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>L’autorité de la citation de Pétrarque chez Boiardo et l’Arioste</title
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>Entre hommage et détournement parodique</title
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>Pascaline Nicou</name
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>2017-05-15T09:55:00</date
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><p
>Version Métopes : 3.0</p
><p
>Written by OpenOffice</p
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>Arabesques</bibl
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>citation</item
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>poétique</item
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>hommage</item
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>parodie</item
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>ironie</item
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>comique</item
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>quotation</item
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>poetic</item
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>Révision</change
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>L’autorité de la citation de Pétrarque chez Boiardo et l’Arioste</titlePart
><titlePart
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>Entre hommage et détournement parodique</titlePart
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>Pascaline Nicou</docAuthor
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>Université Jean Monnet Saint-Étienne</affiliation
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></titlePage
><div
type="resume_motscles"
><p
style="txt_Resume"
>Boiardo dans le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland amoureux</hi
> et l’Arioste dans le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland furieux</hi
> reprennent Pétrarque comme autorité poétique en matière amoureuse, un amour qui fait souffrir jusqu’à rendre fou. Cette modalité de la citation comme hommage contraste avec une autre modalité, celle de la parodie comique, issue d’une décontextualisation prosaïque chez Boiardo et d’un sourire ironique chez l’Arioste. Nous étudions ces deux modalités à travers des exemples précis.</p
><p
style="txt_Motclef"
>Mots-clés : citation, poétique, hommage, parodie, ironie, comique</p
><p
style="txt_Resume_italique"
xml:lang="en"
>Both Boiardo in his <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Orlando Innamorato</hi
> and Ariosto in his <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Orlando Furioso</hi
> acknowledge Petrarca as a poetic authority regarding love in particular love that makes suffer and turns mad. This type of quotation as tribute is contrasted to another type of comic and parodic quotation, which relies on prosaic decontextualisation in Boiardo on ironic laughter in Ariosto. These two types of quotations will be studied thanks to precise examples.</p
><p
style="txt_Motclef_italique"
>Keywords: quotation, poetic, tribute, parody, irony, comic</p
></div
></front
><body
><div
type="chapitre"
xml:id="mainDiv"
><p
style="txt_Normal"
>À la Renaissance, les auteurs italiens reprennent les classiques de l’Antiquité (Ovide, Virgile, Sénèque…) mais aussi les trois couronnes (Dante, Pétrarque, Boccace) pour ancrer leur texte dans la tradition, sous l’égide d’une autorité. Boiardo reprend les trois couronnes, les trois autorités littéraires, en poésie et en prose, mais il reprend surtout Dante et Pétrarque (Boccace est présent aussi mais dans une moindre mesure<note
n="1"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn1"
><p
> Voir <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Donnarumma</hi
> Raffaele, « Presenze boccaciane nell’OI », <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Rivista di letteratura italiana</hi
>, vol. X, 1992, p. 513-597.</p
></note
>). Pétrarque est le modèle lyrique élevé par excellence, Dante peut aussi être un modèle de poésie sublime mais il est surtout un modèle de comique chez Boiardo ou de plurilinguisme (car Boiardo banalise les syntagmes dantesques par la répétition, les citations sont surtout des syntagmes détournés comiquement<note
n="2"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn2"
><p
> Voir à ce sujet <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Sangirardi</hi
> Giuseppe, « La commedia di Orlando : dantismo, enfasi e pluritonalità nello stile dell’Orlando Innamorato », <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>in</hi
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Anceschi</hi
> Giuseppe et <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Matarrese</hi
> Tina (dir.), <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Boiardo e il mondo estense nel Quattrocento</hi
>, Padoue, Antenore, 1998 ; <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Nicou</hi
> Pascaline, « La répétition de syntagmes dantesques dans le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland amoureux</hi
> de Boiardo : entre banalisation et revitalisation », <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>in</hi
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Lindenberg</hi
> Judith et <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Vegliante</hi
> Jean-Charles (dir.), <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Répétition à l’épreuve de la traduction</hi
>, Paris, Chemins de traverse, 2011.</p
></note
>).</p
><p
style="txt_Normal"
>Pétrarque est donc présent comme autorité anoblissante, il y a invocation d’une autorité qui rehausse le texte de Boiardo par rapport aux autres autorités comme les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>cantari</hi
>, jongleurs populaires auxquels Boiardo reprend de nombreux rimes ou syntagmes<note
n="3"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn3"
><p
> Voir à ce sujet <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Cabani</hi
> Maria Cristina, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Le forme del cantare epico cavalleresco</hi
>, Lucques, Pacini Fazzi, 1988.</p
></note
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Mais il existe plusieurs modalités de citation du maître du lyrisme. Parfois Boiardo reprend Pétrarque de manière presque automatique, comme si la mémoire retrouvait une citation qui s’adapte au rythme du vers, mais bien souvent dans un contexte parfaitement adapté, un contexte amoureux, qui met en scène l’amant en proie à la souffrance amoureuse. Pétrarque est l’auteur qui est convoqué car il est expert en la matière. On pourrait parler ici de parodie sérieuse<note
n="4"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn4"
><p
> Gérard Genette, dans <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Palimpsestes, La Littérature au second degré</hi
>, parle de la parodie comme une « <quote
style="typo_citation"
>transformation ludique</quote
> » mais qui peut aussi être une « <quote
style="typo_citation"
>parodie sérieuse</quote
> ». <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Genette</hi
> Gérard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Palimpsestes, La Littérature au second degré</hi
>, Paris, Seuil, 1982. Daniel Sangsue dans <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Relation parodique</hi
> parle de « <quote
style="typo_citation"
>transformation comique ou satirique d’un texte singulier</quote
> », définition plus restreinte mais précise de la parodie. Il ajoute le lien au comique qui est issu de la<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> Poétique</hi
> d’Aristote. <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Sangsue</hi
