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>David Grossman, Un cheval entre dans un bar, Paris, Seuil, 228p., 2015, 19 euros.</title
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>2020-12-10T07:48:00</date
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>01/04/2016</date
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>116</idno
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>Version Métopes : 2.3</p
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>Written by OpenOffice</p
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>David <hi
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>Grossman</hi
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>Un cheval entre dans un bar</hi
>, Paris, Seuil, 228p., 2015, 19 euros.</titlePart
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>David <hi
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>Grossman</hi
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>Un cheval entre dans un bar</hi
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>, Paris, Seuil, 228p., 2015, 19 euros.</bibl
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>Il y a des livres dont il ne faudrait rien raconter, juste dire, comme on dit à un ami : confiance, lis ! Lis <hi
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>Un cheval entre dans un bar</hi
>, je ne t’en dis pas plus, j’en dirai trop, ou trop peu, ou si mal…</p
><p
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>J’étais sûr d’avoir fait un coup de cœur du précédent livre de D. <hi
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>Grossman</hi
>, <hi
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>Une femme fuyant l’annonce</hi
> (Seuil, 2011). Un chef-d’œuvre. Un livre comme on n’en lit que peu par décennie. Un monde, un souffle. Et puis je me suis aperçu que non. Ce livre était trop, comment en dire quelque chose au risque d’écorner l’émotion. Présente dès les exceptionnelles pages d’ouverture, hallucinées. Présente tout au long des quelque 665 pages : une femme fuit, marche pour qu’on ne la trouve pas et qu’on ne puisse donc pas lui annoncer la mort redoutée de son fils à l’armée, en Israël… Elle fuit, traverse le pays, retraverse sa vie. Que fuit-elle tant ?</p
><p
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>Pendant que David <hi
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>Grossman</hi
>, qui vit en Israël, écrivait ce livre, un de ses fils est mort à l’armée. Il croyait son livre en cours perdu. Il raconte que son ami l’écrivain Amos <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Oz</hi
> lui a répondu : « c’est ton livre qui te sauvera ». Je ne sais s’il s’agit de salut, ce que je sais c’est que le livre a été terminé, que D. <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Grossman</hi
> continue d’écrire. Et qu’il continue de militer pour la paix dans son pays, pour un accord avec les Palestiniens.</p
><p
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>Sans doute ne peut-on pas lire l’un sans l’autre <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Une femme fuyant l’annonce</hi
> d’abord, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Un cheval entre dans un bar</hi
> ensuite. Ou si, on lira autrement, d’autres échos, d’autres liens, d’autres voies/voix…</p
><p
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>J’ai fini <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Un cheval…</hi
> groggy, mais je ne pouvais plus arrêter de lire. Ouf, fini… Fini et pas fini, passé le presque KO (chaos ?) du lecteur, les fils n’en finissent pas de se déployer, de se croiser… Et je demeure impressionné par l’écriture, sa vitesse, son accélération, ses ralentis, tout comme le discours du personnage principal, Dovalé, humoriste qui semble parti en roue libre sur scène. Mais nous savons bien que la roue n’est jamais libre, que les chaines associatives mènent le bal, que les scènes traumatiques les orientent, les trouent, les font bafouiller, perdre le fil, en saisir un autre, ou pas, bafouiller, s’entêter… Je n’en suis pas encore revenu. J’ai peur que ce livre ne me hante, comme la femme fuyant l’annonce, au plus intime des angoisses de la vie.</p
><p
style="txt_Normal"
>Dovalé a convoqué un témoin, leurs voix, de façon dissymétrique, se croisent, se répondent ou s’ignorent. C’est l’enfance, le début de l’adolescence qui sont là, les rencontres ratées, évitées, les petites lâchetés du quotidien si vite refoulées, si prompte à revenir à un détour de vie.</p
><p
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>Je n’en dirai pas plus, vraiment, pour protéger ta lecture, ami.</p
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>Jean-Marc <hi
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>Talpin</hi
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