À la recherche d’Holoferne de Catherine de Parthenay (ca 1574 ?)

DOI : 10.35562/pfl.770

Abstracts

Cet article fait le point sur l’état des connaissances concernant la tragédie Holoferne qui aurait été écrite par Catherine de Parthenay et représentée à La Rochelle en 1573-1574, en observant les témoignages écrits qui l’évoquent, ainsi que d’autres éléments plus circonstanciels (les portraits littéraires de Catherine de Parthenay, les autres textes qui restent d’elle), pour réfléchir à ce qu’aurait pu être cette tragédie de femme du xvie siècle, la seule (?) dont l’histoire littéraire ait gardé trace.

This paper focuses on the tragedy Holoferne which was supposedly written and staged by Catherine de Parthenay in La Rochelle in 1573-1574, by observing the written testimonies which evoke it, as well as other more circumstantial elements (the literary portraits of Catherine de Parthenay, the other texts that remain of her), to reflect on what this 16th century women’s tragedy could have been, the only one (?) which literary history has kept a trace of.

Outline

Text

Du xvie siècle, celui du retour aux genres théâtraux antiques, l’histoire littéraire n’a conservé aucune tragédie écrite par une femme ; la seule dont nous ayons connaissance est Holoferne, tragédie supposément jouée à La Rochelle vers la fin du xvie siècle qui serait de la main de Catherine de Parthenay. Sur cette femme, nous savons beaucoup : figure majeure du protestantisme rochelais, célèbre pour son premier mariage et l’annulation qu’elle en a obtenu dans le cadre d’un procès assez commenté, elle était proche de Catherine de Bourbon et peu tendre vis-à-vis de Henri IV1. Sur sa tragédie, cependant, peu d’informations demeurent : cet article a pour ambition de faire le point sur l’état des connaissances concernant cette pièce, tout en donnant à voir les différentes étapes, fausses pistes, rares trouvailles, et conclusions à tirer d’une enquête menée sur une tragédie féminine demeurée à l’état de trace dans l’histoire littéraire.

Quelques mentions récentes

Notre point de départ fut Raymond Lebègue. Dans le premier tome des Études sur le théâtre français, alors qu’il fait la liste des pièces représentées « dans les régions où les Protestants ont le pouvoir », il donne cet item : « La Rochelle, pendant le siège (1572 ou 1573). La tragédie d’Holoferne par Mme de Soubise »2. Il l’évoque encore, plus loin, dans un chapitre intitulé « Théâtre et politique religieuse » : « L’Holoferne de Mme de Soubise – qui n’a pas imité l’exemple de Judith – était d’actualité dans La Rochelle qu’assiégeait en vain l’armée royale3. » Lebègue retient la double date possible de 1572-1573, ainsi que le cadre du siège de La Rochelle4.

Nous retrouvons une mention de Catherine de Parthenay dans Le théâtre français du Moyen Âge et de la Renaissance, paru en 2014, lorsque les auteurs et autrice posent la question du théâtre de femmes :

À l’exception de Hrotswita, abbesse de Gandersheim (vers 935-vers 975), qui écrivit des Comœdiæ sacræ calquées sur Térence, aucune femme n’est identifiée comme « auteur dramatique » avant Marguerite de Navarre et Catherine de Parthenay, auteure d’une tragédie, Holopherne, jouée pendant le siège de La Rochelle (1574)5.

Ici, les critiques ne donnent pas de source, proposent la date de 1574, et conservent le contexte du siège de La Rochelle. En outre, si Lebègue ne s’attardait pas sur son genre, en 2014 Catherine de Parthenay est bien mise en valeur en tant qu’autrice. C’est également dans ce cadre qu’elle est évoquée dans l’introduction du tome du Théâtre de femmes d’Ancien Régime consacré au xvie siècle :

Catherine de Parthenay, duchesse de Rohan (1554-1631), autrice de « plusieurs tragédies et comédies françaises, entre autres, la tragédie d’Holopherne, laquelle fut représentée en public à la Rochelle, l’an 1574 ou environ » [La Croix du Maine]. Le goût de la duchesse pour le théâtre lui avait probablement été inspiré par sa mère, Antoinette Bouchard d’Aubeterre, dame de Soubise, huguenote attachée au cercle de Jeanne d’Albret, et qui inspira en 1561 à André de Rivaudeau sa tragédie d’Aman (dédiée à la même Jeanne d’Albret lors de sa publication en 1566). Aucune de ses tragédies et comédies, malheureusement, n’a été conservée. Le témoignage laissé par La Croix du Maine nous permet cependant de replacer ses pièces dans le théâtre militant de l’époque. Non seulement Catherine de Parthenay fait jouer sa tragédie d’Holopherne pendant le siège de La Rochelle, où les réformés se sont réfugiés après la Saint Barthélemy (1572), mais elle choisit de mettre en scène la figure d’une héroïne, Judith, libérant son peuple assiégé par les Assyriens et décapitant leur chef6.

Nous retrouvons la référence à La Croix du Maine, l’idée du siège et l’année 1574, ainsi que les réflexions sur le choix de la figure de Judith – sommairement noté par Raymond Lebègue. Ici, dans un ouvrage consacré au théâtre de femmes, le cas Catherine de Parthenay est en outre développé et situé dans une filiation féminine. De même, dans un article de 2018 qui interroge le lien des femmes à la tragédie sainte, Jean Balsamo évoque Catherine de Parthenay et indique simplement qu’elle « composa et fit jouer un Holoferne à la Rochelle en 1574. La pièce est perdue7 ».

Dans sa biographie, Nicole Vray mentionne la pièce lorsqu’elle évoque les troubles de La Rochelle :

Et Catherine, pour témoigner de sa résistance et encourager ses proches, écrit. Une tragédie, Holopherne, l’histoire du général de Nabuchodonosor qui assiégeait Béthulie, assassiné par Judith, l’héroïne juive. Tragédie inspirée de l’épisode raconté dans l’Ancien Testament. Alors Judith, ou La Rochelle, est-ce elle-même, Catherine, et Holopherne, l’ennemi ? Symbole ou allégorie, la première pièce de Catherine est jouée à La Rochelle, en plein siège et avec succès8.

