« Vikram, le vampire et le conte » d’Intizar Hussain (1972)

  • “Vikram, the Vampire and the Story” by Intizar Husain (1972)

DOI : 10.35562/agastya.452

Abstracts

Cet article fournit la première traduction en français, introduite et annotée, d’un essai complet d’Intizar Hussain, écrivain pakistanais de renommée mondiale. Rédigé en ourdou en 1972, ce texte explore les rapports entre humains et non-humains et pose une question fondamentale : comment penser l’humanité sans les autres créatures de l’univers (les vampires, les animaux, les arbres) ? Hussain déplore dans cet essai l’arrogance et l’anthropocentrisme croissants qui accompagnent l’industrialisation et l’ère de l’information. Ces dynamiques, selon lui, ont radicalement transformé notre rapport au non-humain : elles ont fait disparaître les paysages et personnages mythiques du conte, réduit la littérature à des préoccupations uniquement humaines et appauvri l’imaginaire au profit d’un réalisme étroit. En s’appuyant sur le recueil sanskrit des Contes du Vampire, où dialoguent le roi Vikram et le vetāl, Hussain souligne l’importance de l’humilité, de la métamorphose et de la pluralité des réalités : il invite à s’accrocher au monde non humain, seul moyen de préserver la richesse créative et la profondeur de l’expérience humaine.

This article presents the first French translation, introduced and annotated, of a complete essay by the renowned Pakistani author Intizar Husain. Written in Urdu in 1972, the essay explores the relationship between humans and nonhumans and poses a fundamental question: how can we think the human without the other creatures of the universe (vampires, animals, trees)? Husain laments the growing arrogance and anthropocentrism accompanying industrialization and the information age. According to him, these dynamics have drastically transformed our relationship with the nonhuman: they have erased the mythic landscapes and characters of traditional tales, confined literature to exclusively human concerns, and weakened imagination in favour of a narrow realism. Drawing on the Sanskrit collection “Vikram and the Vampire”, in which King Vikram and the vetāl enter into dialogue, Husain underlines the importance of humility, metamorphosis, and the plurality of realities. He ultimately encourages us to hold fast to the nonhuman world as the only means of preserving creative richness and the depth of human experience.

Outline

Author's notes

Les autrices, qui ont échangé sur le contenu de leurs parties respectives, se sont réparties le travail de rédaction comme suit : Farha Noor, introduction et bibliographie ; Ève Tignol, traduction et notes explicatives.

Text

1. Introduction au texte

1.1. Hussain et son œuvre

Intizar Hussain (1925‑2016) est né à Dibai (aujourd’hui en Uttar Pradesh) en Inde britannique et vécut la plus grande partie de sa vie à Lahore, au Pakistan. Souvent considéré comme l’auteur pakistanais de langue ourdoue le plus connu et l’un des premiers à avoir obtenu une reconnaissance internationale, son œuvre littéraire révèle une immense diversité de formes et de styles, bien que Hussain ait été particulièrement prolifique dans le genre de la nouvelle. Parmi ses romans, Bastī (1979) est le plus célèbre et lui valut d’être présélectionné pour le Man Booker International Prize en 2013.

Intizar Hussain débuta sa carrière littéraire, après avoir migré au Pakistan en 1947, avec sa première nouvelle Qayyūmá kī dūkān (« Le magasin de Qayyuma »), publiée dans le magazine littéraire ourdou Adab‑i Latīf (Lahore). Parmi ses œuvres les plus renommées, on compte les romans Chānd gehan (« Éclipse lunaire », 1952), Din aur dāstān (« Le jour et le conte », 1959), Tazkirah (« Chronique », 1987) et Āge samandar hai (« Devant, il y a la mer », 1995), ainsi que plusieurs anthologies de nouvelles dont Shahr‑i afsos (« La ville de tristesse », 1973), Janam kahāniyāṉ (« Histoires de naissance », 1987), ou Kachve (« Tortues », 1981).

Outre ses romans, nouvelles, récits courts et poèmes, Hussain est aussi l’auteur d’une œuvre considérable qui inclut des récits autobiographiques, des reportages, des essais, des esquisses, ou encore des critiques littéraires. S’il n’existe pas de traduction de ses œuvres en français, celles‑ci ont été traduites en plusieurs langues, notamment en anglais par Frances W. Pritchett (Basti), Alok Bhalla (The City of Sorrow ; Day and Daastaan avec Nishat Zaidi ; Leaves and Other Stories avec Vishwamitter Adil), Muhammad Umar Memon (Seventh Door and Other Stories), Rakhshanda Jalil (The Sea Lies Ahead ; The Death of Sheherzad) et Matt Reeck (The Chronicle). Intizar Hussain a reçu plusieurs distinctions, dont la Presidential Pride of Performance (1986), la Sitārah‑i Imtiāz (« L’Étoile d’Excellence », 2007, la plus haute distinction civile pakistanaise pour les Arts), et la Sāhitya Akādemī Fellowship de l’Académie des Lettres nationales indienne (2007). En 2014, il fut médaillé par l’Ordre des Arts et des Lettres pour ses traductions de nombreux écrivains français en ourdou.

Intizar Hussain occupe une place à part dans la littérature ourdoue, et ce à plusieurs titres. D’une part, son œuvre se distingue par une trame narrative enracinée dans les traditions orales du sous-continent indien, où se mêlent références littéraires et héritages populaires, faisant de celle‑ci un espace de convergence entre mémoire culturelle, traditions narratives et modernité littéraire1. Ses récits puisent ainsi leur inspiration dans un vaste répertoire de sources, allant des Mille et Une Nuits et des Contes des Prophètes, aux jātaka bouddhistes, en passant par le Mahābhārata, le Rāmāyaṇa ou encore le Kathāsaritsāgara. À cet ensemble s’ajoutent les histoires que lui contait sa grand‑mère, qui nourrissent la dimension intime de son écriture. Hussain met ainsi constamment en avant une posture de nomade, en exil perpétuel entre Ayodhya (ville sainte de l’hindouisme) et Karbala (ville sainte de l’islam) (Bhalla, 2016), qui reflète l’entrelacement des traditions littéraires et savantes de l’Inde ancienne, de la Perse et du monde arabe, dont les écrivains et poètes sud‑asiatiques sont les héritiers. Sa pratique littéraire articule cet héritage pluriel avec des références à la littérature mondiale moderne, comme en témoignent ses allusions à Franz Kafka, D. H. Lawrence et José Ortega y Gasset dans cet essai.

D’autre part, la singularité de Hussain tient à sa position critique et à la réception contrastée de son œuvre. Écrivain pakistanais marqué par l’expérience de l’exil depuis l’Inde pré‑partition, il a souvent suscité des réserves dans différents cercles littéraires : certains lui reprochent une écriture trop « hindoue », tandis que d’autres désapprouvent sa critique envers les écritures socialistes et progressistes. Comme l’illustre cette traduction, il n’hésite pas à railler la fiction réaliste ou la littérature engagée. Pourtant, c’est précisément dans cette prise de distance vis‑à‑vis des courants littéraires dominants que réside la richesse de son œuvre : Hussain parvient à entrelacer des thèmes contemporains, comme la fatalité du pouvoir nucléaire, avec des personnages et des motifs issues des légendes anciennes. Il en résulte des récits dystopiques d’une grande profondeur, traversés par des questions fondamentales sur la condition humaine.

L’un des défis majeurs de la traduction de textes littéraires ourdous en français, ou en anglais, réside dans l’expression des répétitions qui, bien qu’essentielles au style original, s’intègrent mal aux attentes des langues occidentales. Ce texte en est un exemple frappant : sa structure hybride, entre le conte oral et le monologue, rend sa transposition particulièrement complexe. Rakhshanda Jalil, une éminente traductrice des œuvres d’Intizar Hussain en anglais, a souligné les difficultés posées par ce style narratif, notamment son recours habile à des expressions hyper-locales, ancrées dans la région des anciennes Provinces Unies coloniales (Jalil, 2014). Cependant, la difficulté principale de cet essai ne tient pas seulement à ces particularités stylistiques. Elle réside surtout dans la nécessité de restituer l’esthétique même des traditions orales sud‑asiatiques, alors que le texte porte précisément sur ces traditions. La traduction se heurte ainsi au défi de préserver l’enchevêtrement indissociable entre la forme et le contenu, tout en rendant compte d’une syntaxe complexe. Celle‑ci se manifeste par exemple par le recours fréquent à des valeurs aspectuelles — duratif, progressif, inceptif — et à des explicateurs verbaux, ainsi que par les passages en discours direct et l’omission récurrente du verbe honā (« être »), pourtant structurants dans le texte original.

1.2. Les histoires multiples de Vikram-Vetāl et le conte comme pacte relationnel

L’essai que nous avons choisi de traduire dans son intégralité, intitulé « Vikram, le vetāl et le conte », aborde de manière métafictionnelle la question « qu’est‑ce que cela signifie d’être humain ? » selon deux axes étroitement liés : l’imagination littéraire et la relation entre l’humain et le non‑humain. Publié pour la première fois en 1972, ce texte a ensuite été repris dans l’anthologie ʿAlāmatoṉ kā zavāl (« Le déclin des symboles »), rééditée à plusieurs reprises (Ḥusain, 1989). Rédigé principalement au présent, parfois au présent continu, l’essai crée une impression d’urgence et d’engagement immédiat. Intizar Hussain y défend une idée forte : l’humanité n’a guère de sens et ne peut se comprendre sans une conscience constante du monde non humain. Son propos ne se limite pas à une simple inquiétude : il formule une critique acerbe de la fiction réaliste, qu’il juge responsable du déclin de la nouvelle et du conte (afsānah), tout en interrogeant leur devenir. Pour ce faire, Hussain puise dans un réservoir culturel familier à ses lecteurs depuis l’enfance et le mobilise comme un miroir critique.

L’essai d’Intizar Hussain s’inspire ainsi directement du Vetālapañcaviṃśati — littéralement « Les vingt-cinq [contes] du vetāla », un recueil de contes sanskrits dont la version la plus ancienne connue figure dans le Kathāsaritsāgara de Somadeva (Océan des rivières de contes) (Somadeva, 1997), daté du xie siècle. Ce recueil, également connu (et cité dans le récit) sous le titre Betāl Pacchīsī, d’après sa traduction en brajbhasha en 1805 par Pandit Lallu Lal, raconte l’histoire du roi Vikramaditya (ou Trivikramasena), parti capturer un vetāl, une créature surnaturelle. Au fil de leur voyage, le roi et le vetāl développent une relation complexe, mêlant défi et complicité, tandis que la créature divertit le souverain par ses énigmes. Les vingt-quatre contes et le récit-cadre forment un ensemble de vingt-cinq histoires, souvent traduites sous le titre de « Vikram et le vampire », d’après la célèbre adaptation-traduction anglaise par l’explorateur et érudit britannique Richard F. Burton (Vikram and the Vampire, or, Tales of Hindu Devilry, 1893 [1870]). L’œuvre sanskrite a également fait l’objet d’une traduction française par Louis Renou en 1963 sous le titre Contes du Vampire (Renou, 1963). Pour les lecteurs d’Hussain, Betāl Pacchīsī relève d’un patrimoine culturel partagé, transmis par la tradition orale et par de multiples adaptations littéraires, théâtrales ou télévisuelles — notamment la série diffusée sur la télévision nationale indienne dans les années 1980, ainsi que ses réadaptations plus récentes.

Il faut cependant noter qu’il existe des différences importantes entre l’imaginaire sud‑asiatique du vetāl et celui, occidental, associé au vampire. Si le glissement sémantique de vetāl vers « vampire » a facilité la circulation de ces contes dans les langues européennes, il a également contribué à charger le vetāl d’une connotation plus univoquement négative, comme en témoigne le titre de Burton (Hindu Devilry : « diableries hindoues »). Nous avons conservé ici le terme « vampire » suivant le choix de Louis Renou, afin de le rendre plus immédiatement identifiable pour un lectorat francophone. Il est néanmoins essentiel de garder à l’esprit que la figure du vetāl est plus ambiguë et fluide que celle du vampire (Sharma, 2021). Être surnaturel complexe, le vetāl peut habiter un corps humain ou un animal de manière latente ou active. Bien qu’il se nourrisse de chair et de sang et qu’il soit parfois représenté suspendu la tête en bas à la manière d’une chauve-souris, il ne dépend pas du sang humain pour subsister. Il s’apparente plutôt à une forme de démon ou d’esprit, généralement — mais pas toujours — malveillant ou malicieux, doté d’une grande clairvoyance et utilisant les corps comme des véhicules.

C’est en réactivant la figure du vetāl et le récit de ses dialogues avec le roi Vikram qu’Intizar Hussain met en lumière ce qui a été perdu : le lien fort entre humains et non‑humains, dont la disparition tient, selon lui, à l’arrogance et à l’égocentrisme humains. Son essai s’ouvre ainsi sur une note de tristesse et de remords face à l’effacement progressif de la riche trajectoire du conte. Ce déclin est indissociable, à ses yeux, des bouleversements de la modernité : l’urbanisation frénétique, la déforestation massive et le déluge d’informations ont engendré un désenchantement du monde, un appauvrissement de l’imaginaire collectif.

Hussain illustre cette rupture par une métaphore frappante : le roi Vikram a perdu son humilité. Obnubilé par ses propres pensées, il s’est enfermé dans un monologue dont il a exclu le vetāl, qui est retourné à son arbre. Le roi n’est pas revenu le chercher et l’histoire s’est brisée. Pour que les contes et les fables puissent prospérer, la relation entre l’humain et le monde non humain est essentielle, affirme Hussain. Les contes ne survivent pas dans les environnements saturés et étouffants des usines bruyantes, des successions de gratte‑ciels et des machines imposantes. L’ère industrielle a aliéné l’humain de la nature et des formes de vie non humaines, détruisant jusqu’aux lieux qui abritaient ces rencontres : les forêts et les maisons mystérieuses, où régnaient silence et surnaturel, où humains et non‑humains se croisaient et où l’imagination trouvait son terreau.

À présent, ces espaces ont cédé la place à la cacophonie du trafic urbain et aux logements bondés. Le roi Vikram n’entend plus d’autre voix que la sienne. Le monde restreint des humains (dunyā) s’est détourné avec mépris de l’univers bien plus vaste (kā’ināt), peuplé d’êtres animés, d’animaux, de forces naturelles — et la créativité littéraire s’en est trouvée réduite à des formes étriquées, dominées par le réalisme et dépourvues de magie.

1.3. Afsānah, ou de la traduction des genres littéraires dans la post-modernité

Il est important de préciser ici la signification du terme ourdou afsānah, parfois traduit ici par « conte », « fable » et parfois par « histoire », ou plus précisément par « nouvelle ». Dans cet essai, Intizar Hussain tire justement parti de la richesse sémantique du terme pour évoquer à la fois le genre moderne de la nouvelle et, en même temps, ses formes plus anciennes : le conte, la fable, et même, à la fin du texte, la parabole biblique — des formes littéraires qu’il oppose aux genres réalistes (comme le journalisme), soulignant que les premières résultent d’interactions avec les non‑humains, tandis que les secondes reflètent l’orgueil et l’égotisme humains.

La nouvelle, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est une invention moderne qui a évolué à partir de pratiques narratives orales à travers le monde. Au xixe siècle, avec la diffusion massive de l’imprimerie et la démocratisation des revues littéraires favorisant les formes brèves, la nouvelle, portée par la popularité de pionniers européens et américains tels que Maupassant, Balzac, Tchekhov et Poe, s’est imposée comme genre emblématique de la vie moderne et de la solitude qu’elle reflète, un genre qui s’est encore renforcé au xxe siècle (O’Connor, 1963 ; Cooper Lawrence, 1917).

