la culture et du patrimoine est lui aussi
        concerné par ce mouvement de fond : désormais prédomine le sentiment
        que le stade de l’expérimentation est dépassé pour entrer dans une
        nouvelle phase des pratiques professionnelles.</p>

        <p style="txt_Normal">Aux Archives nationales, c’est à partir de 2015
        que l’intelligence artificielle a été employée pour traiter les fonds
        de manière inédite, principalement en ayant recours à la
        reconnaissance d’écritures manuscrites, ou <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">handwritten text recognition </hi>(HTR). Cette
        technologie s’appuie sur les processus de <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">machine learning, </hi>qui consistent, à partir
        de jeux de données, à entraîner une machine à effectuer des actions
        humaines : ici, en l’occurrence, la transcription de textes
        manuscrits. Cette technologie répond au rêve longtemps caressé de
        pouvoir traiter les documents à l’instar de ce qu’était capable
        d’accomplir l’OCR sur les imprimés. Elle a frayé plusieurs pistes pour
        le traitement, la diffusion et l’utilisation des archives.</p>

        <figure>
          <graphic url="../icono/br/arabesques_107_page_15_dossier-fig01.jpg"/>

          <figDesc>Une image contenant texte Description générée
          automatiquement</figDesc>

          <head style="titre_figure">Recherche et reconnaissance d’un même
          terme au coeur du document.</head>
        </figure>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Accéder au texte des archives :
          himanis et endp</head>

          <p style="txt_Normal">Lancé fin 2014 par l’IRHT (Institut de
          recherche et d’histoire des textes) sous l’égide de Dominique
          Stutzmann, le projet HIMANIS<note n="1" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn1"><p> L’acronyme
          signifie : « HIstorical MANuscripts Indexing for user-controlled
          Search ». Carnet de recherche : <ref
          target="www.himanis.hypotheses.org"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">www.himanis.hypotheses.org</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>présenta la singularité de
          choisir comme « terrain de jeu » les registres de la chancellerie
          royale des XIII<hi rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi> et XV<hi
          rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi> siècles conservés dans le
          Trésor des chartes. Si l’HTR était alors couramment utilisé sur les
          écritures contemporaines, il n’avait jamais été employé pour
          transcrire des écritures si anciennes, comportant de nombreuses
          abréviations. Le corpus à traiter, soit 199 registres pour plus de
          83 000 pages, était en outre suffisamment volumineux pour évaluer la
          maturité de la technologie.</p>

          <p style="txt_Normal">Les premiers résultats ont été obtenus
          rapidement grâce aux images déjà disponibles au début du projet et
          aux éditions électroniques d’actes royaux qui fournissaient une
          « vérité de terrain »<note n="2" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn2"><p> Notamment P. Guérin et L. Celier,
          Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les
          registres de la chancellerie de France, 14 vol., Poitiers, 1881 ;
          édition électronique par l’École des chartes : <ref
          target="www.corpus.enc.sorbonne.fr/actesroyauxdupoitou"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">www.corpus.enc.sorbonne.fr/actesroyauxdupoitou</hi></ref></p></note>,
          c’est-à-dire une transcription d’une partie du corpus assez exacte
          pour entraîner l’intelligence artificielle à comprendre l’écriture
          et ses mécanismes d’abréviations. Les données obtenues sont des
          lemmes alignés sur leur image d’origine et sont interrogeables <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">via </hi>une interface de
          recherche<note n="3" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn3"><p> <ref target="http://himanis.huma-num.fr/app"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">http://himanis.huma-num.fr/app</hi></ref></p></note>.</p>

          <p style="txt_Normal">Le chercheur a la possibilité de retrouver
          directement au cœur du document les termes de son choix et
          d’effectuer aussi bien des études d’ordre historique que
          philologique en s’appuyant sur la statistique lexicale. Du point de
          vue de l’archiviste, ce moteur de recherche pallie l’absence
          d’inventaire complet de ces registres. On notera néanmoins qu’un tel
          outil ne peut remplacer un travail d’indexation classique. Face à la
          matière brute du texte, c’est à l’utilisateur final de retrouver les
          termes du Moyen Âge qui traduisent un phénomène ou un concept, de
          connaître les formes lexicales du latin et de l’ancien français pour
          retrouver toutes les occurrences pertinentes, d’envisager tout ce
          qu’une indexation matière pouvait lui suggérer.</p>

          <p style="txt_Normal">Dans la continuité d’HIMANIS, il faut aussi
          évoquer le projet eNDP, débuté en 2020 et qui porte sur les
          registres des décisions du chapitre de Notre-Dame de Paris. Autre
          exemple de coopération entre institutions de conservation et
          structures de recherche, le but de ce projet, qui a actuellement
          réussi le stade de la transcription par HTR, vise à explorer le
          contexte social, économique et urbain dans lequel évoluait le
          chapitre cathédral<note n="4" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn4"><p> Présentation du projet : <ref
          target="https://lamop.hypotheses.org"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://lamop.hypotheses.org</hi></ref></p></note>.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_107_page_15_dossier-fig02.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Les registres des actes notariés sont
            l’une des sources historiques les plus consultées aux Archives
            nationales.</head>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Accompagner le traitement des
          archives : lectaurep et simara</head>