La biographe ne livre pas de source et n’interroge pas les conditions de production de la pièce – encore que, dans la description de son enfance, elle réfléchisse à son accès à la culture, que décrit par exemple François Viète, son précepteur9 – mais elle interroge, elle aussi, les possibles sens du choix de Judith.

Dans ces différentes mentions, la source indiquée est La Croix du Maine, et, s’il demeure un flou sur la datation (1572, 1573, ou 1574), la représentation est toujours située dans le cadre du siège de La Rochelle.

Quelques sources plus anciennes

Comme ces mentions récentes, les sources des xixe et xviiie siècles attribuent l’information à La Croix du Maine. Pour le xviiie siècle, nous pouvons par exemple citer Louis-Étienne Arcère, qui indique en marge le nom de La Croix du Maine dans ce paragraphe :

Au milieu des troubles de la guerre, on donnoit à la Rochelle des divertissements publics. On y représenta une tragédie, dont le titre étoit Holoferne. L’auteur de ce poëme dramatique fut Catherine de Parthenai, si connue dans la suite sous le nom de Duchesse de Rohan. Cette Dame sut joindre à l’érudition, les graces de la belle littérature, & rehausser les talens de l’esprit par le courage des héros. C’est elle qu’on vit seule demeurer ferme sur les ruines de son parti abattu, après la réduction de la Rochelle en 1628, & soutenir si fièrement une eclatante disgrace10.

Pour le xixe siècle, on pourrait citer Jean-Baptist-Ernest Jourdan, qui écrit que Catherine de Parthenay est « l’auteur de la tragédie d’Holopherne, représentée avec éclat à la Rochelle, en 157411 » ou encore Constand Merland :

En 1574, alors qu’elle n’avait que vingt ans, elle fit représenter, à la Rochelle, sa tragédie d’Holopherne. À en croire Lacroix du Maine, cette pièce fut suivie de plusieurs autres, dans le genre dramatique et dans le genre comique qui, pas plus que la première, ne sont arrivées jusqu’à nous. La poésie n’eut pas seule ses adorations ; elle cultiva les lettres grecques et traduisit en français les préceptes d’Isocrate à Démonique. Elle s’occupa aussi des sciences abstraites et personne n’admira plus notre célèbre mathématicien, François Viete, auquel elle rendit de signalés services et dont elle fut l’élève12.

Ces mentions sont, on le voit, souvent associées à un éloge de l’autrice, dont on suppose un lien tout singulier avec son héroïne :

Pendant la guerre on représenta à la Rochelle une tragédie intitulée Holoferne. Judith étoit Catherine de Parthenay, si connue sous le nom de duchesse de Rohan, femme d’un courage héroïque et d’un esprit rare13.

Ces historiens situent la représentation en 1574 à La Rochelle, sans mentionner le siège.

Les sources d’époque

Pour l’instant, la pièce reste introuvable : la rapide enquête menée à l’occasion de cet article n’a malheureusement pas suscité de miracle14. Outre La Croix du Maine, nous mentionnerons deux sources d’époque. D’abord, Pierre de L’Estoile, dont les Registres-journaux évoquent les troubles de La Rochelle pour l’année 1574, sans mentionner ni pièce de théâtre ni Catherine de Parthenay ; en juin 1575, ils décrivent encore Catherine de Parthenay comme une « dame aussi vertueuse et douée d’autant de grâces d’esprit et de corps, qu’autre que la France ait produit en ce siècle » ; à la date de février 1595, L’Estoile mentionne Mme de Rohan, explique que sa vue ne fait pas plaisir au roi, et évoque des « ballets, masquarades et collations » donnés à Paris et à la cour15. En outre, c’est encore L’Estoile qui, en 1566, retranscrit l’Apologie pour le roi Henri IV16 attribuée à Mme de Rohan.

Par ailleurs, si la correspondance de Catherine de Parthenay n’a pas révélé de mentions d’un Holoferne, nous lisons dans une lettre d’Agrippa d’Aubigné adressée à Mme de Rohan datée de 1623/1624 :

Le partement pressé du messager ne me permet pas d’adjouster davantage que la promesse de vous entretenir par le discours des absens et par cette plume qui fut tirée du pennache de Mercure pour reparer les cyseaux de l’Absence, comme nous avons appris en la tragédie de nostre princesse17.

Comme l’explique l’éditrice moderne, « nostre princesse » pourrait renvoyer à Anne de Rohan, la fille de Catherine de Parthenay : si celle-ci a écrit (et fait représenter ?) une tragédie, c’est qu’il est possible pour une femme de cette famille d’en écrire. Ici, la pièce aurait peut-être un sujet mythologique (ou alors, D’Aubigné retiendrait une expression mythologique d’une tragédie portant sur un tout autre type de sujet). Il faudrait, là aussi, poursuivre les investigations18.

Ainsi, à l’issue de cette enquête, la seule source d’époque pour Holoferne reste la notice « Catherine de Parthenay » de La Croix du Maine :

Madame Catherine de parthenay dame de Soubize, femme de Messire René Viconte de Rohan, Prince de Leon, Comte de Porhoet en Bretagne, etc.
    Cette Dame est beaucoup à priser pour son excellence & grandeur d’esprit, duquel ses écrits rendent assez de preuve, sans en avoir d’autre tesmoignage. Car elle a escrit & composé plusieurs Tragedies & Comedies Françoises, & entre autres, la Tragédie d’Holoferne, laquelle fut representée en public à la Rochelle, l’an 1574, ou environ : elle n’est encores imprimée.
    Elle a composé plusieurs Elegies ou complaintes sur la mort de Monsieur le Baron du Pont, son premier mary : & encores de Monsieur l’Admiral & autres grands Seigneurs et illustres personnages.
    Elle a traduit les preceptes d’Isocrate à Demoniq, non encores imprimez.
    Elle florist cette année 1584.
    Je n’ay pas cognoissance de ses autres compositions, pour n’avoir point cet heur de la cognoistre19.