La nouvelle ourdoue est souvent considérée comme ayant pris son essor au début-milieu du xxe siècle, avec le mouvement littéraire des écrivains progressifs et sous l’impulsion de la figure emblématique du réalisme, Munshi Premchand (1880‑1936) (Suhrawardy, 1945). Le terme d’afsānah a alors commencé à désigner la nouvelle moderne (Jalil, 2014b, p. 305‑307). Avant la popularisation de cette tradition réaliste, diverse formes de prose brève coexistaient et étaient largement pratiquées, telles que le qiṣṣah, le fasānah, les esquisses humoristiques, les vignettes ou encore la hikāyat. Les termes kahānī et afsānah étaient alors aussi utilisés sans distinction pour désigner des histoires au sens large, sans faire référence à un genre formellement établi. La critique formulée par Intizar Hussain s’enracine dans ce resserrement sémantique du terme afsānah, passé du sens de « conte » à celui de « nouvelle » entendue dans son acception réaliste, un processus qui s’accompagne, selon lui, d’un appauvrissement à la fois littéraire et mémoriel de la forme et du contenu.

Au cœur de cette réflexion se trouve une interrogation plus large sur l’interdépendance entre la créativité littéraire et le monde naturel, humain et non humain. Cette dimension occupe un rôle majeur dans l’œuvre d’Intizar Hussain. Les forêts, les déserts et les grottes qu’il évoque dans cet essai ne sont pas seulement des représentations spatiales, mais des lieux de mémoire, témoins du passage du temps et des couches successives d’un passé indo‑musulman que Hussain cherche à révéler. Dans cette perspective, la figure du vetāl, capable d’habiter des corps inertes et de leur redonner vie et doté d’une fine connaissance du passé, du présent et du futur, incarne symboliquement la mémoire collective de l’humanité. Privée de cette voix, et du dialogue avec l’invisible qu’elle rend possible, la créativité humaine perd toute authenticité et toute histoire.

Les rencontres entre humains et non‑humains façonnaient, pour Hussain, une intériorité riche et révélaient avec subtilité tout un éventail d’émotions, au premier rang desquelles la peur de l’inconnu. Une émotion que l’environnement industriel a éliminée en empêchant, structurellement, la magie d’opérer. Dès lors, les craintes de l’Homme moderne se trouvent circonscrites au domaine du connu : la guerre, les accidents de la route ou la criminalité — des peurs qui renvoient directement au contexte immédiat dans lequel s’inscrit cet essai : la guerre indo-pakistanaise de 1971, la guerre civile menant à l’indépendance du Bangladesh la même année et les violences linguistiques survenues dans le Sindh en 1972.

Dans ce monde désenchanté, Hussain se décrit lui‑même comme un écrivain-conteur dépossédé de son humanité dans la frénésie d’une ville surpeuplée. Cet environnement déshumanisant fait écho, pour Hussain, à la métamorphose douloureuse de l’Homme moderne chez Kafka.

1.4. La rencontre avec l’Autre et avec soi : métamorphose et pluralité de l’expérience

La métamorphose est en effet un autre aspect abordé dans cet essai qui se trouve au cœur de la rencontre entre le monde humain et non humain et utilisé depuis des siècles dans la fiction narrative. Si les transformations physiques et anthropomorphiques créent un éventail de trames et possibilités, les changements émotionnels et psychologiques qui l’accompagnent permettent d’explorer la différence, de jouer de nouveaux rôles, d’incarner de nouvelles identités et d’enrichir ainsi les protagonistes. La multiplicité des expériences qu’autorise la métamorphose est aussi pensée comme une expérimentation au cours de laquelle les Hommes peuvent se défaire de leurs rôles sociaux et s’engager dans d’autres formes de préoccupations.

Enfin, dans cet essai, la rencontre entre humains et non‑humains évoque un autre concept récurrent dans l’œuvre de Hussain, celui de vāridāt (« conjoncture »). Dans une interview, ce dernier explique que la vāridāt est une « expérience spirituelle » qui naît de la conscience des différentes couches de la réalité (Memon, 1983 ; Noor, 2024). Il explique ce concept à travers sa propre expérience : enfant, quand il grimpait dans les arbres pour cueillir des tamarins et des mangues, il avait en même temps à l’esprit que ceux‑ci étaient la demeure de fantômes et de djinns, comme le disent les légendes. Grâce à ces légendes, il avait ainsi conscience du fait que la réalité était composée de multiples couches, visibles et invisibles, que l’on pouvait autrefois traverser.

Les arbres revêtent une place importante, non seulement parce qu’ils symbolisent le monde naturel, mais aussi parce qu’ils détiennent les clés du passage entre le monde tangible des humains et le vaste monde des non‑humains. C’est à l’arbre que le roi Vikram doit revenir pour décrocher le vetāl — un arbre, dont les racines sont aussi anciennes que le temps et dont le feuillage touffu rappelle la densité d’un passé multiple. Les arbres permettent de percevoir le monde au‑delà de l’humain comme l’illustre Intizar Hussain à travers la parabole du figuier indiquant aux disciples de Jésus l’arrivée de l’été.

Intizar Hussain clôture son récit sur une intention : son éco‑poétique ou éco‑critique choisit de « rester avec le trouble2 » : de continuer de vivre et de composer avec des alternatives malgré la crise — à l’image du fruit amer du margousier. Son œuvre immense, qui compte plus d’une centaine de récits, nous fait cependant cette promesse : celle de continuer à ouvrir un passage entre les mondes humain et non‑humain.

2. Texte en langue originale, translittération et traduction

Le texte original est donné en nastaʿlīq ainsi qu’en translittération. Pour cette dernière, nous avons suivi les normes de translittération de l’ourdou établies par la Library of Congress (version 2013), accessibles au lien suivant : <www.loc.gov/catdir/cpso/romanization/urdu.pdf>. Nous avons obtenu les droits de reproduction et de traduction de Monsieur Naeem Jaffrey, que nous remercions chaleureusement.

2.1. Bikram, Betāl aur Afsānah
بکرم ، بیتال اور افسانہ

افسانے کا مستقبل تاریک ہے اس لیے کہ دنیا میں درخت کم ہوتے چلے جا رہے ہیں اور آدمیوں کی بھیڑ بڑھتی چلی جا رہی ہے۔ ایسی دنیا میں جہاں آدمی ہی آدمی ہوں صحافت پیدا ہو سکتی ہے۔ شعر اور افسانہ پیدا نہیں ہو سکتے۔ صحافت اور خطابت خالص انسانی دنیا کے ذرائع اظہار ہیں۔ شعر اور افسانہ خالص انسانی ذریعِہ اظہار نہیں۔ انھوں نے انسان اور غیر انسان کے باہمی میل ملاپ سے جنم لیا ہے ۔ افسانے نے اس زمانے میں جنم لیا تھا جب اس دھرتی پر درخت بہت اور آدمی کم تھے۔ رات پڑتی تو الاو کے گرد مٹھی بھر آدمی ، آگے اندھیرا ہی اندھیرا اور درخت ہی درخت۔ فطرت کی بنائی ہوئی چیز کا بدل فطرت کی بنائی ہوئی چیز ہی ہو سکتی ہے۔ جنگل نہیں ہے تو صحرا ہو اور صحرا نہیں ہے تو اونچے پہاڑ ہوں ، کسی پُر شور سمندر کا ساحل ہو۔ گیان دھیان، تخیّل کی تربیت، تخلیقی عمل برگد کی چھاؤں میں بھی ہو سکتا ہے، پہاڑوں کی گپھاؤں میں بھی ہو سکتا ہے، صحرا کی وسعتوں میں بھی ہو سکتا ہے ۔ مگر کارخانے کی دیوار کے سایے میں نہیں ہو سکتا اور فلک بوس عمارتیں فلک بوس پہاڑوں اور گھنے او نچے درختوں کا بدل نہیں بن سکتیں ۔

Afsāne kā mustaqbil tārīk hai is li’e kih dunyā meṉ daraḵẖt kam hote cale jā rahe haiṉ aur ādmiyoṉ kī bhīṛ baṛhtī calī jā rahī hai. Aisī dunyā meṉ jahāṉ ādmī hī ādmī hoṉ ṣaḥāfat paidā ho saktī hai. Shiʿr aur afsānah paidā nahīṉ ho sakte. Ṣaḥāfat aur ḵẖit̤ābat ḵẖaliṣ insānī dunyā ke ẕarā’iʿ‑yi iz̤hār haiṉ. Shiʿr aur afsānah ḵẖaliṣ insānī ẕarā’iʿah‑i iz̤hār nahīṉ. Unhoṉ ne insān aur g͟hair-insān ke bāhamī mel‑milāp se janam liyā hai. Afsāne ne us zamāne meṉ janam liyā thā jab is dhartī par daraḵẖt bahut aur ādmī kam the. Rāt paṛtī to alāv3 ke gird muṭṭhī bhar ādmī, āge andherā hī andherā aur daraḵẖt hī daraḵẖt. Fit̤rat kī banā’ī hū’ī cīz kā badal fit̤rat kī banā’ī hū’ī cīz hī ho saktī hai. Jangal nahīṉ to ṣaḥrā ho aur ṣaḥrā nahīṉ hai to ūnce pahāṛhoṉ, kisī pur‑shor samundar kā sāḥil ho. Gyān-dhyān, taḵẖayyul kī tarbiyat, taḵẖlīqī ʿamal bargad kī chā’oṉ meṉ bhī ho saktā hai, pahāṛoṉ kī guphā’oṉ4 meṉ bhī ho saktā hai, ṣaḥrā kī vusaʿtoṉ meṉ bhī ho saktā hai — magar kārḵẖāne kī dīvār ke sāye meṉ nahīṉ ho saktā aur falak‑bos ʿimārteṉ falak-bos pahāṛoṉ aur ghane ūnce daraḵtoṉ kā badal nahīṉ ban saktīṉ.

L’avenir du conte est sombre car les arbres se font de plus en plus rares dans le monde et que le nombre d’individus ne cesse d’augmenter. Dans un monde uniquement composé d’humains, le journalisme peut se développer, mais la poésie et le conte non. Le journalisme et la rhétorique sont des moyens d’expression propres au monde humain. La poésie et le conte ne le sont pas : ils sont nés de l’entente réciproque entre l’humain et le non‑humain. Le conte est né à l’époque où il y avait beaucoup d’arbres sur terre, et peu d’humains. Quand la nuit tombait, il y avait une poignée d’individus autour du feu — puis l’obscurité, que de l’obscurité, et des arbres, rien que des arbres. Seule une chose créée par la nature peut remplacer une chose créée par la nature : si ce n’est pas une jungle, ce serait un désert, si ce n’est pas un désert, ce seraient de hautes montagnes ou la plage d’une mer grondante. La méditation, le flot de l’imagination, le processus créatif peuvent éclore à l’ombre d’un banyan, dans les grottes des montagnes, ou même dans les étendues désertiques, mais pas dans l’obscurité des murs d’une usine — et les gratte‑ciels ne sauraient remplacer les montagnes embrassant le ciel et les hauts arbres aux feuillages touffus.

فلک بوس عمارتوں، شور مچاتے کارخانوں، قطار اندر قطار کوارٹروں اور فلیٹوں سے اب مفر نہیں ہے۔ اؔرتگا جو زے نے آج سے چالیس برس پہلے انسانی بھیڑ کا جو نقشا یورپ کے سیاق و سباق میں کھینچا تھا اب وہ ہماری بستیوں میں بھی صنعتی عہد کی پرچھائیاں پڑنے کے ساتھ اُبھر رہا ہے۔ ٹریفک اتنا ہے کہ درخت کاٹ کاٹ کر سڑکیں پھیلا ئی جا رہی ہیں ۔بس آدمیوں سے بھری ہوتی ہیں، رکشاؤں اور ٹیکسیوں کے شور سے کان پڑی آواز سنائی نہیں دیتی ۔ مگرسواری کا پھر بھی توڑا ہے۔ رہائیش کا مسٔلہ بھی اسی قدر سنگین ہے۔ مکان کم ہیں مکین بہت ہیں ۔ نئی آبا دیاں بسائی جا رہی ہیں۔ جہاں کل جنگل تھے آج وہاں کوارٹروں اور فلیٹوں کا جنگل پھیلا ہوا ہے۔ اس کے باوجود مکان کا حصول ایک مسئلہ ہے۔ خالی مکان ماضی کا افسانہ ہیں ، ایسے مکان جو برسوں خالی پڑے رہتے تھے حتّیٰ کہ ان میں پڑے ہوۓ تالوں پر زنگ جم جاتی تھی اب کسی شہر میں نظر نہیں آتے۔ ایسے مکان پُر اسرار بن کر تخیّل کی نشو و نما کرتے تھے اور قصّہ کہانی کو جنم دیتے تھے۔ تخیّل کی نشو و نما کچھ خالی پُر اسرار مکانوں کے ذمّے تھی، کچھ گھنے پرانے درختوں کے ذمّے ، کچھ پرندوں اور دوسرے جانوروں کے ذمّے تھی یہ سب معاشرے کے فعال کر دار تھے۔ انسان دوستی بر حق مگر تؔلسی ، ؔکبیر اور نؔظیر کی انسان دوستی خالی خولی انسانی حوالے سے نہیں تھی ۔ وہ انسان اور غیر انسان کے اس پُر اسرار رشتے کے حوالے سے تھی جو ان زمانوں میں پروان چڑھنے والے معاشروں کی بنیاد تھا۔ مگر اب ہم اپنی فلک بوس عمارتوں، شور مچاتے کارخانوں اور بھاری بھرکم مشینوں کے ساتھ ایک نئے عہدِ بر بریت میں داخل ہو رہے ہیں۔ اس تہذیب نما بربریت کی بدولت تجربے کا منطقہ سکڑتا جا رہا ہے اور اطلاعات و معلومات کا جنگل پھیلتا جا رہا ہے۔ آدمی کا جنگل سے رشتہ ٹوٹ رہا ہے اور آدمی جنگلی بنتا جا رہا ہے ۔ اب ' بیتال پیچیسی ' نہیں لکھی جا سکتی۔ کیوں؟ اس لیے کہ بیتال نے یہ کہا تھا کہ 'راہ اچّھی باتوں کی چرچا میں کٹے تو اچھّا ہے ۔ سواے راجا جو میں کتھا کہتا ہوں اسے سُن۔ جو تو رستے میں بولے گا تو میں اُلٹا پھر جاؤں گا'۔ مگر اب ہم بولنے بہت لگے ہیں ۔ تقریریں، اخباری بیانات، مذاکرے، مباحثے، اور ہماری راہیں بہت پُر شور ہیں۔ ان راہوں پر چلتے ہوئے انسان اور غیر انسان کے درمیان مکالمہ ممکن نہیں رہا ۔ مسلسل شور کے بیچ ہماری سماعت میں فرق آ گیا ہے۔ کچھ آوازیں تو اب ہم سُن ہی نہیں سکتے ۔

