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>Jeux de dialogues : de Saint-John Perse à Césaire, Glissant et Chamoiseau</title
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>Évelyne Lloze</name
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>Version Métopes : 3.0</p
><p
>Written by OpenOffice</p
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>Arabesques</bibl
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>Révision</change
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>Jeux de dialogues : de Saint-John Perse à Césaire, Glissant et Chamoiseau</titlePart
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>Évelyne Lloze</docAuthor
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>Université Jean Monnet Saint-Étienne</affiliation
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><p
style="txt_Normal"
>Entre autorité et déplacement, entre possible génératif et principes de modélisation, entre jeux d’écarts, parentés fécondes et variations autour de certaines souveraines exemplarités, nous voudrions plutôt choisir de travailler ce commun du dialogue, qui, entre plusieurs auteurs, relève parfois plus d’un cadre productif et d’un espace exploratoire en partie similaires, avec vis-à-vis et tensionnalités singulières, que d’un ascendant (ou d’une filiation) purement fonctionnel. Un dialogue, une intelligence de contacts alors, générant des formes de connivences que nous aimerions ici évoquer, à travers une lecture centrée sur quatre des auteurs caribéens francophones les plus importants du <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>xx</hi
><hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>e</hi
> siècle, Saint-John Perse, Césaire, Glissant et Chamoiseau.</p
><p
style="txt_Normal"
>Notons tout d’abord qu’avec ces œuvres, la rencontre se fait sans amarres, intime des tourments de lecture qui assoiffent et comblent tout à la fois, et auxquels on revient toujours, comme à d’indescriptibles rituels sachant nous initier à tout l’inépuisable de l’humain. Ainsi, avec Saint-John Perse, Césaire, Glissant et Chamoiseau, on a bien affaire à de pénétrants sillages : œuvres d’audace et de proue qui fouillent à déranger, desceller le sens et forcent à penser, « <quote
style="typo_citation"
>(œuvres-totems</quote
><note
n="1"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn1"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio », 2002, p. 107. Il évoque avec cette expression l’œuvre de Glissant.</p
></note
><quote
style="typo_citation"
>)</quote
> », œuvres « <quote
style="typo_citation"
>poteaux-mitan</quote
> » dont les rumeurs – goût d’idéal, cri et chœur mêlés –, travaillent à explorer la question du vivre. Œuvres de pleine autorité donc, et en cela, « <quote
style="typo_citation"
>œuvres migratrices</quote
><note
n="2"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn2"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Discours de Florence</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Œuvres complètes</hi
>, Paris, Gallimard, coll. « Pléiade », 1972, p. 457.</p
></note
> » « <quote
style="typo_citation"
>[ouvertes] sur l’homme tout entier</quote
><note
n="3"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn3"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Tropiques</hi
> [fac-sim.], n<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>o</hi
> 2, Paris, Jean-Michel Place, 1978, p. 42.</p
></note
> ». Œuvres d’« <quote
style="typo_citation"
>insoumission</quote
><note
n="4"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn4"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Discours de Stockholm</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Œuvres complètes</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 445.</p
></note
> », d’« <quote
style="typo_citation"
>insurrection</quote
><note
n="5"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn5"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Tropiques</hi
>, n<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>o</hi
> 8, 1943, p. 7-8.</p
></note
> » et de « <quote
style="typo_citation"
>savoir en devenir</quote
><note
n="6"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn6"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Poétique de la Relation</hi
>, Paris, Gallimard, 1990, p. 13.</p
></note
> » aussi, œuvres d’« <quote
style="typo_citation"
>amour</quote
><note
n="7"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn7"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Discours de Stockholm</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 445.</p
></note
> » enfin, « <quote
style="typo_citation"
>exhaussant (le) Divers en partage</quote
><note
n="8"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn8"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 296.</p
></note
><quote
style="typo_citation"
> </quote
>», chacune telle un véritable « <quote
style="typo_citation"
>point-focal [de] charmes, [d’]enchante-merveilles</quote
><note
n="9"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn9"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Id</hi
>.</p
></note
> » qu’aiguillonnent et une constante et libératrice « <quote
style="typo_citation"
>mise-en-alerte</quote
><note
n="10"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn10"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid.</hi
>, p. 317.</p
></note
> » de l’imaginaire et d’inédites incarnations de l’écriture. Bref, des œuvres-culte et d’immenses figures littéraires qui couvrent l’ampleur quasiment<note
n="11"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn11"
><p
> Car seulement 15 ans de différence d’âge entre Césaire et Glissant.</p
></note
> de quatre générations et occupent l’exacte dimension d’un siècle, de la première publication, celle d’<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Éloges</hi
> en 1911, à aujourd’hui.</p
><p
style="txt_Normal"
>Inutile donc d’essayer ici de s’abstraire des affres du critique, soit en régressant dans des jeux de vagues corrélations commodément cérémonieux, soit en se résignant à basculer dans un naïf surplomb qui serait juste facteur de contorsions intellectuelles et d’assignations par trop réductrices ou même nébuleuses… Voilà en tout cas de quoi condamner le lecteur, toujours inquiet, on l’espère – surtout lorsqu’il s’agit de ne révoquer ni passion ni exigence du risque interprétatif –, à prendre le parti d’une approche aux amers certes limités, mais ne rétrécissant pas trop les possibles. Une approche aux lignes de force susceptibles de conjuguer une certaine cohérence (par l’émergence de problématiques évidemment communes) à un souci de cadrage de l’analyse au plus juste, sans glose, ni exclusive. À vrai dire, nulle démarche hérétique là, ni même d’idéal de posture, rien que l’humble exercice d’une interrogation sans autres correctifs ni ferrements que ceux offerts par la porosité comme par l’extension des notions centrales d’esthétique et d’éthique, liées ici assurément à de constants jeux d’adhésions et de dégagements, à de multiples manières d’éprouver la pleine vertu, à valeur d’événement, d’une rencontre avec une œuvre, sa puissance d’amorce inspiratrice, son autorité et sa portée, fondatrices autant que divinatoires.</p
><p
style="txt_Normal"
>Au-delà, en effet, des souveraines opacité et singularité de ces quatre œuvres qui tissent une part essentielle de la cartographie littéraire caribéenne – du moins en langue française –, au-delà des phénomènes d’innutrition, démarquages, emprunts ou empreintes entre elles qui tracent alliance ou font levain, au-delà d’un semblable lieu d’émergence avec la mer comme « <quote
style="typo_citation"
>table d’orientation</quote
><note