L’édition 1772-1773 ajoute quelques mots, dont ceux-ci :

Elle avoit vingt ans lorsqu’elle fit représenter sa Tragédie d’Holoferne à la Rochelle en 1573, & étoit veuve de son premier mari depuis deux ans. L’Apologie pour Henri IV, imprimée dans les dernières Editions du Journal de Henri III, lui fut attribuée ; & quoique cette satyre ait été regardée par plusieurs personnes comme un Ouvrage de Cayet, M. de Fontette assure qu’elle est incontestablement de Catherine de Parthenay20.

La récolte est donc maigre : espérant que d’autres pourront reprendre la recherche, nous référençons en annexe l’ensemble des documents consultés durant cette enquête.

Quelques conclusions

Les circonstances d’Holoferne : le siège de La Rochelle ?

Si les commentateurs modernes situent la représentation de la pièce dans le cadre du siège de La Rochelle, aucun récit de siège consulté ne mentionne Holoferne : comment comprendre ce silence ?

Première hypothèse : la représentation a eu lieu mais n’a pas intéressé les chroniqueurs. D’abord, puisque de nombreux chroniqueurs ne se cantonnent pas aux faits militaires mais rapportent les fêtes du 1er mai21, ou d’autres éléments de la vie quotidienne (un loup qui entre dans La Rochelle et qui est perçu comme un présage22), il aurait été possible d’évoquer cet événement culturel. De même, tous les récits de siège insistent sur les actions héroïques féminines23, que relève également Brantôme dans « Des Dames24 ». Certes, même lorsque les chroniqueurs précisent que les femmes de la noblesse ont fait preuve de bravoure25, aucun nom n’est jamais donné (alors que l’on trouve pléthore de noms d’hommes), mais les femmes ont une place dans ces textes. Enfin, la tragédie aurait pu être intégrée aux récits pour sa pertinence puisque plusieurs chroniqueurs protestants font de Judith face à Holopherne un comparant de la situation des Rochelais face au tyran26. Ainsi, la pièce aurait bien pu être mentionnée dans ces textes.

Deuxième hypothèse : cet événement était privé et n’était donc pas connu des chroniqueurs. Le problème en l’occurrence est que La Croix du Maine en parle bien comme d’une représentation publique.

Troisième hypothèse : cet événement a eu lieu à un autre moment. De fait, la première source, La Croix du Maine, ne parle pas du siège, puisqu’il évoque « l’année 1574 ou environ » et que le siège s’achève en 1573. Rigoley de Juvigny situe la pièce en 1573, mais pour autant, il ne mentionne toujours pas le siège. L’ajout de cette circonstance est donc postérieur (nous ne l’avons trouvée que dans les ouvrages du xxe siècle, et il provient peut-être d’une confusion avec le rôle attribué à Catherine de Parthenay durant le second siège de La Rochelle) : nous pensons donc qu’il faut ouvrir les recherches et observer une période allant par exemple de 1572 à 1575, sans nécessairement conserver le contexte du siège.

Quatrième hypothèse : La Croix du Maine s’est trompé et Catherine de Parthenay n’a pas écrit de pièce27. Certes, nous n’avons pas d’autre exemple de tragédie de femmes à l’époque, ce genre étant, dans une certaine mesure, associé à l’univers scolaire (par le cadre de jeu ou la forme à l’antique), c’est-à-dire à un univers masculin. Cependant, les femmes peuvent participer de différentes façons à la fabrique des tragédies (comme mécènes, dédicataires, commanditaires, actrices28), les pièces tragiques ont pu être un divertissement de cour29, et enfin, il est certain que Catherine de Parthenay maîtrisait les modèles antiques.

Le choix du sujet ne surprend pas non plus, que l’on accepte ou non le contexte du siège de La Rochelle. Dans le cadre des récits de siège, plusieurs protestants évoquent la figure de Judith comme celle d’un salut possible, par exemple ici dans le Reveille-matin des François :

Envoie ton Ange Seigneur, l’Ange que tu envoyas contre ce Sennacherib, ou suscite une Judith contre cest Holoferne, pour la delivrance de ta Bethulie30.

Nous retrouvons cette évocation chez Simon Goulart :

Judith reprend à bon droit ceux de Bethulie, qui avoient limité le temps du secours de Dieu, promettans de rendre la ville, s’ils n’estoient secourus dedans cinq jours31.

En outre, la Judith de Du Bartas écrite à la demande de Jeanne d’Albret est imprimée en 157432 tandis que la tragédie Holopherne du catholique Adrien d’Amboise l’est en 158033 : ce sujet est perçu comme pertinent en contexte de troubles religieux et circule parmi les contemporains de Catherine de Parthenay.

Enfin, il serait difficile d’être surpris du fait que Catherine de Parthenay écrive : plusieurs témoignages de l’époque insistent sur le fait qu’elle était une femme de lettres, tout comme sa fille Anne34. Plusieurs textes d’elle ont été conservés, dont une abondante correspondance privée, ainsi que de rares textes imprimés : l’Apologie pour Henri IV et trois ballets.

Ainsi, même s’il existe à ce jour un seul témoignage d’époque concernant Holoferne de Catherine de Parthenay, son existence reste crédible.

Catherine de Parthenay écrivaine et dramaturge

Dès lors, nous pouvons observer les textes qui nous restent de Catherine de Parthenay pour dégager quelques traits de son écriture.

Dans L’Apologie pour Henri IV, publiée dans le Registre-journal de Pierre de L’Estoile, Catherine feint de défendre l’attitude du souverain, estimée trop favorable aux catholiques, en faisant l’éloge paradoxal de traits excessifs (par exemple, elle loue le prince tempérant qui maîtrise tellement ses passions qu’il ne montre aucune affection pour ses proches protestants). Ce texte incisif démontre un talent d’écriture indéniable, et une aptitude certaine pour l’ironie. Sur le plan politique, il révèle à quel point Catherine de Parthenay soutient Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV, puisqu’elle plaide ici pour le mariage de la dame35.

