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    <title>Le dépaysement</title>
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    <category domain="https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=65">Numéros en texte intégral</category>
    <language>fr</language>
    <pubDate>mar., 24 janv. 2023 16:11:52 +0100</pubDate>
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      <title>Le récit de voyage des Shelley : entre émerveillement et familiarité </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=242</link>
      <description>« Le Récit de voyage des Shelley », poètes et romanciers romantiques anglais du début du XIXème siècle ayant entrepris plusieurs voyages sur le Continent (1814, 1816 puis 1818), montre que le dépaysement de Percy Bysshe et Mary implique une tension entre émerveillement et fantasme d’une part, et familiarité et retour sur terre (britannique) d’autre part. Cela se voit d’abord dans le lexique de l’émerveillement et du sublime, prémâché par le discours touristique ayant goûté à Edmund Burke ; dans l’exagération dans les deux sens, embellissement ou dégoût total, les Shelley ayant aussi un lecteur à l’esprit, le destinataire de leurs lettres, Thomas Love Peacock notamment, et le lectorat de leur ouvrage, History of a Six Weeks’ Tour (1817) ; dans le tourisme littéraire qui calque sur un paysage étranger des écrits célèbres et donc connus, à la manière des nombreuses éditions de A Classical Tour through Italy (1813) de John Chetwood Eustace et, dans le même ordre d’idées, dans le fantasme hellénisant de l’Italie moderne ; enfin, dans la résurgence de l’Angleterre au sein de descriptions de lieux étrangers. Quel est alors le véritable dépaysement, s’il y a toujours retour sur soi, sur sa culture et ses attentes ? Loin de remettre en cause la valeur poétique des descriptions de lieux étrangers faisant intervenir les fantasmes de leur auteur, puisque le romantisme se doit avant tout d’exprimer ce qu’il ressent de la manière la plus spontanée et authentique qui soit, cet article tente de voir, finalement, quelle place l’Autre a dans les écrits périégétiques du couple Shelley. </description>
      <pubDate>mar., 24 janv. 2023 16:52:16 +0100</pubDate>
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      <title>Le dépaysement dans le roman Newgate (1830-1847) : le paysage par effraction </title>
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      <description>Entre les premiers pas du Romantisme et l’avènement du grand roman social victorien, le XIXe siècle hésite à se trouver une forme littéraire. Le Newgate, genre éphémère, s’impose dans le paysage littéraire des années 1830-1840, et ce faisant, fait entrer le monde des criminels sur le devant de la scène artistique. Le lecteur est invité à suivre des hommes en apparence sans foi ni loi au cœur de territoires souvent obscurs et fantasmatiques. Ainsi la littérature semble-t-elle choisir des chemins de traverse en se centrant sur des paysages incongrus, depuis les bas-fonds jusqu’aux grands chemins. On assiste à un décentrement du paysage littéraire qui pour un temps choisit la marge en ce qu’elle est un lieu de mystère où se jouent des enjeux esthétiques mais aussi politiques et sociaux. C’est à la lumière de ce dépaysement littéraire que nous réfléchirons au lien entre paysage, marge, critique sociale et magie de l’invention, pour mieux appréhender les Newgate comme symptôme d’un temps qui ne pouvait se satisfaire de vieilles recettes, de paysages usuels, et préférait rêver à d’autres contrées. </description>
      <pubDate>mar., 24 janv. 2023 17:05:32 +0100</pubDate>
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      <title>Écritures poétiques modernes et dépaysements dans la langue </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=246</link>
      <description>Cet article tente d’aborder la question du dépaysement dans la langue opéré par l’écriture. La tension possible entre volonté de dire et nécessité d’inventer un nouvel idiome, entre volonté illusoire de se désassujettir de la langue et impossibilité de se départir de la langue, est analysée à la lumière de certaines pratiques d’écriture à même de révéler cette tension. À partir d’une lecture de La Poésie comme expérience, de Philippe Lacoue-Labarthe, et de son commentaire sur Paul Celan, l’article se propose d’interroger ce que la poésie peut faire subir au langage, lorsqu’émerge une parole poétique singulière qui vient creuser son « abîme ». Les possibilités d’émergence d’une parole poétique singulière sont alors interrogées, plus spécifiquement, à la lumière de certaines écritures modernistes anglo-américaines capables de déplacer le sujet de l’écriture dans sa propre langue et de dépayser le lecteur en le confrontant à cette altérité ou en créant un espace où la discontinuité et la dissonance du « discours » mettent en péril toute forme d’ancrage. Une brève analyse d’un texte de Gertrude Stein extrait de Tender Buttons, tente de mettre en évidence une tension entre attention portée à la grammaire et désir d’un rapport au signifiant en tant que pur matériau. Les modalités, différentes, de l’expérience du dépaysement que peut faire le lecteur de The Waste Land, de T.S. Eliot, sont ensuite abordées en termes d’arrachement à tout « pays », de rupture et d’écart. Cet article n’entend nullement rassembler ces poétiques aussi diverses, ni même les comparer, mais simplement esquisser des pistes de réflexion, à partir de la question du dépaysement dans la langue, en s’intéressant notamment à la référentialité, aux possibilités de réinvention et de subversion de la langue et à leurs effets sur le lecteur, ou à l’hermétisme, problématiques liées à la modernité poétique au sens large.  </description>