Falak-bos ʿimārtoṉ, shor macāte kārḵẖānoṉ, qat̤ār-andar-qat̤ār kvārṭaroṉ5 aur flaiṭoṉ6 se ab mafar nahīṉ hai. Ārtigā Joze ne āj se cālīs baras pahle insānī bhīṛ kā jo naqshā Yūrap ke siyāq‑o sabāq meṉ khīncā thā ab vah hamārī bastiyoṉ meṉ bhī ṣanaʿtī ʿahad kī parchāyāṉ paṛne ke sāth ubhar rahā hai. Ṭraifik7 itnā hai kih daraḵẖt kāṭ kāṭ kar saṛakeṉ phailā’ī jā rahī haiṉ. Bas8 ādmiyoṉ se bharī hotī haiṉ, rikshā’oṉ aur ṭaiksiyoṉ9 ke shor se kān paṛī āvāz sunā’ī nahīṉ detī. Magar savārī kā phir bhī toṛā hai. Rahā’ish kā mas’alah bhī is qadar sangīn hai. Makān kam haiṉ makīn bahut haiṉ. Nayī ābādiyāṉ basā’ī jā rahī haiṉ. Jahāṉ kal jangal the āj vahāṉ kvārṭaroṉ aur flaiṭoṉ kā jangal phailā hū’ā hai. Us ke bavajūd makān kā ḥuṣūl ek mas’alah hai. Ḵẖālī makān māẓī kā afsānah haiṉ, aise makān jo barsoṉ ḵẖālī paṛe rahte the hattá kih un meṉ paṛe hū’e tāloṉ par zang jam jātī thī ab kisī shahr meṉ naz̤ar nahīṉ āte. Aise makān pur-asrār ban kar taḵẖayyul kī nasho-o-numā karte the aur qiṣṣah kahānī ko janam dete the. Taḵẖayyul kī nasho o numā kuch ḵẖālī pur-asrār makānoṉ ke ẕimme thī, kuch ghane purāne daraḵẖtoṉ ke ẕimme, kuch parindoṉ aur dūsre jānvaroṉ ke ẕimme thī yih sab muʿāshare ke faʿāl kirdār the. Insān-dostī bar-ḥaq magar Tulsī, Kabīr, aur Naz̤īr kī insān-dostī ḵẖālī-ḵẖūlī insānī ḥavāle se nahīṉ thī. Vah insān aur g͟hair-insān ke us pur-asrār rishte ke ḥavāle se thī jo un zamānoṉ meṉ parvān caṛhne-vāle muʿāsharoṉ kī bunyād thā. Magar ab ham apnī falak-bos ʿimārtoṉ, shor macāte kārḵẖānoṉ aur bhārī-bharkam mashīnoṉ ke sāth ek na’e ʿahd-i barbariyat meṉ dāḵẖil ho rahe haiṉ. Is tahẕīb-numā barbariyat kī badaulat tajarbe kā mintaqah sukaṛtā jā rahā hai aur iṯṯilāʿāt o maʿlūmāt kā jangal phailtā jā rahā hai. Ādmī kā jangal se rishtah ṭūṭ rahā hai aur ādmī janglī bantā jā rahā hai. Ab “Betāl Paccīsī” nahīṉ likhī jā saktī. Kyūṉ? Is li’e kih betāl ne yih kahā thā kih rāh acchī bātoṉ kī carcā meṉ kaṭe to acchhā hai. Sivā’e rājā jo maiṉ kathā kahtā hūṉ use sun. Jo tū raste meṉ bolegā to maiṉ ulṭā phir jā’ūṉgā. Magar ab ham bolne bahut lage haiṉ. Taqrīreṉ, aḵẖbārī bayānāt, muẕākare, mubāḥas̲e, aur hamārī rāheṉ bahut pur-shor haiṉ. Un rāhoṉ par calte hū’e insān aur g͟hair-insān ke darmiyān mukālamah mumkin nahīṉ rahā. Musalsal shor ke bīch hamarī samāʿt meṉ farq ā gayā hai. Kuch āvāzeṉ to ab ham sun hī nahīṉ sakte.

Maintenant il n’y a plus de refuge face aux gratte‑ciels, aux usines assourdissantes, aux rangées de maisons et d’immeubles à appartements. Le portrait des masses humaines que José Ortega10 avait esquissé quarante ans plus tôt dans le contexte européen est en train d’émerger aujourd’hui dans nos villes avec les ombres grandissantes de l’industrialisation. Le trafic est tel qu’on abat les arbres pour élargir les routes, que les bus sont bondés, et qu’on n’entend même plus ce qu’on nous dit à l’oreille à cause de la cacophonie des rickshaws et des taxis — et pourtant il y a encore une pénurie de transports. La crise du logement est tout aussi sévère. Les habitations sont rares, les habitants nombreux. De nouveaux quartiers sont en train de sortir de terre. Là où, avant, il y avait des forêts se répand maintenant une jungle de maisons et d’immeubles et malgré cela il reste difficile d’obtenir un logement. Une maison vide est une chose du passé : de nos jours, on ne voit plus, dans aucune ville, ces demeures inoccupées durant des années jusqu’à ce que la rouille s’incruste sur leurs cadenas oubliés. De telles demeures, se chargeant de mystère, éveillaient l’imagination et enfantaient contes et légendes. Stimuler l’imagination était à la fois le rôle des mystérieuses maisons vides, des vieux arbres touffus, et des oiseaux et des autres animaux : tous participaient activement à la vie sociale. C’est le véritable amour de l’humanité : l’amour de l’humanité de Tulsi, Kabir et Nazir11 qui ne se limitait pas au seul être humain. Il tenait au lien mystérieux qui unit humains et non‑humains et qui, en ces temps‑là, se trouvait à la racine de vies sociales florissantes. Mais maintenant, nous entrons dans une nouvelle ère de barbarie avec nos gratte‑ciels, nos usines assourdissantes, nos imposantes machines. Par le biais de cette barbarie qui prend des airs de civilisation, le champ de notre expérience rétrécit peu à peu et la jungle d’informations et de connaissances se propage. Le lien entre l’humain et la nature se rompt et l’homme lui‑même devient de plus en plus sauvage. Aujourd’hui, les Contes du Vampire ne pourrait être écrit. Pourquoi ? Car le vampire disait : « Rien de tel qu’une bonne conversation pour rendre la route agréable. Alors, Sire, écoutez bien l’histoire que je vais vous conter, et si vous parlez en chemin, je ferai demi‑tour. » Mais à présent nous nous sommes mis à parler beaucoup : discours, déclarations journalistiques, conférences, débats, et nos chemins sont devenus très bruyants. En marchant le long de ceux‑ci, la conversation entre humains et non‑humains est devenue impossible. Au milieu de ce bruit constant, notre ouïe s’est altérée : il y a des voix que nous ne pouvons plus entendre.

جب را جا بکرما جیت بیچ میں بول پڑا اور بیتال واپس درخت پہ جالٹکا تو حقیقت نگاری والا افسانہ پیدا ہوا۔ سماجی اصلاح ، سیاسی صورت ِحال کی عکّاسی، انقلاب، کومٹ منٹ یہ راجا بکرم کے اپنے تراشے ہو ۓ بت ہیں یا ڈؔی ایچ لارنس کے لفظوں میں خیالات و افکار کی ردّی کی ٹوکری کہ ہم نے اپنے سروں پر اُٹھا رکھی ہے اور کچھ خبر نہیں ہے کہ ہمارے اندر ایک تاریک برِّ اعظم سانس لے رہا ہے ۔کتھا سنانے والا بیتال کہیں دور درخت پر گم متھان لٹکا ہوا ہے۔ یہاں را جا بکرم ردّی کی ٹوکری سر پہ رکھے بولے چلا جا رہا ہے اور تقاضا کرتا ہے کہ اسے ہی کتھا سمجھو۔ یہ کیسی کتھا ہے کہ آدمی کائنات سے بچھڑا ہوا ہے اور اپنی ردّی کی ٹوکری کو کائنات سمجھ رہا ہے۔ حقیقت نگاری کی روایت میں لکھے ہوئے افسانوں کو دیکھىے۔ پھر ان افسانوں کو بھی دیکھیے جو اس روایت سے بغاوت کر کے لکھے گئے۔ بىتاں نہ وہاں بولتا نظر آتا ہے نہ یہاں بولتا ۔
دکھائی پڑتا ہے۔ دونوں صورتوں میں را جا بکرم اپنے خیالاتِ عالیہ بیان کر رہا ہے ۔ کبھی سماجی اصلاح کا بیڑا اُٹھاتا ہے، کبھی انقلاب کا نعرہ لگاتا ہے، کبھی کومٹ منٹ کی بات کرتا ہے۔ کبھی رجائیت کا پیغام دیتا ہے ، قوم کا حوصلہ بندھاتا ہے۔ اس کے سوا اس کے لیے چارہ بھی کیا ہے۔ کیونکہ بھیڑ بہت ہے ، بسوں میں، سینما گھروں میں، کلچرل تقریبوں میں بھیڑ کا اپنا مذاق ہوتا ہے اور اپنی پسند اور ناپسند ہوتی ہے۔ جو اس پسند پر پورا نہیں اُتر تا اس کے خلاف شور اُٹھتا ہے :
’KILL HIM FOR HIS BAD VERSES‘

Jab rājā Bikramājīt bīc meṉ bol paṛā aur betāl vāpas daraḵẖt pih jā laṭkā to ḥaqīqat nigārī-vālā afsānah paidā hū’ā. Samājī iṣlāḥ, siyāsī ṣūrat‑i ḥāl kī ʿakkāsī, inqilāb, komiṭmanṭ12 yih rājā Bikram ke apne tarāshe hū’e but haiṉ yā Ḍī. Aich. Lā’urens ke lafz̤oṉ meṉ ḵẖayālāt o afkār kī raddī kī ṭokrī kih ham ne apne saroṉ par uṭhā rakhī hai aur kuch ḵẖabar nahīṉ hai kih hamāre andar ek tārīk barr‑i aʿz̤am sāns le rahā hai. Kathā sunāne-vālā betāl kahīṉ dūr daraḵẖt par gum-mathān laṭkā hū’ā hai. Yahāṉ rājā Bikram raddī kī ṭokrī sar pih rakhe bole calā jā rahā hai aur taqāẓā kartā hai kih ise hī kathā samjho. Yih kaisī kathā hai kih ādmī kā’ināt se bichṛā hū’ā hai aur apnī raddī kī ṭokrī kā’ināt samajh rahā hai? Ḥaqīqat nigārī kī rivāyat meṉ likhe hū’e afsānoṉ ko dekhiye. Phir un afsānoṉ ko bhī dekhiye jo is rivāyat se bag͟hāvat kar ke likhe ga’e. Betāl nah vahāṉ boltā naz̤ar ātā nah yahāṉ boltā dikhā’ī paṛtā hai. Donoṉ ṣūratoṉ meṉ rājā Bikram apne ḵẖayālāt‑i ʿāliyah bayān kar rahā hai. Kabhī samājī iṣlaḥ kā bīṛā uṭhāyā hai, kabhī inqilāb kā naʿrah lagātā hai, kabhī komiṭmanṭ kī bāt kartā hai. Kabhī rajā’iyat kā paig͟hām detā hai, qaum kā ḥauṣlah bandhātā hai. Is ke sivā us ke liye cārah bhī kyā hai? Kyūṉkih bhīṛ bahut hai, basoṉ13 meṉ, sīnemā14 gharoṉ meṉ, kalcaral15 taqrīboṉ meṉ bhīṛ kā apnā maẕāq hotā hai aur apnī pasand aur nā‑pasand hotī hai. Jo us pasand par pūrā nahīṉ utartā us ke ḵẖilāf shor uṭhtā hai: “Kill him for his bad verses”.16

Lorsque, en chemin, le roi Vikramjit se mit soudain à parler et que le vampire retourna se pendre à l’arbre, la nouvelle réaliste naquit. La réforme sociale, la description des conditions politiques, la révolution, les promesses : c’est l’assemblage des créations du roi Vikram lui‑même, ou, dans les mots de D. H. Lawrence17, c’est la corbeille à papier d’idées et de réflexions que nous conservons au‑dessus de nos têtes, sans avoir conscience que, à l’intérieur de nous, respire un continent obscur. Le vampire conteur est, là, pendu à un arbre à quelque distance, perdu dans ses pensées. Et ici, le roi Vikram avance en parlant avec sa corbeille à papier sur la tête, insistant sur le fait que c’est son récit que l’on doit considérer comme un conte. Quelle sorte de conte est‑ce donc, si l’homme se tient séparé du monde et prend sa corbeille à papier pour le monde entier ? Examinez les récits réalistes, puis examinez ceux qui sont composés en opposition à cette manière d’écrire : on ne voit le vampire parler ni dans les uns ni dans les autres. Dans les deux cas, c’est le roi Vikram qui expose ses grandes idées. Parfois il s’essaie à la réforme sociale, parfois il crie à la révolution, parfois il parle de promesses, parfois il porte un message d’espoir et encourage la communauté. Sans cela, quelle autre option a‑t‑il ? Car la foule est grande — dans les bus, dans les cinémas, dans les festivals culturels — et la foule a ses goûts : elle a ses préférences et ses aversions. Contre ce qui ne correspond pas à ses goûts, elle pousse le cri : « Kill him for his bad verses » (Tuez‑le pour ses mauvais vers).

سو اب ہم ستم زدوں کی دنیا اتنی تنگ ہے کہ چیونٹی کا انڈا ہمارا آسمان ہے یہ کیسی دنیا ہے کہ انسانی چہرے ہی ہر طرف دکھائی دیتے ہیں ۔ باقی کائنات اپنے درختوں ، درندوں اور سایوں کے ساتھ کہاں گم ہو گئی۔ ایک وہ داستانیں تھیں جن میں آدمی کائنات کے ایک جز کے طور نظر آتا تھا، کبھی انسانی چہروں کے درمیان، کبھی اجنبی غیر انسانی صورتوں میں گھرا ہوا، کبھی بستی میں ، کبھی بستی سے باہر جنگلوں میں بھٹکتا ہوا۔ وہ ایسی انسانی دنیا تھی جس کے دریچے اجنبی جنگلوں میں کھلتے تھے اور معلوم سے نا معلوم کی طرف سفر جاری رہتا تھا۔ اس جوکھم بھر ے سفر میں کبھی بیتال سے مڈ بھیڑ ہوتی تھی، کبھی ا ژ د ہوں اور راکشسوں سے لڑنا پڑتا تھا، کبھی جون ہی بدل جاتی تھی جو رستے میں رہ گیا وہ رہ گیا، جو نکل گیا وہ آدمی بن گیا۔ نئے زمانے نے کوشش کی کہ آدمی کی دنیا سے جنگل نکل جائے۔ آدمی ہر کھونٹ اطمینان سے جائے، کسی کھونٹ ہرن نظر نہ آئے کہ وہ اس کا تعاقب کرے اور رستہ بھول جائے۔ نئے افسانہ نگار نے سمجھا کہ جنگل سچ مچ غائب ہو گئے ہیں۔ پھر اس نے ایسی انسانی دنیا پیش کرنی شروع کی جس کے دریچے کسی جنگل میں نہیں کھلتے۔ مگر آدمی کا شیطان آدمی۔ راکشس بستیوں میں پیدا ہوئے اور آدمی منتر جنتر کے بغیر ہی جون بدلنے لگے۔ جنگل کے سفر میں آدمی کی جون بدلتی تھی تو وہ اپنی انسانی جدوجہد کے زور پر اپنی جون میں واپس بھی آ جاتا تھا۔ آدمی کا دوسری جون میں جا کر پھر اپنی جون میں واپس آنا انسانی جوہر کی فتح کا اعلان تھا۔ یہ ایک عظیم انسانی رزمیہ ہے جو پرانے قصّہ کہانیوں میں بیان ہوئی۔ مگر کا ؔفکا کے انسان نے بھرے شہر کے بیچ اپنی جون بدلی۔ اسے اپنی جون میں واپس آنا نصیب نہیں ہوا۔ انسانی جو ہر کی موت ، ایپک کا خاتمه ، داستان کا انجام ۔ یورپ پر موقوف نہیں جہاں جہاں آدمی کو اس صورتِ حال سے پالا پڑے گا اس کے ساتھ یہی گزرے گی مگر سوشلسٹ دانشور کہتا ہے کہ ایسا مت کہو کہ یہ قنوطیت کا پر چار ہے ، انسانیت کی تذلیل ہے ۔ انسان عظیم ہے خدایا ، وہ بندر نہیں بن سکتا ۔

So ab ham sitam-zadoṉ kī dunyā itnī tang hai kih chiyūnṭī kā anḍā hamārā āsmān hai yih kaisī dunyā hai kih insānī chahre hī har t̤araf dikhā’ī dete haiṉ. Bāqī kā’ināt apne daraḵẖtoṉ, darindoṉ aur sāyoṉ ke sāth kahāṉ gum ho gayī. Ek vah dāstāneṉ thīṉ jin meṉ ādmī kā’ināt ke ek juz ke t̤aur naz̤ar ātā thā, kabhī insānī cahroṉ ke darmiyān, kabhī ajnabī g͟hair-insānī ṣūratoṉ meṉ ghirā hū’ā, kabhī bastī meṉ, kabhī bastī se bāhar jangloṉ meṉ bhaṯaktā hū’ā. Vah aisī insānī dunyā thī jis ke darīce ajnabī jangloṉ meṉ khulte the aur maʿlūm se nā-maʿlūm kī t̤araf safar jārī rahtā thā. Us jokham-bhare safar meṉ kabhī betāl se muḍbheṛ hotī thī, kabhī azhdahoṉ aur rākshasoṉ se laṛnā paṛtā thā, kabhī jūn hī badal jatī thī jo raste meṉ rah gayā vah rah gayā, jo nikal gayā vah ādmī ban gayā. Na’e zamāne ne koshish kī kih ādmī kī dunyā se jangal nikal jā’e. Ādmī har ghūnṭ iṯminān se jā’e, kisī ghūnṭ hiran naz̤ar nah ā’e kih vah is kā taʿāqub kare aur rastah bhūl jā’e. Na’e afsānah nigār ne samjhā kih jangal sach much g͟hā’ib ho ga’e haiṉ. Phir us ne aisī insānī dunyā pesh karnī shurūʿ kī jis ke darīce kisī jangal meṉ nahīṉ khulte. Magar ādmī kā shaiṯān ādmī. Rākshas bastiyoṉ meṉ paidā hū’e aur ādmī mantar-jantar ke bag͟hair hī jūn badalne lage. Jangal ke safar meṉ ādmī kī jūn badaltī thī to vah apnī insānī jidd o jahd ke zor par apnī jūn meṉ vāpas bhī ā jātā thā. Ādmī kā dūsrī jūn meṉ jā kar phir apnī jūn meṉ vāpas ānā insānī jauhar kī fateḥ kā eʿlān thā. Yih ek ʿaz̤īm insānī razmiyah hai jo purāne qiṣṣah-kahāniyoṉ meṉ bayān hū’ī. Magar Kāfkā ke insān ne bhare shahr ke bīc apnī jūn badlī. Use apnī jūn meṉ vāpas ānā naṣīb nahīṉ hū’ā. Insānī jauhar kī maut, epik18 kā ḵẖātimah, dāstān kā anjām. Yūrap par mauqūf nahīṉ, jahāṉ jahāṉ ādmī ko is ṣūrat‑i ḥāl se pālā paṛegā us ke sāth yihi guzregī magar soshalisṭ19 dānishvar kahtā hai kih aisā mat kaho kih yih qunūt̤iyat kā parcār hai, insāniyat kī taẓlīl hai. Insān ʿaīm hai ḵẖudāyā, vah bandar nahīṉ ban saktā.