Trois ballets ont encore été attribués à Catherine de Parthenay au xxe siècle36. Ces ballets, représentés en 1592-1593 à Pau et à Tours, mêlent événements et personnages réels avec des allégories (Raison, Amour) et personnages mythologiques (Médée, Diane, Apollon), et révèlent l’aptitude de Catherine de Parthenay à employer différents types de mètres, ou encore sa connaissance des courants poétiques et philosophiques contemporains comme le néoplatonisme37.

Aucun de ces textes ne semble avoir été imprimé à l’initiative de Catherine de Parthenay : les ballets sont imprimés anonymement chez Jamet Métayer, qui est aussi l’imprimeur de François Viète : le nom de notre autrice y apparaît par l’intermédiaire de celui de ses filles, qui jouent des rôles dans les ballets, et parce que le troisième ballet s’intitule « Ballet de Mme de Rohan ».

Ces quatre textes signalent encore à quel point l’écriture de Catherine de Parthenay est politique, et même libre et provocatrice. Son Apologie pour Henri IV est une critique franche du roi ; quant aux ballets, si ce genre est toujours politique38, « ces trois ballets se distinguent […] par des allusions critiques précises aux événements politiques contemporains39 », ce qui conduit Paul Bourcier à les qualifier de « leçons dansées de politique40 ». On imagine alors assez bien comment Charles IX et/ou le duc d’Anjou futur Henri III (qui assiège La Rochelle) pouvaient être représentés en Holopherne.

Enfin, les ballets confirment l’attrait de Catherine de Parthenay pour le théâtre. On sait qu’ils furent représentés, et que les filles de Mme de Rohan y jouèrent les Nymphes (ou Amour). Les textes présentent plusieurs longues didascalies, supposent des combats, des chants et bien sûr des danses. En outre, d’après la critique, la forme des ballets écrits par Mme de Rohan est intéressante en termes d’histoire du genre : pour Marcel Paquot, nous serions déjà proches des « comédies-ballets » développées plus tard par Molière41. Margaret McGowan considère quant à elle, à la suite de Henri Prunières, que là où Beaujoyeulx invente un modèle de ballet qui fusionne les arts, ceux de Catherine de Parthenay mettent l’accent sur la poésie, érigeant le ballet en un « genre littéraire42 ». Elle s’insère donc dans ce genre récent en le mettant au service d’un objectif politique et en démontrant une inventivité formelle certaine, ce qui peut nous faire regretter d’autant plus la perte de son Holoferne.

***

Comme le rappelle William Marx, « il y a plus d’œuvres perdues que d’existantes », et si l’on ne peut nier que « la canonisation crée le passé, […] parfois le caché, le perdu, nous aidera à mieux comprendre l’existant43 ». Il ne faut donc sûrement pas renoncer à partir à la recherche de ces œuvres perdues, parce que celles qui n’existent plus ont sûrement autant à nous apprendre que celles dont nous disposons encore. Pour ce qui nous intéresse ici, cette présence de Catherine de Parthenay et surtout de sa tragédie à l’état de trace, de simple mention dans les recherches bibliographiques de La Croix du Maine, nous dit d’abord quelque chose du statut des femmes dans l’histoire et dans l’histoire littéraire. Elle a encore le mérite de nuancer l’idée selon laquelle la tragédie serait purement masculine à l’époque. Elle confirme enfin la valeur politique que pouvait prendre le théâtre pour les dramaturges de confession protestante, voire, grâce au titre qui reste et aux autres textes de Catherine de Parthenay, nous permet d’imaginer ce qu’a pu être cette tragédie de femme au xvie siècle.

Appendix

Textes et documents consultés

Récits de siège

Coté protestant

  1. Agrippa d’Aubigné, Histoire universelle, vol. 2, liv. 3e (1560-1568), ch. 6, 7, 8, 10, et 18, éd. Alphonse de Ruble, Paris, Renouard et H. Laurens, 1886-1909. [En ligne] ark:/12148/bpt6k6549024q.
  2. Simon Goulart, Mémoires de l’Estat de France sous Charles IX : contenans les choses plus notables, faictes & publiees tant par les Catholiques que par ceux de la Religion, depuis le troisiesme edit de pacification faict au mois d’Aoust 1570. jusques au regne de Henry troisiesme, & reduits en trois volumes, chacun desquels a un indice des principales matieres y contenues, t. II, Meidelbourd, Heinrich Wolf, 1578. [En ligne] ark:/12148/bpt6k54660g.
  3. Eusèbe Philadelphe, Le Reveille-matin des François, et de leurs voisins. Composé par Eusebe Philadelphe Cosmopolite, en forme de Dialogues, Édimbourg, Jaques James, 1574. [En ligne] ark:/12148/btv1b8626324d/f7.
  4. Henri de Rohan, Discours politiques du duc de Rohan, Faits en divers temps sur les affaires qui se passoient. Cy-devant non imprimez, s. l., s. n., 1646, discours IX « Apologie du Duc de Rohan sur les derniers troubles de la France, à cause de la Religion », p. 90-107. [En ligne, consulté le 06/06/2024] https://nbn-resolving.org/urn:nbn:de:bvb:70-dtl-0000028716.

