n° 6 | 2005 : La fin de la modernité russe (335 p.)

Sous la direction de Jean-Claude Lanne

La modernité peut-elle avoir une fin, peut-on même jamais en finir avec la modernité ? Ne serait-ce point une nouvelle ruse de la modernité que de paraître finir pour ressusciter sous d’autres visages : anti-modernisme, néo-archaïsme, arrière-gardisme, post-modernité, etc. ? Le concept lui-même de fin ne serait-il pas le suprême de la modernité, d’une modernité qui, dès le commencement, aurait inclus dans son programme poétique et esthétique sa propre fin pour pouvoir piéger le futur et ainsi apparaître comme l’ultime et indépassable étape dans le développement des formes artistiques ? La « fin » de la modernité ainsi entendue serait peut-être bien la perfection d’un mouvement qui ne s’est jamais entièrement confondu avec une école artistique ou un cénacle littéraire déterminés. Conscience du temps, conscience de la relativité des formes, des concepts et des définitions ; plus qu’à une douteuse post-modernité, la fin de la modernité russe introduirait à une modernité superlative, à une sensation exacerbée de l’activité artistique comme perpétuel réagencement ludique d’éléments légués par la tradition.

Sommaire

Présentation : La fin de la modernité russe

I. La poésie des crépuscules et les nostalgies classiques

  • Jean-Claude Lanne, Le Poème de la fin comme modalité poétique de la fin de la modernité

  • Luba Jurgenson, La littérature des camps comme paradigme de la modernité

  • Efim Kourganov, Уход как категория символистской эстетики

  • Masha Levina-Parker, Репетиция конца в прозе Белого и Набокова, или семиотическая псевдо-эсхатология

  • Maryse Dennes, La fin de la modernité et le retour au classicisme dans les Fragments esthétiques de Gustav Špet

  • Michel Aucouturier, L’antimodernisme de Pasternak

II. L’épuisement de la veine

  • Michel Niqueux, La fin de l’idée de progrès dans la modernité russe

  • Raïssa Gorbounova, Les tribulations du sujet et du sens : de la linguistique structurale à la linguistique post-moderne

  • Sergueï Tchougounnikov, Entre « structuralisme de fer » et « hors structure », l’évolution du projet structuraliste russe

  • Robert Roudet, Aboutissement ou fin de la polyphonie ? Les nouvelles de Trifonov

  • Rodolphe Baudin, Fin de romans, fin du roman : l’échec romanesque russe du xviiisiècle et la question de la modernité

  • Nora Buhks, Un « locus poeticus » : le salon de coiffure dans la culture russe du début du xxe siècle

  • Gayaneh Armagania-Le Vu, La femme démoniaque dans la littérature de l’émigration russe : modernité, anachronisme ou fusion des modernismes ?

III. La querelle des modernes et des contemporains

  • Macha Robel, La fin de la modernité : l’exemple d’une tendance de la nouvelle architecture moscovite

  • Serge Rolet, La fin des modèles étrangers en Russie

  • Françoise Lesourd, Inactualité de Lev Karsavin

  • Gérard Abensour, L’indépassable modernité des Trois oranges : de Gozzi à Prokof’ev en passant par Mejerhol’d

  • Charles Bourg, Mort de rire

  • Stéphane Viellard, La modernité en question : la mise à mort du proverbe par la princesse E. R. Daškova

  • Gervaise Tassis, Quelle modernité pour l’émigration ?

  • Elena Beliaeva, Постмодернистское православие по О. Николаевой

IV. Mort et résurrection de la modernité

  • Céline Bricaire, Morts et résurrections de la modernité alcoolique

  • Vladimir Novikov, Кто последний ? В. Сорокин, В. Ерофеев, А. Кабаков, В. Маканин, В. Пелевин и Т. Толстая как претенденты на создание итогового романа XX века

  • Léonid Heller, Homme eugénique, homme prothétique : l’interminable modernité

  • Florence Corrado, L’infini de la modernité poétique : éléments de réflexion sur l’art verbal et le temps à l’Âge d’argent

  • Régis Gayraud, L’avant-garde russe est-elle soluble dans le rock n’roll ? Xlebnikov revisité

  • Georges Nivat, Le retour du père, ou la Russie d’aujourd’hui

  • Marc Weinstein, Quelle fin de quelle modernité chez Mandel’štam ?

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