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>Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle</title
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>2020-12-14T11:59:00</date
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>01/01/2016</date
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>Version Métopes : 2.2</p
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>Written by OpenOffice</p
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>Je vous écris dans le noir</hi
> de Jean-Luc <hi
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>Seigle</hi
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>Je vous écris dans le noir</hi
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> de <author
>Jean-Luc <hi
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>Seigle</hi
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>Jean-Luc <hi
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>Seigle</hi
> écrit là ce que Pauline <hi
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>Dubuisson</hi
> ne serait jamais parvenue à dire ni à faire entendre d’elle au moment de son procès en 1953… Ce sont ici toutes les traces bouleversantes et indélébiles de l’histoire de cette femme jugée monstrueuse et froidement inhumaine qu’il réanime et habille d’une noble sensibilité, elle qui fut cruellement soumise à la barbarie avant d’être tondue à la Libération en place publique…</p
><p
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>Pauline <hi
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>Dubuisson</hi
> est cette étudiante en médecine qui tua à 21 ans son fiancé Félix <hi
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>Bailly</hi
>… Trois ans plus tard, elle est jugée devant la cour d’assises de Paris. Elle devient la seule femme contre laquelle le ministère public, c’est-à-dire le représentant de la société française, requiert la peine de mort sans trouver aucun appui, y compris de celles qui à l’époque militaient pour défendre la cause féminine… Parce que cet homicide portait les relents et l’accent étrange d’une relation entretenue avec l’occupant allemand, crime qu’elle avait largement payé, jetée alors dans le noir d’une chambre froide comme une vulgaire carcasse ne pouvant se débattre…</p
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>François <hi
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>Clouzot</hi
> reprendra dans <hi
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style="typo_Italique"
>La Vérité</hi
> son histoire, interprétée par Brigitte <hi
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style="typo_SC"
>Bardot</hi
> ; l’œil du cinéaste s’attarde sur une Pauline émancipée, laissant hors champ le scénario de sa vie intime réduite au silence où seul son corps crève l’écran… Une nouvelle fois condamnée par cette mise en scène ignorant tout de ses souffrances privées informulables, Pauline <hi
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style="typo_SC"
>Dubuisson</hi
> quitte la France après sa sortie de prison, trouvant refuge et chaleur au Maroc, pour tout oublier de sa vie, pour qu’on oublie tout de sa vie…</p
><p
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>C’est là que Jean-Luc <hi
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>Seigle</hi
> l’habille de son regard bienveillant et lui prête ses mots, ceux auxquels elle a désormais renoncé, dans ces trois cahiers qu’elle nous aurait laissés…</p
><p
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>Trois Cahiers donc… en clairs-obscurs comme l’esquisse d’un tableau ou d’une sculpture que l’on raconterait à un aveugle, une ébauche concédant cette capacité au pardon ; un regard, enfin, celui de la compassion, adressée à celle qui ne put sortir de l’ombre glaciale de l’indifférence, du désamour et de la honte mortelle… En dernier recours, c’est pour remédier à l’oubli que la plume de Jean-Luc <hi
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>Seigle</hi
> est un puissant miroir offrant la possibilité de partager une douleur séquestrée. Mais c’est aussi dans cette cuisine de l’imaginaire et de la poésie qu’il invite le lecteur à se désentraver pour mesurer le piège tendu que celui de tout jugement établi sur les apparences, à moins que ce ne soit un cri de désarroi face à ce qui conduit une foule, vous, moi, au travail de fossoyeur quand en place publique il s’agit d’exécuter sans hésiter ce qui de chacun n’est pas avouable ; cette part corrompue et peu glorieuse qui peut conduire à l’indignation, cette part peu concevable qui rend pourtant possible l’accès au sens et au partage de toute expérience humaine.</p
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>Magali <hi
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>Ravit</hi
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