      <pubDate>mar., 24 janv. 2023 17:09:16 +0100</pubDate>
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      <title>Ailleurs en Amérique : Let Us Now Praise Famous Men (James Agee, Walker Evans) et l’expérience du dépaysement </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=248</link>
      <description>Cet article s’intéresse aux stratégies à travers lesquelles, pendant la Grande Dépression aux États-Unis, les ouvrages documentaires entendent « dépayser » leurs lecteurs en les confrontant à l’image et au récit de la pauvreté abjecte qui sévit au sein leur propre pays. Grâce à la combinaison de texte et d’images photographiques, les auteurs d’ouvrages documentaires mettent en œuvre un discours dont le but principal est d’émouvoir le lectorat, et de faire prendre conscience à ce dernier de la nécessité de réformes sociales. Dans leur ouvrage intitulé Let Us Now Praise Famous Men et paru en 1941, l’écrivain James Agee et le photographe Walker Evans subvertissent ce « lieu commun » du documentaire en choisissant de décrire exclusivement la vie quotidienne de trois familles de métayers, et d’insister sur la valeur intrinsèque qu’ils y perçoivent, refusant de les considérer comme des avatars de la pauvreté. Les deux artistes soulignent la responsabilité qui est la leur face aux existences vulnérables dont ils sont témoins dans l’Alabama, ouvrant ainsi le genre documentaire à une dimension éthique qui l’éloigne de ses objectifs de réforme sociale. Leur choix de séparer nettement texte et photographies place Let Us Now Praise Famous Men à rebours des codes du documentaire dans les années trente, et contribue à en faire un ouvrage profondément dépaysant. </description>
      <pubDate>mer., 25 janv. 2023 16:38:32 +0100</pubDate>
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      <title>Un Américain en Italie : le dépaysement par la langue dans les écrits d’Ezra Pound datant des années 1940 </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=250</link>
      <pubDate>mer., 25 janv. 2023 17:17:38 +0100</pubDate>
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      <title>« It was land merely, no land in particular » : le dépaysement à l’œuvre dans Between the Acts (1941) de Virginia Woolf </title>
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      <description>Alors que la menace d’une invasion allemande fait planer sur l’Angleterre le spectre d’un dépaysement radical, Virginia Woolf choisit d’ancrer son dernier roman, Between the Acts (1941), dans la fausse familiarité du « pays », au sens local du terme, dans un petit « coin de terre », où par une après-midi de juin 1939 la communauté assemblée assiste comme chaque année au pageant qui rejoue l’Histoire nationale. Ce lieu rendu délibérément abstrait, impossible à situer, réduit à quelques aplats colorés sans lignes de fuite et maintenu dans le suspens d’une éradication imminente, est rendu étranger à lui-même par la violence prête à sourdre en lui et la menace constante d’une régression à son état le plus primitif. Erigé en scène de théâtre pour les besoins du spectacle, le paysage anglais, devenu littéralement « représentation du pays », n’ouvre plus que sur son propre redoublement spéculaire et contraint les spectateurs assemblés face au récit constamment interrompu de la geste nationale à devenir « les contemplateurs de leur infini dépaysement » (J-L. Nancy). Précisément parce qu’elle suspend sa lisibilité immédiate, cette épreuve de l’étranger que Woolf fait subir au pays et, à travers lui, à la langue de la communauté, participe de cette alliance fructueuse entre localisme et abstraction qui caractérise la production des artistes anglais des années 1930-40, de ce « paysagisme abstrait » ou « figural » qui « transgresse les oppositions entre figuration et abstraction » (M. Collot) et se fait « l’allié et non plus l’antithèse de l’innovation formelle » (A. Harris). Dans Between the Acts, l’écriture retourne ainsi à la langue commune, fragmentée et défamiliarisée par des effets d’écho et de juxtaposition incongrus, comme à une boue primitive infiniment fertile, où se mêlent proverbes, truismes, comptines, poèmes, légendes locales et bribes de textes canoniques, et qui, déposée au fond de l’esprit, devient le terreau d’un renouveau créatif et d’une œuvre à venir. </description>
      <pubDate>jeu., 26 janv. 2023 14:48:25 +0100</pubDate>
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      <title>Dépaysement et repaysement dans l’œuvre d’Ilse Aichinger </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=254</link>
      <pubDate>jeu., 26 janv. 2023 15:11:23 +0100</pubDate>