n="12"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn12"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, « Note pour un écrivain suédois », in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Œuvres complètes</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 570.</p
></note
> » et un paysage donnant mandat de Conteur<note
n="13"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn13"
><p
> Terme fondamental chez chacun de nos quatre auteurs.</p
></note
> à « <quote
style="typo_citation"
>lyre d’airain et de vent</quote
><note
n="14"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn14"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Les Indes</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Poèmes complets</hi
>, Paris, Gallimard, 1994, p. 111.</p
></note
> » et à « <quote
style="typo_citation"
>langue nouvelle</quote
><note
n="15"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn15"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>in</hi
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Depestre</hi
>, René, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Bonjour et adieu à la négritude</hi
>, Paris, Seghers, 1980, p. 58.</p
></note
> », mandat de « <quote
style="typo_citation"
>veilleur</quote
><note
n="16"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn16"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Le Sel noir</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Poèmes complets</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 187.</p
></note
> » en quête d’« <quote
style="typo_citation"
>un écrire ouvert en toute langue</quote
><note
n="17"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn17"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 289.</p
></note
> », au-delà de ce qui s’agrège en cri, fastes et beauté, donne socle et essor et croît en devenir dans la portée extrême de ces voix ; nous voudrions ici ne pas en rester aux entours et cerner au plus près cet ajointement esthétique/éthique, fond commun majeur à notre avis dans les textes<note
n="18"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn18"
><p
> Nous nous centrerons ici sur les œuvres poétiques et les textes de réflexion ou essais, écartant délibérément de notre corpus les textes narratifs ou de théâtre pour préserver la cohérence du propos dans le jeu de dialogue et de vis-à-vis mis en place ici. Nous nous permettrons toutefois de citer quelques extraits de textes narratifs de Chamoiseau lorsqu’ils évoquent notamment Saint-John Perse, Césaire et Glissant.</p
></note
> de nos quatre auteurs, en repérer quelques manifestations, figures, ressources et tracées, et baliser ainsi le champ de pertinence de notre questionnement. Car il nous semble en effet qu’il faut, sans hésiter, dire combien ce lien esthétique/éthique génère ici d’exigences partagées et de sédimentations prodigues.</p
><p
style="txt_Normal"
>Pour entamer cette aventure visant juste à éclairer et faire émerger un certain nombre de soubassements structurant chacune de ces œuvres, sans émousser trop cette succulence verbale qui en illimite assurément l’autorité, et en puisant aux sources de leur constante mise en dialogue, on sera d’abord sensible, très simplement, et pour mieux assurer la rigueur du dispositif, à ce qui forme matrice et horizon, à ce qui communique un ébranlement, irrigue et porte à l’intensité créatrice, non l’engluement d’une assise bien sûr, plutôt « <quote
style="typo_citation"
>un marchepied d’envol</quote
><note
n="19"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn19"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 263.</p
></note
> » pour l’écrivain. Plus précisément : la pierre angulaire d’une situation et les inflexions de sèves, songes, et rythmes qu’elle engage, le pôle de gravitation d’un espace qui rassemble autant qu’il dispose à driver, expérience et utopie à la fois d’éclatante permanence, et puis ces brisants gravides de la mémoire, des mémoires, où se « <quote
style="typo_citation"
>(mêlent-et-maillent</quote
><note
n="20"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn20"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid</hi
>., p. 225.</p
></note
><quote
style="typo_citation"
>)</quote
> » le divers des errances, émois et devenirs. Ces modalités de départ ne feront pas que tisser un maillage plus serré de la réflexion, elles régiront en grande partie, par jeux de déclinaisons de paliers successifs les chemins empruntés, chemins surtout centrés sur la force d’attraction et la dynamique, ici portées à leur maximum de pouvoir expressif, des figures du poète conteur et visionnaire, si omniprésentes chez nos quatre écrivains. Ajoutons que nous essaierons de laisser autant de champ libre que possible au rituel citationnel pour non seulement faire résonner des voix, les « <quote
style="typo_citation"
>faire parler ensemble</quote
><note
n="21"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn21"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid</hi
>., p. 186.</p
></note
> », rester nous-même en connivence, mais pour éviter également le prisme déformant d’un regard critique trop désaccordé du partage qui seul en mesure la justesse comme l’ambition.</p
><p
style="txt_Normal"
>Pour amorce bien sûr : le constat d’une sorte de communauté, non tout à fait une chaîne de filiation (hormis pour Glissant et encore plus pour Chamoiseau, mais n’oublions pas néanmoins la « <quote
style="typo_citation"
>Cérémonie vaudou pour Saint-John Perse</quote
><note
n="22"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn22"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Noria</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Poésie</hi
>, Paris, Seuil, 2006, p. 484.</p
></note
> » de Césaire…), plutôt un travail manifeste de confluences, reconnaissances, références, parfois même assez critiques<note
n="23"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn23"
><p
> Ne serait-ce que vis-à-vis de Césaire, voir <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Éloge de la créolité</hi
> et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire la parole de nuit</hi
> notamment.</p
></note
>, des auteurs qui s’interpellent, un ralliement d’élection mutuelle, sans sujétion ni immobilisme d’héritage étroitement légitimant. Bref, il y a bien là une manière « <quote
style="typo_citation"
>archipélique</quote
> » d’écrire avec, dans un inépuisable rhizome de tracés, échos et citations – pour Chamoiseau, de plus en plus fréquentes dans son œuvre –, dans les remous de marronnage de lectures extrêmement attentives. Des lectures moissonnant aux provendes des « <quote
style="typo_citation"
>aînés</quote
> », « <quote
style="typo_citation"
>spectres improbables</quote
> » parvenant à « <quote
style="typo_citation"
>fonder sans bâtir</quote
> », communauté oui, d’un « <quote
style="typo_citation"
>trésor [qui] baille à leurs entrecroisements</quote
> »<note
n="24"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn24"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Un dimanche au cachot</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio », 2010, p. 341, 331 et 292.</p
></note
>… Nul choix de « modèle » là, ni de résorption dans une ascendance sans nuages, mais des invitations à rallier des absolus de beauté comme des exigences de pensée, qui inspirent, et cela, toujours dans des jeux d’écarts tensionnels, sans renoncement aucun à la conviction d’une nécessaire intransigeance critique, distance seule à même de nourrir un « <quote
style="typo_citation"
>tourment de langage</quote
><note
n="25"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn25"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant </hi
>Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Introduction à une Poétique du Divers</hi
>, Paris, Gallimard, 1996, p. 111.</p
></note