Ainsi, à présent, « notre monde à nous, opprimés, est si étroit que nous avons pour ciel un œuf de fourmi20 ». Quel type de monde est‑ce si l’on ne voit plus que des visages humains de tous les côtés ? Où est donc passé le reste de l’univers avec ses arbres, ses prédateurs, ses ombres ? Avant, il y avait des contes où l’humain était vu comme une partie de l’univers, parfois au milieu de visages humains, parfois entouré de formes non-humaines inconnues, parfois dans des villages, parfois errant dans la forêt, hors des villages. C’était un monde humain dont les passages menaient à une forêt inconnue ; un voyage continu du connu vers l’inconnu. Au cours de ce périlleux voyage, on croisait parfois un vampire, on devait parfois se battre contre des dragons et des démons, et parfois on se métamorphosait — ce qui restait sur le chemin demeurait là, et ce qui en sortait devenait humain. La modernité a tenté d’éradiquer la forêt du monde humain. Que l’Homme y aille en toute quiétude : il ne verra aucun cerf qu’il pourrait poursuivre jusqu’à s’égarer. Le conteur moderne a cru que les forêts avaient bel et bien disparu. Puis, il a commencé à représenter un monde humain dont les passages ne menaient plus à aucune forêt. Mais le démon de l’Homme c’est l’Homme lui‑même. Les démons sont nés dans les villes, et l’Homme s’est mis à se transformer sans même un sortilège. Quand il se transformait au cours de son voyage dans la forêt, il pouvait toujours retrouver sa forme humaine au prix de quelque effort. La métamorphose de l’humain en une autre forme puis son retour à sa forme initiale signalait la victoire de l’humanité. C’était la grande épopée humaine narrée dans les anciennes légendes. Mais l’Homme de Kafka21 s’est métamorphosé en plein milieu d’une ville bondée, et il n’a pas eu pour destin de retrouver sa forme originelle. C’est la mort de l’essence humaine, la conclusion de l’épopée, la fin du conte. Et cela n’est pas propre à l’Europe : partout où l’humain se trouvera confronté à cette situation, il en ira de même. Mais l’intellectuel socialiste dit qu’il ne faut pas dire cela ; que c’est une incitation au pessimisme, une humiliation de l’humanité. L’Homme est grand, ô Seigneur ! Il ne peut devenir singe.

اچھا یہ قنوطیت ہے تو پھر؟ قنوطی آدمی ہی ہو سکتا ہے، بندر قنوطی نہیں ہوتے ۔ ماىوس ہونا اور شعر کہنا ؔمیر کا مقدر ٹھہرا۔ بندر نہ مایوس ہوتے ہیں نہ شعر کہتے ہیں لیکن اگر 'کلیاتِ میر' ان کے ہتھے چڑھ جائے تو وہ اس کی چندی چندی ضرور کر سکتے ہیں۔ ترقی پسند تنقید نے ؔمیر کی چندی چندی کی، میر کی اور ہر اس شعر کی اور افسانے کی جس سے انھیں یا سیت کی بو آئی مانس گند، مانس گند۔

Acchā yih qunūiyat hai to phir? Qunūt̤ī ādmī hī ho saktā hai, bandar qunūt̤ī nahīṉ hote. Māyūs honā aur shiʿr kahnā Mīr kā muqaddar ṭhahrā. Bandar nah māyūs hote haiṉ nah shiʿr kahte haiṉ lekin agar Kulliyāt‑i Mīr un ke hathe caṛh jā’e to vah us kī cindī cindī ẓarūr kar sakte haiṉ. Taraqqī pasand tanqīd ne Mīr kī cindī cindī kī, Mīr kī aur har us shiʿr kī aur afsāne kī jis se unheṉ yāsiyat kī bū āyī — māns gand māns gand.

D’accord si c’est du pessimisme, et alors ? L’humain peut être pessimiste, les singes ne le peuvent pas. Désespérer et écrire des vers était le destin de Mir22. Les singes ne sont pas tristes et n’écrivent pas de vers. Mais si l’anthologie de Mir tombait entre leurs mains, ils pourraient certainement la déchirer en morceaux. La critique progressiste a réduit Mir en pièces : Mir, et chaque vers, chaque histoire, d’où émanait cette odeur de désespoir — une puanteur de chair, une puanteur de chair.

مؔنیر نیازی کا کوئی کوئی شعر مجھے حیران کرتا ہے کہ اس زمانے میں یہ شخص شہر میں چلتا چلتا اچانک جنگل میں کیسے جانکلتا ہے۔ میں حیران ہوتا ہوں اور رشک کرتا ہوں اس لیے کہ مجھے مسلسل شہر میں چلتے رہنا اور ہجوم کے درمیان مستقل سانس لینا پسند نہیں۔ اس عمل میں لگتا ہے
کہ میں انسانی وصف سے محروم ہوتا جا رہا ہوں۔ آخر کیوں ایسا موڑ نہیں آتا کہ شہر سے گزر کر میں اپنے تئیں جنگل میں پاؤں ۔ جنگل میں آدمی جس خوف سے آشنا ہوتا ہے وہ شہر کے خوف سے مختلف ہوتا ہے۔ وہ نا معلوم کا خوف ہوتا ہے۔ نا معلوم کا خوف آدمی کی ذات میں گہرائی اور گیرائی پیدا کرتا ہے مگر اب نا معلوم کا خوف غائب ہے ۔ اب ہم معلوم کے خوف میں مبتلا ہیں۔ جنگ کا خوف، خانہ جنگی کا خوف ، لسانی فسادات کا خوف ، رکشا کے حادثے میں کام آ جانے کا خوف، کسی غنڈے کے ہتھے چڑھ جانے کا خوف ۔ خوف کی یہ صورتیں ذلّت آمیز صورتیں ہیں اور موت کے یہ طریقے کتنے بے وقار ہیں ۔

Munīr Niyāzī kā ko’ī ko’ī shiʿr mujhe ḥairān kartā hai kih is zamāne meṉ yih shaḵẖṣ shahr meṉ caltā caltā acānak jangal meṉ kaise jā nikaltā hai. Maiṉ ḥairān hotā hūṉ aur rashk kartā hūṉ is li’e kih mujhe musalsal shahr meṉ calte rahnā aur hajūm ke darmiyān mustaqil sāns lenā pasand nahīṉ. Is ʿamal meṉ lagtā hai kih maiṉ insānī vaṣf se maḥrūm hotā jā rahā hūṉ. Āḵẖir kyūṉ aisā moṛ nahīṉ ātā kih shahr se guzar kar maiṉ apne ta’īn jangal meṉ pā’ūṉ? Jangal meṉ ādmī jis ḵẖauf se āshnā hotā hai vah shahr ke ḵẖauf se muḵẖtalif hotā hai. Vah nā-maʿlūm kā ḵẖauf hotā hai. Nā‑maʿlūm kā ḵẖauf ādmī kī ẕāt meṉ gahrā’ī aur gīrā’ī paidā kartā hai magar ab nā‑maʿlūm kā ḵẖauf g͟hā’ib hai. Ab ham maʿlūm ke ḵẖauf meṉ mubtalā haiṉ. Jang kā ḵẖauf, ḵẖānah-jangī kā ḵẖauf, lisānī fasādāt kā ḵẖauf, rikshā ke ḥādis̲e meṉ kām ā jāne kā ḵẖauf, kisī g͟hunḍe ke hathe caṛh jāne kā ḵẖauf. Ḵẖauf kī yih ṣūrateṉ ẕillat-āmez ṣūrateṉ haiṉ aur maut ke yih t̤arīqe kitne be‑vaqār haiṉ.

Certains vers de Munir Niazi23 me stupéfient : comment à notre époque un individu peut se promener dans la ville et se retrouver soudainement dans la forêt ? Je suis perplexe et envieux car marcher inlassablement dans la ville et respirer, imperturbable, au milieu de la foule ne me plaît pas. Dans ce processus, j’ai l’impression d’être progressivement dépossédé de mon humanité. Après tout, pourquoi n’existe‑t‑il pas de virage qui, en traversant la ville, me mène vers ma propre forêt ? L’angoisse que l’Homme ressent dans la forêt est différente de la peur de la ville. C’est la peur de l’inconnu. Cette terreur qui ne cesse de grandir au plus profond de l’être humain. Mais aujourd’hui la peur de l’inconnu a disparu. Nous sommes désormais accaparés par la peur du connu : la peur de la guerre24, la peur de la guerre civile25, la peur de conflits linguistiques26, la peur de finir dans un accident de la route, la peur de tomber aux mains d’un malfrat. Ces peurs sont humiliantes, et combien mourir de telles façons est avilissant !

مہاتما بؔدھ نے کہا تھا کہ لوگ بچّوں کی مانند ہیں اور کہانیاں سننا پسند کرتے ہیں۔ سو انھوں نے کہانیاں سنائیں اور حضرت عیسی نے تمثیلیں بیان کیں۔ انھوں نے ایک تمثیل یہ بیان کی کہ انجیر کے درخت کو اور سب درختوں کو دیکھو۔ جب ان میں کو نپلیں پھوٹتی ہیں تو تم جان لیتے ہو کہ گرمی کے دن آس پاس ہیں۔ مگر ہم جاڑے اور گرمی کی رت کی خبر کیسے پائیں اور کیسے کتھا تمثیل اور حکایات بیان کریں کہ دنیا درختوں سے خالی ہو رہی ہے اور میں نہیں جانتا کہ نیم کا وہ پیٹر جو بچپن کے دنوں میں مجھے گرمی اور برسات کی خبر دیا کرتا تھا اب کس حال میں ہے ۔ قائم ہے یا شہید ہو گیا اور سنو کہ کبیر جی نے کیا کہا:
 
بڑھئی اوت دیکھ کے ترور ڈولن لاگ
 
مگر اب تو درختوں کی پوری تہذیب ہی ڈول گئی ہے ۔ صنعتی تہذیب کے بچّے اپنے آپ کو بچّہ نہیں مانتے اور کہانیاں سننا پسند نہیں کرتے ۔ انھوں نے بىتال کو چپ کر دیا اور خود ا ونچی آواز سے بول رہے ہیں ، نعرے لگا رہے ہیں۔ کہتے ہیں کہ یہ نعرے ہی آج کے افسانے ہیں ۔ پھر
میں افسانہ لکھنے پہ کیوں مصر ہوں۔ شاید اس لیے کہ ایک نیم کا پیٹر میرے باہر تھا، ایک نیم کا پیڑ میرے اندر ہے۔ باہر کے پیڑ پر جو گزری سو گزری مگر اندر کا پیڑ تو نہ مر جائے۔ میرا کومٹ منٹ اپنے نىم کے پیڑ کے ساتھ ہے جس کا پھل کڑوا ہوتا ہے ۔ پیوستہ رہ شجر سے ، نیم کے پیڑ سے اور افسانے سے ، امیدِ بہار کے بغیر کہ اب لوگ بچّوں کی مانند نہیں رہے اور کہانیاں سننا پسند نہیں کرتے ۔

Mahātmā Buddh ne kahā thā kih log bacchoṉ kī mānand haiṉ aur kahāniyāṉ sunnā pasand karte haiṉ. So unhoṉ ne kahāniyāṉ sunā’īṉ aur Haẕrat ʿĪsá ne tams̲īleṉ bayān kīṉ. Unhoṉ ne ek tams̲īl yih bayān kī kih anjīr ke daraḵẖt ko aur sab daraḵẖtoṉ ko dekho. Jab un meṉ koṉpaleṉ phūṭtī haiṉ to tum jān lete ho kih garmī ke din ās pās haiṉ. Magar ham jāṛe aur garmī kī rut kī ḵẖabar kaise pā’eṉ aur kaise kathā tams̲īl aur ḥikāyāt bayān kareṉ kih dunyā daraḵẖt se ḵẖālī ho rahī hai aur maiṉ nahīṉ jāntā kih nīm kā vah peṛ jo bacpan ke dinoṉ meṉ mujhe garmī aur barsāt kī ḵẖabar diyā kartā thā ab kis ḥāl meṉ hai. Qā’im hai yā shahīd ho gayā aur suno kih Kabīr-jī ne kyā kahā:

baṛha’ī avat dekh ke tarūr ḍolan lāg

Magar ab to daraḵẖtoṉ kī pūrī tahẕīb hī ḍol gayī hai. Ṣanaʿtī tahẕīb ke bacce apne āp ko bacce nahīṉ mānte aur kahāniyāṉ sunnā pasand nahīṉ karte. Unhoṉ ne betāl ko cup kar diyā aur ḵẖūd ūncī āvāz se bol rahe haiṉ, naʿrah lagā rahe haiṉ. Kahte haiṉ kih naʿre hī āj ke afsāne haiṉ. Phir maiṉ afsānah likhne pe kyūṉ muṣir hūṉ? Shāyad is li’e kih ek nīm kā peṛ mere bāhar thā, ek nīm kā peṛ mere andar hai. Bāhar ke peṛ par jo guzrī so guzrī magar andar kā peṛ to nah mar jā’e. Merā komiṭmanṭ apne nīm ke peṛ ke sāth hai jis kā phal kaṛvā hotā hai. Paivastah rah shajar se, nīm ke peṛ se aur afsāne se, ummīd‑i bahār ke bag͟hair kih ab log baccoṉ kī mānand nahīṉ rahe aur kahāniyāṉ sunnā pasand nahīṉ karte.