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      <title>« Leave thy home, O youth, and seek out alien shores » : dépaysement et nostalgie dans A Time of Gift </title>
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      <description>Cette contribution explore l’expérience du dépaysement, conçu comme reconnaissance d’une altérité irréductible mais également comme domestication de l’étrangéité, dans A Time of Gifts, œuvre de l’écrivain britannique Patrick Leigh Fermor (1915-2011) qui retrace les prémices d’un périple effectué à pied de Londres à Istanbul (1933-1935). Faisant des territoires de l’altérité un enjeu de savoir et de pouvoir, le regard impérial s’est également déployé en Europe centrale, territoire de l’Autre proche. Le récit de Patrick Leigh Fermor semble constituer une exception notable au sein d’un genre fréquemment marqué du sceau de l’ethnocentrisme. L’étrangéité est appréhendée au prisme d’une culture classique conçue comme universelle, dont les références partagées définissent les géographies symboliques du proche et du lointain. L’altérité est dès lors fréquemment assimilée au familier, ce qui fait du dépaysement un retour aux origines autant qu’un détour vers l’inconnu. Le dépaysement conçu comme écartement et séparation demeure néanmoins une expérience fondatrice, décrite par Patrick Leigh Fermor comme conversion ontologique. Indissociable d’une réflexion sur le statut liminal de l’insider-outsider, l’expérience de l’étrangéité peut être appréhendée comme un rite de passage impliquant l’ébranlement des évidences ainsi que le devenir-autre. Le dépaysement est éprouvé dans une dimension spatiale en tant que franchissement géographique mais également dans son épaisseur temporelle dotée de polyphonie : publié en 1977, A Time of Gifts mêle ainsi la voix d’un jeune homme découvrant une Europe au bord de l’abîme aux réflexions de l’homme de lettres parvenu à maturité, expérimentant comme arrachement l’irréversible destruction des êtres et de lieux par les tragédies de l’Histoire. Cette oscillation narrative et mémorielle entre l’ici et l’ailleurs, mais également entre le présent et le passé, fait de la nostalgie – étymologiquement associée à l’éloignement des lieux familiers et à l’abolition du passé originel – le contrepoint indissociable du dépaysement. </description>
      <pubDate>jeu., 26 janv. 2023 15:42:12 +0100</pubDate>
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      <title>La poésie de Guillermo Carnero, un dépaysement vers soi </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=258</link>
      <description>Dire le dedans depuis le dehors, explorer réflexivement le procès d’écriture tout en exprimant langagièrement l’intime d’une relation au monde bouleversée et bouleversante, telle est le chant de la poésie de Guillermo Carnero, l’un des plus grands poètes espagnols actuels, né à Valence en 1947, dont l’œuvre a été récompensée par de nombreux prix nationaux et internationaux. Cette poésie hybride, où s’articulent l’émotion à l’œuvre et la réflexion métapoétique, explore en une errance féconde les univers référentiels convoqués par l’auteur, qui n’établit pas de frontière entre les réalités, qu’elles soient quotidiennes ou artistiques : c’est ainsi que le poète renouvelle incessamment pour lui-même et pour son lecteur les visages du dépaysement. Remettant à chaque fois en scène la nécessaire distance propice à l’épiphanie d’un dépaysement ontologique, le poète établit de fait au fil de son œuvre spiralaire une relation dialogique entre son écriture et les beaux-arts européens, la France, l’Italie, nombre de personnages réels ou imaginaires, de symboles universels tels que l’eau et le jardin –, qui deviennent alors autant de doubles émotionnels et intellectuels, d’acteurs de la distance, qui participent de l’arborescence kaléidoscopique de son complexe rapport au monde. C’est au sein de cette errance dialogique concrétisée en un procès langagier sans cesse renouvelé que se trouve « embarqué » le lecteur qui, tout autant que le poète mais dans une temporalité dissociée qui participe elle aussi du dépaysement, explore alors son propre rapport au monde, opérant une réception signifiante du poème, dont la plurivocité et l’imbrication référentielle empêchent toute fixation univoque d’un sens figé, grâce à ce dépaysement, au déport de la culture vers soi et de soi vers le monde, dans l’omniprésence d’un regard en tension. C’est ce partage avec le lecteur que ce militant de la culture qu’est le poète Guillermo Carnero fait vivre dans cette œuvre immensément riche et ondoyante. </description>
      <pubDate>jeu., 26 janv. 2023 16:08:06 +0100</pubDate>
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      <title>Dé-paysés et dépaysement à l’œuvre dans Un pays sans bon sens (1970) et La Bête lumineuse (1982) de Pierre Perrault </title>