          <p style="txt_Normal">Une autre possibilité d’exploiter
          l’intelligence artificielle consiste à récupérer, à partir des
          documents d’archives, des informations afin de les réutiliser dans
          le travail de description documentaire. LectAuRep, projet financé
          par le ministère de la Culture, mené par le Minutier central des
          notaires parisiens et l’INRIA, a été conduit de 2018 à 2021<note
          n="5" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn5"><p> LectAuRep signifie : lecture automatique de
          répertoires. Carnet de recherche du projet : <ref
          target="www.lectaurep.hypotheses.org"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">www.lectaurep.hypotheses.org</hi></ref></p></note>.
          Il porte sur les répertoires de notaires, qui sont les clés d’accès
          fondamentales à leurs minutes, en donnant la date, l’objet de l’acte
          et le nom des parties. L’HTR a permis de transcrire ces
          informations. Elles fournissent un ensemble de métadonnées utiles
          aussi bien pour décrire les documents que pour se prêter à des
          explorations statistiques. L’équipe est aussi allée plus loin en
          ayant recours à la technologie de des entités nommées (NER), afin
          d’accompagner davantage l’archiviste dans le travail de constitution
          d’index.</p>

          <p style="txt_Normal">Le projet SIMARA<note n="6" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn6"><p> Acronyme
          signifiant : Saisie d’Inventaires Manuscrits Assistée par
          Reconnaissance Automatique. Présentation en ligne pour Etala : <ref
          target="https://speakerdeck.com/etalabia/20220203-datadrink-simara"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://speakerdeck.com/etalabia/20220203-datadrink-simara</hi></ref></p></note>,
          soutenu par le plan France Relance, porte quant à lui sur la
          conversion d’inventaires d’archives anciens en données. Il existe en
          effet une masse importante d’inventaires manuscrits, allant du
          XVIII<hi rend="sup" style="typo_Exposant">e</hi> au XX<hi rend="sup"
          style="typo_Exposant">e</hi> siècle, qui demeurent à ce jour peu
          accessibles aux lecteurs et qui n’ont fait l’objet d’aucun
          traitement, hormis une numérisation en mode image. SIMARA vise à
          traiter environ 800 000 fiches et 100 000 pages. Il s’agit d’une
          plateforme Web développée par la société Teklia qui l’a adossée à
          ses infrastructures de traitement HTR. Son but est d’accomplir deux
          tâches chronophages auparavant réalisées séparément et manuellement
          par les archivistes : la saisie bureautique de l’inventaire et la
          structuration des informations en XML EAD. Ces deux opérations sont
          effectuées conjointement par la plateforme : les outils de
          segmentation et d’HTR se chargent de transcrire le texte manuscrit,
          tandis que des outils d’identification des contenus répartissent les
          informations dans des champs correspondant à des éléments et des
          attributs XML. L’archiviste peut ainsi se concentrer uniquement sur
          la relecture des données, en corrigeant les transcriptions,
          contribuant au passage à améliorer les modèles de reconnaissance
          d’écritures. Il peut ensuite récupérer le tout au format EAD pour le
          publier. Ce travail de relecture demeure forcément long et exigeant
          mais la prise en charge par l’intelligence artificielle des tâches
          les plus fastidieuses de saisie et d’encodage permettent de réduire
          significativement le temps de traitement.</p>

          <figure>
            <graphic url="../icono/br/arabesques_107_page_15_dossier-fig03.jpg"/>

            <head style="titre_figure">Structuration du texte dans un document
            XML conforme aux spécifications de la Text Encoding
            Initiative.</head>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Un projet de plateforme
          collaborative</head>

          <p style="txt_Normal">Face au succès de la solution, une plateforme
          collaborative pour associer le public à la relecture des
          transcriptions automatiques sera mise en œuvre (projet GIROPHARES).
          Les expériences conduites aux Archives nationales ont
          essentiellement exploité la reconnaissance d’écritures manuscrites,
          afin d’aller plus loin dans la transformation des fonds d’archives
          en données. Cette transformation se fait tant au bénéfice des
          archivistes, pour produire métadonnées et inventaires, que des
          lecteurs qui réutilisent ces données pour évaluer les phénomènes
          historiques. De tels projets se multiplient aussi dans le réseau des
          archives départementales, notamment avec le projet SOCFACE<note
          n="7" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn7"><p> Présentation du projet : <ref
          target="www.socface.site.ined.fr"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">www.socface.site.ined.fr</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>qui, dans la même logique,
          explore les recensements de population de 1836 à 1936.</p>
        </div>
      </div>
    </body>
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