Bouddha disait que les gens ressemblent à des enfants et aiment écouter des histoires. Ainsi il racontait des histoires et Jésus des paraboles. Dans l’une d’elles, ce dernier disait : « Voyez le figuier, et tous les arbres : quand ils bourgeonnent, vous savez que l’été est proche27. » Mais comment pouvons‑nous reconnaître les saisons d’hiver et d’été, et comment pouvons‑nous raconter des contes, des paraboles et des fables morales quand le monde se vide d’arbres ? Et j’ignore aujourd’hui ce qu’est devenu le margousier de mon enfance, celui qui jadis m’annonçait l’été et la mousson. S’il est toujours là ou s’il a été abattu. Écoutez ce que disait Kabir :

« À la vue du charpentier, l’arbre se met à trembler. »

Mais à présent c’est toute la culture des arbres qui a été secouée. Les enfants de la culture industrielle ne se considèrent pas comme des enfants et ils n’aiment pas écouter d’histoires. Ils ont réduit le vampire au silence et ils parlent de leur plus haute voix, ils crient. Ils disent que ces cris sont les contes d’aujourd’hui. Alors pourquoi je m’évertue à écrire des histoires ? Peut‑être parce qu’il y avait un margousier à l’extérieur de moi, il y en a désormais un à l’intérieur. Quoiqu’il soit advenu au margousier extérieur, que le margousier intérieur ne meure pas. C’est ma promesse au margousier au fruit amer : Accroche‑toi à l’arbre, au margousier, au conte, sans espoir de printemps, car les gens aujourd’hui ne sont plus des enfants et ils n’aiment plus écouter d’histoires.

(1972)

3. Notes explicatives

Il n’existe pas de grammaire compréhensive récente de l’ourdou en français, mais un manuel utile : Désoulières, Alain. (2007). Structures élémentaires de l’ourdou. Cahier de grammaire I. Inalco. En anglais, il existe des grammaires plus complètes, dont Schmidt, Ruth Laila. (1999). Urdu : An Essential Grammar. Routledge.

Pour les notes ci-dessous, nous nous sommes appuyées sur la grammaire du hindi (similaire à la grammaire de l’ourdou) de Montaut, Annie. (2012). Le hindi. Peeters. Nous avons emprunté à cette dernière la façon de gloser les structures grammaticales sous le texte translittéré, avec une adaptation de certains termes dont on trouve ci‑dessous les abréviations :

ABL

ablatif

INTER

interrogatif

ACC

accusatif

M

masculin

adj

adjectif

NEG

négation

CV

converbe (ou absolutif)

O

oblique

DAT

datif

P

pluriel

DEM

démonstratif

PA

participe accompli

DUR

duratif

PASF

passif

ERG

ergatif

PI

participe inaccompli

EMPH

emphatique

PRET

prétérite (ou passé simple)

FOC

particule de focalisation  

PROG

progressif

F

féminin

PFT

parfait (ou passé composé)

FUT

futur

PPFT

plus-que-parfait

GEN

génitif

REFL

pronom réfléchi

H

- nH

honorifique

- non honorifique

REL

pronom relatif

IPFT

imparfait

S

singulier

IMP

impératif

SUBJ

subjonctif

INCEP

inceptif

1, 2, 3

1re, 2e, 3e personne

Les notes explicatives s’adressent à un lectorat déjà familier des structures fondamentales de l’ourdou. Les observations grammaticales introduites dans les premières sections, ne sont pas systématiquement répétées.

Enfin, si la traduction de certains mots et expressions est parfois proposée, les lecteur·ice·s sont invité·e·s à se reporter aux dictionnaires bilingues ourdou-anglais suivants pour compléter le vocabulaire :

  • Qureshi, Bashir Ahmad (éd.). (1987). Standard Twentieth Century Dictionary: Urdu into English. Educational Publishing House.

  • Rekhta Dictionary : <www.rekhtadictionary.com>.
     

Afsāne kā mustaqbil tārīk hai is li’e kih dunyā meṉ daraḵẖt kam hote cale jā rahe haiṉ aur ādmiyoṉ kī bhīṛ baṛhtī calī jā rahī hai.

is li’e kih : postposition (« pour la raison que ») qui introduit une subordonnée. Le démonstratif de la postposition est toujours le démonstratif proche yih à l’oblique (> is).

daraḵẖt

kam hote

cale jā

rahe haiṉ

arbre

diminuer.PI

DUR

PROG.Prés.3MP

« les arbres vont en diminuant. »

Il s’agit ici de la 3e personne du masculin pluriel au présent continu duratif du verbe lexical kam honā (« diminuer »). L’aspect duratif progressif est formé du participe inaccompli du verbe lexical et, ici, de l’auxiliaire calā jānā (« aller ») (= V‑tā calā jānā) et marque l’aspect duratif et intensif (/inéluctable) de l’action.

bhīṛ

baṛhtī

calī jā

rahī hai

foule

augmenter.PI

DUR

PROG.Prés.3FS

« la foule va en augmentant. »

Il s’agit de la même forme que dans la proposition précédente, à la 3e personne du féminin singulier au présent continu duratif du verbe lexical baṛhnā (« augmenter »).

Aisī dunyā meṉ jahāṉ ādmī hī ādmī hoṉ ṣaḥāfat paidā ho saktī hai. Shiʿr aur afsānah paidā nahīṉ ho sakte.

jahāṉ

ādmī

Ādmī

hoṉ 

humain

FOC

humain

être.SUBJ.Prés.3MP

« où il n’y a que des humains »

Jahāṉ (« où ») est un relatif de lieu qui introduit une proposition subordonnée relative. Le verbe honā (« être ») est conjugué au subjonctif présent, un mode qui sert à évoquer une situation (ou ici un lieu) hypothétique. La particule de focalisation , placée après le nom ādmī, a une valeur restrictive (« seulement »). Cet effet est renforcé par la réduplication du nom ādmī qui exprime une présence exclusive : « des humains et seulement des humains ».

ṣaḥāfat

paidā ho

saktī hai

journalisme

Naître

pouvoir.Prés.3FS

« le journalisme peut naître. »

Le potentiel est construit sur la base verbale du verbe paidā honā (« naître ») avec l’auxiliaire saknā (V saknā) qui exprime la possibilité générale (capacité, aptitude).

Shiʿr

aur

afsānah

paidā

nahīṉ

ho sakte.

poésie

et

Conte

naître

NEG

pouvoir.Prés.3MP

« la poésie et le conte ne peuvent pas naître. »

Au mode potentiel, le constituant négatif se positionne généralement entre le formant nominal (ici paidā) et le formant verbal (ici ho) (= NEG V AUX).

Ṣaḥāfat aur ḵẖit̤ābat ḵẖaliṣ insānī dunyā ke ẕarā’iʿ‑yi iz̤hār haiṉ. Shiʿr aur afsānah ḵẖaliṣ insānī ẕarā’iʿah‑i iz̤hār nahīṉ. Unhoṉ ne insān aur g͟hair-insān ke bāhamī mel‑milāp se janam liyā hai.

ẕarā’iʿ‑yi iz̤hār et ẕarā’iʿah‑i iz̤hār : l’annexion persane ou iẓāfat (littéralement « augment ») consiste à ajouter une voyelle invariable ‑i à la suite d’un nom pour lui ajouter un déterminant (déterminé + ‑i + déterminant), soit un nom complément de nom soit un adjectif épithète. L’iẓāfat traduit un génitif (ici ẕarā’iʿah‑i iz̤hār « le moyen d’expression ») ou une détermination adjectivale.

Shiʿr

aur

afsānah

ḵẖaliṣ

insānī

ẕarā’iʿah‑i iz̤hār

nahīṉ.

poésie

et

conte

seulement

humain (adj)

moyen d’expression

NEG

« la poésie et le conte ne sont pas seulement un moyen d’expression humain. »

Dans cette proposition, le verbe honā (« être ») conjugué à la 3e personne du pluriel (haiṉ) est sous‑entendu.

Unhoṉ

ne

insān

aur

g͟hair-insān

ke

bāhamī

mel-milāp

se

janam

liyā hai.

3P

ERG

humain

et

non-humain

GEN

Mutuel

rencontre

ABL

naître

prendre.PFT.3MS

« Ils sont nés de la rencontre mutuelle entre l’humain et le non-humain. »

Le verbe composé janam lenā (« prendre vie ») est conjugué au parfait (passé composé) qui se compose du participe accompli et du présent de l’auxiliaire « être ». Le verbe étant transitif, la forme requiert la structure ergative (agent à la forme oblique + postposition ergative ne) et le verbe s’accorde avec le patient non marqué (ici janam, masculin singulier).

Afsāne ne us zamāne meṉ janam liyā thā jab is dhartī par daraḵẖt bahut aur ādmī kam the. Rāt paṛtī to alāv ke gird muṭṭhī bhar ādmī, āge andherā hī andherā aur daraḵẖt hī daraḵẖt.

janam liyā thā : il s’agit ici du plus-que-parfait du verbe janam lenā qui se compose du participe accompli et de l’imparfait du verbe « être ».

Rāt paṛtī to : Dans cette proposition relative de temps, le relatif jab (« quand ») est omis mais son anaphorique to permet de déduire sa présence. L’auxiliaire « être » conjugué à la 3e personne du féminin singulier (thī) formant l’imparfait du verbe paṛnā est également omis. Sans aucune omission, la relative se lirait : jab rāt paṛtī thī (« quand la nuit tombait »).

andherā hī andherā : comme vu plus haut, la particule de focalisation  et la réduplication du nom andherā expriment une présence exclusive : « l’obscurité et seulement l’obscurité ».

Fit̤rat kī banā’ī hū’ī cīz kā badal fit̤rat kī banā’ī hū’ī cīz hī ho saktī hai. Jangal nahīṉ to ṣaḥrā ho aur ṣaḥrā nahīṉ hai to ūnce pahāṛhoṉ, kisī pur-shor samundar kā sāḥil ho.

banā’ī hū’ī cīz : il s’agit du participe accompli de banānā (« créer ») suivi du participe accompli du verbe « être » (hū’ī) accordés avec le mot qu’ils déterminent (ici cīz, « la chose », féminin singulier). Le participe accompli des verbes transitifs, orientés sur le patient, ont généralement une valeur passive, ici « une chose créée ».

pur-shor est une formation lexicale adjectivante typique de l’ourdou composée de l’adjectif persan pur‑ (« plein ») suivi du nom qu’il adjectivise (ici, shor, « le bruit ») : « plein de bruit, bruyant ».

Jangal

nahīṉ

To

ṣaḥrā

ho

Jungle/forêt

NEG

Alors

désert

SUBJ.3MS

« Si ce n’est pas une jungle, ce serait un désert »

Il s’agit ici d’une proposition hypothétique composée de la paire corrélative agar… to « si ». La protase précède toujours l’apodose introduite par to, mais elle omet ici à la fois le relatif agar et le verbe être (hai). La proposition hypothétique présentant ici un procès possible conjugue le verbe au subjonctif.

Gyān-dhyān, taḵẖayyul kī tarbiyat, taḵẖlīqī ʿamal bargad kī chā’oṉ meṉ bhī ho saktā hai, pahāṛoṉ kī guphā’oṉ meṉ bhī ho saktā hai, ṣaḥrā kī vusaʿtoṉ meṉ bhī ho saktā hai — magar kārḵẖāne kī dīvār ke sāye meṉ nahīṉ ho saktā aur falak-bos ʿimārteṉ falak-bos pahāṛoṉ aur ghane ūnce daraḵẖtoṉ kā badal nahīṉ ban saktīṉ.

taḵẖlīqī

ʿamal

bargad

chā’oṉ

meṉ

bhī

ho saktā hai

créatif (adj)

processus

banyan.O

GEN

ombre.O

dans

aussi

être.pouvoir.Prés.3MS

« Le processus créatif peut aussi être dans l’ombre d’un banyan. »

Le verbe est conjugué à la 3e personne du masculin singulier du présent habituel dans une construction modale potentielle avec l’auxiliaire saknā (« pouvoir »). Le verbe s’accorde avec le dernier nom du groupe sujet, ici ʿamal qui est masculin singulier.

nahīṉ ban saktīṉ : le verbe est conjugué à la 3e personne du féminin pluriel (en accord avec le sujet ʿimārteṉ) au présent habituel dans la modalité potentielle avec l’auxiliaire saknā (« pouvoir »). Ici, l’auxiliaire « être » conjugué (haiṉ) étant omis, la nasalisation se reporte sur l’auxiliaire saknā (saktī haiṉ > saktīṉ) : « [les immeubles] ne peuvent pas devenir ».

Falak-bos ʿimārtoṉ, shor macāte kārḵẖānoṉ, qat̤ār-andar-qat̤ār kvārṭaroṉ aur flaiṭoṉ se ab mafar nahīṉ hai. Ārtigā Joze ne āj se cālīs baras pahle insānī bhīṛ kā jo naqshā Yūrap ke siyāq‑o sabāq meṉ khīncā thā ab vah hamārī bastiyoṉ meṉ bhī ṣanaʿtī ʿahad kī parchāyāṉ paṛne ke sāth ubhar rahā hai.

qat̤ār-andar-qat̤ār

flaiṭoṉ

se

ab

mafar

nahīṉ

hai

rangée après rangée

appartements.O

ABL

maintenant

refuge

NEG

être.Prés.3MS

« il n’y a plus de refuge face aux rangée après rangée d’appartements […] »

Ārtigā

ne

jo

naqshā

khīncā thā

vah

ubhar rahā hai.

Ortega

ERG

REL

portrait

esquisser.PPFT3MS

DEM

émerger.Prés.PROG3MS

« Le portrait qu’Ortega avait esquissé […] est en train d’émerger […]. »

Il s’agit ici d’une proposition relative typique formée avec le pronom relatif jo repris dans la principale par le pronom vah.

Le verbe transitif khīncnā (« esquisser ») est conjugué à la 3e personne masculin singulier du plus-que-parfait et requiert la construction ergative (sujet à l’oblique + particule ne).

parchāyāṉ paṛne ke sāth : l’infinitif du verbe paṛnā (« tomber, se projeter »), dont le sujet est parchāyāṉ (« les ombres »), est fléchi à l’oblique comme le requiert la postposition complexe ke sāth (« avec ») : « avec les ombres qui se projettent ».

Ṭraifik itnā hai kih daraḵẖt kāṭ kāṭ kar saṛakeṉ phailā’ī jā rahī haiṉ. Bas ādmiyoṉ se bharī hotī haiṉ, rikshā’oṉ aur ṭaiksiyoṉ ke shor se kān paṛī āvāz sunā’ī nahīṉ detī.

daraḵẖt kāṭ kāṭ kar : kāṭ kar est le converbe (ou absolutif) du verbe kāṭnā (« couper ») qui se forme en ajoutant le suffixe ‑kar au radical nu du verbe. Ce participe fonctionne comme un coordonnant ou un gérondif. Dans ce cas‑ci, le converbe exprime une antériorité avec une nuance causale inférée par le contexte. Le redoublement de la racine kāṭ‑ exprime la répétition ou l’intensité de l’action.

Bas

ādmiyoṉ

se

bharī

hotī haiṉ

Bus

humains.O

ABL

plein (adj)

être.Prés.3FP

« les bus sont pleins d’humains »

Le verbe « être » est conjugué à la 3e personne féminin pluriel (accord avec le sujet « bus ») au présent habituel qui exprime des propriétés génériques ou des vérités générales.

kān

paṛī

āvāz

sunā’ī

nahīṉ

detī

oreille

tomber.PA.F

voix

entendre.PA.F

NEG

donner.Prés.3FS

« une voix tombée dans l’oreille ne se fait pas entendre »

Dans cette proposition, paṛī est le participe accompli de paṛnā (« tomber ») qui complète le sujet de la phrase āvāz (« la voix »), littéralement : « une voix tombée (dans) l’oreille ».

Le verbe principal de la proposition est une locution verbale composée du participe accompli de sunānā (« faire entendre ») et du verbe denā (« donner »), signifiant « se faire entendre, être audible ».

Magar savārī kā phir bhī toṛā hai. Rahā’ish kā mas’alah bhī is qadar sangīn hai. Makān kam haiṉ makīn bahut haiṉ. Nayī ābādiyāṉ basā’ī jā rahī haiṉ. Jahāṉ kal jangal the āj vahāṉ kvārṭaroṉ aur flaiṭoṉ kā jangal phailā hū’ā hai. Us ke bavajūd makān kā ḥuṣūl ek mas’alah hai.

phir bhī : locution adverbiale concessive « pourtant, malgré cela ».

