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>Shalom Auslander, L’espoir, cette tragédie</title
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>2020-11-23T12:38:00</date
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>01/07/2014</date
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>109</idno
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>Version Métopes : 2.3</p
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>Written by OpenOffice</p
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>Shalom <hi
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>Auslander, </hi
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>L’espoir, cette tragédie</hi
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>Shalom <hi
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>Auslander</hi
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>, </hi
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>L’espoir, cette tragédie</hi
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>Énorme ! Il y a vraiment des idées hénaurmes ! comme dirait A. <hi
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>Jarry</hi
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Derrière son beau et quelque peu énigmatique titre, « L’espoir, cette tragédie » est un livre aussi surprenant qu’iconoclaste, aussi drôle que profond ! On y rit et on y pense, on doute, on s’enthousiasme, on a envie de le faire lire autour de soi pour partager cette expérience dans la lignée du meilleur Woody <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Allen</hi
>, mais aussi, pour la puissance de l’irrespect, de Edgar <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Hilsenrath</hi
> (Fuck america, Le barbier et le nazi) à découvrir de toute urgence si vous ne le connaissez pas encore !</p
><p
style="txt_Normal"
>Imaginez, pour faire vite : un couple de juifs, Américains depuis de nombreuses générations, achète une maison à la campagne, pour protéger la vie du jeune héritier de faible constitution. Suivant de petits bruits, incommodé par les odeurs, le père, Salomon <hi
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style="typo_SC"
>Kugel</hi
>, finit par explorer le grenier et y trouve, devinez quoi, ou plutôt devinez qui ? Anne <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Franck</hi
>, l’auteure du célèbre journal ! Bien entendu il doute, se demande s’il rêve ou perd raison, mais il doit bien se rendre à l’évidence, il s’agit bien d’Anne <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Franck</hi
> qui a en fait survécu aux camps de la mort et est terrée dans ce grenier depuis des décennies. Elle a décidé qu’elle était écrivain (30 millions d’exemplaires pour son journal, cela met la barre haute !) et tente d’écrire son second livre depuis tout ce temps. C’est une sorte de vieille sorcière tyrannique, dormant le jour, écrivant la nuit.</p
><p
style="txt_Normal"
>À partir de là, la vie de Salomon <hi
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style="typo_SC"
>Kugel</hi
>, qui espérait que ce déménagement permettrait à sa petite famille de repartir à zéro, dérape totalement, elle qui était déjà partie de travers avec une mère se prétendant survivante du génocide alors qu’elle n’était alors pas née et n’a vécu qu’aux États-Unis. On l’aura compris, il s’agit d’une méditation, sur le mode de l’humour juif le plus culotté, celui qui ose rire de tout et surtout de lui-même, mais aussi du reste du monde, au sujet de la mémoire de la SHOAH, de l’enferment dans une identité de survivant, mais aussi, mais tout autant, d’une méditation sur la vie : sens ou pas, Dieu ou pas, espoir ou néant (mais l’un empêche-t-il l’autre, demanderait le thérapeute de <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Kugel</hi
> ?)</p
><p
style="txt_Normal"
>Shalom <hi
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style="typo_SC"
>Auslander</hi
> est un virtuose de l’humour et du style : un style tantôt rapide, tantôt pseudo philosophique, un virtuose qui vous fait éclater de rire régulièrement, d’un rire qui dérobe les certitudes sous les pieds, qui dénonce tout à la fois l’horreur de ce que l’homme peut faire à l’homme et l’horreur de ce que l’homme peut faire de l’horreur que l’homme peut faire à l’homme, cela sur fond de désir de vivre quand même, coûte que coûte et quoi qu’on en dise !</p
><p
style="txt_Normal"
>Le poème d’Y. <hi
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style="typo_SC"
>Rosensaft</hi
>, en exergue du livre, le résume à merveille :</p
><quote
rend="quotation"
style="txt_Citation"
>Nous étions libérés de la mort,<lb
></lb
>De la peur de la mort.<lb
></lb
>Mais alors est venue la peur de la vie.</quote
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>Jean-Marc <hi
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>Talpin</hi
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