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>Patrick Chamoiseau, La matière de l’absence, Paris, Seuil, 2016.</title
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>2020-11-30T10:25:00</date
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>01/05/2018</date
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>123</idno
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>Version Métopes : 2.3</p
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>Written by OpenOffice</p
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>Patrick <hi
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>Chamoiseau</hi
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>La matière de l’absence</hi
>, Paris, Seuil, 2016.</titlePart
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>Patrick <hi
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>Chamoiseau</hi
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>, <title
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>La matière de l’absence</hi
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>, Paris, Seuil, 2016.</bibl
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>Commençons par goûter la puissance et la justesse de la langue de ce conteur magnifique :</p
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rend="quotation"
style="txt_Citation"
>« Que l’on s’en rende compte ou pas, le fait que l’impensable soit là, qu’il nous fixe impavide, atteint les rives de nos paupières, effrite les berges de notre esprit, décape l’échappée jusqu’alors sans chemin du songe contemporain. Le courage le plus déterminant serait de le fixer à notre tour sans trembler. Je vais te dire pourquoi. La création n’est jamais aussi puissante que lorsqu’elle se trouve exposée à un manque majeur comme elle le serait aux stimulations d’une source. » (P. <hi
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>Chamoiseau</hi
>, 2016, p. 312-313)</quote
><p
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>Dans <hi
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>La matière de l’absence</hi
> (2016) Patrick <hi
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>Chamoiseau</hi
>, confronté à la mort de sa mère Man Ninotte, se laisse travailler par le manque, en revisite l’essence, en poursuit les méandres, en explore les sédiments.</p
><p
style="txt_Normal"
>Au travers de cette confrontation à l’absence, on a là affaire à un déploiement de pensée qui embrasse la condition humaine. Patrick <hi
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style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> dévoile l’inhumanité qui sans cesse défait le fragile montage. Ainsi de l’esclavage : de la rupture et de la nouveauté sans précédent de la « nudité fondamentale » dans laquelle ces « déshumains » ont été précipités ; et de la puissance de vie qui leur a permis de refonder un monde habitable.</p
><quote
rend="quotation"
style="txt_Citation"
>« La damnation était à l’époque si prégnante que même en échappant à l’Habitation, si vous veniez à maronner, à vous réfugier dans les bois ou les mornes, ou même si vous bénéficiiez d’un bulletin d’affranchi, vous étiez encore dans cette malédiction qui fait qu’avec chaînes ou sans chaînes, maronneur ou docile à beau dire, à beau faire, par le seul fait d’être vivant dans une peau noire, vous demeuriez esclave, je veux dire : mort tout en étant catastrophiquement vivant… ». (Patrick <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
>, 2016, p. 31).</quote
><p
style="txt_Normal"
>La parole de Patrick <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> sonne juste. Puissions-nous à notre tour, nous prêter à cette confrontation humanisante, à cette « matière » de « l’absence ». Ici la lecture se fait « ouvroir », et nous voici invités à participer de ce flux.</p
><docAuthor
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>Georges <hi
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style="typo_SC"
>Gaillard</hi
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style="auteur_recension_institution"
>Professeur en psychologie clinique CRPPC, Université Lumière Lyon 2</affiliation
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