Nayī

ābādiyāṉ

basā’ī

rahī haiṉ

nouvelle (adj)

habitations

établir.PA.FS

aller.PASF

Prés.PROG.3FP

« de nouvelles habitations sont en train d’être établies »

La voix passive est formée du participe accompli accordé avec le sujet (ābādiyāṉ, féminin pluriel) et de l’auxiliaire jānā (« aller ») conjuguée ici au présent progressif.

Ḵẖālī makān māẓī kā afsānah haiṉ, aise makān jo barsoṉ ḵẖālī paṛe rahte the hattá kih un meṉ paṛe hū’e tāloṉ par zang jam jātī thī ab kisī shahr meṉ naz̤ar nahīṉ āte. Aise makān pur-asrār ban kar taḵẖayyul kī nasho-o-numā karte the aur qiṣṣah kahānī ko janam dete the.

aise

makān

jo

rahte the

ab

naz̤ar

nahīṉ

āte [haiṉ]

telles

maisons

REL

rester.IPFT.MP

maintenant

vue

NEG

venir.Prés.3MP

« de telles maisons qui restaient […] ne sont plus visibles maintenant. »

Le verbe être est sous-entendu après le participe inaccompli, il s’agit d’un présent habituel.

pur-asrār, comme vu plus haut, est une formation lexicale adjectivante composée de l’adjectif persan pur‑ (« plein ») suivi du mot qu’il adjectivise, ici asrār « le mystère ».

hattá kih

un

meṉ

paṛe hū’e

tāloṉ

par

zang

jam jātī [haiṉ]

jusqu’à ce que

DEM.O

dans

gésir.PA.MP

cadenas.O

sur

rouille

durcir.Prés.3FS

« jusqu’à ce que la rouille durcisse sur leurs cadenas délaissés »

kisī shahr meṉ : le pronom-adjectif indéfini kuch (quelque) est ici fléchi à l’oblique singulier comme le requiert la postposition meṉ (« dans ») et sert à marquer l’indétermination : « dans n’importe quelle ville ».

Aise

makān

pur-asrār

ban kar

taḵẖayyul

nasho‑o numā

karte the

telles

maisons

mystérieux

devenir.CV

imagination.O

GEN

stimulation

faire.IPFT.3MP

« de telles maisons, devenant mystérieuses, stimulaient l’imagination. »

nasho‑o numā utilise la conjonction arabe ‑wa (« et »), adaptée phonétiquement à travers le persan (‑o), qui sert à créer un binôme lexical avec deux noms quasi synonymes.

Taḵẖayyul kī nasho-o-numā kuch ḵẖālī pur-asrār makānoṉ ke ẕimme thī, kuch ghane purāne daraḵẖtoṉ ke ẕimme, kuch parindoṉ aur dūsre jānvaroṉ ke ẕimme thī yih sab muʿāshare ke faʿāl kirdār the.

nasho‑o numā

kuch

ḵẖālī

pur‑asrār

makānoṉ

ke

ẕimme

thī

stimulation

quelque

vide

mystérieux

maisons.O

GEN

responsabilité

être.PFT.3FS

« la stimulation était la responsabilité de quelques maisons mystérieuses vides »

yih

sab

muʿāshare

ke

faʿāl

kirdār

the.

DEM

tous

société.O

GEN

actif (adj)

personnages

être.PFT.3MP

« ils étaient tous des personnages actifs de la société »

Insān-dostī bar-ḥaq magar Tulsī, Kabīr, aur Naz̤īr kī insān-dostī ḵẖālī-ḵẖūlī insānī ḥavāle se nahīṉ thī. Vah insān aur g͟hair-insān ke us pur-asrār rishte ke ḥavāle se thī jo un zamānoṉ meṉ parvān caṛhne-vāle muʿāsharoṉ kī bunyād thā.

Insān-dostī

bar-ḥaq

magar

… Naz̤īr

insān-dostī

nahīṉ

thī

amour de l’humanité

véritable

mais

… Nazir.O

GEN

amour de l’humanité

NEG

être.PFT.3FS

« un véritable amour de l’humanité, mais l’amour de l’humanité de Nazir n’était pas […] »

Ici, la conjonction de coordination adversative d’origine persane magar (« mais ») n’introduit pas d’opposition frontale mais plutôt une correction : l’humanisme de Tulsi etc. n’était pas uniquement focalisé sur l’humain.

caṛhne-vāle muʿāsharoṉ kī bunyād : le suffixe vālā sert à former des noms d’agents, de métier, d’association ou des adjectifs. Le suffixe s’attache au nom (ou ici au verbe à l’infinitif caṛhnā « grandir ») fléchi à l’oblique : caṛhne-vālā « celui qui grandit/grandissant ». L’adjectif complémente le nom muʿāshare qui est lui‑même à l’oblique comme le requiert la postposition possessive .

Magar ab ham apnī falak-bos ʿimārtoṉ, shor macāte kārḵẖānoṉ aur bhārī-bharkam mashīnoṉ ke sāth ek na’e ʿahd‑i barbariyat meṉ dāḵẖil ho rahe haiṉ. Is tahẕīb-numā barbariyat kī badaulat tajarbe kā mintaqah sukaṛtā jā rahā hai aur iṯṯilāʿāt-o-maʿlūmāt kā jangal phailtā jā rahā hai. Ādmī kā jangal se rishtah ṭūṭ rahā hai aur ādmī janglī bantā jā rahā hai.

ham apnī falak-bos ʿimārtoṉ ke sāth… : le pronom réflexif apnā remplace ici le pronom personnel (hamārā) car il est coréférent avec le sujet de la phrase (ham).

shor

macāte

kārḵẖānoṉ

ke sāth

bruit

produire.PI.MP.O

usines.O

avec

« avec […] [nos] usines produisant du bruit »

ek

na’e

ʿahd‑i barbariyat

meṉ

dāḵẖil ho rahe haiṉ

une

nouveau (adj).O

ère+iẓāfat+barbarie.O

dans

entrer.Prés.PROG.1MP

« nous entrons dans une nouvelle ère de barbarie »

tahẕīb-numā barbariyat : numā est un suffixe persan qui signifie « qui ressemble à », l’adjectif tahẕīb-numā qui qualifie le nom barbariyat signifie « qui a des airs/qui ressemble à une civilisation ».

tajarbe

mintaqah

sukaṛtā jā rahā [hai]

expérience.O

GEN

champ

réduire.DUR.PROG.Prés.3MS

« le champ de l’expérience se réduit de plus en plus. »

Le verbe est conjugué à la 3e personne du masculin singulier au présent progressif duratif marqué par l’auxiliaire jānā (« aller »), ici au progressif, le duratif cumule duration et intensivité.

Ādmī

jangal

se

rishtah

ṭūṭ rahā hai 

humain.O

GEN

forêt.O

ABL

lien

casser.Prés.PROG.3MS

« le lien de l’humain avec la forêt est en train de casser. »

Ab “Betāl Paccīsī” nahīṉ likhī jā saktī. Kyūṉ? Is li’e kih betāl ne yih kahā thā kih rāh acchī bātoṉ kī carcā meṉ kaṭe to acchhā hai. Sivā’e rājā jo maiṉ kathā kahtā hūṉ use sun. Jo tū raste meṉ bolegā to maiṉ ulṭā phir jā’ūṉgā.

Ab

“Betāl Paccīsī”

nahīṉ

likhī

saktī [hai]

maintenant

« Les contes du Vampire »

NEG

écrire.PA.FS

aller.PASF

pouvoir.Prés.3FS

« aujourd’hui, Les contes du Vampire ne peut pas être écrit. »

betāl

ne

yih

kahā thā

kih

vampire.O

ERG

DEM

dire.PPF.3MS

que

« Le vampire avait dit que »

La complétive kih introduit les propos du vampire au discours direct (dont il reporte les pronoms, temps/modes et interrogatifs).

rāh

acchī bātoṉ

carcā

meṉ

kaṭe

to

acchhā

hai

chemin

bonnes choses.O

GEN

discussion.O

dans

passer.SUBJ.3S

alors

bien

être.Prés.3MS

« C’est bien [si] le chemin (se) passe dans la discussion de bonnes choses »

Il s’agit ici d’une proposition corrélative éventuelle dont l’apodose est introduite par to mais où le corrélatif (agar) de la protase est omis.

sivā’e

rājā

jo

maiṉ

Kathā

kahtā hūṉ

use

sun

alors

roi

REL

1S

Histoire

dire.Prés.1MS

DEM.DAT

IMP.2nonH

« alors, Sire, écoute l’histoire que je raconte ! »

Le verbe sunnā est ici conjugué à l’impératif de la 2e personne non honorifique .

Le pronom démonstratif vah est fléchi au datif use/usko qui renvoie à l’histoire spécifique mentionnée dans la proposition relative.

Jo

raste

meṉ

bolegā

To

maiṉ

ulṭā

phir jā’ūṉgā

si

2nonH

chemin.O

dans

parler.FUT.MS

Alors

1S

à l’inverse

tourner.FUT.1MS

« si tu parles en chemin, je ferai demi-tour. »

Jo n’est pas ici le pronom relatif introduisant une proposition relative, mais le marqueur conditionnel équivalant à agar et introduisant la protase dans une proposition hypothétique.

Magar ab ham bolne bahut lage haiṉ. Taqrīreṉ, aḵẖbārī bayānāt, muẕākare, mubāḥas̲e, aur hamārī rāheṉ bahut pur-shor haiṉ. Un rāhoṉ par calte hū’e insān aur g͟hair-insān ke darmiyān mukālamah mumkin nahīṉ rahā. Musalsal shor ke bīch hamarī samāʿt meṉ farq ā gayā hai. Kuch āvāzeṉ to ab ham sun hī nahīṉ sakte.

Magar

Ab

ham

bolne

Bahut

lage haiṉ

mais

à présent

1P

parler.O

Beaucoup

INCEP.PFT.MP

« mais à présent nous nous sommes mis à parler beaucoup. »

Le verbe bolnā apparaît sous la forme de l’infinitif oblique suivi de l’auxiliaire lagnā « se coller, être en contact », conjugué à la 1re personne du pluriel au passé composé. Cette construction exprime l’aspect inceptif de l’action (« commencer à »).

samāʿt

meṉ

farq

ā

gayā hai.

ouïe.O

dans

différence

venir

aller.PFT.MS

« une différence dans l’ouïe est arrivée » = « l’ouïe est devenue différente »

L’auxiliaire jānā fonctionne comme explicateur verbal perfectivant dans cette construction qui se forme sur le radical nu du verbe principal (ici ānā) et est conjugué ici à la 3e personne du masculin singulier au passé composé.

Jab rājā Bikramājīt bīc meṉ bol paṛā aur betāl vāpas daraḵẖt pih jā laṭkā to ḥaqīqat nigārī-vālā afsānah paidā hū’ā. Samājī iṣlāḥ, siyāsī ṣūrat‑i ḥāl kī ʿakkāsī, inqilāb, komiṭmanṭ yih rājā Bikram ke apne tarāshe hū’e but haiṉ yā Ḍī. Aich. Lā’urens ke lafz̤oṉ meṉ ḵẖayālāt-o-afkār kī raddī kī ṭokrī kih ham ne apne saroṉ par uṭhā rakhī hai aur kuch ḵẖabar nahīṉ hai kih hamāre andar ek tārīk barr-i aʿam sāns le rahā hai.

Jab

rājā Bikramājīt

bīc

meṉ

bol

paṛā

quand

roi Vikramjit

milieu.O

dans

parler

tomber.PRET.3MS

« Quand le roi Vikramjit parla (soudainement) »

Le verbe paṛnā est un explicateur verbal qui s’ajoute au radical nu du verbe principal (bolnā) et est conjugué à la 3e personne du masculin singulier au prétérite (passé simple). L’utilisation de paṛnā (« tomber ») comme explicateur verbal qualifie le processus comme soudain ou brutal.

yih

rājā Bikram

ke

apne

tarāshe hū’e

but

haiṉ

DEM

roi Vikram

GEN

REFL

modeler.PA.MP

idoles

être.Prés.3MP

« ce sont les idoles modelées par le roi Vikram lui‑même »

ṭokrī

Kih

ham

ne

apne

saroṉ

par

uṭhā

rakhī hai

corbeille

Que

nous

ERG

REFL.O

têtes.O

sur

porter

garder.PFT.3FS

« la corbeille que nous conservons sur nos têtes »

rakhnā est utilisé comme explicateur verbal et se rajoute au radical nu du verbe principal uṭhānā.

Kathā sunāne-vālā betāl kahīṉ dūr daraḵẖt par gum-mathān laṭkā hū’ā hai. Yahāṅ rājā Bikram raddī kī ṭokrī sar pih rakhe bole calā jā rahā hai aur taqāẓā kartā hai kih ise hī kathā samjho. Yih kaisī kathā hai kih ādmī kā’ināt se bichṛā hū’ā hai aur apnī raddī kī ṭokrī kā’ināt samajh rahā hai?

sunāne-vālā

Betāl

kahīṉ

dūr

daraḵẖt

par

gum-mathān

laṭkā hū’ā

hai

qui raconte (adj)

vampire

quelque.O

lointain.O

arbre.O

sur

pensif (adj)

pendre.PI.MS

être.3MS

« le vampire conteur est pendu, pensif, à quelque lointain arbre »

rājā…

… ṭokrī

sar

pih

rakhe

bole

calā jā rahā hai

roi

corbeille

tête.O

sur

poser.PA

parler.PA

partir.Prés.PROG.3MS

« le roi ayant posé sa corbeille sur la tête s’en va en parlant »

Les deux participes accomplis fléchi à l’oblique invariable (‑e) forment des propositions dépendantes qui expriment la concomitance des actions.

taqāẓā kartā hai

kih

ise

kathā

samjho

insister.Prés.3MS

que

DEM.DAT

FOC

histoire

comprendre.IMP.2

« (il) insiste que l’on considère celle‑ci comme une histoire »

La conjonction kih introduit un discours direct à la deuxième personne (tum) de l’impératif.

Ḥaqīqat nigārī kī rivāyat meṉ likhe hū’e afsānoṉ ko dekhiye. Phir un afsānoṉ ko bhī dekhiye jo is rivāyat se bag͟hāvat kar ke likhe ga’e. Betāl nah vahāṉ boltā naar ātā nah yahāṉ boltā dikhā’ī paṛtā hai. Donoṉ ṣūratoṉ meṉ rājā Bikram apne ḵẖayālāt‑i ʿāliyah bayān kar rahā hai. Kabhī samājī iṣlaḥ kā bīṛā uṭhāyā hai, kabhī inqilāb kā naʿrah lagātā hai, kabhī komiṭmanṭ kī bāt kartā hai. Kabhī rajā’iyat kā paig͟hām detā hai, qaum kā ḥauṣlah bandhātā hai. Is ke sivā us ke liye cārah bhī kyā hai? Kyūṉkih bhīṛ bahut hai, basoṉ meṉ, sīnemā gharoṉ meṉ, kalcaral taqrīboṉ meṉ bhīṛ kā apnā maẕāq hotā hai aur apnī pasand aur nā-pasand hotī hai. Jo us pasand par pūrā nahīṉ utartā us ke ḵẖilāf shor uṭhtā hai: “Kill him for his bad verses”.

Ḥaqīqat-nigārī

rivāyat

meṉ

likhe hū’e

afsānoṉ

ko

dekhiye

réalisme.O

GEN

tradition.O

dans

écrire.PA.MP.O

histoires.O

ACC

regarder.IMP.2H

« regardez les histoires écrites dans la tradition du réalisme »

jo

is

rivāyat

se

bag͟hāvat kar ke

likhe

ga’e

REL

DEM.O

tradition.O

ABL

rébellion.faire.CV

écrire.PA.MP

aller.PASF.PFT.3MP

« [celles] qui ont été écrites en se rebellant contre cette tradition. »

Le pronom relatif jo renvoie à l’objet direct de la proposition principale vah afsānah (« les histoires »).