Côté catholique

  1. Discours et recueil du siege de La Rochelle en l’année 1573, Lyon, Jean Saugrin, 1573. [En ligne] ark:/12148/bpt6k79408f.
  2. Histoire des deux derniers sieges de La Rochelle. Le premier soubs le Regne du Roy Charles IX. en l’année 1573. Et le second soubs le Roy Louys XIII, à present heureusement regnant, és années 1627 & 1628, Paris, François Targa, 1630. [En ligne] ark:/12148/bpt6k6531547p.r.
  3. Filippo Cavriana, Histoire du siège de la Rochelle en 1573, trad. Léopold Delayant, La Rochelle, A. Siret, 1856. [En ligne] ark:/12148/bpt6k109827g.
  4. Jean de la Gessée, La Rochelléide, contenant un nouveau discours sur la ville de la Rochelle, suivant les choses plus memorables avenues en icelle, & au Camp du Roi, depuis le commancement du siege jusqu’à la fin du mois de Mars dernier : avec une louange des Princes, grands Seigneurs, & Chefs de l’armée […], Paris, G. Blaise, 1573. [En ligne] ark:/12148/bpt6k6288848z.

Histoires de France et de La Rochelle

  1. Amos Barbot, Histoire de La Rochelle [1613-1625], éd. Denys d’Aussy, Paris, A. Picard / Saintes, Z. Mortreuil, t. III : [1199-1575], 1890. [En ligne] https://books.google.tt/books?id=TFVKAAAAYAAJ&pg=PP7.
  2. Louis-Étienne Arcère, Histoire de la ville de La Rochelle et du pays d’Aulnis, composée d’après les auteurs & les Titres originaux, & enrichie de divers Plans, 2 vol., La Rochelle, René-Jacob Desbordes / Paris, Durand, vol. 1, 1756. [En ligne] https://books.google.fr/books?id=DTgVAAAAQAAJ&pg=PP7.
  3. Pierre de L’Estoile, Apologie pour le Roy Henry quatre […], dans Recueil de diverses pieces servant à l’histoire de Henry III, roy de France et de Pologne, Cologne [i. e. Amsterdam ?], Pierre du Marteau, 1666, p. 275-290. [En ligne] https://hdl.handle.net/2027/uc1.31822035074863.
  4. Pierre de L’Estoile, Registre-journal du règne de Henri III, éd. Madeleine Lazard et Gilbert Schrenck, Genève, Droz, « Textes littéraires français », 1992-2003, 6 vol, en particulier le t. I : 1574-1575, 1992.
  5. Pierre de L’Estoile, Journal du règne de Henri IV, éd. critique sous la dir. de Gilbert Schrenck, éd. Marie Houllemare, Genève, Droz, « Textes littéraires français », 2016, t. III : 1595-1598, p. 19-20.
  6. Antoine-Eugène Genoude, Voyage dans la Vendée et dans le midi de la France suivi d’un voyage pittoresque en Suisse, Paris, Henri Nicolle, 1821, p. 62. [En ligne] ark:/12148/bpt6k1035076.
  7. Eugène et Émile Haag, La France protestante ou Vies des protestants français qui se sont fait un nom dans l’histoire […], 10 vol., 1846-1859, t. VI : Huber-Lesage, Paris/Genève, Joël Cherbuliez, 1856, p. 342-346. [En ligne] ark:/12148/bpt6k58521008.
  8. Jean-Baptiste-Ernest Jourdan, Éphémérides historiques de La Rochelle avec un plan de cette ville en 1685 et une gravure sur bois représentant le sceau primitif de son ancienne commune, La Rochelle, A. Siret, 1861, p. 36-37. [En ligne] ark:/12148/bpt6k65690656.
  9. Constant Merland, « Catherine de Parthenay », Annales de la Société académique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, vol. 7, 5e série,‎ 1877, p. 354-428. [En ligne] ark:/12148/bpt6k207393g.
  10. Étienne Pasquier, Les Recherches de la France, éd. Marie-Madeleine Fragonard et François Roudaut, Paris, Champion, 1996, 3 vol.
  11. Lancelot Voisin de La Popelinière, L’Histoire de France Enrichie des plus notables occurrances survenues ez Provinces de l’Europe & pays voisins, soit en Paix soit en Guerre : tant pour le fait Séculier qu’Eclesiastic : Depuis l’an 1550 jusques a ces temps, t. II, La Rochelle, Abraham H. [i. e. Pierre Haultin], 1581, livrets 31-35. [En ligne] ark:/12148/bpt6k1159043 ; ark:/12148/bpt6k8726160b.

Histoires littéraires

  1. François Grudé La Croix du Maine, Premier volume de la Bibliothèque du sieur de La Croix du Maine, qui est un catalogue general de toutes sortes d’Autheurs qui ont escrit en François depuis cinq cents ans & plus jusques à ce jourd’huy : avec un Discours des vies des plus illustres & renommez entre les trois mille qui sont compris en cet œuvre, ensemble un récit de leurs compositions, tant imprimees qu’autrement, dedié et presenté au roy […], Paris, Abel L’Angelier, 1584, p. 478. [En ligne] ark:/12148/bpt6k125590p.
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  5. Gustave Lanson, « Études sur les origines de la tragédie classique en France. Comment s’est opérée la substitution de la tragédie aux mystères et moralités », Revue d’histoire littéraire de la France, 10e année, no 2, 1903, p. 177-231. [Accès restreint] https://www.jstor.org/stable/40519343.
  6. Paul Marchegay, « Recherches sur les poésies de Mesdemoiselles de Rohan-Soubise », Annuaire de la Société d’émulation de la Vendée, Les Roches-Baritaud, La Roche-sur-Yon, 2e série, vol. 3, 1873, 20e année, p. 115-148. [En ligne] ark:/12148/bpt6k208828s/f202.
  7. Catharine Randall, « Shouting down Abraham : How Sixteenth Century Huguenot Women Found Their Voice », Renaissance quarterly, vol. 50, no 2, summer, 1997, p. 411-442. DOI restreint 10.2307/3039185 ; https://www.jstor.org/stable/3039185.

