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      <titleStmt>
        <title type="main">Les pépinières de revues scientifiques : des lieux
        d’expérimentation éditoriale au service de la science ouverte</title>

        <author role="aut"><name>Jean-Luc de
        Ochandiano</name><affiliation><ref target="#aff01"
        type="affiliation"/></affiliation><idno
        type="IDREF">090349962</idno><idno
        type="ORCID">0000000301665154</idno><idno
        type="ARK">http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb15880994j</idno><idno
        type="HAL">jean-luc-de-ochandiano</idno><idno
        type="ISNI">0000000058869471</idno><idno
        type="VIAF">http://viaf.org/viaf/24937218</idno></author>
      </titleStmt>

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        <edition><date>2022-12-23T18:24:00</date></edition>
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          </dimensions><date>01/01/2023</date></ab>

        <idno type="book"/>

        <ab type="lodel"><date/></ab>
      </publicationStmt>

      <sourceDesc>
        <p>Version Métopes : 3.0</p>

        <p>Written by OpenOffice</p>

        <bibl>Arabesques</bibl>
      </sourceDesc>
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      who="Marie-Pierre Roux">Révision</change>
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    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart style="T_3_Article" type="main">Les pépinières de revues
          scientifiques : des lieux d’expérimentation éditoriale au service de
          la science ouverte</titlePart>
        </docTitle>

        <docAuthor style="txt_auteur">Jean-Luc de Ochandiano</docAuthor>

        <byline style="auteur_Courriel"><email><ref
        target="mailto:jean-luc.de-ochandiano@univ-lyon3.fr">jean-luc.de-ochandiano@univ-lyon3.fr</ref></email></byline>

        <byline style="auteur_Institution"><affiliation
        xml:id="aff01">Coordinateur de Prairial, pôle éditorial Lyon
        Saint-Étienne, université Jean Moulin Lyon 3</affiliation></byline>
      </titlePage>

      <argument>
        <p style="txt_chapo">Investies depuis plusieurs années dans la gestion
        de pépinières de revues, les bibliothèques universitaires sont
        aujourd’hui des actrices majeures de l’édition scientifique publique,
        inscrites dans des réseaux rassemblant professionnels de la
        documentation et de l’édition.</p>
      </argument>
    </front>

    <body>
      <div type="chapitre" xml:id="mainDiv">
        <p style="txt_Normal">Depuis quelques années, les bibliothèques
        universitaires françaises se sont particulièrement impliquées dans le
        développement de plateformes et de pépinières<hi rend="bold"
        style="typo_gras"><note n="1" place="foot" style="txt_Note"
        type="standard" xml:id="ftn1"><p> Les deux termes recouvrent des
        réalités proches. La notion de pépinière est surtout liée au fait que
        certains dispositifs se conçoivent comme un espace de transition vers
        des plateformes disposant d’une visibilité internationale comme
        OpenEdition.</p></note></hi> de revues scientifiques en accès ouvert.
        Ces dispositifs visant à apporter une aide à des revues à l’échelle
        locale ou régionale – mais aussi souvent au-delà de ce périmètre – ont
        progressivement pris place dans le paysage éditorial de l’édition
        scientifique publique au point d’être évoqués dans plusieurs rapports
        nationaux publiés récemment<note n="2" place="foot" style="txt_Note"
        type="standard" xml:id="ftn14"><p> IGÉSR, <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">La place des bibliothèques universitaires dans
        le développement de la science ouverte, </hi>février 2021, p. 43 et
        suiv. ; Astrid Aschehoug, <hi rend="italic" style="typo_Italique">Les
        pôles éditoriaux : contexte, état des lieux et perspectives, </hi>mars
        2022, 33 p. ; Caroline Dandurand, <hi rend="italic"
        style="typo_Italique">Préfiguration d’une structuration collective des
        éditeurs scientifiques publics engagés dans la science ouverte,
        </hi>juillet 2022, p. 25 et suiv.</p></note>.</p>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Des revues scientifiques en
          difficulté</head>