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      <description>Omniprésent dans l’œuvre de Pierre Perrault, le dépaysement apparait comme une assise herméneutique qui placerait initialement tous ses documentaires, réalisés entre 1963 et 1993, dans une sorte de dispositif de révélation : constater le dépaysement permettrait de donner un accès à tout ce que le visible comporte d’invisible. Dès qu’est exprimée cette « prémisse », la notion porte alors en elle son lot de lieux rhétoriques et il suffit de regarder la manière dont se déploie ce thème pour saisir qu’il s’inscrit dans une mise en action d’un certain regard qui relève du style délibératif ou épidictique pour persuader les spectateurs de l’importance de voir ce qui se cache derrière le mur des évidences. </description>
      <pubDate>jeu., 26 janv. 2023 16:45:07 +0100</pubDate>
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      <title>Dépayser le dépaysement dans Monkey Beach d’Eden Robinson (2000) </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=264</link>
      <description>A bien des égards, le dépaysement est au cœur de la réflexion menée par les auteurs canadiens. Le déplacement, lorsqu’il met à mal les codes esthétiques et culturels, ouvre la possibilité d’un renouvellement et d’une reformulation du lien à l’espace, mais peut aussi générer en retour un geste compensatoire qui, par le biais de l’exotisme, désamorce d’emblée ce que l’autre a d’extérieur et d’inattendu. Cet exotisme est d’autant plus suspect lorsqu’il met en jeu les croyances et pratiques environnementales des Premières Nations. C’est à ce tourisme littéraire en quête d’exotisme ethnographique que cherche à se soustraire Monkey Beach d’Eden Robinson, roman sur le passage à l’âge adulte au sein de la communauté Haisla. En refusant de reconduire le fantasme de l’« Indien écologique », le roman interroge sa propre réception par un lecteur non autochtone, notamment la représentation qu’il donne d’une relation à l’environnement qui ne se pense pas et ne se vit pas sous la forme d’un paysage. Le dépaysement comme effet de texte ne relève toutefois pas d’une logique de la différence dont la finalité est d’identifier. La présente étude propose d’y voir une « figure […] de dérangement », pour reprendre les mots de François Jullien. Qu’il s’agisse de la figure familière de l’intermédiaire autochtone ou des indices d’une cosmologie traditionnelle, Robinson s’attache à déstabiliser ce que le lecteur non autochtone croit savoir des croyances et des pratiques haisla. L’apprentissage politique et environnemental de la narratrice, qui œuvre à dé‑paysager les descriptions du monde naturel, est ainsi placé sous le signe de la retenue et de la réticence. En effet, si le roman propose une réflexion sur la « tenue » et la « pertinence » qu’implique l’appartenance au pays haisla, il se garde d’en figer et d’en circonscrire le sens. </description>
      <pubDate>jeu., 26 janv. 2023 16:46:33 +0100</pubDate>
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      <title>« Cet ailleurs qui est ici » : de l’usage du dépaysement dans You Are Not Needed Now d’Annette Lapointe </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=265</link>
      <description>You Are Not Needed Now (2017) rassemble onze nouvelles dont l’auteur, originaire de la Saskatchewan, vit et enseigne au nord de l’Alberta. Annette Lapointe appartient à une génération d’écrivains qui reste ancrée dans le courant régionaliste d’une littérature dite « des Prairies », dont les codes établis dans les premières décennies du siècle passé n’ont cessé d’être remodelés, du réalisme rural de la première moitié du XXème jusqu’aux innovations postmodernes qui donnèrent naissance au « régionalisme expérimental » de la fin du siècle (Fiamengo 2004, 250). A l’heure où les modes de vie sont devenus aussi urbains, connectés et mobiles dans les provinces de l’Ouest qu’à de nombreux autres endroits à la surface du globe, la littérature des Prairies ne s’est pourtant pas diluée dans les mutations post-nationales que traverse le Canada (Davey). A chaque nouvelle parution d’une histoire littéraire, un chapitre est dédié aux courants régionalistes qui n’ont rien perdu de leur vitalité dans ce pays immense et contrasté. L’imposant Oxford Handbook, dirigé en 2016 par Cynthia Sugars, n’est pas en reste. Dans le chapitre « Retracing Prairie Literature », Alison Calder interroge les exclusions sur lesquelles repose l’homogénéité du canon régional : suppression de la voix des femmes, suppression de la présence autochtone mais aussi suppression d’environnements autres que la ruralité investie en ses débuts par cette littérature de peuplement ou « settler literature ». La place qu’y occupe le paysage assortie d’un puissant déterminisme géographique ont en effet longtemps servi à démarquer un type d’intrigue, un profil de personnage ainsi qu’une esthétique reconnaissables entre tous (Calder 2016, 702). A la suite d’Alison Calder qui nous engage à « retracer » la littérature des Prairies pour en dégager les aspects méconnus ou occultés, cet article a pour objet les stratégies de dépaysement à l’œuvre dans Your Are Not Needed Now afin d’observer comment l’écriture de Lapointe parvient à déplacer, c’est-à-dire à décaler pour mieux le renouveler le canon dans lequel elle s’inscrit. </description>
      <pubDate>jeu., 26 janv. 2023 16:56:00 +0100</pubDate>
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      <title>Passages de frontières dans Borderlands/La Frontera. The New Mestiza (1987), de Gloria Anzaldúa </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=267</link>