> Daniel, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Relation parodique</hi
>, Paris, Corti, 2007.</p
></note
> car il s’agit de reprendre le modèle dans un contexte approprié. Un autre type de citation est celui qui consiste à couper des syntagmes et à les reprendre dans un autre contexte, ou en les répétant et en les banalisant, cette dernière modalité est celle de la parodie, les citations sont tirées de Pétrarque mais elles sont décontextualisées et contrastent avec un registre plus prosaïque : il s’agit ici de parodie comique<note
n="5"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn5"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid</hi
><hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>.</hi
>, p. 12 : « <quote
style="typo_citation"
>La relation parodique doit donc s’entendre à la fois comme la relation qu’entretiennent deux (ou plusieurs) œuvres dans la parodie, et comme le rapport particulier qui s’instaure entre le lecteur et l’œuvre parodique : reconnaissance de l’hypotexte, comparaison entre le texte de départ et le texte d’arrivée, perception des différences significatives.</quote
> »</p
></note
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Qu’en est-il de la citation chez l’Arioste ? L’Arioste continue le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland amoureux</hi
> de Boiardo et fait de Roland un homme qui devient fou d’amour. Les citations de Pétrarque sont encore plus nombreuses, mais fait-il le même usage de la citation ? Nous essaierons de les confronter à travers les deux grandes modalités de citation définies, la citation comme convocation de l’autorité de l’amour aliénant et la citation parodique.</p
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Autorité de la citation pétrarquiste comme modèle de souffrance amoureuse : transformation sérieuse</head
><div
type="section2"
><head
style="T_2"
subtype="level2"
>Boiardo : la souffrance amoureuse sous l’emblème de Pétrarque</head
><p
style="txt_Normal"
>Chez Boiardo, un certain nombre de citations coïncide avec des moments particuliers ou plutôt un thème précis, celui de l’amour malheureux. Le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>topos</hi
> de la souffrance de l’amant est repris et l’autorité de Pétrarque est convoquée dans ces monologues amoureux. Cette tradition de l’amour malheureux vient déjà d’Ovide et Virgile mais la médiation est surtout Pétrarque. Boiardo reprend Pétrarque pour décrire Angélique amoureuse de Renaud et qui souffre de ne pas avoir son amour en retour :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Come cerva ferita di <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>saeta</hi
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Che al longo tempo acresce il suo dolore</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>E, quanto il corso più veloze <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>afreta</hi
>,</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>più sangue perde e ha pena magiore<note
n="6"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn6"
><p
> [Comme une biche blessée par une flèche / qui accroît sa douleur au fil du temps / et plus elle se dépêche / plus elle perd de sang et plus elle a mal.] <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Orlando innamorato</hi
>, I, V, 14.</p
></note
>.</quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>On retrouve cette similitude chez Pétrarque :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Et qual cervo ferito di <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>saetta</hi
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Col ferro avelenato dentr’al fianco,</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Fugge, et più duolsi quanto più s’affretta<note
n="7"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn7"
><p
> Nous nous basons sur la traduction de Gérard Genot : « <quote
style="typo_citation"
>Et tel un cerf blessé par une flèche, / Avec le fer empoisonné planté au flanc / S’enfuit, et souffre d’autant plus qu’il court.</quote
> » <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Rerum vulgarium fragmenta</hi
>, Paris, Les Belles Lettres, 2009, 209, 9-11.</p
></note
>.</quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>On retrouve deux rimes en commun : « saetta-afreta ».</p
><p
style="txt_Normal"
>La similitude reprend trait pour trait celle de Pétrarque, il s’agit de l’amour qui blesse et fait souffrir et le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>topos</hi
> qui veut que plus on le fuit ou plus on est loin de son objet, plus il vous enflamme. Chez Boiardo, Angélique est amoureuse de Renaud et son amour n’est pas partagé, Renaud la fuit car il a bu à la source du désamour (livre I, chant 3). Ce <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>topos</hi
> de l’amour souffrance et de l’amant séparé de l’objet aimé prend sa source chez Pétrarque. Dans la similitude que Boiardo reprend, le sujet souffre d’amour et plus il s’éloigne et plus il se rapproche de sa douleur (« <quote
style="typo_citation"
>et souffre d’autant plus qu’il se hâte</quote
> »). Pétrarque, même en quittant les lieux de son amour pour Laure, est toujours habité par cet amour.</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>La correspondance avec Boiardo est parfaite car Renaud fuit Angélique et plus il est loin et plus elle souffre. Elle imagine le lieu où il se trouve pour atténuer sa douleur.</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>On peut noter que la similitude était déjà présente chez Virgile, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Énéide</hi
>, (IV, p. 68-69) au sujet de Didon abandonnée par Énée.</p
><p
style="txt_Normal"
>Roland, lui, est amoureux d’Angélique, cette belle magicienne païenne, mais c’est un paladin de Charlemagne, qui n’est pas censé devenir un chevalier errant (qui plus est, il est marié à Alda). L’amour qu’il ressent pour Angélique est donc un amour qui le dévoie, c’est une erreur soulignée par les citations de Pétrarque :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>E talor li ochi ala terra bassava</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Che di si stesso assai se <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>vergognava</hi
><note
n="8"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn8"
><p
> [Et souvent les yeux à terre il baissait / Car de lui-même il avait vraiment honte.] <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid</hi
>., I, 1, 29.</p
></note
>.</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>di me medesmo meco mi <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>vergogno</hi
><note
n="9"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn9"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>De moi-même à part moi je sens vergogne</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 1, 11.</p
></note
>.</quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>La reprise de Pétrarque est celle où l’auteur se repent de son erreur de jeunesse, de son amour qui l’a dévoyé. Le même verbe <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>vergognarsi</hi
> en fin de vers insiste sur la honte de l’amoureux.</p
><p
style="txt_Normal"
>Les reprises de Pétrarque abondent dans les monologues amoureux de Roland se lamentant de cet amour en lui-même : « Non vedi tu lo errore che te <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>desvia</hi
><note
n="10"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn10"
><p
> [Ne vois-tu pas l’erreur qui te dévoie], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, I, 1, 30.</p
></note
> ». On retrouve chez Pétrarque le même verbe : « il fero ardor che mi <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>desvia</hi
