<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI
change="metopes_publication#openedition"
xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"
xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance"
xmlns:xs="http://www.w3.org/2001/XMLSchema"
xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink"
xmlns:xi="http://www.w3.org/2001/XInclude"
xmlns:xhtml="http://www.w3.org/TR/xhtml/strict"
xmlns:ns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"
xmlns:mathml="http://www.w3.org/1998/Math/MathML"
xmlns:loext="urn:org:documentfoundation:names:experimental:office:xmlns:loext:1.0"
xmlns:dcr="http://www.isocat.org/ns/dcr"
xmlns:aid5="http://ns.adobe.com/AdobeInDesign/5.0/"
xmlns:aid="http://ns.adobe.com/AdobeInDesign/4.0/"
><teiHeader
><fileDesc
><titleStmt
><title
type="main"
>Introduction</title
><author
role="aut"
><name
>Jean-François Lattarico</name
><idno
type="IDREF"
>050504819</idno
><idno
type="ARK"
>http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb135329570</idno
><idno
type="ISNI"
>0000000081305850</idno
><idno
type="VIAF"
>http://viaf.org/viaf/51851337</idno
></author
></titleStmt
><editionStmt
><edition
><date
>2023-03-02T08:19:00</date
></edition
></editionStmt
><publicationStmt
><publisher
></publisher
><ab
type="papier"
><dimensions
><dim
type="pagination"
></dim
></dimensions
><date
></date
></ab
><idno
type="book"
></idno
><ab
type="lodel"
><date
></date
></ab
></publicationStmt
><sourceDesc
><p
>Version Métopes : 3.0</p
><p
>Written by OpenOffice</p
><bibl
>Arabesques</bibl
></sourceDesc
></fileDesc
><encodingDesc
><tagsDecl
><rendition
scheme="css"
xml:id="none"
>color:black;</rendition
></tagsDecl
></encodingDesc
><profileDesc
><langUsage
><language
ident="fr-FR"
></language
></langUsage
><textClass
></textClass
></profileDesc
><revisionDesc
><change
when="2023-03-16T11:05:00"
who="HUET Eva"
>Révision</change
></revisionDesc
></teiHeader
><text
xml:id="text"
><front
><titlePage
><docTitle
><titlePart
style="T_3_Article"
type="main"
>Introduction</titlePart
></docTitle
><docAuthor
style="txt_auteur"
>Jean-François Lattarico</docAuthor
></titlePage
></front
><body
><div
type="chapitre"
xml:id="mainDiv"
><p
style="txt_Normal"
>Dans le cadre de deux journées d’études italiennes qui se sont s’intéressées à l’autorité littéraire, artistique, philosophique, morale et éventuellement politique – revendiquée ou contestée, une fois encore – d’entités collectives, concrètement, moralement ou intellectuellement instituées, à travers l’examen d’objets divers (fictions, discours, correspondances, tableaux…), dont on a fait émerger les traits « rhétoriques » en relation étroite avec l’autorité sous laquelle ils se placent ou contre laquelle ils se dressent (la question des genres et des canons étant indubitablement liés à cela), deux objets ont été examinés : les Académies et les Institutions.</p
><p
style="txt_Normal"
>La première de ces deux journées, celle du 9 octobre 2012, s’est intéressée à la culture des Académies. Elles ont connu, on le sait, une importante floraison aux XVI<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>e</hi
> et XVII<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>e</hi
> siècle dans tout le territoire de la péninsule, du duché de Savoie au vice-royaume de Sicile. Plusieurs centaines d’académies – jadis répertoriées par Maylender<note
n="1"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn1"
><p
> MAYLANDER, Michele, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Storia</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> </hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>delle</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> </hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>accademie</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> </hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>d’Italia</hi
>, Bologna, Capelli, 5 vol., 1926-1930.</p
></note
> – ont vu le jour ; certaines, comme celle des <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Infiammati</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> </hi
>de Padoue (1540-1550) ou des <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Anfistili</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> </hi
>de Rome (1650-1656), ont eu une existence plutôt brève ; d’autres, comme la <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Crusca </hi
>florentine (fondée en 1583) ou la <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Filarmonica</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> </hi
>de Vérone (fondée en 1543) perdurent encore. D’autres, après avoir vécu, ont été « ressuscité », comme l’académie romaine des <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Incolti </hi
>(1658-1892), qui a connu une seconde jeunesse en 1978. Beaucoup n’ont pas dépassé le siècle qui les a vu naître, comme les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Oziosi </hi