Éléments de correspondance

  1. « Quatre lettres de Henri de Rohan à sa mère Catherine de Parthenay. (1630-1631) », Bulletin historique et littéraire (Société de l’histoire du protestantisme français), vol. 28, no 6, 1879, p. 255-260. [En ligne] https://www.jstor.org/stable/24283135
  2. « Lettre inédite de Catherine de Parthenay. 159. (?) », Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français (1852-1865), vol. 13, nos 10/12, 1864, p. 313-314. [En ligne] https://www.jstor.org/stable/24281976.
  3. Agrippa d’Aubigné, Œuvres, t. IV : Correspondance, éd. Marie-Madeleine Fragonard, Paris, Classiques Garnier, « Textes de la Renaissance », 2016, p. 546-547.
  4. Charlotte Du Plessis-Mornay et Philippe de Mornay, Mémoires et correspondance : pour servir à l’histoire de la réformation et des guerres civiles et religieuses en France sous les règnes de Charles IX, de Henri III, de Henri IV et de Louis XIII, depuis l’an 1571 jusqu’en 1623 [1824-1825], éd. Armand-Désiré de La Fontenelle de Vaudoré et Pierre-René Auguis, Genève, Slatkine, 1969, t. VII [en ligne] ark:/12148/bpt6k4737g/f3, t. XI [en ligne] ark:/12148/bpt6k4741w/f3 et t. XII [éd. Treutel et Würtz, 1825 en ligne] https://books.google.fr/books?id=XbJDAAAAcAAJ&pg=PP7.
  5. Hugues Imbert, Lettres de Catherine de Parthenay, dame de Rohan-Soubise, et de ses deux filles Henriette et Anne, à Charlotte-Brabantine de Nassau, duchesse de la Trémoïlle, L. Clouzot, 1874.

Pièces liminaires et poétiques adressées à Catherine de Parthenay

  1. « A treshaute trespuissante et tres-vertueuse Dame Catherine de Parthenay, dame de Rohan », dans Le Paradis de ceux qui aiment Dieu : faict par stances Chrestiennes divisees en quatre Chants par I. B. Q. Seconde Edition reveuë : à laquelle ont esté jointes quelques autres pieces, mentionnees en la page suivante, Genève, Pierre Aubert, 1610, fol. A2 ro. Des folios A5 vo à A6 vo, on trouve encore trois pièces adressées à Catherine. [En ligne] DOI 10.3931/e-rara-60024.
  2. Claude Billard de Courgenay, « A Mesdemoiselles de Rohan », [dédicace de] Genevre tragecomedie, dans Tragedies de Claude Billard sieur de Courgenay, Bourbonnois. Dediees a tres-grandes et tres-genereuse princesse la Reine Regente en France, Paris, François Huby, 1612, fol. 163. [En ligne] ark:/12148/bd6t57502355/f430.
  3. Jean de La Taille, « Cartel pour damoiselle Catherine de Parthenay. A tous Chevaliers Errants » et « Sonnet à damoiselle Catherine de Parthenay », dans La Famine, ou les Gabéonites, tragédie prise de la Bible […], Paris, Frédéric Morel, 1573, fol. 47 vo et 62 vo. [En ligne] ark:/12148/bpt6k57368731/f96.item et ark:/12148/bpt6k57368731/f126.
  4. Jean Pasquier « A tres haute, trespuissante & vertueuse dame Catherine de Parthenay, dame de Rohan », dans Roland de Lassus, Mellange d’Orlande de Lassus. Contenant plusieurs chansons, à Quatre parties. Desquelles la lettre profane a este changée en spirituelle, La Rochelle, Pierre Haultin, 1575, n. p. [la pièce est datée du 20 octobre 1575 à La Rochelle]. [En ligne] ark:/12148/bd6t51018869p/f6.
  5. François Viète, « À la très-illustre princesse Mélusinide Catherine de Parthenay, Mère très-pieuse des seigneurs de Rohan. François Viète De Fontenay offre honneur et respect. », dans Introduction à l’art analytique [1591], éd. et trad. F. Ritter, Rome, Imprimerie des sciences mathématiques et physiques, 1868, p. 5-8. [En ligne] https://books.google.fr/books?id=atM8AAAAcAAJ&pg=PA5.

Autres pièces potentiellement liées à la représentation

  1. Adrien d’Amboise, Holoferne, éd. Gabriela Cultrera, dans La Tragédie à l’époque d’Henri III [1580]. Deuxième série, vol. 2 : 1579-1582, Florence, Leo S. Olschki / Paris, Puf, 2000, « Théâtre français de la Renaissance », p. 191-267.
  2. Guillaume [de Saluste] Du Bartas, La Judit [1574], éd. Steeve Taïlamé, Paris, Classiques Garnier, « Textes de la Renaissance », 2020.
  3. Anne de Rohan-Soubise, Poésies […] et lettres d’Éléonore de Rohan-Montbazon, abesse de Caen et de Malnoue à divers membres de la société précieuse […], éd. Georges Pellisson, Paris, Auguste Aubry, 1862. [En ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k719124.
  4. Anne de Rohan, Un poème inédit. La patience, par Anne de Rohan, publiée d’après le manuscrit de la Bibliothèque royale de La Haye, éd. Paul Marchegay, préface de Jules Bonnet, Paris, Bibliothèque du protestantisme français, 1886. [En ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1267284v.
  5. Anne de Rohan, Plaintes de Tres-Illustre Princesse madamoiselle Anne de Rohan, sur le trespas de Madame de Rohan sa Mere (Prière, Plaintes (en vers), Ode), Genève, Pierre Aubert, 1636. [En ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k999594.