><note
n="11"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn11"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>La fière ardeur qui me fourvoie</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 206, 21.</p
></note
> ». Cela illustre la chute du sujet amoureux, l’errance que provoque ce sentiment. Le fameux proverbe ovidien est repris mot pour mot de Pétrarque :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Che io vedo il meglio e al pegior m’apiglio<note
n="12"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn12"
><p
> [Car je vois le meilleur et m’en tiens au pire], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, I, 1, 31.</p
></note
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>et veggio ‘l meglio, et al peggior m’appiglio<note
n="13"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn13"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Et je vois le meilleur et au pire m’attache</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 264, 136.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>Ici l’amour est vu à travers le prisme d’Ovide, repris par Pétrarque pour dire la nocivité de l’amour. La reprise va dans le même sens, il n’y a pas de décalage.</p
><p
style="txt_Normal"
>Boiardo reprend également la stylistique de Pétrarque, typique avec les structures parallèles, les antithèses :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>[Roland pour Angélique :]</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>qual pena è in terra simile ala mia</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>che <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>arde de amor e giazo in gelosia</hi
><note
n="14"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn14"
><p
> [Quelle peine est semblable à la mienne sur terre / Car je brûle d’amour et me glace de jalousie], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, I, 2, 23.</p
></note
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>e temo, et spero; et ardo, et son un ghiaccio<note
n="15"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn15"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Et je crains, et espère ; et brûle et suis de glace</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 264, 2.</p
></note
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>[Roland pour Angélique :] sol di lei pensa, e sol per lei sospira<note
n="16"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn16"
><p
> [Ne pense qu’à elle, et seulement pour elle soupire], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, II, X, 55.</p
></note
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>seco sorride, et sol di te sospira<note
n="17"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn17"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Elle à part soi sourit, et sur toi seul soupire</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 268, 72.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>On retrouve le parallélisme et le même verbe <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>sospirare</hi
>.</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>[Angélique amoureuse de Renaud :] Nè vol ch’io campo e non mi fa morir<note
n="18"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn18"
><p
> [Il ne veut pas que je vive et ne me fait pas mourir], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, I, 28, 37.</p
></note
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>né mi vuol vivo, né mi trae d’impaccio<note
n="19"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn19"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Et ne me veut vivant, ni me tire d’empas</quote
> » [et ne me veut vivant ni me tire d’embarras], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 134, 7-8.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>Les contrastes propres à Pétrarque sont repris par Boiardo.</p
></div
><div
type="section2"
><head
style="T_2"
subtype="level2"
>L’Arioste et le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>topos</hi
> de l’amour malheureux qui conduit à la folie</head
><p
style="txt_Normal"
>L’Arioste reprend aussi le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>topos</hi
> de l’amour malheureux, qui conduit à l’aliénation de soi, l’amour étant vu encore comme une erreur, une déviance morale.</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>era perduto in via più grave errore<note
n="20"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn20"
><p
> Nous nous servons de l’édition du <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland furieux</hi
>, traduite par Michel Orcel : « <quote
style="typo_citation"
>il était perdu dans une plus grave erreur</quote
> ». <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland furieux</hi
>, Paris, Seuil, 2000, I, 56.</p
></note
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>giovenile errore<note
n="21"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn21"
><p
> « j<quote
style="typo_citation"
>uvénile erreur</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, I, 1.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>Il s’agit chez l’Arioste de Sacripant amoureux d’Angélique mais le mot « erreur » entre vite dans le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland furieux</hi
> pour dire le caractère aliénant de l’amour qui vous fait vous perdre totalement et vous aveugle.</p
><p
style="txt_Normal"
>Si l’amour est une erreur, l’Arioste en souligne donc la vanité (Roland voulait revoir sa dame) : « ma ben fu la speranza e il desir vano<note
n="22"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn22"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Mais l’espoir et le désir furent bien vains</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, II, 45.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Il faut noter ici que l’Arioste reprend les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Triomphes</hi
> de Pétrarque et non le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Canzoniere</hi
>, ce qui n’était pas le cas chez Boiardo. Les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Triomphes</hi
> sont des poèmes allégoriques qui veulent donner à voir les rêves de Pétrarque sur l’avènement de l’Amour, de la Chasteté, de la Mort, de la Renommée, du Temps et de l’Éternité : « seguì già le speranze el van desio<note
n="23"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn23"
><p
> [il suivit les espoirs et le vain désir], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Triumphus Temporis</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Trionfi</hi
>.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal"
>C’est comme s’il utilisait une autorité encore plus haute pour justifier la vanité de l’amour, qui est le thème principal du <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland furieux</hi
>. Chez Boiardo, l’amour était encore possible, pas pour Roland mais pour d’autres personnages, ce qui n’est pas le cas chez l’Arioste.</p
><p
style="txt_Normal"
>La strophe suivante synthétise un des thèmes centraux du <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland furieux</hi
>, l’errance d’amour qui va jusqu’à la folie :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>S’in preda non si fossino sì dati</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>A quel desir che nominiamo amore;</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Per cui dal buon sentier fur travïati</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Al labirinto et al camin d’errore</hi