> » prodigue. On privilégie ainsi une forme d’imprégnation, on fugue et s’adosse aux levées obscures de ceux qui ont offert « <quote
style="typo_citation"
>le sentiment […] d’un possible impossible</quote
><note
n="26"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn26"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Un dimanche au cachot</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 197.</p
></note
> », on bande amarres à l’inextricable de leurs souffles mêlés, on brasse un enchantement de verbe dans l’intense de leur mémoire. Et l’écrire alors n’en finit pas d’allumer les « <quote
style="typo_citation"
>feux de brousse de la fraternité</quote
><note
n="27"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn27"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Les Armes miraculeuses</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Poésie</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 70.</p
></note
> ». Cérémonies, hommages, reprises, parasitages, dédicaces multiples, erres (cf. Glissant), clins d’œil avec ou sans italiques, épigraphes, mentions explicites ou allusives, collages, détournements et relectures, charroi d’obsessions même parfois (cf. Chamoiseau), porosités des souffles convoqués en « <quote
style="typo_citation"
>Sentimenthèque</quote
> » (cf. <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>), tracas d’admirations et de passions qui font repère et creuset, qu’il s’agisse pour Glissant du « <quote
style="typo_citation"
>tambour du Tout</quote
> » qui « <quote
style="typo_citation"
>flue</quote
> » chez Saint-John Perse et « <quote
style="typo_citation"
>bat</quote
> » chez Césaire<note
n="28"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn28"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Traité du Tout-monde</hi
>, Paris, Gallimard, 1997, p. 140.</p
></note
>, ou qu’il s’agisse pour Chamoiseau du « <quote
style="typo_citation"
>magnificateur de […] la Relation mondiale</quote
><note
n="29"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn29"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick et <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Confiant</hi
> Raphaël, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Lettres créoles</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio essais », 1999, p. 222.</p
></note
> » de Saint-John Perse, de la « <quote
style="typo_citation"
>baptismale révolte</quote
><note
n="30"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn30"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 63.</p
></note
> » de Césaire ou des « <quote
style="typo_citation"
>[livres-hiéroglyphes]</quote
> » de Glissant « <quote
style="typo_citation"
>[descellant]</quote
> » les « <quote
style="typo_citation"
>[imaginaires</quote
><note
n="31"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn31"
><p
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
> Ibid</hi
>., respectivement p. 92 et 100.</p
></note
><quote
style="typo_citation"
>]</quote
> », voilà des « <quote
style="typo_citation"
>[rondes] de la voix démultipliée au monde</quote
><note
n="32"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn32"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Poétique de la Relation</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 51.</p
></note
> » et dans les pages. Voilà des œuvres qui non seulement s’imposent comme autant de « <quote
style="typo_citation"
>lieux de la mémoire antillaise</quote
> » mais qui, par leur « <quote
style="typo_citation"
>en-aller perpétuel</quote
> » « <quote
style="typo_citation"
>[prophétisent]</quote
> » également une « <quote
style="typo_citation"
>Poétique de la Relation</quote
><note
n="33"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn33"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid</hi
>., respectivement p. 51, 54 et 54.</p
></note
> ». Et de mener ainsi, avec la griserie de ces présences « <quote
style="typo_citation"
>d’ensemencement</quote
><note
n="34"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn34"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Cahier d’un retour au pays natal</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Poésie</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 44.</p
></note
> », concert et « <quote
style="typo_citation"
>bacchanale</quote
><note
n="35"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn35"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Un dimanche au cachot</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 145.</p
></note
> », témoigne à l’évidence d’une salutaire axiologie et forge aussi une esthétique, un vouloir de réenchantement « <quote
style="typo_citation"
>scellé au clair du rêve</quote
> » et capable d’« <quote
style="typo_citation"
>[ensaliver] la terre</quote
><note
n="36"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn36"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, c’est l’un des vœux de la dernière page (p. 351).</p
></note
> »… D’îles en îles au juste, de ces Caraïbes ouvertes au grand large, à ces écrivains qui les illuminent ou les magnifient avec des « <quote
style="typo_citation"
>[phrases trempées] de sel</quote
><note
n="37"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn37"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Walcott</hi
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>D</hi
>erek, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Le Royaume du fruit-étoile</hi
>, Saulxures, Circé, 1992, p. 13.</p
></note
> » et un « <quote
style="typo_citation"
>boucan de poésie</quote
><note
n="38"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn38"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant </hi
>Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Soleil de la conscience</hi
>, Paris, Gallimard, 1997, p. 43.</p
></note
> » qui inlassablement interroge, les œuvres ne sont bel et bien elles-mêmes que « <quote
style="typo_citation"
>des îles que les vents inspirés mènent à dérader</quote
><note
n="39"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn39"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Une nouvelle région du monde</hi
>, Paris, Gallimard, 2006, p. 163.</p
></note
> », des gestes qui hantent, embarquent et savent donner foi. L’autorité est à lire ici, non pas comme geste de simple allégeance ou de résignation facile, mais plutôt comme façon de dire oui à la fécondité vitale d’un qui a précédé (ou de plusieurs), oui à cette exceptionnalité qui a fait brèche et ne cesse dès lors de remettre en tension l’écrire.</p
><p
style="txt_Normal"
>En ce sens, et pour mieux dresser notre portulan avec ces quatre univers scripturaux, il faut noter combien s’aimantent à une poétique/poéthique du lieu la matière de ces voix, lieux ici insulaires, ports et points d’ancrage en même temps, îles offrant tout l’allant possible de la Relation, et le magnétisme surtout d’un mobile demeurer. Comment s’étonner alors que les « <quote
style="typo_citation"
>(entrées) en conscience dans la totalité monde</quote
><note
n="40"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn40"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Philosophie de la Relation</hi
>, Paris, Gallimard, 2010, p. 122.</p
></note
> » s’éprouvent chacune impliquée dans les transports et l’acuité d’expression d’une « <quote
style="typo_citation"
>Poésie, […] route d’exil et d’alliance</quote
><note
n="41"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn41"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Discours de Florence</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 459.</p
></note
> », l’espace originel dessinant un trajet comme un projet d’« <quote
style="typo_citation"
>errance enracinée</quote
><note