      <description>Borderlands/La Frontera. The New Mestiza (1987), représente la vie de la zone frontière de la vallée du rio Grande, au Texas, vécue par l’auteure chicana Gloria Anzaldúa. Tout au contraire d’une description exotique, touristique ou clinique, l’œuvre « empaysage » dans sa présentation même l’expérience de ce territoire instable. Le dépaysement auquel Anzaldúa nous expose là n’est pas chose faite, mais toujours active, faisant et se faisant. C’est celui que ressent et vit, au départ, tout.e Chicanx aux abords de cette frontière entre Texas et Mexique, qui conditionne son existence fuyante en terre ambiguë. Il touche tout ce qu’une majorité auto-proclamée a fondé en minorité : migrants, femmes, gens de couleur, homosexuel.le.s. Poètes et shamans, qui vivent en ces bords et pénètrent en zones floues, s’y retrouvent aussi. L’autohistoria-teoría d’Anzaldúa retrace ce terrain mouvant : elle le propage, donc, et le laisse s’étendre. La frontière qu’elle nous fait passer, dans Borderlands/La Frontera, se diffracte, se fissure et s’écarte, à chaque pas de lecture. Elle surgit dans tout ce qui nous arrête, et par là nous fait avancer. L’écriture proprement bouleversante de cette œuvre sape un à un tous les sols de lecture que l’on est amené.e.s à convoquer : deux traditions philosophiques, dix langues, une quinzaine de genres discursifs, de multiples visions du monde sont rassemblées, s’entrechoquent, se complètent et se transforment, entre les deux couvertures souples de l’ouvrage. Tout acte de lecture nous amènera alors à faire l’expérience, dans notre propre chair, de la difficulté et des risques de la vie à la frontière. C’est donc cette frontière comme épreuve absolue du dépaysement que nous allons ici raviver, en en suivant les formes de présence, les transformations dont elle est le lieu, et la fonction relationnelle. </description>
      <pubDate>ven., 27 janv. 2023 16:23:07 +0100</pubDate>
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      <title>Le corps dépaysé : la migration transsexuelle et la prostitution dans le récit de voyage brésilien A Princesa </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=269</link>
      <description>A Princesa: depoimentos de um travesti brasileiro a um líder das Brigadas Vermelhas (1995) [Princesse : les déclarations d’une travestie brésilienne à un leader des Brigades Rouges] est un récit mémorialiste écrit à partir de notes prises par la transsexuelle et prostituée brésilienne Fernanda Alburquerque alors qu’elle purgeait une peine de prison en Italie dans les années 1990. Fernanda raconte sa vie depuis son enfance au sertão (région pauvre, aride et traditionnelle du Nord-est brésilien) jusqu’au moment de son arrestation en Italie. Cet article propose de dévoiler comment la mobilité physique de Fernanda, qui a parcouru et vécu dans une dizaine de villes brésiliennes et européennes, aura des conséquences dans la construction d’une performance de son corps transsexuel. Ensuite, et toujours par rapport à ce trajet plein de préjugés et de découverte de sa sexualité, notre recherche se penchera sur les motivations qui ont amené Fernanda à avancer dans son projet de migration, tandis qu’elle est incapable de retourner chez sa mère. On s’aperçoit pour finir que Fernanda se trouve toujours en mouvement parce qu’elle n’arrive jamais à concevoir de façon harmonieuse sa sexualité et son plaisir dans les frontières chrétiennes hétérosexuelles. Ainsi, son corps, qui devient performant et palimpseste, se présente comme une allégorie de ses dépaysements, car il est plein de cicatrices, de chirurgies et finit enfermé dans une prison. À partir de cette appréhension archiviste du corps, on verra que les transsexuelles immigrées se trouvent deux fois déplacées : lorsqu’elles décident de remodeler, de reconstruire et de réarranger leur corps, elles troublent les archives sexuelles et nationales légitimées par la société traditionnelle. </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 09:38:11 +0100</pubDate>
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      <title>Recréer un paysage littéraire après Fukushima – entre désespoir, ambiguïté et nécessité </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=271</link>
      <description>La triple catastrophe de Fukushima (mars 2011) a dévasté nombre de paysages du Japon mais y a également conduit à un renouveau du paysage littéraire. Pour la littérature occidentale de langue allemande, c’est le roman Heimkehr nach Fukushima (2018), écrit par Adolf Muschg, un des auteurs suisses contemporains les plus en vue, qui thématise ce dépaysement radical. La question qui préside au devenir du protagoniste-architecte Paul Neuhaus est de savoir si la littérature est capable de recréer une autre vie, un « dépaysement » au sens originel du terme. En effet, le maire d’un village irradié espère pousser cet invité à créer une colonie d’artistes occidentaux à cet endroit dévasté, création qui prendra une issue et des formes totalement inattendues, tant par son intertextualité avec l’œuvre d’Adalbert Stifter – poète réaliste autrichien, qui disait la difficulté à représenter les paysages – que par le dépassement de celui-ci au plan intra-diégétique lorsque de nouveaux sens sont révélés au protagoniste et recréent finalement le paysage d’une vie nouvelle, l’existence de ce récit fictif de Muschg répondant ainsi à la question initiale. </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 09:45:55 +0100</pubDate>