>;</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>E ciò che mai di buono aveano fatto,</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Restò contaminato e brutto a un tratto<note
n="24"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn24"
><p
>« <quote
style="typo_citation"
>S’ils n’étaient pas en proie / À ce désir que nous nommons amour / À cause duquel ils se sont éloignés du bon chemin / Dans le labyrinthe et le chemin d’erreur ; / Et ce qu’ils avaient fait de bon / demeura contaminé et souillé en un instant.</quote
> » <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 37, 47.</p
></note
>.</quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>On retrouve le mot « erreur », qu’on avait déjà vu, associé au labyrinthe, qu’on a dans le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Rerum vulgarium fragmenta</hi
> : « un lungo <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>error</hi
> in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>cieco laberinto</hi
><note
n="25"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn25"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Et longue errance en un aveugle labyrinthe</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 224, 4.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal"
>Il s’agit ici de deux personnages secondaires mais exemplaires, qui sont pleins de courtoisie, Cilandro et Tanacro, mais qui se sont éloignés du bon chemin à cause de l’amour, ce qui est bien sûr aussi le cas de Roland. Ce labyrinthe d’amour est mis en avant par la citation de Pétrarque, Pétrarque est l’autorité qui confirme que l’amour est une erreur qui nous fait nous perdre dans son labyrinthe, il y a invocation d’autorité pour ce thème bien précis qui est au cœur du Roland furieux.</p
><p
style="txt_Normal"
>En plus de l’amour malheureux, l’Arioste reprend aussi le thème de la beauté d’amour, le vocabulaire de la dame angélique, qui est plus qu’humaine, pour décrire la beauté de l’enchanteresse Mélissa :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Vedila andare, odine il suono e’l canto:</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Celeste e non mortal cosa parea<note
n="26"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn26"
><p
>« <quote
style="typo_citation"
>Regarde la marcher, écoute son chant et le son de sa voix / Elle semblait céleste et non chose mortelle</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, XLIII, 18.</p
></note
>.</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Non era l’andar suo cosa mortale</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>ma d’angelica forma<note
n="27"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn27"
><p
>« <quote
style="typo_citation"
>Sa démarche n’était chose mortelle, / mais d’angélique forme</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 90, 9-10.</p
></note
>.</quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>Cette description reprend la dame angélique qui vient du stylnovisme. L’Arioste utilise ici Pétrarque pour décrire la beauté ineffable d’une enchanteresse qui a séduit de nombreux hommes. Cela démontre que Pétrarque est l’autorité naturelle en matière de poésie, il ancre le texte dans la poésie antérieure.</p
></div
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Parodie ou décontextualisation, citation de Pétrarque dans un autre contexte</head
><div
type="section2"
><head
style="T_2"
subtype="level2"
>Exemples de décontextualisation avec prosaïsation et plurilinguisme chez Boiardo</head
><p
style="txt_Normal"
>Rappelons brièvement l’épisode concerné. Roland poursuit Morgane dans son royaume enchanté sous-terrain ; Morgane est une fée mais aussi l’allégorie de la fortune, il n’arrive pas à l’attraper car il a laissé passer l’occasion. Il est battu par elle et ne trouve pas le moyen de se sortir de cette situation cauchemardesque :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>« Se a Dio piace » diceva « on al demonio</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Ch’io abi pacïencia, e io me l’abbia!</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Ma sìame il mondo tuto testimonio</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Ch’io la tragualcio con sapor di rabia.</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Qual frenesia di mente o qual insonio</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>m’ha qua giuso conduto in questa gabia?</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Dove entrai io qua dentro? o come? e quando?</hi
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Son fato un altro o sono ancor Orlando<note
n="28"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn28"
><p
> [S’il plaît à Dieu, disait-il ou au démon / Que j’aie de la patience, et bien j’en aurai ! / Mais que le monde entier en soit témoin / Je déglutis avec un goût de rage. / Quelle frénésie de l’esprit ou quel songe / M’ont conduit ici-bas dans cette cage ? / <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Où suis-je entré là-dedans ? Comment et quand </hi
>? / Suis-je un autre ou suis-je encore Roland ?] <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., II, 9, 15.</p
></note
>? »</quote
><p
style="txt_Normal"
>Ici on trouve un mélange de différents registres, ce que l’on nomme, sur les traces de Contini<note
n="29"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn29"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Contini</hi
> Gianfranco, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Varianti e altra linguistica</hi
>, Turin, Einaudi, 1970, p. 171-172 : « pluralità di toni e pluralità di strati lessicali ».</p
></note
>, un « plurilinguisme ». La citation de Pétrarque, d’un registre élevé, vient juste après un mot issu du dialecte émilien très concret (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>tragualcio</hi
> qui signifie <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>ingoio</hi
>, « que j’avale », ce qui veut dire que Roland digère mal cette épreuve), d’un registre bas. Le dernier vers est construit sur un parallélisme élevé et la strophe entière alterne style parlé et dialectal et citation élevée et construction classique. Le ton est prosaïque et l’introduction d’une citation de Pétrarque ne fait que creuser un écart de style, un heurt parodique. De plus la citation est décontextualisée, car il s’agissait chez Pétrarque d’un moment de béatitude lié au souvenir de Laure.</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>« “Qui come venn’io, o quando?” / Credendo esser in ciel, non là dov’era<note
n="30"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn30"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>“Comment suis-je venu, et quand ?”, / Croyant être au ciel, non là où j’étais</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 126, 62.</p
></note
> ».</quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>En effet, Pétrarque revisite ici dans cette chanson les lieux où il a vu Laure et maintenant qu’elle est morte il se souvient d’elle à travers le paysage idyllique et il croit être au paradis.</p
><p
style="txt_Normal"
>Ici on peut citer Bakhtine : « <quote
style="typo_citation"
>L’œuvre qui pastiche et parodie introduit constamment dans le sérieux étriqué du noble style direct, le correctif du rire et de la critique, le correctif de la réalité, toujours plus riche, plus substantielle, et surtout plus contradictoire et plus multilingue, que ce que peut contenir le genre noble et direct</quote
><note
n="31"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn31"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Bakhtine</hi
> Mikhaïl, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Esthétique et théorie du roman</hi
>, Paris, Gallimard, 1978, p. 414.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal"