n="42"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn42"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Poétique de la Relation</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 77.</p
></note
> » et tramant une odyssée de « <quote
style="typo_citation"
>parole</quote
> » à tout jamais « <quote
style="typo_citation"
>ouverte</quote
><note
n="43"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn43"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Id</hi
>.</p
></note
> » ? La parole ainsi se trouve pleinement maillée à l’Histoire, à son bouillonnement de rumeurs muettes ou étouffées, une parole le plus souvent « <quote
style="typo_citation"
>baroque, inspirée de toutes les paroles possibles</quote
><note
n="44"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn44"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid</hi
>., p. 89.</p
></note
> ». Car au fond, et malgré ce qui oppose le Béké Saint-John Perse aux autres, il y a là comme un double plan d’allégeance, un espace-temps îlien, de la colonisation, le levain d’une situation, de circonstances à maints égards communes, et la prégnance de rection de ces singularités-là.</p
><p
style="txt_Normal"
>Initiatrice mais surtout axiale et ondoyante, cette topographie n’a rien bien sûr de la véhémence de corsetage d’un conditionnement, plutôt faut-il y voir le centre de gravité de souverains dessillements, entre ces décapages du regard porté aux horizons<note
n="45"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn45"
><p
> Le large tout entier : éléments, intimités, rêves et futurs, pensées, et celui de l’ici inexploré également…</p
></note
> comme à l’éclaircissement des amonts, et ces ébullitions d’élans, de déports et de radicales libertés. Plutôt faut-il y voir, pour nos passeurs de beauté, une sorte de « <quote
style="typo_citation"
>forge du Divers</quote
><note
n="46"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn46"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, « Méditations à Saint-John Perse », <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Nouvelle Anabase</hi
>, n<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>o</hi
> 1, 2006, p. 24.</p
></note
> » réclamant une « <quote
style="typo_citation"
>éloquence</quote
> » « <quote
style="typo_citation"
>[ouvrant] sur l’emportement</quote
><note
n="47"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn47"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant </hi
>Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Philosophie de la Relation</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 135. Il évoque ici Césaire.</p
></note
> », s’amplifiant en « <quote
style="typo_citation"
>poétique du déferlement</quote
><note
n="48"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn48"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, cité par <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Darras</hi
> Jacques, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Poésie 2002</hi
>, n<hi
rend="sup"
style="typo_Exposant"
>o</hi
> 93, 2002, p. 55. Glissant associe dans cette formule Saint-John Perse et Césaire.</p
></note
> », « <quote
style="typo_citation"
>se [réveillant] en vouloirs et questions</quote
><note
n="49"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn49"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 101. Une référence ici à <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Malemort</hi
> de Glissant.</p
></note
> » et allant jusqu’à nous installer dans un débordement d’imaginaires et de pensers comme dans la ferveur d’une « <quote
style="typo_citation"
>architecture [de] vents, [de] solitudes visionnaires, [de] silences symphoniques, et [d’]oiseaux qui vont</quote
><note
n="50"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn50"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Biblique des derniers gestes</hi
>, Paris, Gallimard, 2002, p. 577. Il évoque ici bien sûr Saint-John Perse.</p
></note
> »…</p
><p
style="txt_Normal"
>Au vrai, ce paysage-monument, si magnifiquement exploré par Glissant, un rien de « <quote
style="typo_citation"
>calebasse</quote
><note
n="51"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn51"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Cahier d’un retour au pays natal</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 22.</p
></note
> » pourtant qui résonne de tous les échos du monde, apparaît tel un octroi majeur chez chacun de nos quatre auteurs, et, en impulsant tensions, tourments et démesures, il compose « <quote
style="typo_citation"
>le tissu mouvant</quote
> » d’un « <quote
style="typo_citation"
>ici-là</quote
><note
n="52"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn52"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Une nouvelle région du monde</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., respectivement p. 108 et 96.</p
></note
> » qui tend à raviver l’injonction d’écriture dans sa vocation de relais, écriture menant ainsi « <quote
style="typo_citation"
>à ce lieu fondateur. La rencontre</quote
><note
n="53"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn53"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>L’Empreinte à Crusoé</hi
>, Paris, Gallimard, 2012, p. 256. À ces derniers mots de l’ouvrage, on pourrait associer ce que dit Chamoiseau dans sa sentimenthèque à propos de Glissant : « <quote
style="typo_citation"
>Contre l’universel généralisant, nomme ton lieu incontournable : il fonde alliance au monde…</quote
> » (<hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 119.)</p
></note
> »… De fait, on a bien les Caraïbes pour périmètre commun, creuset composite pénétré de l’épars du monde, garant d’emmêlements et pourvoyeur d’enfièvrements erratiques. Les Caraïbes sont toujours ici sources de « <quote
style="typo_citation"
>multi-temps</quote
> », terres éperdument rétives à se clore en territoires, terres « <quote
style="typo_citation"
>d’horizons qui bougent</quote
><note
n="54"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn54"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Traité du Tout-monde</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., respectivement p. 223 et 65.</p
></note
> » même, toute l’étendue d’un archipel et, entre ovations de songe (Saint-John Perse), flamboiements rebelles (Césaire), audaces prophétiques (Glissant) et imaginaires en liesse (Chamoiseau), elles sont bien une mosaïque de mémoires où s’affûte un en-commun parce qu’en tout état de cause, « <quote
style="typo_citation"
>toute île est ouverte</quote
> », quand elle n’invite pas, de surcroît, à l’allègement de l’en-aller ou ne couve pas, jusque dans sa démesure, un jubilatoire « <quote
style="typo_citation"
>appétit d’errance</quote
><note
n="55"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn55"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., respectivement p. 269 et 268.</p
></note
> »… En définitive, un effet de socle et le tramé de polarités dont on peut d’emblée cerner chez Saint-John Perse les amorces : exil, alliance et voix de veille inédite, entre chœur, chronique et houle épique, tous « <quote
style="typo_citation"
>éléments</quote
> », registres et modalités de l’écrire dont se prévalent également Césaire, Glissant et Chamoiseau et qu’ils sollicitent et travaillent continûment.</p
><p
style="txt_Normal"
>Plus précisément, ce qui crée maille à notre avis et que l’on peut faire saillir et résonner dans la simple disparate d’une liste reprenant les amers les plus essentiels : un « <quote
style="typo_citation"
>souffle du large</quote
> » d’abord, un « <quote
style="typo_citation"
>souffle voyageur</quote
> », une « <quote
style="typo_citation"
>voile de sel</quote
> » et le « <quote
style="typo_citation"
>ciel</quote
> » pour « <quote
style="typo_citation"
>songe</quote
> », « <quote
style="typo_citation"
>un chemin d’ailes</quote