Kar ke est le converbe (ou absolutif) qui se forme en ajoutant ‑kar ou, ici, ‑ke à la racine du verbe lexical, ici bag͟hāvat karnā (« se rebeller »). Il fonctionne dans cette proposition comme un gérondif.

La voix passive est formée du participe accompli du verbe likhnā accordé avec le sujet (afsane, masculin pluriel) et de l’auxiliaire jānā (« aller ») conjuguée ici à la 3e personne du masculin pluriel au parfait.

Betāl

nah

vahāṉ

boltā

naz̤ar

ātā [hai]

vampire

NEG

parler.PI.MS

vue

venir.Prés.3MS

nah

yahāṉ

Boltā

dikhā’ī

paṛtā hai

NEG

ici

parler.PI.MS

apparence

tomber.Prés.3MS

« Le vampire n’apparaît parlant ni là, ni (apparaît parlant) ici. »

boltā est le participe inaccompli accordé avec le nom qu’il complète (betāl, masculin singulier) et indique que l’action est en cours.

La négation nah est ici une double coordination négative (ni… ni…) renforcée par la paire adverbiale yahān… vahān (« ici… là »).

Les verbes composés naz̤ar ānā et dikhā’ī ānā sont conjugués à la 3e personne du masculin singulier au présent habituel et sont des quasi synonymes (« être vu, apparaître »).

Is ke sivā

us

ke liye

cārah

bhī

kyā

hai

À part cela

DEM.O

pour

option

bhi

INTER

être.Prés.3MS

« à part ça, quelle autre option y a‑t‑il pour lui ? »

La particule bhī n’est ici pas additive (« aussi ») mais focalise l’élément interrogé (cārah) et suggère une attente négative.

bhīṛ

Apnā

maẕāq

hotā hai

foule.O

GEN

REFL

goût

être.Prés.3MS

« la foule a son propre goût »

Le mot maẕāq signifie généralement la plaisanterie, mais ici il signifie plutôt « le penchant, le goût ».

Le verbe honā apparaît au présent habituel pour indiquer une vérité générale. Avec la construction possessive, le verbe honā signifie « avoir » (X honā = X avoir Y).

So ab ham sitam-zadoṉ kī dunyā itnī tang hai kih chiyūnṭī kā anḍā hamārā āsmān hai yih kaisī dunyā hai kih insānī chahre hī har t̤araf dikhā’ī dete haiṉ. Bāqī kā’ināt apne daraḵẖtoṉ, darindoṉ aur sāyoṉ ke sāth kahāṉ gum ho gayī. Ek vah dāstāneṉ thīṉ jin meṉ ādmī kā’ināt ke ek juz ke aur naar ātā thā, kabhī insānī cahroṉ ke darmiyān, kabhī ajnabī g͟hair-insānī ṣūratoṉ meṉ ghirā hū’ā, kabhī bastī meṉ, kabhī bastī se bāhar jangloṉ meṉ bhaṯaktā hū’ā. Vah aisī insānī dunyā thī jis ke darīce ajnabī jangloṉ meṉ khulte the aur maʿlūm se nā‑maʿlūm kī araf safar jārī rahtā thā.

Bāqī

kā’ināt […]

kahāṉ

gum ho

gayī

Restant (adj)

univers […]

INTER

être perdu

aller.PRET.3FS

« où a disparu le reste de l’univers ? »

Le verbe jānā fonctionne comme explicateur verbal perfectivant de gum honā.

Ek

vah

dāstāneṉ

thīṉ

jin

meṉ […]

un

DEM

contes

être.IMPFT.3FP

REL.O

dans

« avant il y avait des contes dans lesquels […] »

Ek ici n’exprime pas le chiffre « un » mais plutôt indique « un certain type » de contes.

aisī

… dunyā

Thī

jis

ke

darīce

… jangloṉ

meṉ

khulte the

tel

monde

être.IMPFT.3FS

REL.O

GEN

fenêtres

forêts.O

dans

s’ouvrir.IMPFT.3MP

« c’était un monde […] dont les fenêtres s’ouvraient sur les forêts. »

Us jokham-bhare safar meṉ kabhī betāl se muḍbheṛ hotī thī, kabhī azhdahoṉ aur rākshasoṉ se laṛnā paṛtā thā, kabhī jūn hī badal jatī thī jo raste meṉ rah gayā vah rah gayā, jo nikal gayā vah ādmī ban gayā. Na’e zamāne ne koshish kī kih ādmī kī dunyā se jangal nikal jā’e. Ādmī har ghūnṭ iṯminān se jā’e, kisī ghūnṭ hiran naz̤ar nah ā’e kih vah is kā taʿāqub kare aur rastah bhūl jā’e.

kabhī

azhdahoṉ

aur

rākshasoṉ

se

laṛnā

paṛtā thā

parfois

dragons.O

Et

démons.O

ABL

combattre

tomber.IMPFT.3MS

« parfois, on devait se battre contre des dragons et des démons. »

Il s’agit ici d’une structure verbale déontique formée avec l’infinitif du verbe lexical et le verbe auxiliaire, ici paṛnā, conjugué. Contrairement aux autres auxiliaires (cāhi’e ou honā) pouvant créer cette modalité, paṛnā indique une contrainte forte, une obligation, plutôt qu’une recommandation ou une directive plus spécifique.

jo

raste

meṉ

rah

gayā

vah

rah

gayā

REL

chemin.O

dans

rester

aller.PRET.3MS

DEM

rester

aller.PRET.3MS

« ce qui est resté en chemin est resté en chemin »

gayā est le semi-auxiliaire jānā explicateur verbal perfectivant de rahnā (« rester »).

Na’e

zamāne

ne

koshish kī

kih

nouvelle.O (adj)

époque.O

ERG

essayer.PRET.3FS

que

ādmī

dunyā

se

jangal

nikal

jā’e.

humains.O

GEN

monde.O

ABL

forêt

sortir

aller.SUBJ.3S

« la nouvelle époque/modernité a essayé de faire sortir la forêt du monde des humains. »

Dans une construction ergative au prétérite, le verbe karnā s’accorde avec son complément d’objet direct (ici avec son composé koshish « essai », féminin singulier).

La particule kih sert de particule de coordination entre la proposition principale et la subordonnée.

L’explicateur verbal perfectivant jānā est conjugué à la 3e personne du singulier au subjonctif pour exprimer un souhait.

Na’e afsānah nigār ne samjhā kih jangal sach much g͟hā’ib ho ga’e haiṉ. Phir us ne aisī insānī dunyā pesh karnī shurūʿ kī jis ke darīce kisī jangal meṉ nahīṉ khulte. Magar ādmī kā shaiṯān ādmī. Rākshas bastiyoṉ meṉ paidā hū’e aur ādmī mantar-jantar ke bag͟hair hī jūn badalne lage. Jangal ke safar meṉ ādmī kī jūn badaltī thī to vah apnī insānī jidd o jahd ke zor par apnī jūn meṉ vāpas bhī ā jātā thā. Ādmī kā dūsrī jūn meṉ jā kar phir apnī jūn meṉ vāpas ānā insānī jauhar kī fateḥ kā eʿlān thā. Yih ek ʿaz̤īm insānī razmiyah hai jo purāne qiṣṣah-kahāniyoṉ meṉ bayān hū’ī.

Na’e

afsānah nigār

ne

samjhā

kih

jangal

sach much

g͟hā’ib ho

nouveau.O

nouvelliste.O

ERG

comprendre.PRET.3MS

que

forêts

Vraiment

disparaître

ga’e haiṉ

aller.PFT.3MP

« Le nouvelliste moderne a cru que les forêts avaient vraiment disparues. »

us

ne

aisī

… dunyā

pesh karnī

shurūʿ kī

DEM.O

ERG

tel

monde

présenter.FS

commencer.PRET.3FS

jis

ke

darīce

kisī

jangal

meṉ

nahīṉ

khulte

REL.O

GEN

fenêtres

quelque.O

forêt.O

Dans

NEG

s’ouvrir.PI.MP

« Il a commencé à présenter un monde […] dont les fenêtres ne s’ouvraient plus sur aucune forêt. »

Le verbe shurūʿ karnā ici conjugué au prétérite avec la construction ergative s’accorde avec son complément d’objet direct (ici son composé shurūʿ « le commencement » au féminin singulier). Il ouvre une proposition infinitive dont le verbe s’accorde également avec son complément d’objet direct pesh (féminin).

Kisī est l’oblique de l’adjectif indéfini kuch (« quelque »).

Magar

ādmī

shaiṯān

ādmī.

Mais

humain.O

GEN

diable/ennemi

humain

« Mais l’Homme est l’ennemi de l’Homme »

Le verbe « être » à la 3e personne du singulier (hai) est sous-entendu dans cette phrase.

ādmī

mantar-jantar

ke bag͟hair

jūn badalne

lage

humains

sortilège.O

sans

FOC

se transformer.O

INCEP.PRET.3MP

« les Hommes se mirent à se transformer sans même un sortilège. »

Jangal

ke

safar

meṉ

ādmī

jūn

badaltī thī

Forêt.O

GEN

voyage.O

dans

humain.O

GEN

forme

changer.IMPT.3FS

to

vah

apnī

Insānī

jidd-o jahd

ke

zor

par

alors

DEM

REFL

humain.O (adj)

effort.O

GEN

force.O

sur

apnī

jūn

meṉ

Vāpas

bhī

ā

jātā thā.

REFL

forme.O

dans

Retour

FOC

venir

aller.IMPT.3MS

« Quand, au cours du voyage en forêt, l’Homme se transformait, il pouvait toujours, à la force de ses propres efforts humains, revenir à sa propre forme. »

Il faut sous-entendre jab (« quand ») dans la proposition principale, auquel répond le to.

Bhī est une particule additive et emphatique qui focalise sur le retour (vāpas). Ici, elle renforce donc la possibilité de revenir (vāpas ānā) = « il pouvait toujours/quand même revenir ».

Magar Kāfkā ke insān ne bhare shahr ke bīc apnī jūn badlī. Use apnī jūn meṉ vāpas ānā naṣīb nahīṉ hū’ā. Insānī jauhar kī maut, epik kā ḵẖātimah, dāstān kā anjām. Yūrap par mauqūf nahīṉ, jahāṉ jahāṉ ādmī ko is ṣūrat‑i ḥāl se pālā paṛegā us ke sāth yihi guzregī magar soshalisṭ dānishvar kahtā hai kih aisā mat kaho kih yih qunūiyat kā parcār hai, insāniyat kī taẓlīl hai. Insān ʿaīm hai ḵẖudāyā, vah bandar nahīṉ ban saktā.

Kāfkā

ke

insān

ne

bhare

Shahr

ke bīc

apnī

jūn badlī

Kafka.O

GEN

humain.O

ERG

plein.O (adj)

ville.O

au milieu de

REFL

transformer.PRET.3FS

« L’Homme de Kafka se transforma au milieu d’une ville pleine »

jahāṉ jahāṉ

ādmī

ko

Is

ṣūrat-i ḥāl

Se

pālā paṛegā

Partout où

humain.O

DAT

DEM.O

situation.O

ABL

être confronté.FUT.3MS

« Partout où l’humain sera confronté à cette situation. »

Pālā paṛnā se construit avec la postposition se et l’expérient (ici ādmī) au datif.

Le redoublement de jahāṉ lui donne une valeur distributive (« partout où »).

dānishvar

kahtā hai

Kih

aisā

mat

kaho

savant

dire.Prés.3MS

Que

ainsi

NEG

dire.IMP.2

« le savant dit de ne pas dire ainsi » = « le savant dit : “ne dis/dites pas ainsi” »

Kih introduit le discours direct, avec le verbe conjugué à la 2e personne de l’impératif.

La particule négative mat est typique de l’impératif et ne s’emploie qu’à ce mode.

Insān

ʿaz̤īm

Hai

ḵẖudāyā

humain

grand (adj)

être.Prés.3S

ô Dieu

« L’Homme est grand, ô Seigneur ! »

ḵẖudāyā est une interjection formée à partir de ḵẖudā (« Dieu ») et du suffixe vocatif persan ‑ (« ô »), il s’agit donc d’une invocation qui exprime ici une exclamation emphatique, mais qui peut également exprimer la surprise, la désolation ou la supplication dans d’autres contextes.

Acchā yih qunūiyat hai to phir? Qunūt̤ī ādmī hī ho saktā hai, bandar qunūt̤ī nahīṉ hote. Māyūs honā aur shiʿr kahnā Mīr kā muqaddar ṭhahrā. Bandar nah māyūs hote haiṉ nah shiʿr kahte haiṉ lekin agar Kulliyāt‑i Mīr un ke hathe caṛh jā’e to vah us kī cindī cindī ẓarūr kar sakte haiṉ. Taraqqī pasand tanqīd ne Mīr kī cindī cindī kī, Mīr kī aur har us shiʿr kī aur afsāne kī jis se unheṉ yāsiyat kī bū āyī — māns gand māns gand.

bandar qunūt̤ī nahīṉ hote : le verbe être conjugué ici à la 3e personne du masculin pluriel au présent habituel indique une vérité générale.

agar

Kulliyāt‑i Mīr

unke

hathe

caṛh jā’e

si

Anthologie-iẓāfat Mir

DEM.GEN

mains

parvenir.aller.SUBJ.3MS

to

vah

us

cindī cindī

ẓarūr

kar

sakte haiṉ

alors

DEM

DEM.O

GEN

morceaux

certainement

faire

pouvoir.Prés.3MP

« si l’anthologie de Mir parvenait entre leurs mains, alors ils peuvent certainement en faire des petits morceaux. »

Dans la protase, le semi-auxiliaire jānā conjugué à la 3e personne du singulier au subjonctif (pour indiquer une éventualité) fonctionne comme explicateur verbal perfectivant de caṛhnā.

jis

se

unheṉ

Yāsiyat

āyī

REL.O

ABL

DEM.DATIF

désespoir.O

GEN

odeur

arriver.PRET.3FS

« duquel une odeur de désespoir leur parvint »

Munīr Niyāzī kā ko’ī ko’ī shiʿr mujhe ḥairān kartā hai kih is zamāne meṉ yih shaḵẖṣ shahr meṉ caltā caltā acānak jangal meṉ kaise jā nikaltā hai. Maiṉ ḥairān hotā hūṉ aur rashk kartā hūṉ is li’e kih mujhe musalsal shahr meṉ calte rahnā aur hajūm ke darmiyān mustaqil sāns lenā pasand nahīṉ. Is ʿamal meṉ lagtā hai kih maiṉ insānī vaṣf se maḥrūm hotā jā rahā hūṉ. Āḵẖir kyūṉ aisā moṛ nahīṉ ātā kih shahr se guzar kar maiṉ apne ta’īn jangal meṉ pā’ūṉ?

ko’ī ko’ī shiʿr : ko’ī est un adjectif indéfini (« quelque ») dont le redoublement distributif indique une sélection partielle : « seulement quelques, de rares vers ».

caltā caltā

acānak

jangal

meṉ

kaise

nikaltā hai

PI.MS

soudain

forêt.O

dans

INTER

aller

sortir.Prés.3MS

« tout en marchant, comment se retrouve‑t‑il soudain dans la forêt ? »

La réduplication du participe inaccompli caltā a ici valeur de simultanéité.