          <p style="txt_Normal">Cette orientation des bibliothèques vers
          l’édition est, tout d’abord, le fruit d’une évolution interne :
          après plus d’une décennie d’incertitude et de tâtonnements, les
          années 2010 marquent un réinvestissement fort des BU dans le soutien
          aux chercheurs qui est favorisé par le développement de la science
          ouverte alors en voie d’institutionnalisation. Ce faisant, s’opère
          progressivement un changement de perspective : face aux enjeux de
          visibilité de la recherche pour les universités, face surtout aux
          difficultés que rencontrent souvent les chercheurs pour diffuser et
          valoriser leurs publications, les bibliothèques se mettent à
          intervenir en amont de leur champ d’action traditionnel et à prendre
          en charge des fonctions éditoriales. Au cours de cette même décennie
          2010, une série d’enquêtes nationales et les travaux menés au sein
          de BSN (Bibliothèque scientifique numérique)7<note n="3"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn14"><p>
          Voir, par exemple, Odile Contat, Anne-Solweig Gremillet, <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">Publier : à quel prix ? Étude
          sur la structuration des coûts de publication pour les revues
          françaises en SHS, </hi>2016, 18 p. ; Jean-Yves Mérindol, <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">L’avenir de l’édition
          scientifique en France et la science ouverte, </hi>novembre 2019, 63
          p.</p></note><hi rend="bold" style="typo_gras"> </hi>permettent
          d’objectiver en partie la réalité des revues savantes : une part
          notable d’entre elles, notamment en science humaines et sociales,
          connaît une précarité économique accentuée par le passage rapide à
          l’électronique, maîtrise mal les exigences de l’édition scientifique
          numérique et manque de professionnels de l’édition sur lesquels
          s’appuyer pour répondre aux exigences de qualité éditoriale. Le
          phénomène est accentué par le fait que peu de revues sont prises en
          charge par des éditeurs scientifiques publics (279 sur plus de 2 000
          revues produites en France en 2021<note n="4" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn14"><p> Caroline
          Dandurand, op. cit., p. 21.</p></note>). Cet éclairage cru projeté
          sur les revues a participé d’une prise de conscience générale qui a
          aidé les bibliothécaires à élaborer localement des dispositifs de
          soutien.</p>

          <figure>
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            <head style="titre_figure"> </head>

            <p style="ill-credits-sources">Crédit AdobeStock</p>
          </figure>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Naissance et développement des
          pépinières de revues</head>

          <p style="txt_Normal">Si certaines bibliothèques universitaires font
          figure de précurseuses – création des plateformes Revel<note n="5"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn14"><p>
          <ref target="https://epi-revel.univ-cotedazur.fr"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://epi-revel.univ-cotedazur.fr</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>à Nice en 2004 et PoPuPS<note
          n="6" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn14"><p> <ref
          target="https://popups.uliege.be/accueil"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://popups.uliege.be/accueil</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>à Liège en 2005 – c’est pendant
          la décennie 2010 que naissent la plupart des plateformes de revues :
          Le Polen<note n="7" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn14"><p> <ref target="https://polen.uca.fr"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://polen.uca.fr</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>à Clermont-Ferrand, <hi
          rend="italic" style="typo_Italique">Open U Journals</hi><hi
          rend="italic" style="typo_Italique"><note n="8" place="foot"
          style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn14"><p> <ref
          target="https://open.u-bordeaux.fr/journals"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://open.u-bordeaux.fr/journals</hi></ref></p></note></hi><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>à Bordeaux, Prairial<note n="9"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn14"><p>
          <ref target="https://www.publications-prairial.fr"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.publications-prairial.fr</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>à Lyon… Un maillage du
          territoire commence à se constituer, d’autant plus que d’autres
          acteurs, notamment les Maisons des sciences de l’homme, sous
          l’impulsion de l’InSHS (Institut des sciences humaines et sociales
          du CNRS), créent des dispositifs similaires, par exemple Préo<note
          n="10" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn14"><p> <ref
          target="https://preo.u-bourgogne.fr/portail"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://preo.u-bourgogne.fr/portail</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>à Dijon ou PépiNord<note n="11"
          place="foot" style="txt_Note" type="standard" xml:id="ftn14"><p>
          <ref target="https://www.mshparisnord.fr/publication/revues"><hi
          rend="underline"
          style="typo_souligne">https://www.mshparisnord.fr/publication/revues</hi></ref></p></note><hi
          rend="bold" style="typo_gras"> </hi>à Paris. L’offre de service est,
          au départ, surtout centrée sur l’hébergement et la diffusion de
          revues mais très rapidement la plupart des plateformes s’engagent
          dans un accompagnement des équipes éditoriales qui devient
          progressivement le cœur de leur travail quotidien : formation, mise
          à disposition de documentation, référencement des revues, soutien
          juridique, prise en charge du secrétariat d’édition…, la palette de
          services est plus ou moins étendue d’une pépinière à l’autre.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Une professionnalisation
          progressive</head>