> » pour le « <quote
style="typo_citation"
>s’en aller ! S’en aller » de la « parole du prodigue</quote
><note
n="56"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn56"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Œuvres complètes</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., respectivement : <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chronique</hi
>, p. 389 et 391, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Amers</hi
>, p. 321 et 268 et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Vents</hi
>, p. 209.</p
></note
> » et aussi le vœu d’« <quote
style="typo_citation"
>(honorer)</quote
> » « <quote
style="typo_citation"
>la faveur d’être</quote
> », de témoigner « <quote
style="typo_citation"
>pour l’homme</quote
> » que « <quote
style="typo_citation"
>la fierté de vivre est dans l’accès</quote
> » avec pour « <quote
style="typo_citation"
>Lieu du propos : toutes grèves de ce monde</quote
><note
n="57"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn57"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, respectivement : <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Gloire des rois</hi
>, p. 79, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Amers</hi
>, p. 331, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Vents</hi
>, p. 226, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Amers</hi
>, p. 338 et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Vents</hi
>, p. 229.</p
></note
> », et l’appel encore « <quote
style="typo_citation"
>d’œuvres nouvelles</quote
> » et « <quote
style="typo_citation"
>séditieuses</quote
> » aux « <quote
style="typo_citation"
>pensées parmi nous comme des tours de guet</quote
> », des œuvres de « <quote
style="typo_citation"
>renouement</quote
> » que des « <quote
style="typo_citation"
>pâtres du futur</quote
> », « <quote
style="typo_citation"
>[Hommes infestés] du songe</quote
> » nous offriraient en partage au « <quote
style="typo_citation"
>plein midi de (leur) vision</quote
><note
n="58"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn58"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, respectivement : <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Amers</hi
>, p. 293 et 248, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Vents</hi
>, p. 226, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Chronique</hi
>, p. 401 et <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Vents</hi
>, p. 223.</p
></note
> »… Ce dit-là ouvre bien des champs de possibles, creuse un paysage de pensée et noue des jeux de rencontres et de dialogues qui, au-delà des inévitables écarts, ajouts, contrastes et élargissements/questionnements s’inscrivent clairement dans chacune des dérivées singulières des œuvres de Césaire, Glissant et Chamoiseau. Une communauté vagabonde certes, mais d’une vitalité de relation qu’on ne saurait méconnaître et ce, jusque tout près de nous : « <quote
style="typo_citation"
>Pourquoi fonder une permanence quand la matière humaine ne trouve grandeur qu’au devenir ?... […] Ainsi, l’homme, ses héroïsmes infimes dans la pâte molle des jours, son écrire comme grand-voile… Aller, en devenir, dans l’estime toujours : le regard en inventeur du beau… seule permanence possible…</quote
><note
n="59"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn59"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Une enfance créole</hi
>, t. 3 <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>À bout d’enfance</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio », 2006, p. 295.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal"
>Voilà que, par ailleurs, dans l’éclat de la matière discursive scellant ici l’éthique à l’esthétique, et donnant à lire l’autorité d’une « voix » (aussi bien discursive que narrative) dans toute son amplitude de postures diverses, se formule un pari, à entendre comme une charge et une exigence également : les magies du verbe ne s’invoquent qu’en mobilisant les figures magistrales du Conteur et du Visionnaire, créateur bifrons, mais s’inventant un véritable charroi d’appellations, une déboulée de masques et apparitions, une mosaïque de composantes, et autant de tâches et postures alors que de radiance… Car le paradigme associant ces deux figures, somme toute tutélaires, apparaît si fondamental chez nos quatre auteurs qu’il autorise une déclinaison quasi infinie : Conteur et Visionnaire, et aussi « <quote
style="typo_citation"
>récitant »</quote
> (Saint-John Perse) et « <quote
style="typo_citation"
>guerrier de l’imaginaire</quote
> » (Chamoiseau), « <quote
style="typo_citation"
>témoin</quote
> » (Glissant) et « <quote
style="typo_citation"
>tête de proue</quote
> » (Césaire), « <quote
style="typo_citation"
>lié […] à l’événement historique</quote
> » (S.-J. P.) et « <quote
style="typo_citation"
>[embrassant] au présent tout le passé et l’avenir</quote
> » (S.-J. P.), « <quote
style="typo_citation"
>pacotilleur</quote
> » (G.) et « <quote
style="typo_citation"
>driveur/griot</quote
> » (G./Ch.), « <quote
style="typo_citation"
>Marqueur de paroles</quote
> » (G./Ch.) et « <quote
style="typo_citation"
>ouvreur de routes</quote
> » (C.), « <quote
style="typo_citation"
>scribe</quote
> » (Ch.) « <quote
style="typo_citation"
>réactiveur</quote
> » (G.) et « <quote
style="typo_citation"
>aventurier de l’âme</quote
> » (S.-J. P.), « <quote
style="typo_citation"
>homme de recueillement</quote
> » (C.) et de « <quote
style="typo_citation"
>divination</quote
> » (Ch.)… Impossible à inventorier tant il se découvre essentiel et s’exalte à profusion dans les textes, un tel débord ôte toute prise au doute : en émergent surtout une ligne de tension continûment affirmée et un vouloir imposant une combinatoire de traits injonctifs qui confèrent bien un statut primordial à l’image du poète conteur-visionnaire, avec des dispositifs énonciatifs, des respirations et structurations particulières du propos comme un <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>ethos</hi
>, des valeurs, des enjeux et un sens éthique. Le tout d’une extrême prégnance, déployé certes en variations personnelles, parfois reconfiguré ou rehaussé de quelque aventureuse incarnation, mais d’une ambition à chaque fois réactivée et faisant même résonner quelque forme de credo, toujours ici, il va de soi, inventif et généreux. Le conteur déploie une scène qui cède doublement à la fascination de l’histoire et de l’oralité, la vocation épique animant toute la dynamique scripturale et étendant son empreinte sur l’ensemble des œuvres, autant ressource d’un chatoiement baroque du verbe qu’inflexion proprement humaniste. Quant au visionnaire, en même temps qu’il fait moisson de tout l’inouï, de toutes les vertigineuses opacités de l’imaginaire, il fait retour au grand livre de l’univers qu’il épelle et loue dans une poétique cosmique de renouement à l’ici, et surtout, il invente une parole qui octroie à plein les fastes d’un essor invitant à connaître et partager, avec ces véritables « <quote
style="typo_citation"
>tracés magnétiques</quote
><note
n="60"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn60"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Une nouvelle région du monde</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 129.</p
></note
> » vers d’incertaines beautés et leur vrac de flamboiements et de « <quote
style="typo_citation"
>mises-en-relations</quote
> » (G./Ch.), avec cet actif d’une « <quote
style="typo_citation"
>pensée poétique</quote
><note
n="61"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn61"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Id</hi
>., p. 188.</p
></note
> » sollicitant volontiers la démesure ouverte de rêves et d’utopies de voyants. Et justement, si le voyant n’évince pas le « <quote