>En effet, avec l’introduction de cette citation dans un autre contexte et d’un autre registre, Boiardo crée une parodie de Pétrarque, et le texte devient plurilingue car il fait se heurter les registres de langue. Ce heurt est propre à la parodie.</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Prenons un autre exemple caractéristique de parodie encore plus clairement comique.</p
><p
style="txt_Normal"
>Boiardo reprend une citation de Pétrarque dans un contexte comique puisqu’il s’agit de la description d’un ogre qui se repaît de chair humaine et de sang mais qui est aveugle et qui possède des os en forme de baies à la place des yeux. Celui qui décrit veut attester la véracité de ce qu’il a vu et qui paraît invraisemblable. Est ainsi convoquée l’autorité de Pétrarque à travers la citation :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Ne vi è diffesa, abenché non gli veda,</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Ché (come io disse) il perfido è senza occhii;</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Io già il vidi (or che fia chi lo creda?)</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Stirpar le querce a guisa de finocchi,</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>E tre giganti che avea presi in preda</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>percosse a terra qua come ranocchi<note
n="32"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn32"
><p
> [On ne peut pas se défendre, bien qu’il ne voie pas / Car comme je l’ai dit le perfide n’a pas d’yeux / Moi je l’ai vu (mais qui donc me croira) / Arracher les chênes comme des fenouils / Et trois géants qu’il avait pris pour proie / Frapper par terre comme des grenouilles], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., III, 3, 29.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>La citation de Pétrarque (« or che fia chi lo creda ») est tirée d’un tout autre contexte :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>I’ l’ò più volte, or chi fia che mi’l creda?</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Ne l’acqua chiara et sopra l’erba verde</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Veduto viva<note
n="33"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn33"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Je l’ai plus d’une fois, mais qui voudra me croire ? / Dedans l’eau claire et parmi l’herbe verte / Vue toute vive</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 129, 40.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal"
>À nouveau il s’agit de Pétrarque qui voit sa bien-aimée dans la nature, il l’imagine et finit par la voir réellement comme dans un fantasme devenu réalité. La citation élevée de Pétrarque et son contexte d’émotion intense contrastent avec le récit folklorique de Boiardo sur l’ogre sans yeux qu’il justifie ironiquement avec la citation de Pétrarque.</p
><p
style="txt_Normal"
>On peut noter de façon amusante que l’Arioste aussi cite cette même citation de Pétrarque dans un autre contexte, plus prosaïque :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Veggo venir poi l’Avarizia, e ponne</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Far sì, che par che subito le incanti:</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>In un dì, senza amor (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>chi fia che’l creda?</hi
>)</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>A un vecchio, a un brutto, a un mostro le dà in parte<note
n="34"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn34"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Car je vois l’avarice qui s’avance, / Qui peut les envoûter en un instant / Proies (qui donc le croirait ?) en un seul jour / D’un vieux, d’un laid, d’un monstre et sans amour !</quote
> » <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 43, 4.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal"
>On retrouve la même décontextualisation que chez Boiardo, il s’agit ici de l’avarice qui peut transformer les dames vertueuses et les rendre monstrueuses.</p
></div
><div
type="section2"
><head
style="T_2"
subtype="level2"
>Parodie chez l’Arioste : recontextualisation, saturation et dramatisation</head
><p
style="txt_Normal"
>Prenons maintenant l’épisode central du Roland furieux, celui de la folie. Quand Roland voit les inscriptions Médor et Angélique sur les arbres, il ne veut pas y croire, il pense que sa dame l’appelle Médor, que c’est un surnom, il ne veut pas croire qu’elle est à un autre car cela dépasse son entendement. Ce sont les prémisses de la folie. Dans ce moment d’égarement, il entend une voix dans sa tête qui lui dit : « Non sperar più gioirne in terra mai<note
n="35"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn35"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>N’espère plus en jouir sur terre jamais !</quote
> » <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>ibid</hi
>., VIII, 83.</p
></note
>! »</p
><p
style="txt_Normal"
>Cette voix est une citation de Pétrarque, qui est un adieu très solennel de Laure à Pétrarque : « Non sperar di vedermi in terra mai<note
n="36"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn36"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>N’espère plus me voir sur la terre jamais</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 250, 14.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal"
>Ici l’Arioste utilise cette citation dans un contexte légèrement semblable, l’amant perd celle qu’il aime de manière définitive. Mais chez l’Arioste, contrairement à Pétrarque qui ne fait que subir la mort de l’aimée, Angélique n’aime pas Roland et elle se donne à un berger. La citation de Pétrarque résonne donc comme un avertissement suprême qui n’est qu’une des voix dans sa tête lui assénant qu’il ne pourra plus posséder sa dame, et cette voix le fait tant souffrir qu’elle se heurte à d’autres voix qui espèrent le contraire. La réalité tragique qui le fait souffrir et le rend fou passe à travers cette voix qui est une citation solennelle de Pétrarque.</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Lors de l’épisode de la folie, on constate un grand nombre de citations de Pétrarque, comme si l’Arioste saturait son texte de références en ce moment précis de son texte.</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Ainsi on a dans <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Le Roland furieux</hi
> :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Veder l’ingiuria sua scritta nel monte</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>L’accese sì, ch’in lui non restò <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>dramma</hi
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Che non fosse odio, rabbia, ira e furore<note
n="37"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn37"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Voir cette injure écrite sur la roche / L’enflamma tant qu’en lui ne resta plus drachme / Qui ne soit haine, rage, colère et fureur</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 23, 129.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>Chez Pétrarque :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Et non lascia in me <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>dramma</hi
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Che non sia foco et fiamma<note
n="38"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn38"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Et ne laisse en moi drachme / Qui ne soit feu et flamme</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 125, 12-13.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>Un peu plus loin, toujours dans le même épisode :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>E poi si squarciò i panni, e mostrò ignudo</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>L’ispido ventre<note