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      <title>Une femme dépaysée. Dove mi trovo de Jhumpa Lahiri </title>
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      <description>Dans Dove mi trovo (Guanda, 2018), premier roman en italien de l’écrivaine américaine Jhumpa Lahiri, déjà autrice d’une autobiographie translingue au titre parlant (In altre parole, Guanda 2014 / En d’autres mots, traduction française publiée par Actes Sud en 2015), une femme dont ne sont donnés ni le prénom ni la nationalité, évolue dans une ville non précisée d’Italie. Seule, sans enfants, âgée d’une quarantaine d’années, elle vit dans un appartement qui ne lui appartient pas. Au cours du roman, pour son travail de chercheuse, elle est amenée à participer à une conférence où elle croise un homme âgé, étranger, important philosophe. Peu de temps plus tard, elle apprendra son décès en lisant le journal. Mon hypothèse – aussi indémontrable que fascinante – est que le philosophe que la narratrice rencontre est inspiré de la figure de Tzvetan Todorov, disparu en février 2017, plus ou moins dans la période où Lahiri écrivait son roman ; plus précisément, il serait celui que la critique a appelé le « second Todorov », l’auteur, notamment, de l’autobiographie intellectuelle L’Homme dépaysé (Seuil, 1996). Dans cet essai, Todorov envisage autobiographiquement le dépaysement comme une expérience – éminemment individuelle – de décentrement, d’étonnement et de désorientation, qui lui a apporté de nombreuses découvertes et enseigné l’art de la curiosité et un certain relativisme culturel. Je formule donc l’hypothèse que Lahiri a lu le « second Todorov » et a fait sienne cette conception, allant jusqu’à (peut-être) insérer dans le roman un petit hommage au philosophe. Dans cette contribution, après avoir présenté brièvement la conception todorovienne de dépaysement, je propose une lecture du roman Dove mi trovo à la lumière de celle-ci. </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 09:50:28 +0100</pubDate>
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      <title>Cy Twombly et le dépaysement de l’écriture </title>
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      <description>Dans le travail pictural de Cy Twombly, nous voyons apparaître des éléments récurrents au regard de l’écriture : dessins, griffonnages, traits, mots lisibles ou non. Sans qu’il s’agisse pour autant d’un travail calligraphique, son œuvre picturale est comme imprégnée d’écriture, de verbes, de mots anglais, français, italiens, latins, ou non déterminés. Cy Twombly dit à sa manière que l’essence de l’écriture n’est ni une forme ni un usage, mais seulement un geste, le geste qui la produit en la laissant traîner : « un brouillis, presque une salissure, une négligence » selon Roland Barthes. Dans sa peinture, lorsque l’écriture est visible, elle peut faire référence à la culture antique, à la mythologie, à une ville, un livre, voire à un personnage spécifique. Mais, la surface peut tout aussi bien redevenir écoulement des formes, fluctuations liquides, tâches, gribouillis informes, couleurs et coulures plastiques annihilant tout enjeu linguistique. Comme si ce peintre se situait à la fois dans une apparition / disparition de l’écriture, comme si la peinture redevenait tout d’un coup un pur champ / pan plastique, « all over », comme si la matérialité de la peinture (le signifiant plastique) finissait par engloutir tout signe linguistique. </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 10:05:31 +0100</pubDate>
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      <title>Dépaysements diégétiques, génériques et opératiques dans The Exterminating Angel (2016) de Thomas Adès </title>
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      <description>The Exterminating Angel est le troisième opéra du compositeur britannique Thomas Adès. S’intéresser au dépaysement dans cet opéra revient à analyser comment ce dépaysement s’opère aussi bien sur le plan diégétique que sur le plan générique et opératique. D’un point de vue diégétique, les personnages, invités à prendre part à une réception, sont confrontés à un environnement inhabituel puisqu’ils se retrouvent soudainement en huis clos dans une pièce dont ils ne peuvent sortir. Cette situation les conduit à dévoiler leur véritable personnalité. Ils se trouvent ainsi dépaysés par rapport à l’image qu’ils projettent habituellement et révèlent un autre visage. Le dépaysement s’accomplit aussi d’un point de vue générique. L’opéra est l’adaptation du film surréaliste de Luis Buñuel sorti sur les écrans en 1962. La transposition opératique dépayse le film puisque l’on change de medium artistique et que l’un et l’autre obéissent à des règles formelles différentes. D’un point de vue opératique, il s’agit