style="typo_citation"
>marqueur de paroles</quote
> », c’est que l’un appelle nécessairement l’autre ici, en remodèle le dire et ses trop-pleins ou dédales, en débourre les gangues, en répercute les coups de force comme les clairvoyances, gardées à vif, alchimie d’une salutaire exigence et portée.</p
><p
style="txt_Normal"
>« <quote
style="typo_citation"
>Se tenir au difficile</quote
><note
n="62"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn62"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 210.</p
></note
> » alors, dans chacune des quatre œuvres, c’est par exemple donner lieu à l’évidence vitale du chant du conteur, au déroulé de tresse de son propos, aux « <quote
style="typo_citation"
>[fables] de grandeur</quote
><note
n="63"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn63"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Vents</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Œuvres complètes</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 200.</p
></note
> » ou d’abysses qu’il déploie, à ses ressassantes levées d’afflux : « <quote
style="typo_citation"
>C’est une histoire que je dirai, c’est une histoire qu’on entendra ; / C’est une histoire que je dirai comme il convient qu’elle soit dite, / […] Et telle et telle […] / Qu’elle nous soit faveur nouvelle et comme brise d’estuaire en vue des lampes de la terre</quote
><note
n="64"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn64"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Amers</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Œuvres complètes</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 260.</p
></note
> »… Voilà qui permet que « <quote
style="typo_citation"
>le récit cède devant le dire</quote
><note
n="65"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn65"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>L’Empreinte à Crusoé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 247.</p
></note
> », que l’Histoire se noue en rythme de houle, oraliture féconde, et surgisse en voix poétique. Voilà encore qui fait que ce que l’on serait tenté de rassembler en récits se mue en « [dits] d’errance<note
n="66"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn66"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Cadastre</hi
>, in <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Poésie</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 237.</p
></note
> » avec leur charge de « <quote
style="typo_citation"
>mélopées, [de] traités de joyeux parlers</quote
> » et leurs « <quote
style="typo_citation"
>longues respirations sans début ni fin, où les temps s’enroulent</quote
><note
n="67"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn67"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Traité du Tout-monde</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 63.</p
></note
> », voilà qu’un « <quote
style="typo_citation"
>marronnage créateur</quote
><note
n="68"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn68"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Poétique de la Relation</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 85.</p
></note
> » et sa capacité réceptive tout autant que transgressive préside à l’avènement d’un chantre « <quote
style="typo_citation"
>porte racines</quote
><note
n="69"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn69"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Cadastre</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 229.</p
></note
> », « <quote
style="typo_citation"
>djobeur de l’âme collective</quote
><note
n="70"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn70"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Poétique de la Relation</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 83.</p
></note
> » et « <quote
style="typo_citation"
>gardien des mémoires</quote
><note
n="71"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn71"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick et <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Confiant</hi
> Raphaël, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Lettres créoles</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 81.</p
></note
> » sachant le haut prix de veilles « <quote
style="typo_citation"
>[perdant] de [leur] clarté pour des hypnoses incantatoires</quote
> », sachant se « <quote
style="typo_citation"
>(projeter) dans des liens à créer, inventeur de peuple</quote
><note
n="72"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn72"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, respectivement p. 185 et 187.</p
></note
> » comme d’espoir.</p
><p
style="txt_Normal"
>Il y a là d’évidence une commune contamination qui ne relève ni seulement d’une sorte de dilution dans un certain baroque, ni simplement d’un processus de déviance, plutôt le choix d’une forme de confluence optimale associée à l’impact d’un verbe agrégeant musique et pensée, fulgurances de l’écrire et conscience politique, pulsion de la mémoire et trouble du connaître, et relevant pour l’essentiel d’une esthétique nomade par son « <quote
style="typo_citation"
>bougement</quote
> » même d’effraction-conjonction, une « <quote
style="typo_citation"
>esthétique de la turbulence</quote
><note
n="73"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn73"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Poétique de la Relation</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 169.</p
></note
> » propre à exhausser l’« <quote
style="typo_citation"
>imaginaire de la Relation</quote
><note
n="74"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn74"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid.</hi
>, p. 145.</p
></note
> ». Ajoutons que ces échappées de la parole du Conteur-Visionnaire, ces « <quote
style="typo_citation"
>cheminaisons</quote
><note
n="75"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn75"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Philosophie de la Relation</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 40.</p
></note
> » inusitées qui dressent des tableaux indissociablement poétiques et historiques et dessinent des paysages notionnels éminemment critiques, sont « <quote
style="typo_citation"
>toujours</quote
> (fondateurs) », « <quote
style="typo_citation"
>non pas pour régenter, mais pour lier et relier</quote
><note
n="76"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn76"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La Nouvelle Anabase</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 33.</p
></note
> », « <quote
style="typo_citation"
>imaginaires</quote
> » plus que jamais « <quote
style="typo_citation"
>ouverts</quote
><note
n="77"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn77"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Introduction à une Poétique du Divers</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 126.</p
></note
> » pour modeler l’écrire, si ce n’est en creuset d’harmonie ou « <quote
style="typo_citation"
>vent de connivence</quote
><note
n="78"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn78"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Césaire</hi
> Aimé, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Cahier d’un retour au pays natal</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 29.</p
></note
> », du moins en irruption de beauté, en matière perméable alors à tous les influx du Divers.</p
><p
style="txt_Normal"
>Et si l’on n’est aucunement plongé dans quelque frauduleux superlatif de « <quote
style="typo_citation"
>réalisme</quote