n="39"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn39"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Et puis il déchira ses vêtements, et montra nu son ventre poilu</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 23, 133.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>On retrouve le verbe <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>squarciare</hi
> dans les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Triomphes</hi
> d’Amour de Pétrarque : « Squarciati ne porto il petto e’ panni<note
n="40"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn40"
><p
> [J’arbore ma poitrine et mes vêtements déchirés], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Triumphus Cupidinis</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Trionfi</hi
>, 57.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Enfin :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>In tanta rabbia, in tanto furor venne,</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Che rimase offuscato in ogni senso…</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Che fatte avria mirabil cose, penso<note
n="41"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn41"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Dans une telle rage, une telle fureur il se mit / Que tous ses sens furent offusqués, / Car il aurait fait des choses admirables, je pense</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 23, 134.</p
></note
></quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>Cela reprend les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Triomphes </hi
>de la gloire de Pétrarque : « E’n poca piazza fe’ mirabil cose<note
n="42"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn42"
><p
> [Et en peu d’espace il fit des choses admirables], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Triumphus Famae</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Trionfi</hi
>, II, 24.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal"
>Il y a ici reprise du syntagme <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>mirabil cose</hi
> (« d’admirables choses »). Le fait que l’on trouve autant de citations de Pétrarque dans un même épisode prouve qu’il y a une saturation suspecte, comme si l’Arioste s’amusait à nous montrer tout ce que Roland aurait fait, sur le modèle élevé de Pétrarque (il aurait fait des choses admirables, si ses sens n’avaient pas été voilés par l’amour). De plus la citation où Roland montre son ventre, synonyme de folie bestiale, reprend un passage élevé de Pétrarque, ce qui signifie qu’il y a une dé-contextualisation, un écart entre les deux textes qui crée la parodie. Bien sûr, il faut être fin lettré de son temps pour repérer les citations mais pour les esprits érudits (comme Boiardo) il est sûr que ces citations étaient reconnues et donc transformées dans le nouveau contexte avec le sourire distancié de leur auteur.</p
><p
style="txt_Normal"
>L’Arioste reprend le langage stylisé de Pétrarque pour un personnage de héros païen, Rodomont, symbole de la puissance païenne, qui ne devrait pas tomber amoureux :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Naviga il giorno e la notte seguente</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Rodomonte col cor d’affanni grave;</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>E non si può l’ingiuria tor di mente,</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Che da la donna e dal suo re avuto have;</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>E la pena e il dolor medesmo sente,</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Che sentiva a cavallo, ancora in nave:</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Né spegner può, per star ne l’acqua, il fuoco</hi
>,</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Né può stato mutar, per mutar loco</hi
><note
n="43"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn43"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Il navigue le jour et la nuit suivante / Rodomont, le cœur lourd de soucis ; / Et il ne peut s’enlever de l’esprit cette injure, / Qu’il a reçue de sa dame et de son roi ; / Et il ressent de la peine et la même douleur / Qu’il ressentait à cheval, ou dans le bateau : / </quote
><quote
style="typo_citation"
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Et il ne peut éteindre, en étant dans l’eau, le feu / Et ne peut changer d’état même en changeant de lieu</hi
></quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 28, 89.</p
></note
>.</quote
><p
style="txt_Normal_suite"
>L’antithèse recherchée et le style de Pétrarque sont la marque de la parodie pour définir ce Rodomont amoureux, symbole de puissance païenne et non de faiblesse sentimentale.</p
><p
style="txt_Normal"
>Le fameux vers de Pétrarque dans le sonnet inaugural « Spero trovar pietà, non che perdono » est repris dans un contexte beaucoup plus prosaïque, puisqu’il s’agit d’une nouvelle à l’intérieur du <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland furieux</hi
>. Ce vers est repris dans un contexte bourgeois puisqu’il s’agit d’une jeune fille qui espère obtenir la compréhension de ses parents dans une affaire de mariage :</p
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Io’l so: ma che mi val, se non può tanto</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>La ragion, che non possin più i sensi? […]</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Dai genitori miei trovar perdono</quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>Spero e pietà, s’io caderò in errore<note
n="44"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn44"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Je le sais, mais qu’importe, si raison / À sur moi moins de force que mes sens », « Chez mes parents, j’ai l’espoir de trouver / Pardon, pitié, si je tombe en l’erreur</quote
> », <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>ibid</hi
>., 44, 43-44.</p
></note
></quote
><quote
rend="quotation italique"
style="txt_Citation_italique"
>« Spero trovar pietà, non che perdono<note
n="45"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn45"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>J’espère de trouver pitié voire pardon</quote
> » [J’espère trouver pitié si ce n’est pardon], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 1, 8.</p
></note
> »</quote
><p
style="txt_Normal"
>Chez l’Arioste, Pétrarque est repris, mais pour en faire ressortir l’étrangeté, le décalage avec le modèle. Il y a bien un détournement parodique, même s’il est moins ostensiblement comique que chez Boiardo, et qu’il n’opère pas par le mélange des registres mais plutôt par une opposition subtile entre des contextes différents.</p
></div
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Répétition, découpage des syntagmes de Pétrarque chez Boiardo et Arioste : une même volonté de détournement et de revitalisation ?</head
><p
style="txt_Normal"
>Boiardo reprend de nombreux stylèmes de Pétrarque de manière ponctuelle, pour décrire le repos d’un chevalier (Ferragu), celui d’Angélique, la tenue de Morgane, etc.</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>(Ferragu) : « E sotto un verde lauro ben se asseta<note
n="46"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn46"
><p
> [Et sous un vert laurier il s’installe bien], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, I, 3, 54.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Ce syntagme reprend : « Giovene donna sotto un verde lauro<note
