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    <title>utopie</title>
    <link>https://publications-prairial.fr/pratiques-et-formes-litteraires/index.php?id=941</link>
    <description>Entrées d’index</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Modération politique et éthos féminin : L’Esclavage des Noirs d’Olympe de Gouges</title>
      <link>https://publications-prairial.fr/pratiques-et-formes-litteraires/index.php?id=936</link>
      <description>L’Esclavage des Noirs, représenté pour la première fois en 1789, est souvent cité comme la première pièce antiesclavagiste de l’histoire, à une époque où le mouvement abolitionniste se structure progressivement en France. Le dispositif dramaturgique qu’Olympe de Gouges élabore n’en fait pourtant pas seulement une pièce politique de circonstance ; elle est également une véritable fiction politique, démarquée de son œuvre théorique Le Bonheur primitif de l’homme, inspirée de Rousseau. Mon hypothèse est que le choix du medium théâtral par Gouges lui permet d’occuper, dans la sphère publique, un autre terrain que celui des idées et des discours, tenu presque exclusivement par les hommes. C’est paradoxalement en élaborant une dramaturgie non agonistique, condamnant la révolte des opprimés, et en construisant un éthos féminin faible et sensible, conforme à la position subalterne que la société lui assigne, que Gouges parvient à faire advenir, sur la scène et dans la salle, un nouvel ordre, avec tout ce que cette expression charrie de progressiste et de conservateur : un ordre novateur, voire révolutionnaire, par rapport à la situation politique contemporaine aux colonies, mais un ordre construit sur des normes sociales traditionnelles. Comme si l’utopie de ces temps primitifs où aurait régné l’égalité entre les êtres humains avait besoin que les maîtres restent les maîtres, et que ces maîtres restent des hommes. L’Esclavage des Noirs, first performed in 1789, is often cited as the first anti-slavery play in history, at a time when the abolitionist movement was gradually taking shape in France. However, the dramaturgical device that Olympe de Gouges devised made it more than just an appropriate political play ; it was also a genuine political fiction, a departure from her theoretical work Du Bonheur primitif de l’homme (The Primitive Happiness of Man), inspired by Rousseau. Our hypothesis is that Gouges’ choice of the theatrical medium enabled her to occupy, in the public sphere, a terrain other than that of ideas and discourse, held almost exclusively by men. Paradoxically, it was by developing a non-agonistic dramaturgy that condemned the revolt of the oppressed, and by constructing a weak and sensitive feminine ethos that conformed to the subordinate position assigned to her by society, that Gouges succeeded in bringing about, on stage and in the audience, a new order, with all that this expression implies in terms of progress and conservatism : an innovative, even revolutionary, order compared to the contemporary political situation in the colonies, but an order built on traditional social norms. As if the utopia of those primitive times when equality between human beings would have reigned, needed the masters to remain the masters, and those masters to remain men. </description>
      <pubDate>ven., 30 janv. 2026 18:29:03 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mar., 24 févr. 2026 17:00:05 +0100</lastBuildDate>
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