perception https://publications-prairial.fr/representations/index.php?id=857 Entrées d’index fr 0 Mapping the Unstable: The Af‑Pak Border and Its Tropes in Nadeem Aslam’s The Blind Man’s Garden https://publications-prairial.fr/representations/index.php?id=1357 Nadeem Aslam’s fourth novel The Blind Man’s Garden was described by Pankaj Mishra as an “anatomy of chaos” (Mishra, 2013). In this anatomy, the border appears as the throbbing heart of the narrative: more than a backdrop to the story, it runs through its characters and appears in even the smallest details of the writer’s meticulous, poetic prose.Set in the troubled FATA (Federally Administered Tribal Areas), at the border between Afghanistan and Pakistan, The Blind Man’s Garden is the story of a family caught in the mental and physical divisions of the post‑9/11 world. In the narrative, mapping the Af‑Pak borderland occurs through the characters’ displacement along, across and beyond the border, but also through a number of metonymic networks. One such construction is the motif of invasion, whether it is ideological or physical, making real and imagined borders more salient and forcing a semantic reinvention upon the characters. In the novel, the border can also be construed as a prism—an image used by Aslam himself—allowing the story to reflect a poetic light on areas rendered dim by global discourse. This appears notably through the blind man’s sensory border-crossing. While the physical border is threatened by war and violence, the symbolical border reveals Aslam’s poetics of confluence, inviting the reader to acknowledge borders as a place of spatial and historical continuity rather than a boundary. The Blind Man’s Garden est le quatrième roman de Nadeem Aslam. Décrit par Pankaj Mishra comme une « anatomie du chaos » (« an anatomy of chaos », Mishra, 2013), il donne à voir la frontière non pas seulement comme arrière‑plan contextuel du récit mais comme le cœur même de la diégèse, donnant vie à ses personnages et aux détails même les plus infimes de la prose minutieuse qui caractérise les romans de l’écrivain.Le roman est situé dans les FATA (Federally Administered Tribal Areas), à la frontière pakistano-afghane. The Blind Man’s Garden suit le parcours d’une famille victime de la fragmentation mentale et géographique de l’immédiat après‑11 Septembre. Dans ce long récit, le processus de cartographie de la frontière pakistano-afghane passe par le déplacement des personnages le long, à travers et au‑delà des frontières, mais également par un déplacement de sens dans un important réseau de métonymies. L’une d’entre elles est le motif de l’invasion — idéologique ou physique — qui rend la frontière d’autant plus manifeste, et conduit les personnages à repenser leur rapport au sens et à l’autre. La frontière fonctionne aussi comme un prisme, symbole cher à Nadeem Aslam, et en cela elle permet de projeter une réflexion poétique lumineuse sur des espaces rendus illisibles par les sombres images de guerre. C’est ce qui se passe au travers de la redécouverte sensorielle de l’aveugle, le « blind man » éponyme. Là où la frontière géographique est menacée par la guerre, la frontière symbolique, quant à elle, révèle finalement une poétique de la confluence : Nadeem Aslam invite ainsi son lecteur à percevoir la frontière comme un lieu de continuité spatiale et historique plutôt que comme une limite infranchissable. mar., 18 mars 2025 13:09:14 +0100 ven., 27 juin 2025 15:10:46 +0200 https://publications-prairial.fr/representations/index.php?id=1357 Keats et le « vœu de myopie » https://publications-prairial.fr/representations/index.php?id=854 Cet article cherche à étudier le lien entre la présence du détail, le rapport à l’espace et la construction de l’image poétique dans la poésie de Keats. Certains poèmes de Keats trahissent en effet une méfiance à l’égard des grands espaces, et le regard affûté des locuteurs privilégie alors les points de vue resserrés qui désignent les objets dans une vision qui s’ajuste constamment. Le sujet percevant/écrivant place ainsi le détail au cœur de stratégies poétiques qui visent à valoriser le pouvoir évocateur de l’infime en manipulant les proportions, les points de vue et les perspectives. Dans ces poèmes, le détail concret permet certes que soit saisie l’essence de l’objet, mais il sert également à diriger le regard du lecteur. Le poète isole l’élément significatif qui se détache du fond du tableau, comme pour mieux guider l’interprétation du texte, ou au contraire organise une dispersion du sens par la prolifération des visions rapprochées. Enfin, l’œil détaillant se porte parfois sur le corps qui subit des opérations de découpe ou de prélèvement symboliques. This article attempts to examine the link between the presence of details, the relationship to space and the construction of poetic images in Keats’s poems. Some of Keats’s poems reveal a reluctance to represent far‑off vistas, and the speakers, whose eyes seem to adjust constantly, often favour a reduced field of vision to point to the perceived objects. Thus, the perceiving/writing “I” uses poetic details to highlight the evocative power of the smallest objects by manipulating proportions, viewpoints and perspectives. In these poems, concrete details allow the reader to grasp the essence of objects, but they also serve to guide the reader’s gaze. The poet either chooses a key element in the poetic scene to direct the poem’s interpretation or, on the contrary, scatters proliferating details throughout the poem. Finally, speakers sometimes gaze on the body to single out its different parts or symbolically dismember it. mar., 16 avril 2024 11:27:53 +0200 ven., 31 janv. 2025 09:47:21 +0100 https://publications-prairial.fr/representations/index.php?id=854