Notes

1 Pour un point biographique sur ces deux femmes, voir Nicole Vray, Catherine de Parthenay. Duchesse de Rohan. Protestante insoumise. 1554-1631, Paris, Ampelos, 2013, et Marie-Hélène Grintchenko, Catherine de Bourbon (1559-1604) : influence politique, religieuse et culturelle d’une princesse calviniste, Paris, Champion, « Vie des Huguenots », 2009. Return to text

2 Raymond Lebègue, Études sur le théâtre français, t. I : Moyen-Âge, Renaissance, Baroque, Paris, A.-G. Nizet, 1977, p. 196. Return to text

3 Ibid., p. 199. Return to text

4 Voir encore du même auteur : Raymond Lebègue, La tragédie religieuse en France : les débuts (1514-1573), Paris, Les Belles Lettres, 1929, p. 292, et La tragédie française de la Renaissance, Bruxelles, Office de publicité, 1944, p. 31, n. 1. Return to text

5 Darwin Smith, Gabriella Parussa, Olivier Halévy (dir.), Le théâtre français du Moyen Âge et de la Renaissance, Paris, L’avant-scène théâtre, « Anthologie de l’avant-scène théâtre », 2014, p. 63. Return to text

6 Aurore Évain, Perry Gethner et Henriette Goldwyn, « Introduction » au Théâtre de femmes de l’Ancien Régime, éd. A. Évain, P. Gethner et H. Goldwyn, t. I : xvie siècle, Paris, Classiques Garnier, « Bibliothèque du xviie siècle », 2014, p. 21. Return to text

7 Jean Balsamo, « Tragédie sainte, tragédie héroïque à sujet sacré : un genre pour les dames ? », dans Michele Mastroianni (dir.), La tragédie sainte en France (1550-1610) : problématiques d’un genre, Paris, Classiques Garnier, « Rencontres », 2018, p. 106. Return to text

8 N. Vray, Catherine de Parthenay, op. cit., chap. « Épouse et mère », p. 46-47. Return to text

9 François Viète, « À la très illustre princesse Mélusinide Catherine de Parthenay… », dans Introduction à l’art analytique [1591], éd. et trad. F. Ritter, Rome, Imprimerie des sciences mathématiques et physiques, 1868, p. 5-8. Voir la réf. no 36 de l’annexe. Dorénavant, tout renvoi à l’annexe sera indiqué par A suivi du numéro de la référence dans l’annexe. Return to text

10 Louis-Étienne Arcère, Histoire de la ville de La Rochelle et du pays d’Aulnis, La Rochelle, René-Jacob Desbordes / Paris, Durand, vol. 1, 1756, A10, p. 568. Return to text

11 Jean-Baptiste-Ernest Jourdan, Éphémérides historiques de La Rochelle, La Rochelle, A. Siret, 1861, A16, p. 36-37. Return to text

12 Constant Merland, « Catherine de Parthenay », Annales de la Société académique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, vol. 7, 5e série,‎ 1877, A17, p. 354-428, ici p. 359. Voir également Eugène et Émile Haag, La France protestante […], Paris/Genève, Joël Cherbuliez, 1856, t. VI : Huber-Lesage, 1856, A15, p. 342-346. Return to text

13 Antoine-Eugène Genoude, Voyage dans la Vendée et dans le midi de la France […], Paris, Henri Nicolle, 1821, A14, p. 62. Return to text

14 Nous remercions avant tout Mme Françoise de Chabot d’Arcy, actuelle propriétaire du Parc Soubise, qui s’est particulièrement investie dans cette enquête. Nous remercions également : M. de Rohan ; M. Didier Poton, président de l’association des Amis du musée Rochelais d’histoire protestante ; M. Pascal Even de l’académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle ; M. Pascal Rambeaud, historien et éditeur de La Popelinière : toutes ces personnes ont pris le temps de répondre à nos questions voire d’effectuer de nouvelles recherches. Nous remercions encore les archives départementales de Vendée, les archives municipales de La Rochelle, les archives départementales de Charente-Maritime. Outre ces prises de contacts, nous avons parcouru les archives manuscrites de la BNF et interrogé le site de la bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme, sans succès. Return to text

15 Pierre de L’Estoile, Registre-journal du règne de Henri III, t. I : 1574-1575, éd. Madeleine Lazard et Gilbert Schrenck, Genève, Droz, 1992, A12. Sur La Rochelle : p. 96-97, p. 153, 195-196 et p. 211-213. Pour les citations, ibid., p. 17, 1 et Journal du règne de Henri IV, t. III : 1595-1598, éd. critique sous la dir. de Gilbert Schrenck, éd. Marie Houllemare, Genève, Droz, 2016, A13, p. 19-20. Return to text

16 Pierre de L’Estoile, Apologie pour le Roy Henry quatre […], dans Recueil de diverses pieces servant à l’histoire de Henry III, Cologne [i. e. Amsterdam ?], Pierre du Marteau, 1666, A11, p. 275-290. Return to text

17 Agrippa d’Aubigné, « Lettres d’affaires personnelles », lettre xcii, « À Madame de Rohan », dans Œuvres, t. IV : Correspondance, éd. Marie-Madeleine Fragonard, Paris, Classiques Garnier, 2016, A29, p. 546-547. Comme le note l’éditrice, D’Aubigné reprend cette formule dans la lettre cxxiv mais l’attribue cette fois à un poème héroïque dont il serait l’auteur. Return to text

18 Je remercie vivement mon collègue et ami Michel Jourde de m’avoir indiqué cette référence. Return to text

19 François Grudé La Croix du Maine, Premier volume de la bibliothèque […], Paris, Abel L’Angelier, 1584, A20, p. 478. Return to text

20 Les Bibliothèques françoises de La Croix du Maine et de Du Verdier, t. I, éd. Rigoley de Juvigny, Paris, Saillant et Nyon/Michel Lambert, 1772-1773, A21, p. 100. Return to text

21 Discours et recueil du siege de La Rochelle, Lyon, Jean Saufrin, 1573, A5, p. 8. Return to text

22 Lancelot Voisin de La Popelinière, L’Histoire de France, Enrichie des plus notables occurances survenues ez Provinces de l’Europe […], t. II, La Rochelle, Pierre Haultin, 1581, A19, liv. 31, fol. 112 ro. Return to text

23 Amos Barbot écrit par exemple : « un des sexes ne surpassoit point l’aultre en courage et volonté, les femmes qui prenoient les armes des hommes las ou blessés en soustenant les derniers combats », Histoire de La Rochelle, éd. Denys d’Aussy, Paris, A. Picard / Saintes, Z. Mortreuil, t. III, A9, p. 140 ; voir également Filippo Cavriana, Histoire du siège de La Rochelle en 1573, La Rochelle, A. Siret, 1856, A7, p. 93, p. 105-107, p. 115 ou p. 131 ; voir encore L. de La Popelinière, L’Histoire de France, op. cit., A19, liv. 32, fol. 125 vo et liv. 33, fol. 134 vo. Return to text