> », les textes de nos quatre auteurs donnent bel et bien à voir le spectre entier de la condition humaine et du vivre, ici, ailleurs, passé et présent conjoints, le réel comme l’inventé, les stigmates comme les non-dits de l’Histoire, des lieux, des présences ou absences, un devenir, des avants…, tout cela que l’on interroge, reconsidère, met à nu, ravive et fait émerger sans pour autant ni sombrer dans un pathos moralisateur, ou encore se laisser absorber par les jeux de flou ou de stérile déréalisation parfois du langage. Car il s’agit plutôt là de porter au jour un cri, de neufs sédiments de pensée, des vérités, une chair de mots libératrice. Et dans un travail tout à la fois extrêmement lucide et d’une ferveur de rythme éperdue, sans plus aucune dérobade car « <quote
style="typo_citation"
>la vie n’est pas un spectacle</quote
><note
n="79"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn79"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid</hi
>., p. 21.</p
></note
> », le poète devient effectivement peut-être « <quote
style="typo_citation"
>la mauvaise conscience de son temps</quote
><note
n="80"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn80"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Discours de Stockholm</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 447.</p
></note
> ». Davantage encore, car en même temps « <quote
style="typo_citation"
>solitaire et solidaire</quote
> <note
n="81"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn81"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Les Entretiens de Bâton Rouge</hi
>, avec A. Leupin, Paris, Gallimard, 2008, p. 111.</p
></note
> », il « <quote
style="typo_citation"
>[préserve] les frémissements et l’ardeur des langues</quote
> », nous « <quote
style="typo_citation"
>[fait] saisir le sens profond des paysages</quote
><note
n="82"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn82"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, « Solitaire et solidaire », <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>in</hi
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Le Bris</hi
> Michel et <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Rouaud</hi
> Jean (dir.), <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Pour une littérature-monde</hi
>, Paris, Gallimard, 2007, respectivement p. 82 et 80.</p
></note
> » et de la durée, porteur d’humanité profonde dans son expérience radicale et continue d’« <quote
style="typo_citation"
>apprentissage du monde</quote
><note
n="83"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn83"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Les Entretiens de Bâton Rouge</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 111.</p
></note
> »…</p
><p
style="txt_Normal"
>Et chez chacun des quatre auteurs encore, notons qu’il y a, pour aller au plus loin d’un tel vouloir, l’ampleur généreuse de l’épique, sa capacité à exhumer, hériter, témoigner de toutes les mémoires, mémoires qui ici se refusent aux leçons mais disent le tramé oublié ou épars de leurs constellations, sa forme propre d’exaltation déclinant une vibration cosmique et des acmés de visions, sa dimension d’essor, hauteur de ton et tension des harmoniques privilégiant l’entêtante prégnance du ressassé, et son mode opératoire combinant les pouvoirs contrastés de l’oral et de l’écrit en vergues d’arabesques. À vrai dire, un « <quote
style="typo_citation"
>épique moderne</quote
> » nécessairement défait de toute rigidité mythifiante ou excluante, qui se révèle donc le seul recours décisif à même aujourd’hui de « <quote
style="typo_citation"
>[dire] la conscience et la parole chahutées du Tout-monde</quote
><note
n="84"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn84"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid</hi
>., p. 78.</p
></note
> ». D’autant que cette provocation au surgissement de l’enfoui, cette texture pleinement mémorielle du propos s’accompagne toujours du rappel éclatant de l’ici-maintenant et découvre même les friches du devenir, élan vital d’une mémoire prospective qui, de fait, porte empreinte d’une « <quote
style="typo_citation"
>ombre prophétique</quote
> » joignant « <quote
style="typo_citation"
>à l’empire du passé […] l’empire du futur</quote
><note
n="85"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn85"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Saint-John Perse</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Discours de Florence</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 456.</p
></note
> ».</p
><p
style="txt_Normal"
>En d’autres termes, l’épique qui retient et requiert déjà chez Saint-John Perse, habite chacune des trois autres œuvres, un épique attirant dans ses mailles le Conteur-Visionnaire, un épique babélien, toujours ancré dans les multiples jeux concertants de la relation, l’indispensable du « <quote
style="typo_citation"
>penser avec le monde</quote
><note
n="86"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn86"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Philosophie de la Relation</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit</hi
>., p. 87.</p
></note
> ». Un épique qui a le souci en outre de faire œuvre, en n’oubliant ni le soc puissant de l’imaginaire ni l’imprévisible amplitude des opacités, qui nous guident ou nous débordent. Un épique qui désigne toujours cet « <quote
style="typo_citation"
>impossible</quote
><note
n="87"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn87"
><p
> <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Ibid</hi
>., p. 82.</p
></note
> », utopie d’une connaissance émancipatrice, utopie dialogique ouvrant au « <quote
style="typo_citation"
>sens aigu d’une poétique de la relation</quote
><note
n="88"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn88"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Glissant</hi
> Édouard, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>L’Imaginaire des langues, Entretiens avec Lise Gauvin (1991-2009)</hi
>, Paris, Gallimard, 2010, p. 76.</p
></note
> » et s’employant à appeler, faire vibrer jusqu’à nous non seulement toutes les « <quote
style="typo_citation"
>chimies hasardeuses du Vivant</quote
><note
n="89"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn89"
><p
> <hi
rend="small-caps"
style="typo_SC"
>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, <hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 350.</p
></note
> », mais aussi combien de neuves alchimies du vivre-ensemble<note
n="90"
place="foot"
style="txt_Note"
type="standard"
xml:id="ftn90"
><p
> Voir à ce sujet les entretiens de février 2009 (France Inter) de Chamoiseau avec Calvi.</p
></note
>…</p
><p
style="txt_Normal"
>Au-delà de ce qui pourrait être considéré, dans un régime explicatif assurément trop simpliste, comme une forme d’autorité originelle et fondatrice de l’œuvre de Saint-John Perse, une œuvre pourtant qui amorce plus qu’elle n’assigne et qui nourrit plus qu’elle n’impose, il faut reconnaître que les jeux d’écarts et de déplacements opérés par Césaire, Glissant et Chamoiseau maintiennent toujours au centre les mêmes amers. Le tropisme éthique de ces poétiques s’avère donc bien délibéré, ni étape, conquête ou simple aboutissement, plutôt un magnétisme profond, une force ascendante et un chemin constamment frayé dans l’invention de langue et de pensée des textes. Quatre poétiques donc, d’une « <quote
style="typo_citation"
>présence divinatrice</quote
> » même, « <quote
style="typo_citation"
>allant au vivant</quote
><note
n="91"
place="foot"
style="txt_Note"
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> <hi
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
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style="typo_Italique"
>Les Neuf Consciences du Malfini</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio », 2010, respectivement p. 271 et 244.</p
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> » et, dans leur quête, dans leur ouverture « <quote