          <p style="txt_Normal">Au sein de pépinières créées très
          majoritairement par des bibliothécaires et des documentalistes,
          l’évolution des services est la conséquence d’une
          professionnalisation des équipes. Cela a impliqué, pour elles, de se
          former aux problématiques propres à l’édition, d’acquérir des
          savoir-faire et la maîtrise d’outils nouveaux. Cette évolution est
          souvent le fruit de nombreuses heures de formation mais elle passe
          aussi par la participation croissante des bibliothécaires aux
          réseaux professionnels de l’édition, en particulier Médici<note
          n="12" place="foot" style="txt_Note" type="standard"
          xml:id="ftn14"><p> Réseau des métiers de l’édition scientifique
          publique : <ref target="https://medici.cnrs.fr"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://medici.cnrs.fr</hi></ref></p></note>.
          Elle est aussi rendue possible par l’articulation progressive des
          pépinières avec les infrastructures nationales de l’édition
          scientifique publique que sont OpenEdition, Métopes ou Persée. Elle
          est, enfin, liée à l’intégration de professionnels de l’édition aux
          équipes de certaines pépinières, quelques bibliothèques intégrant
          désormais des ingénieurs d’étude en édition en leur sein.</p>

          <p style="txt_Normal">La montée en qualité des plateformes est aussi
          la conséquence de leur regroupement au sein d’un réseau qui leur est
          propre, Repères<note n="13" place="foot" style="txt_Note"
          type="standard" xml:id="ftn14"><p> <ref
          target="https://reseau-reperes.fr"><hi rend="underline"
          style="typo_souligne">https://reseau-reperes.fr</hi></ref></p></note>,
          créé en 2018. Espace d’échanges qui a nourri la réflexion de ses
          membres, lieu d’élaboration de projets et d’outils communs, il
          réunit aujourd’hui 16 plateformes portées par des agents venant
          d’horizon divers – bibliothécaires, documentalistes, professionnels
          de l’édition, informaticiens – qui apportent leurs compétences
          propres dans le soutien aux revues et qui apprennent, peu à peu, à
          parler un langage commun.</p>
        </div>

        <div type="section1">
          <head style="T_1" subtype="level1">Les bibliothèques dans
          l’écosystème de l’édition scientifique publique. Quels
          enjeux ?</head>

          <p style="txt_Normal">Pour les bibliothèques qui y participent, les
          pépinières de revues apparaissent rétrospectivement comme de
          véritables lieux d’expérimentation fondés sur un fort
          décloisonnement des métiers et une inscription dans des réseaux
          denses de collaborations à l’échelle locale et nationale.</p>

          <p style="txt_Normal">L’expérimentation est tout d’abord
          organisationnelle puisqu’un certain nombre de pépinières sont
          désormais portées par des regroupements institutionnels, plus ou
          moins formalisés juridiquement, associant universités, MSH, presses
          universitaires, voire organismes de recherche. Les bibliothèques
          sont désormais rarement seules à porter une pépinière et ont
          participé activement à ces montages organisationnels permettant de
          réunir des moyens humains, techniques et financiers nécessaires à
          une édition ouverte exigeante et respectueuse du modèle diamant.</p>

          <p style="txt_Normal">Les dispositifs sont aussi en train de se
          diversifier, certains prenant une orientation disciplinaire et
          tissant des alliances hors de leur ancrage initial, d’autre
          élargissant leur rayon d’action sur un territoire local plus large
          via la création de « pôles éditoriaux ». Pour les bibliothèques, il
          s’agit souvent d’expérimenter des partenariats inédits qui peuvent
          ensuite nourrir leur réflexion pour la création d’autres dispositifs
          de soutien à la recherche et à la science ouverte. L’expérimentation
          est aussi, il faut insister sur ce point, dans la collaboration
          entre bibliothécaires et éditeurs qui est particulièrement
          fructueuse. Malgré des cultures et des pratiques professionnelles
          qui peuvent, au premier abord, paraître éloignées, l’articulation
          des deux métiers peut permettre de mieux répondre à l’ensemble des
          exigences sans cesse en évolution d’une édition scientifique
          désormais soumises aux contraintes de la diffusion numérique. Cette
          collaboration nous montre qu’il est nécessaire de sortir d’une
          logique de travail en silo où chacun intervient dans son domaine de
          compétence sans connaître le travail de l’autre. La science ne
          nécessite pas seulement l’ouverture des données ou des publications.
          Elle nous incite aussi à garder l’esprit ouvert.</p>
        </div>
      </div>
    </body>
  </text>
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