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>Des hommes et des dieux, film de Xavier Beauvois, 2010</title
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>Jean-Marc Talpin</name
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>2020-09-21T11:01:00</date
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>01/01/2010</date
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>91</idno
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>Version Métopes : 2.2</p
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>Written by OpenOffice</p
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>Des hommes et des dieux</hi
>, film de Xavier <hi
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>Beauvois</hi
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>Jean-Marc <hi
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>Talpin</hi
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>Il est rassurant que le cinéma comme la littérature, dans la production comme dans la réception des œuvres, demeurent imprévisibles, témoignant d’un au-delà des stratégies commerciales. Ainsi, des romans <hi
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style="typo_Italique"
>L’élégance du hérisson</hi
>, de <hi
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>Cœur cousu</hi
> ou encore de <hi
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>Les déferlantes</hi
> en littérature. Ainsi, à la rentrée de septembre 2010, du film <hi
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style="typo_Italique"
>Des hommes et des dieux</hi
>.</p
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>Qui irait voir un film sur les moines de Tibehirine qui, en pleine période de terrorisme islamiste, après des élections volées par le parti au pouvoir depuis l’indépendance, choisirent de rester en terre algérienne ? Qui irait voir une histoire de martyre ? Qui irait voir un film long (2 heures), lent, un film qui se rythme sur la vie des moines, les différents temps de prière de la journée, les psaumes chantés, les travaux des champs, les discussions collectives, les messes, les rencontres avec les Algériens, avec les militaires, avec les « frères musulmans » ? Le premier producteur contacté déclina la proposition, trop risquée selon lui. Pourtant, début octobre, plus d’un million et demi de spectateurs en France.</p
><p
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>Le film est remarquable d’intensité. Xavier <hi
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>Beauvois</hi
>, qui se positionne comme non croyant, a fait le choix du respect vis-à-vis de ces hommes, et de tous les personnages du film, jusques aux terroristes. Ainsi a-t-il fait avec les acteurs du film une retraite, ainsi ceux-ci chantent-ils eux-mêmes les psaumes… Les acteurs sont magnifiques de présence, de foi comme de doute, de spiritualité comme de peur. Chaque rencontre se fait à hauteur d’homme, ce qui n’est pas si fréquent, ni au cinéma, ni dans la vie.</p
><p
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>Il faut suivre le chemin qui commence dans une cohabitation faite d’aide au quotidien entre moines et habitants du village, qui se poursuit dans l’angoisse de la menace après la visite des islamistes lors de la veillée de Noël 1993, qui conduit, après de longues discussions, à la décision de rester et à l’apaisement de tous. Il faut suivre le chemin intérieur de chacun qui converge vers ce chemin commun du rapt puis de l’assassinat, en 1996, que le film choisit de dire plutôt que de montrer.</p
><p
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>Je crois que s’il ne me fallait retenir qu’un moment de ce film, ce serait cet échange entre des musulmans très inquiets de l’actualité de leur pays qu’ils pensent devenu fou et Christian <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>De Chergé</hi
>, prieur du monastère. Alors que le Père <hi
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style="typo_SC"
>De Chergé</hi
> répond à ses interlocuteurs qui s’inquiètent du risque de leur départ, que les moines sont « comme des oiseaux sur la branche », une femme arabe, restée sur le seuil de la pièce, mais au cœur de l’échange, dit : « Non, vous êtes la branche et nous sommes les oiseaux ».</p
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