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>au cœur vivant de [soi-même] et du monde</quote
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n="92"
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> <hi
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>Césaire</hi
> Aimé, <hi
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>Tropiques</hi
>, n<hi
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style="typo_Exposant"
>o</hi
> 12, 1945, p. 157.</p
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> », des poétiques qui réclament un « <quote
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>humanisme nouveau</quote
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n="93"
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> <hi
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>Saint-John Perse</hi
>, <hi
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style="typo_Italique"
>Discours de Stockholm</hi
>, <hi
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style="typo_Italique"
>op. cit.</hi
>, p. 455.</p
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> », convaincues que « <quote
style="typo_citation"
>l’utopie est ce qui manque au monde, le seul réalisme capable de dénouer le nœud des impossibles</quote
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n="94"
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> <hi
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>Glissant</hi
> Édouard et <hi
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
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style="typo_Italique"
>L’Intraitable beauté du monde. Adresse à Barack Obama</hi
>, Paris, Galaade, 2009, p. 35.</p
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> »…</p
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>Bibliographie</head
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>Césaire</hi
> Aimé, <hi
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>La Poésie</hi
>, Paris, Seuil, 2006.</bibl
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>Césaire</hi
> Aimé, <hi
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>Tropiques</hi
> [fac-sim.], n<hi
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>o</hi
> 2, Paris, Jean-Michel Place, 1978.</bibl
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>Césaire</hi
> Aimé, <hi
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>Tropiques</hi
>, n<hi
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>o</hi
> 8, 1943.</bibl
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>Césaire</hi
> Aimé, <hi
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>Tropiques</hi
>, n<hi
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>o</hi
> 12, 1945.</bibl
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
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>Biblique des derniers gestes</hi
>, Paris, Gallimard, 2002.</bibl
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
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style="typo_Italique"
>Écrire en pays dominé</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio », 2002.</bibl
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
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>L’Empreinte à Crusoé</hi
>, Paris, Gallimard, 2012.</bibl
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
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>Les Neuf Consciences du Malfini</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio », 2010.</bibl
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, « Méditations à Saint-John Perse », <hi
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>La Nouvelle Anabase</hi
>, n<hi
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>o</hi
> 1, 2006.</bibl
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
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>Un dimanche au cachot</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio », 2010.</bibl
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
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>Une enfance créole</hi
>, t. 3 <hi
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>À bout d’enfance</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio », 2006.</bibl
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>Chamoiseau</hi
> Patrick et <hi
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>Confiant</hi
> Raphaël, <hi
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>Lettres créoles</hi
>, Paris, Gallimard, « Folio essais », 1999.</bibl
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>Darras</hi
> Jacques, <hi
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>Poésie 2002</hi
>, n<hi
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>o</hi
> 93, 2002.</bibl
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>Depestre</hi
> René, <hi
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>Bonjour et adieu à la négritude</hi
>, Paris, Seghers, 1980.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, <hi
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>Introduction à une Poétique du Divers</hi
>, Paris, Gallimard, 1996.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, <hi
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>Les Entretiens de Bâton Rouge</hi
>, avec A. Leupin, Paris, Gallimard, 2008.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, <hi
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>L’Imaginaire des langues, Entretiens avec Lise Gauvin (1991-2009)</hi
>, Paris, Gallimard, 2010.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, <hi
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>Poèmes complets</hi
>, Paris, Gallimard, 1994.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, <hi
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>Philosophie de la Relation</hi
>, Paris, Gallimard, 2010.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, <hi
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>Poétique de la Relation</hi
>, Paris, Gallimard, 1990.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, <hi
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>Traité du Tout-monde</hi
>, Paris, Gallimard, 1997.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, <hi
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>Soleil de la conscience</hi
>, Paris, Gallimard, 1997.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, « Solitaire et solidaire », <hi
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>in</hi
> <hi
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>Le Bris</hi
> Michel et <hi
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>Rouaud</hi
> Jean (dir.), <hi
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>Pour une littérature-monde</hi
>, Paris, Gallimard, 2007.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard, <hi
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>Une nouvelle région du monde</hi
>, Paris, Gallimard, 2006.</bibl
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>Glissant</hi
> Édouard et <hi
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>Chamoiseau</hi
> Patrick, <hi
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>L’Intraitable beauté du monde. Adresse à Barack Obama</hi
>, Paris, Galaade, 2009.</bibl
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>Saint-John Perse</hi
>, <hi
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>Œuvres complètes</hi
>, Paris, Gallimard, coll. « Pléiade », 1972.</bibl
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>Walcott</hi
> Derek, <hi
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>Le Royaume du fruit-étoile</hi
>, trad. C. Malroux, Saulxures, Circé, 1992.</bibl
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