aussi d’un opéra qui par son éclectisme musical (dé)multiplie les paysages sonores. Fait assez inhabituel dans un opéra, tous les personnages sont présents sur la scène en même temps, ce qui est justifié par leur enfermement collectif en un même lieu, ils sont ainsi les spectateurs d’eux-mêmes et des autres. Leurs tessitures ou typologies vocales, parfois inhabituelles ou repensées en dehors des conventions opératiques, contribuent également à leur différenciation. Le spectateur est donc ainsi invité à découvrir un nouveau paysage musical et théâtral qui se situe à la fois dans les normes et conventions, mais aussi en dehors d’elles, Thomas Adès réussit encore une fois à renouveler le monde de l’opéra tout en respectant les lois du genre. </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 10:19:17 +0100</pubDate>
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      <title>Plier, déplier le paysage : Réflexions autour des œuvres récentes d’Ailbhe Ní Bhriain </title>
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      <description>Ailbhe Ní Bhriain, artiste irlandaise, explore depuis ses premières œuvres le paysage comme un espace palimpseste hanté tant par l’histoire nationale et coloniale que par le spectre du déracinement. Sa technique hybride reflète la profondeur du paysage et l’entrelacement des dimensions imaginaires et topographiques de ce dernier. La manipulation des images et du son permise par la vidéo confère un caractère onirique aux lieux mais le dépaysement est au service d’un propos politique et éthique : les œuvres sur lesquelles portent l’analyse reposent sur une esthétique archipélagique indissociable d’un regard décentré sur l’Autre invitant à reconsidérer la représentation du sujet-objet colonial ou étranger. L’altération des lieux mène à l’altérité ; les parallèles suggérés entre divers espaces conduisent quant à eux à dévoiler une même emprise sur l’autre exotique et sur le monde naturel. </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 10:38:32 +0100</pubDate>
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      <title>Situations d’arrachement géographique et existentiel chez Isabelle Eberhardt et Albert Camus </title>
      <link>https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=281</link>
      <description>Cet article propose une mise en dialogue des expériences du dépaysement chez Isabelle Eberhardt (1877-1904) et Albert Camus (1913-1960). Dans le champ interprétatif géo-littéraire et de la théorie de la géographie humaniste qui s’intéresse à l’attachement aux lieux, aux paysages et aux territoires, il s’agira d’étudier les modalités et les mécanismes de leur territorialité, entre dépaysement et repaysement. Le dépaysement est entendu comme un déracinement autant géographique qu’existentiel et prendra, chez ces auteurs, la forme radicale de l’arrachement à soi et au monde. Le dépaysement devient alors un processus existentiel de quête de repaysement, suite à une transformation ontologique. C’est ce qui sera étudié à travers la logique de la conversion chez Isabelle Eberhardt et la poétique de l’inhumain chez Albert Camus. </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 10:59:18 +0100</pubDate>
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      <title>« It was all unknown country now » : Retour au pays de l’absence dans Wish You Were Here, de Graham Swift </title>
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      <description>Cet article se concentrera sur le roman de Graham Swift, Wish You Were Here (2011) et envisagera le paradigme de l’absence comme déterminant dans l’expérience du dépaysement. L’analyse s’appuiera pour cela sur la définition que Jean-Luc Nancy fait du paysage dans Au fond des images, lorsqu’il écrit que le paysage est « l’ouverture du lieu de [l’]absentement ». Swift quitte le décor londonien de son roman précédent pour le milieu rural et centre l’intrigue sur la lignée de fermiers des Luxton, confrontés à une crise sanitaire et familiale. L’installation de Jack et Ellie Luxton sur l’île de Wight pour y tenir un site de caravanes est une tentative de mettre à distance un passé traumatique marqué par la perte et l’absence. Or, il conviendra d’interroger l’efficacité de cet exil. Il semblerait que l’absence se rappelle constamment au couple et se manifeste d’abord dans le paysage insulaire qu’il habite. Nous envisagerons, par ailleurs, en quoi « Farmer Jack » est condamné à demeurer un être dé-paysé, littéralement sans pays. Il est incapable de s’enraciner sur l’île mais alors qu’il retourne dans son Devon natal pour y enterrer son frère, Jack constate que le pays tout entier lui est désormais étranger : « It was all unknown country now. » Swift semble tisser ici un lien d’appartenance problématique entre l’homme et la terre, et plus précisément entre le paysan et le pays. La remise en question de ce lien s’articule en priorité autour d’un lieu paradoxalement mortifère : Jebb Farm, la ferme des Luxtons. Autour de la ferme, Swift dépeint un paysage spectral habité par les absents et une vie agricole qui n’est plus. Il s’agira d’analyser les modalités de retour de ce passé. Nous aimerions également montrer que c’est, à plus large échelle, le retour du rural invisibilisé qui vient troubler les personnages. Il semble finalement que c’est parce qu’il héberge une absence qui travaille que le paysage dépayse. Les personnages sont alors affectés par un manque qui s’écrit dans le paysage et menace de déborder dans l’écriture. </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 11:05:11 +0100</pubDate>