>de Naples (1611-1645) ou les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Incogniti </hi
>de Venise (1630-1660). L’académie, dans sa constitution et son fonctionnement, s’oppose à l’université d’origine médiévale où l’on enseignait le droit, la philosophie, la théologie et la médecine. Les académies, à partir du milieu du XVI<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>e</hi
> siècle, deviennent le lieu d’un autre mode de transmission du savoir, scientifique, mais surtout littéraire ; elles consacrent un nouveau statut à toute une catégorie de lettrés en quête de légitimité qui profitent de ce cercle à la fois intime (les réunions se font la plupart du temps dans des palais privés) et public (le public qui assiste aux séances dépasse bien sûr le nombre d’académiciens officiellement affiliés à l’académie), pour exercer leurs talents d’orateur. C’est en effet l’éloquence du discours (comme dans l’académie vénitienne des <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Delfici</hi
>), ou la virtuosité rhétorique de la poésie (comme dans l’académie bolonaise des <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Gelati</hi
>) qui prédominent, tandis que les sciences (cf. l’académie du <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Cimento</hi
>, Florence, 1657) se développeront surtout au XVIII<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>e</hi
> siècle. Cette importance de l’éloquence et du paradigme rhétorique fait de l’académie un lieu privilégié de sociabilité dans lequel s’exerce, à travers l’éloge conjoint du <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>delectare </hi
>et du <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>prodesse</hi
>, la séduction du public et des lecteurs, car l’académie est aussi et surtout le lieu de diffusion du livre. Dès le milieu du XVI<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>e</hi
> siècle, les ouvrages faisant l’éloge des académies se multiplient, tel celui de Scipione Bargagli, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Delle lodi dell’accademia</hi
><note
n="2"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn2"
><p
> BARGAGLI, Scipione, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Delle</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> </hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>lodi</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> </hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>dell’accademia</hi
>, Siena, Bonetti, 1569. D’autres ouvrages encomiastiques suivirent au XVII<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>e</hi
> siècle, comme celui de Alberti (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Discorso sull’origine dell’Accademia</hi
>, 1639).</p
></note
> (1569) qui définit l’académie comme un « adunamento di liberi e virtuosi intelletti, con utile, honesto e amichevol gareggiamento al saper pronti ».</p
><p
style="txt_Normal"
>Les sept communications réunies dans ce volume illustrent cet « ammichevol gareggiamento » qui évoque tout à la fois les questions politiques et pédagogiques d’affranchissement de l’université illustrées par les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Infiammati</hi
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> </hi
>de Padoue (E. Panciera), celles d’éducation à visée universelle de l’académie jésuite (V. Avarello), plus spécifiquement politiques d’éducation du citoyen dans l’ombre de Machiavel à travers l’exemple du <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Cittadino di republica </hi
>de l’académicien <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Addormentato </hi
>de Gênes, Ansaldo Cebà (J.‑L. Nardone), les expérimentations linguistiques et dialectales, à rebours d’un purisme <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>cruscante</hi
>, d’un Lomazzo peintre et académicien lombard (S. Miglierina), ou encore la bizarrerie constitutive des discours <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Incogniti</hi
>, point de départ d’un nouveau paradigme rhétorique dans la pratique discursive des lettrés vénitiens qui accorde à la parole une autorité absolue (J.‑F. Lattarico), pratique illustrée par l’exemple des <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Primitie academiche </hi
>d’un de leurs membres, Vettor Contarini, placé sous l’autorité morale et intellectuelle de son fondateur Loredano (A. Morini), tandis que l’exemple sicilien de l’académie de la <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Fucina </hi
>aborde les questions de pluridisciplinarité dominées par l’idée d’une science expérimentale<note
n="3"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn3"
><p
> Voir RINALDI, Massimo, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La cultura delle accademie. Immaginario urbano e scienze della natura tra Cinque e Seicento</hi
>, Milano, Unicopli, 2005.</p
></note
> d’ascendance galiléenne aux contours fortement politisés.</p
></div
></body
></text
></TEI
>