n="47"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn47"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Jeune dame dessous un vert laurier</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 30, 1.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Ou encore (Angélique) : « La qual dormiva in atto tanto adorno<note
n="48"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn48"
><p
> [Laquelle dormait de façon si gracieuse], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, I, 3, 69.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Ce syntagme reprend : « Mirando gli atti per mio mal sì adorni<note
n="49"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn49"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>En voyant les façons pour mon mal si gracieuses</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 62, 4.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Ou encore « Era la porta candida e vermiglia<note
n="50"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn50"
><p
> [La porte était candide et vermeille], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, I, 8, 4.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Et (Morgane) : « Il vestimento candido e vermiglio<note
n="51"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn51"
><p
> [Le vêtement candide et vermeil], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, II, 8, 43.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>On retrouve cette <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>endiadi</hi
> dans : « Et primavera candida et vermiglia<note
n="52"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn52"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Et le printemps tout candide et vermeil</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 310, 4.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Les syntagmes sont repris presque tels quels, ils viennent d’une mémoire inconsciente, d’un hendécasyllabe qui revient à l’esprit mais ils sont coupés, décontextualisés et vidés de leur sens et bien souvent répétés.</p
><p
style="txt_Normal"
>C’est encore le cas du syntagme « d’un om che sogna<note
n="53"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn53"
><p
> En ce qui concerne la dégradation du lyrisme quand il entre dans l’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Inamoramento de Orlando</hi
>, voir <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Matarrese</hi
> Tina, « Dalla lirica all’epica : fenomeni di interdiscorsività nell’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Inamoramento de Orlando </hi
>», <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>in</hi
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Tissoni Benvenuti</hi
> Antonia, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Gli amorum libri e la lirica del quattrocento con altri studi boiardeschi</hi
>, Novare, Interlinea, 2003.</p
></note
> ». On le trouve dans l’histoire d’Uldarno amoureux d’Origille qui n’arrive plus à parler car il est amoureux, il en perd ses moyens : « E si perdei la voce e l’intelletto / E tutti i sentimenti per vergogna, / Ch’era il mio ragionar <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>d’un om che sogna</hi
><note
n="54"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn54"
><p
> [Et ainsi je perdis la voix et l’intellect / et tous mes sentiments à cause de la honte / car mon raisonnement était celui d’un homme qui rêve], <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, I, 29, 9.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Cela vient de Pétrarque : « […] et se parole fai, / Son imperfecte, et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>quasi d’uom che sogna</hi
><note
n="55"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn55"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>[…] et les mots que tu peux prononcer / Sont imparfaits, comme d’homme qui songe</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 49, 7-8.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal"
>Pétrarque s’adresse ici à sa propre langue qui n’est pas toujours capable d’exprimer ce qu’il ressent, il s’agit du <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>topos</hi
> de l’ineffable. Toute la suite du discours d’Uldarno d’ailleurs renvoie à la chanson de Pétrarque <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La dispietata mente</hi
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Ce syntagme est répété chez Boiardo au livre III : « Come om che sogna e se sveglia di tratto / Né può quel che sognava<note
n="56"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn56"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Comme homme qui rêve et se lève d’un coup, / Sans se souvenir de ce dont il rêvait</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, III, 7, 37.</p
></note
> »</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Il s’agit des chevaliers qui sortent de la fontaine du rire où leurs désirs les avaient plongés, ils ne se souviennent de rien de ce qu’ils ont vécu.</p
><p
style="txt_Normal"
>Ce syntagme est repris par Boiardo et diffracté à différents endroits de son récit, ce qui le banalise et le rend presque formulaire. Néanmoins dans le deuxième exemple, la métaphore est développée et rend hommage au monde du rêve.</p
><p
style="txt_Normal"
>On trouve aussi ce syntagme dans le Purgatoire de Dante : « Ed ella a me: ‘Da tema e da vergogna / Voglio che tu omai ti disviluppe / Sì che non parli più <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>com’om che sogna</hi
><note
n="57"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn57"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Et elle à moi : “De la crainte et de la honte / Je veux que tu te défasses désormais, / Pour ne plus parler ainsi qu’homme ne rêve”</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Dante</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Comédie.</hi
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Purgatoire</hi
>, Paris, Imprimerie nationale, 1999, XXXIII, 31-33.</p
></note
>. »</p
><p
style="txt_Normal"
>L’Arioste, quant à lui, a tendance à reprendre les <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>endiadi</hi
>, les couples synonymiques d’adjectifs chers à Pétrarque, des tics stylistiques donc. Par exemple, il reprend l’expression liée aux bois sauvages et inhospitaliers, cette expression vient de Pétrarque : « Per mezz’i boschi inhospiti et selvaggi<note
n="58"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn58"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Au milieu de ces bois hostiles et sauvages</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 176.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Ce paysage inhospitalier ne lui fait pas peur car l’amour qu’il porte en lui le rassure.</p
><p
style="txt_Normal"
>L’Arioste l’utilise par exemple pour dire la fuite d’Angélique : « Fugge tra selve spaventose e scure, / per lochi inabitati, ermi e selvaggi<note
n="59"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn59"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Elle fuit parmi les forêts effrayantes et obscures, / dans des lieux inhabités, solitaires et sauvages</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 1, 33.</p
></note
>. »</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>La même expression revient pour Marphise, qui suit son chemin toute seule : « Per mezzo i boschi e per strano sentiero<note
n="60"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn60"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>À travers les bois et par un étrange sentier</quote
> », <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>ibid</hi