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      <title>Paradoxes du dépaysement dans The Shadow Lines d’Amitav Ghosh (1988) : un processus de (dé)familiarisation ? </title>
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      <description>The Shadow Lines (1988), d’Amitav Ghosh, est un récit d’expatriations croisées, comme autant d’expériences de défamiliarisation répétées. Les membres de la famille du narrateur sont en proie à ces déplacements depuis l’exil de sa grand-mère qui, avant la Partition en 1947, quitte Dhaka pour s’installer à Kolkata. Les générations suivantes feront elles aussi l’expérience de l’immigration, dans une errance entre Londres, Kolkata et Dhaka qui convoque la période précédant l’Indépendance de l’Inde mais aussi la Seconde Guerre mondiale, les années 1960 et la fin des années 1970. La notion de dépaysement s’inscrit alors dans un paradoxe : si l’immigration crée des situations de dé-paysement (changement de pays), il semblerait pourtant que les expériences les plus dépaysantes prennent place lors le retour au lieu d’origine (« home »). La division du roman en deux parties, « Going Away » et « Coming Home », suggère que le récit met en scène le retour à un espace familier, au foyer (« home »). Pourtant, le récit du retour est souvent l’expérience d’une défamiliarisation abrupte, qui s’inscrit au sein même du pays et du paysage de l’enfance, comme en témoigne le « homecoming » de la grand-mère du narrateur à Dhaka. À l’inverse, lors de voyages en pays inconnus, alors que les lecteur·rices auraient pu s’attendre à la surprise du dépaysement, les constructions de la mémoire créent un effet de déjà-vu, comme si le paysage était déjà familier, appréhendé par l’histoire et les histoires. Sur le plan narratif et textuel, la fragmentation géographique et chronologique déroutante, qui trouble le paysage du livre, interdit toute linéarité et propose une expérience de dépaysement aux lecteur·rices. Cette présentation s’interrogera sur la façon dont les déplacements du roman subvertissent le sentiment de dépaysement, sans se limiter à l’expérience de dé-paysement (changement de pays). </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 11:16:38 +0100</pubDate>
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      <title>Traduire le dépaysement : comment recréer le Riddleyspeak de Russell Hoban en français ? </title>
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      <description>Dans Riddley Walker de Russell Hoban, le dépaysement procède à la fois du linguistique, du cognitif, de la narrativité et du fictionnel. Ce roman expérimental propose une expérience de lecture qui déclenche une immersion dépaysante dans un autre espace-temps. L’intrigue se situe dans une Angleterre post-apocalyptique défigurée par une explosion atomique. La topographie de la région dans laquelle se déroule l’action ne ressemble plus que vaguement au Kent et tous les noms de lieux semblent, à la première lecture, à la foi inconnus et étrangement familiers. Cette perte des repères cognitifs habituels constitue une invitation au voyage et lance la personne qui lit dans un jeu de pistes puisque la narration et le style sont également vecteurs de dépaysement : le narrateur homodiégétique est Riddley Walker, un jeune garçon de 12 ans. Comme son nom l’indique, il promène ses lecteurs au gré d’un récit inabouti qui obéit à sa logique propre et il s’exprime dans une langue étrange, énigmatique et fortement marquée par l’oralité : le Riddleyspeak. Cette langue transfigure la réalité et défamiliarise le lecteur qui, forcé de lire autrement, perd momentanément ses automatismes. L’écriture de la version française de ce roman – l’opération par laquelle le texte source a été transplanté dans une nouvelle langue-culture – a constitué en soi une nouvelle aventure placée sous le signe du dépaysement pour le traducteur. Nicolas Richard a dû s’approprier le Riddleyspeak pour créer une nouvelle langue, le Parlénigm qu’il s’agissait de parler couramment, comme une langue étrangère. </description>
      <pubDate>lun., 30 janv. 2023 11:40:28 +0100</pubDate>
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      <title>Le dépaysement pris au mot </title>
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      <pubDate>mar., 24 janv. 2023 16:43:12 +0100</pubDate>
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      <title>Introduction </title>
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      <pubDate>mar., 24 janv. 2023 16:47:29 +0100</pubDate>
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      <title>Couverture des numéros 24-25 </title>
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      <pubDate>jeu., 02 févr. 2023 13:39:30 +0100</pubDate>
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