Le verbe nikalnā conjugué à la 3e personne du masculin singulier au présent habituel est le semi-auxiliaire perfectivant de jānā, il indique le caractère soudain de l’action (renforcé par l’adverbe acānak).

mujhe

musalsal

Shahr

meṉ

calte

rahnā

… pasand

nahīṉ

1S.DAT

continuellement

ville.O

dans

marcher.PI

rester.DUR

… préférence

NEG

« je n’aime pas marcher continuellement dans la ville »

calte rahnā est un infinitif, complément d’objet direct du verbe pasand honā (« apprécier »), qui marque l’aspect duratif de l’action. Il est formé du participe inaccompli et de l’auxiliaire rahnā (« rester »).

lagtā hai

kih

maiṉ

… vaṣf

se

maḥrūm

hotā

rahā hūṉ.

sembler.Prés.MS

que

1S

… nature.O

ABL

privé (adj)

PI.MS

aller.DUR

Prés.PROG.1MS

« J’ai l’impression que je suis privé de ma nature […]. »

Le verbe lagnā (« toucher ») dans cette construction expérientielle (avec l’expérient exprimé au datif, ici mujhe sous‑entendu) signifie « avoir l’impression ». Il est conjugué au présent habituel et complété par la conjonction kih qui introduit la proposition complémentaire.

kyūṉ

aisā

moṛ

nahīṉ

Ātā

kih

INTER

tel

virage

NEG

venir.PI.MS

que

shahr

se

guzar kar

maiṉ

apne ta’īn

jangal

meṉ

pā’ūṉ?

ville.O

ABL

passer.CV

1S

REFL.O

forêt.O

dans

parvenir.SUBJ.1S

« Pourquoi un tel virage ne se présente‑t‑il pas qui, en traversant la ville, me conduise dans ma propre forêt ? »

Jangal meṉ ādmī jis ḵẖauf se āshnā hotā hai vah shahr ke ḵẖauf se muḵẖtalif hotā hai. Vah nā‑maʿlūm kā ḵẖauf hotā hai. Nā‑maʿlūm kā ḵẖauf ādmī kī ẕāt meṉ gahrā’ī aur gīrā’ī paidā kartā hai magar ab nā‑maʿlūm kā ḵẖauf g͟hā’ib hai. Ab ham maʿlūm ke ḵẖauf meṉ mubtalā haiṉ. Jang kā ḵẖauf, ḵẖānah-jangī kā ḵẖauf, lisānī fasādāt kā ḵẖauf, rikshā ke ḥādie meṉ kām ā jāne kā ḵẖauf, kisī g͟hunḍe ke hathe caṛh jāne kā ḵẖauf. Ḵẖauf kī yih ṣūrateṉ ẕillat-āmez ṣūrateṉ haiṉ aur maut ke yih arīqe kitne be-vaqār haiṉ.

Vah

nā-maʿlūm

ḵẖauf

hotā hai

DEM

inconnu.O

GEN

peur

être.Prés.3MS

« C’est la peur de l’inconnu. »

Le verbe être est au présent habituel, exprimant une caractérisation générale.

maut

ke

yih

t̤arīqe

kitne

be-vaqār

haiṉ.

mort.O

GEN

DEM

façons

combien

indigne (adj)

être.Prés.3MP

« Combien ces façons de mourir sont indignes ! »

Dans cette proposition, le pronom interrogatif kitnā a une valeur exclamative.

Mahātmā Buddh ne kahā thā kih log bacchoṉ kī mānand haiṉ aur kahāniyāṉ sunnā pasand karte haiṉ. So unhoṉ ne kahāniyāṉ sunā’īṉ aur Haẕrat ʿĪsá ne tamīleṉ bayān kīṉ. Unhoṉ ne ek tamīl yih bayān kī kih anjīr ke daraḵẖt ko aur sab daraḵẖtoṉ ko dekho. Jab un meṉ koṉpaleṉ phūṭtī haiṉ to tum jān lete ho kih garmī ke din ās pās haiṉ.

unhoṉ

ne

kahāniyāṉ

sunā’īṉ

3S-H

ERG

Histoires

raconter.PRET.3FP

« Il raconta des histoires. »

Le pronom personnel dans cette construction ergative est au pluriel car il est honorifique : il se rapporte au Bouddha.

Unhon

ne…

Yih

bayān

kih

… daraḵẖt

ko

… dekho

3P

ERG

DEM

narration

faire.PRET.FS

que

arbre.O

ACC

regarder.IMP.2

« [il] a dit de regarder l’arbre. »

Le kih introduit un discours direct dont le verbe « regarder » est conjugué à l’impératif de la 2e personne (tum).

La proposition principale est conjuguée au parfait avec la forme ergative. Le verbe karnā s’accorde donc avec son complément d’objet direct bayān (féminin singulier).

tum jān lete ho : 2e personne masculin du présent habituel du verbe jān lenā « savoir, percevoir » : « tu sais/vous savez ».

Magar ham jāṛe aur garmī kī rut kī ḵẖabar kaise pā’eṉ aur kaise kathā tamīl aur ḥikāyāt bayān kareṉ kih dunyā daraḵẖt se ḵẖālī ho rahī hai aur maiṉ nahīṉ jāntā kih nīm kā vah peṛ jo bacpan ke dinoṉ meṉ mujhe garmī aur barsāt kī ḵẖabar diyā kartā thā ab kis ḥāl meṉ hai. Qā’im hai yā shahīd ho gayā aur suno kih Kabīr-jī ne kyā kahā:

baṛha’ī avat dekh ke tarūr ḍolan lāg

ham

jāṛe aur garmī

rut

ḵẖabar

kaise

pā’eṉ

1P

hiver et été.O

GEN

saison.O

GEN

nouvelles

INTER

obtenir.SUBJ.1P

« comment pourrions‑nous obtenir des nouvelles de la saison d’hiver et d’été »

Le subjonctif exprime ici une question délibérative introduite par l’interrogatif kaise « comment ? », suggérant une indécision ou une impossibilité implicite.

kaise

… bayān kareṉ

kih

dunyā

daraḵẖt

se

ḵẖālī

ho rahī hai

INTER

raconter.SUBJ.1P

que

monde

arbre.O

ABL

vide

être.Prés.PROG.3FS

« comment pourrions‑nous raconter […] (alors) que le monde est en train de se vider d’arbres »

La conjonction kih introduit ici une proposition complétive.

nīm

vah

peṛ

jo

bacpan

ke

dinoṉ

meṉ

margousier.O

GEN

DEM

arbre

REL

enfance.O

GEN

jours.O

dans

mujhe

garmī aur barsāt

ḵẖabar

diyā

kartā thā

1S.DAT

été et mousson.O

GEN

nouvelle

donner.PA.MS

faire.IPFT.3MS

« ce margousier (litt. l’arbre de neem) qui, dans mon enfance, m’annonçait l’été et la mousson »

Le démonstratif vah dans la proposition principale est repris par le pronom jo dans la proposition relative.

La périphrase verbale diyā kartā thā marque le passé habituel (kartā thā) de l’action accomplie (au participe accompli) de donner des nouvelles (ḵẖabar denā) : « l’arbre avait l’habitude d’annoncer ».

suno

kih

Kabīr‑jī

ne

kyā

kahā

écouter.IMP.2

que

Kabir.O

ERG

INTER

dire.PRET.3MS

« Écoute/z ce que Kabir a dit »

La conjonction kih introduit une proposition complétive.

Le suffixe honorifique (courant après le nom de saints) marque le respect.

L’interrogatif kyā (« quoi ») fonctionne ici comme un pronom relatif libre (« ce que »).

[La citation de Kabir qui suit n’est pas en ourdou mais en brajbhasha.]

Magar ab to daraḵẖtoṉ kī pūrī tahẕīb hī ḍol gayī hai. Ṣanaʿtī tahẕīb ke bacce apne āp ko bacce nahīṉ mānte aur kahāniyāṉ sunnā pasand nahīṉ karte. Unhoṉ ne betāl ko cup kar diyā aur ḵẖūd ūncī āvāz se bol rahe haiṉ, naʿrah lagā rahe haiṉ.

Magar

ab

to

daraḵẖtoṉ

pūrī

tahẕīb

ḍol

gayī hai

mais

maintenant

To

arbres.O

GEN

entière

culture

FOC

trembler

aller.PFT.3FS

« mais à présent c’est la culture entière des arbres qui s’est mise à trembler »

La particule  de focalisation porte sur la culture entière. Le to n’est pas ici une particule thématisante, elle porte donc sur tout l’énoncé qu’elle construit comme un argument crucial. Le semi-auxiliaire jānā, conjugué à la 3e personne du féminin singulier au parfait (passé composé), est l’explicateur verbal perfectivant de ḍolnā.

apne āp

ko

bacce

nahīṉ

mānte [haiṉ]

EMPH.O

ACC

enfants

NEG

reconnaître.Prés.3MP

« [ils] ne se reconnaissent pas eux‑mêmes comme des enfants »

apne āp est un pronom emphatique qui focalise sur le réflexif et implique ici une action dirigée vers soi‑même et sans intervention extérieure. Le ko indique l’accusatif.

Unhoṉ

ne

Betāl

ko

cup kar

diyā

DEM

ERG

vampire.O

ACC

faire taire

donner.PRET.3MS

« ils firent taire le vampire »

Le verbe denā conjugué au masculin singulier au prétérit (passé simple) avec la construction ergative est l’explicateur verbal perfectivant du verbe composé causatif cup karnā (« faire taire »). L’explicateur verbal oriente la diathèse : « donner » extériorise ainsi une action transitive et accompagne souvent les causatifs.

ḵẖūd

ūncī

āvāz

se

bol rahe haiṉ

EMPH

haute.O

voix.O

INST

parler.Prés.PROG.3MS

« ils parlent eux‑mêmes à haute voix »

La postposition se fonctionne dans cette phrase pour marquer l’instrumental, c’est‑à‑dire la manière dont l’action est réalisée.

ḵẖūd est un pronom réflechi emphatique qui sert à focaliser sur l’agent ou à marquer un contraste (« lui‑même, à la différence des autres »).

Kahte haiṉ kih naʿre hī āj ke afsāne haiṉ. Phir maiṉ afsānah likhne pe kyūṉ muṣir hūṉ? Shāyad is li’e kih ek nīm kā peṛ mere bāhar thā, ek nīm kā peṛ mere andar hai. Bāhar ke peṛ par jo guzrī so guzrī magar andar kā peṛ to nah mar jā’e. Merā komiṭmanṭ apne nīm ke peṛ ke sāth hai jis kā phal kaṛvā hotā hai. Paivastah rah shajar se, nīm ke peṛ se aur afsāne se, ummīd-i bahār ke bag͟hair kih ab log baccoṉ kī mānand nahīṉ rahe aur kahāniyāṉ sunnā pasand nahīṉ karte.

ek

Nīm

peṛ

mere

bāhar

thā

un

margousier.O

GEN

arbre

1S.GEN

hors

être.PFT.3MS

« un (arbre de neem) margousier était en dehors de moi » = « il y avait un margousier en dehors de moi »

jo guzrī so guzrī : expression « ce qui s’est passé s’est passé ».

magar

Andar

peṛ

to

nah

mar

jā’e

mais

intérieur.O

GEN

arbre

to

NEG

mourir

aller.SUBJ.3S

« mais que l’arbre (de l’) intérieur ne meure pas »

Le to n’est pas thématisant mais porte sur tout l’énoncé qu’il construit comme un argument crucial.

La particule négative nah est spécialisée dans la négation des modes non indicatifs (ici du subjonctif).

Jā’e est la 3e personne du singulier au subjonctif du semi-auxiliaire jānā (« aller ») qui agit ici en explicateur verbal perfectivant de marnā (« mourir »).

Paivastah

Rah

shajar

se

accroché (adj)

IMP.2nH

arbre.O

DAT

« Reste accroché à l’arbre »

kih

ab

log

baccoṉ

mānand

nahīṉ

rahe

car

maintenant

gens

enfants.O

GEN

pareil (adj)

NEG

rester.PFT.3MP

« car, à présent, les gens ont cessé d’être pareils aux enfants »

Kih ici est une conjonction explicative que l’on peut traduire ici par « car ».

kahāniyāṉ

sunnā

pasand

nahīṉ

karte [haiṉ]

histoires

écouter

préférence

NEG

faire.Prés.3MP

« ils n’aiment pas écouter d’histoires. »

pasand karnā est un verbe composé qui signifie « aimer, apprécier ».

Bibliography

Source primaire

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Travaux cités

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Pour aller plus loin

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Anthologies autobiographiques, essais et critiques littéraires

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Notes

1 François Auffret, doctorant à l’Institut national des langues et civilisations depuis 2019, travaille actuellement sur « Le temps du mythe chez Intizar Husain : construction d’une littérature nationale ou élaboration transnationale d’une littérature-monde ? ». Return to text

2 Cette phrase est tirée du concept de Donna Haraway, « staying with the trouble », c’est‑à‑dire accepter de continuer à vivre dans le présent et de forger des formes d’interaction complexes avec les non‑humains malgré les crises, l’incertitude, et la destruction écologique (voir Haraway, 2020). Return to text

3 Pour alāvah, nom masculin, le feu (de camp). Return to text

4 Pour gufā’oṉ de gufā, nom féminin, la grotte. Return to text

5 De l’anglais quarter (« habitation, quartier »). Return to text

6 De l’anglais flat (« appartement »). Return to text

7 De l’anglais traffic (« trafic »). Return to text

8 De l’anglais bus (« bus »). Return to text

9 De l’anglais taxi (« taxi »). Return to text

10 Intizar Husain fait référence ici à José Ortega y Gasset (1883‑1955) et à son essai La Rebelión de las Masas (La Révolte des Masses, 1930) où il introduit le concept de l’« homme-masse » et critique son irruption dans l’espace public occidental. Return to text

11 Intizar Husain fait ici référence à Tulsi (Tulsidas, xvi-xviie siècle), Kabir (xve siècle) et Nazir (Akbarabadi, xviiie siècle), tous trois des poètes humanistes qui ont laissé une forte empreinte dans le paysage culturel et spirituel sud‑asiatique. Return to text

12 De l’anglais commitment (« engagement »). Return to text

13 De l’anglais bus (« bus »). Return to text

14 De l’anglais cinema (« cinéma »). Return to text

15 De l’anglais cultural (« culturel »). Return to text

16 En anglais et en alphabet latin dans le texte. Return to text

17 David Herbert Lawrence (1885‑1930) était un écrivain britannique connu pour sa critique des aspects déshumanisants de l’industrialisation. Return to text

18 De l’anglais epic (« épopée »). Return to text

19 De l’anglais socialist (« socialiste »). Return to text

20 Intizar Hussain fait ici référence à un vers de Mirza Asadullah Khan Ghalib (1797‑1869) : « kyā tang ham sitam-zadagāṉ kā jahāṉ hai, jis meṉ kih ek baiza‑i mor āsmān hai » (G̱ẖālib, 1982, p. 309 ; voir Pritchett, 2020). Return to text

21 Intizar Hussain fait ici référence à la représentation par Franz Kafka (1883‑1924) de l’Homme comme un individu impuissant face à l’absurdité déshumanisante de sa propre condition et plus précisément à son ouvrage La Métamorphose publié en 1915, qui décrit la métamorphose irréversible de Gregor Samsa en un monstrueux insecte. Return to text

22 Mir Taqi Mir (1723‑1810) était un poète ourdou réputé pour ses poèmes mélancoliques. Return to text

23 Munir Niazi (1923‑2006) était un poète ourdou contemporain d’Intizar Hussain. Return to text

24 Après l’indépendance de l’Inde et du Pakistan en 1947, les deux pays se sont affrontés à trois reprises : en 1947, en 1965 et en 1971. Return to text

25 Lors de la publication de cet essai, le Pakistan sortait tout juste de la guerre civile de 1971 qui opposa Pakistan occidental et Pakistan oriental et qui résulta en l’indépendance du Bangladesh. Return to text

26 Intizar Hussain fait référence aux émeutes violentes qui se déclenchèrent dans la province du Sindh à partir de juillet 1972, entre Sindhis et Muḥājirs ourdouphones (les émigrés venus d’Inde après la partition de 1947) quand l’Assemblée de la province du Sindh fit du sindhi sa seule langue officielle. Return to text

27 Intizar Hussain cite ici une parabole du Nouveau Testament (Luc 21 : 29 ; Mt 21 : 19). Return to text

References

Electronic reference

Farha Noor and Ève Tignol, « « Vikram, le vampire et le conte » d’Intizar Hussain (1972) », Agastya [Online], 2 | 2026, Online since 02 juin 2026, connection on 03 juin 2026. URL : https://publications-prairial.fr/agastya/index.php?id=452

Authors

Farha Noor

Freie Universität Berlin
https://orcid.org/0000-0001-7102-7831
farha.noor[at]fu-berlin.de

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Ève Tignol

CNRS – Centre d’études sud-asiatiques et himalayennes / EHESS
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