>., 20, 104.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Le syntagme est repris et découpé, il le répète plusieurs fois et ce n’est pas le même contexte. Ces citations de Pétrarque sont très nombreuses chez l’Arioste, on l’a dit, elles émaillent tout le <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Roland furieux</hi
> qui est pourrait-on dire « imbibé » de pétrarquisme.</p
><p
style="txt_Normal"
>On retrouve cette même banalisation par la répétition de l’expression « che debb’io far » (« que dois-je faire »). On le trouve dans la chanson 268 de Pétrarque : « Che debb’io far? che mi consigli, Amore / Tempo è ben di morire, / Et ‘o tardato più ch’i’ non vorrei. / Madonna è morta, et à seco il mio core<note
n="61"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn61"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Que dois-je faire, amour, que me conseilles-tu ? / Temps est bien de mourir, / Et j’ai tardé plus que je ne voudrais. / Madame est morte, elle a avec elle mon cœur</quote
> », <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Pétrarque</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chansonnier</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 268, 1.</p
></note
>. »</p
><p
style="txt_Normal"
>Chez l’Arioste on la trouve lorsqu’un amoureux se lamente d’avoir été devancé : « <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Che debbo far</hi
>, poi ch’io son giunto tardi, / e ch’altri a côrre il frutto è andato prima?<note
n="62"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn62"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Que dois-je faire si je suis arrivé trop tard et qu’un autre a cueilli le fruit avant moi ?</quote
> » <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 1, 41.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Ou bien lorsque Iocondo est trahi par la reine : « Che debbo far, che mi consigli, frate?<note
n="63"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn63"
><p
> « <quote
style="typo_citation"
>Que dois-je faire, que me conseilles-tu, mon frère ?</quote
> » <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>L’Arioste</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, 28, 45.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal_suite"
>Dans les deux cas, le ton est beaucoup moins solennel et plus prosaïque, de plus la répétition banalise encore son emploi.</p
><p
style="txt_Normal"
>On trouve donc une reprise de Pétrarque comme garant de l’autorité de l’amour douloureux, qui vous éloigne de vous-même et peut vous conduire à la folie, à la perte d’identité la plus totale. C’est un hommage au maître du lyrisme, une modalité de transformation sérieuse de la citation, dans un même contexte. Les personnages impliqués dans des sentiments amoureux doivent forcément parler comme Pétrarque.</p
><p
style="txt_Normal"
>Mais on a aussi la modalité comique de la parodie, qui reprend la citation en la détournant dans un autre contexte, en la décontextualisant, en la dramatisant ou au contraire en la rendant ridicule. Nos deux auteurs ont donc une attitude ambivalente envers l’autorité lyrique de Pétrarque, ils la reprennent, et encore plus l’Arioste que Boiardo, mais ils n’hésitent pas à la détourner, la revisiter pour des raisons de poétique différente, émerveillement comique et stylistique chez l’un, sourire ironique chez l’autre. S’ils se rattachent tous deux à la tradition de l’amour malheureux et non réciproque, dans la lignée d’Ovide ou Virgile, le lyrisme de Pétrarque a un prix à payer pour entrer dans leur univers et c’est bien souvent celui de la parodie, du sourire malicieux ou de la prosaïsation.</p
></div
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>Arioste</hi
> L’, <hi
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>Roland furieux</hi
>, trad. M. Orcel, Paris, Seuil, 2000.</bibl
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>Bakhtine</hi
> Mikhaïl, <hi
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>Esthétique et théorie du roman</hi
>, Paris, Gallimard, 1978.</bibl
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>Boiardo</hi
> Matteo M., <hi
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>Orlando innamorato</hi
>.</bibl
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>Cabani</hi
> Maria Cristina, <hi
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>Le forme del cantare epico cavalleresco</hi
>, Lucques, Pacini Fazzi, 1988.</bibl
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>Contini</hi
> Gianfranco, <hi
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>Varianti e altra linguistica</hi
>, Turin, Einaudi, 1970.</bibl
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>Dante</hi
>, <hi
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>La Comédie.</hi
> <hi
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>Purgatoire</hi
>, trad. J.-C. Vegliante, Paris, Imprimerie nationale, 1999.</bibl
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>Donnarumma</hi
> Raffaele, « Presenze boccaciane nell’OI », <hi
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>Rivista di letteratura italiana</hi
>, vol. X, 1992.</bibl
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>Genette</hi
> Gérard, <hi
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>Palimpsestes, La Littérature au second degré</hi
>, Paris, Seuil, 1982.</bibl
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>Matarrese</hi
> Tina, « Dalla lirica all’epica : fenomeni di interdiscorsività nell’<hi
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>Inamoramento de Orlando </hi
>», <hi
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>in</hi
> <hi
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>Tissoni Benvenuti</hi
> Antonia, <hi
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>Gli amorum libri e la lirica del quattrocento con altri studi boiardeschi</hi
>, Novare, Interlinea, 2003.</bibl
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>Nicou</hi
> Pascaline, « La répétition de syntagmes dantesques dans le <hi
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>Roland amoureux</hi
> de Boiardo : entre banalisation et revitalisation », <hi
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>in</hi
> <hi
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>Lindenberg</hi
> Judith et <hi
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>Vegliante</hi
> Jean-Charles (dir.), <hi
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>La Répétition à l’épreuve de la traduction</hi
>, Paris, Chemins de traverse, 2011.</bibl
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>Pétrarque</hi
> <hi
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>Chansonnier</hi
>, <hi
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>Rerum vulgarium fragmenta</hi
>, éd. G. Savoca, trad. et préface G. Genot, Paris, Les Belles Lettres, 2009.</bibl
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>Sangirardi</hi
> Giuseppe, « La commedia di Orlando : dantismo, enfasi e pluritonalità nello stile dell’Orlando Innamorato », <hi
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>in</hi
> <hi
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>Anceschi</hi
> Giuseppe et <hi
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>Matarrese</hi
> Tina (dir.), <hi
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>Boiardo e il mondo estense nel Quattrocento</hi
>, Padoue, Antenore, 1998.</bibl
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>Sangsue</hi
> Daniel, <hi
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>La Relation parodique</hi
>, Paris, Corti, 2007.</bibl
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