Mors bona, or, Storm in a Tea Cup? Shakespeare’s Tempest in a Puppet and Live-Actor Productio https://publications-prairial.fr/representations/index.php?id=1271 The most recent Shakespearean première in Budapest, in September 2018, was held at the Budapest Puppet Theatre. The Tempest is not the first ever Shakespeare to be staged in a Hungarian puppet theatre, yet, I argue that the production directed by Rémusz Szikszai is one that demands thorough attention from the Shakespeare researcher from at least three aspects.Firstly, the performance is advertised as 16+, and it marks the gradual consolidation of the puppet medium by adult audiences. It features a wide variety of characters on the stage, all perfectly visible, including live/flesh actors, bunraku (child-size) puppets, bunraku heads made after actors’ heads, and attachable body puppets (prostheses, which puppeteers can wear); therefore, the subtle and complex play with the relations between the bodies of the actors and the bodies of the puppets ought to be noted.Secondly, the performing space is worth being mentioned: an enormous wreck of a barge in a spacious room which squeezes performers and spectators together. The lack of physical distance between viewer and player simultaneously provokes the spectator’s powerful emotional involvement and at once reminds them of the meta‑theatre present in both the play and the production.Thirdly, the production is noteworthy in a country where the slapstick-for-three-year-olds kind of puppet productions that Socialist authorities permitted after World War II practically washed away the scarce and weak pre‑World War adult puppet traditions. It is Prague (Czechia) where marionettes are ubiquitous, sold in the streets and footbridges, and it is Brno (Moravia) where scholarly journals like Theatralia regularly deal with puppeteering in detail. In sum, the cradle and home of centuries-long Central-European puppetry is the Czech Lands rather than Hungary.My paper does not aim to summarize the state of Hungarian post-war and post‑1990 puppeteering, nor does it mean to deal with the Hungarian stage history of The Tempest. My argument will be informed about and rely on these two fields in order to point out the place of Szikszai’s mixed, puppet and live actor production on the map of twenty-first-century Hungarian and European Shakespeares. La première la plus récente d’un spectacle shakespearien à Budapest, en septembre 2018, s’est tenue au Théâtre de marionnettes de Budapest. Ce n’était pas la première fois qu’une pièce de Shakespeare était représentée dans un théâtre de marionnettes hongrois, mais cette représentation de La Tempête, mise en scène par Rémusz Szikszai, mérite selon moi l’attention des spécialistes de Shakespeare pour au moins trois aspects.Premièrement, le spectacle était annoncé pour un auditoire de plus de 16 ans, ce qui marque le retour graduel des marionnettes pour spectateurs adultes. On y trouve sur scène toutes sortes de personnages, tous parfaitement visibles, comprenant des acteurs en chair et en os, des marionnettes bunraku (de la taille d’un enfant), des têtes bunraku faites d’après les têtes des acteurs, et des marionnettes-prothèses que les marionnettistes peuvent porter ; il faut donc noter le jeu complexe et subtil des relations entre le corps des acteurs et celui des marionnettes.En second lieu, l’espace scénique mérite également d’être mentionné : il s’agit d’une énorme épave de barge dans une salle spacieuse, où acteurs et spectateurs se retrouvent serrés les uns contre les autres. Le manque de distance physique entre les deux provoque un investissement émotionnel puissant de la part du spectateur, tout en lui rappelant la dimension méta‑théâtrale présente à la fois dans la pièce et dans la mise en scène.Enfin, cette production fait date dans un pays où les spectacles burlesques de marionnettes pour enfants qui étaient autorisés par les gouvernements socialistes après la Seconde Guerre mondiale avaient pratiquement fait disparaître les rares et timides traditions de théâtre de marionnettes pour adultes qui existaient avant‑guerre. C’est à Prague que les marionnettes sont omniprésentes, vendues dans la rue et sur les ponts, et c’est à Brno que des revues savantes comme Theatralia publient régulièrement des articles sur l’art des marionnettistes. Pour résumer, le berceau de la marionnette d’Europe centrale se trouve dans les pays tchèques plutôt qu’en Hongrie.Mon article ne vise pas à résumer l’état de l’art de la marionnette après‑guerre et après 1990 en Hongrie, ni à faire l’histoire des représentations hongroises de La Tempête. Mon analyse s’appuie sur ces deux champs pour mettre en évidence la place de la mise en scène mixte de Szikszai, avec ses marionnettes et ses acteurs, sur la carte des représentations shakespeariennes hongroises et européennes du xxie siècle. Numéros en texte intégral Of Seas and Oceans, of Storms and Wreckage, of Wat... fr mar., 04 févr. 2025 15:55:57 +0100 lun., 24 mars 2025 13:41:26 +0100 https://publications-prairial.fr/representations/index.php?id=1271 0