24 Brantôme, « Cinquiéme Discours. Sur ce que les belles et honnestes dames ayment les vaillans hommes et les braves hommes ayment les dames courageuses », dans Les Dames galantes, éd. Maurice Rat, Paris, Classiques Garnier, 2020, p. 262-263. Return to text

25 Simon Goulart : « ils faisoient travailler les femmes, de quelque qualité qu’elles fussent », Mémoires de l’Estat de France sous Charles IX […], t. II, Meidelbourd, H. Wolf, 1578, A2, fol. 284 vo. Return to text

26 Voir infra, notes 29 et 30. Return to text

27 Cette hypothèse renvoie également à la fiabilité du bibliographe, maintes fois interrogée. Voir sur ce point Bruna Conconi, « Les fantômes de la Bibliothèque : livres “non imprimés” ou “non encore imprimés” dans les répertoires de La Croix du Maine et de Du Verdier », dans Frank Lestringant et Olivier Millet (dir.), Le manuscrit littéraire à la Renaissance, Paris, SUP, « Cahiers V. L. Saulnier », 2021, p. 285-305. Return to text

28 Sur ce point, voir notamment Aurore Évain, L’apparition des actrices professionnelles en Europe, Paris, L’Harmattan, 2001 et « Les reines et princesses de France, mécènes, patronnes et protectrices du théâtre au xvie siècle », dans K. Wilson-Chevalier (dir.), Patronnes et mécènes en France à la Renaissance, Publications de l’université de Saint-Étienne, 2007, p. 59-99 ; Nina Hugot, « D’une voix et plaintive et hardie ». La tragédie française et le féminin entre 1537 et 1583, Genève, Droz, 2021, p. 31-46. Return to text

29 L’exemple le plus célèbre est la représentation de Sophonisbe de Mellin de Saint-Gelais à Blois, sur laquelle on pourra consulter Luigia Zilli, « Mellin de Saint-Gelais, Jacques Amyot e un manoscritto della tragedia Sophonisba », Studi di letteratura francese, vol. 17, 1er janvier 1991 ; Raymond Lebègue, « La représentation d’une tragédie à la cour des Valois », dans Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, no 90/1, 1946, p. 138-144, DOI 10.3406/crai.1946.77955 et id., « Les représentations dramatiques à la cour des Valois », dans Jean Jacquot (dir.), Les fêtes de la Renaissance, Paris, Éd. du CNRS, 1956, p. 85-91. Return to text

30 Eusèbe Philadelphe, Le Reveille-matin des François, et de leurs voisins […], Dialogue I, Édimbourg, Jaques James, 1574, A3, p. 88-89. Return to text

31 S. Goulart, Mémoires de l’Estat de France sous Charles IX, op. cit., A2, t. II, fol. 169 ro. Return to text

32 Guillaume de Saluste Du Bartas, La Judit, éd. Steeve Taïlamé, Paris, Classiques Garnier, 2020, A38. Return to text

33 Adrien d’Amboise, Holoferne, éd. Gabriela Cultrera, dans La Tragédie à l’époque d’Henri III [1580]. Deuxième série, vol. 2 : 1579-1582, Florence, Leo S. Olschki / Paris, PUF, 2000, A37, p. 191-267. Return to text

34 Voir sur les filles de Catherine de Parthenay : Paul Marchegay, « Recherches sur les poésies de Mesdemoiselles de Rohan-Soubise », Annuaire de la Société d’émulation de la Vendée, 2e série, vol. 3, 1873, A25, p. 115-148. Return to text

35 Pour une analyse de ce texte, voir M.-H. Grintchenko, Catherine de Bourbon, op. cit., p. 864-874. Return to text

36 La première attribution des ballets à Catherine de Parthenay est due à Raymond Ritter dans son édition (Ballets allégoriques en vers, 1592-1593, Paris, Édouard Champion, 1927). Il se fonde notamment sur le titre du troisième ballet « Au ballet de Mme de Rohan » ainsi que sur le masquage de ce titre, recouvert par un feuillet avec la mention « Autre ballet ». Peu après, Marcel Paquot reprend le dossier et conteste l’analyse de Ritter : il montre que cet effacement du titre est propre à un seul exemplaire ; par ailleurs, le nom présent dans le titre indique en général moins l’auctorialité que la personne devant qui on représente le ballet. Pourtant, en analysant le contenu politique de ces ballets, il parvient aux mêmes conclusions que Ritter. Voir Marcel Paquot, « Madame de Rohan, auteur de comédies-ballets ? [Analyse de trois textes du xvie siècle] », Revue belge de philologie et d’histoire, t. 8, fasc. 3, 1929, p. 801-829, DOI 10.3406/rbph.1929.6629 ; du même auteur, « Comédies-Ballets représentées en l’honneur de Madame, sœur du roi Henri IV », Revue belge de philologie et d’histoire, t. 10, fasc. 4, 1931, p. 965-995, DOI 10.3406/rbph.1931.6816, où il propose une transcription du texte. Return to text

37 Sur ces textes, voir Cindy Pédelaborde, Itinéraires musicaux à la cour de France sous les premiers Bourbons. Musique, musicologie et arts de la scène, thèse soutenue à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux III, 2012, NNT : 2012BOR30058, [en ligne sur HAL] tel-01552182. Voir notamment p. 121-122 et le chap. iv-2 : « Les ballets de Catherine de Parthenay, messagers des astres », p. 538-562. On consultera encore avec profit M.-H. Grintchenko, Catherine de Bourbon, op. cit., notamment p. 507-509 et surtout 815-853. Return to text

38 « La politique va s’affirmer de plus en plus comme l’argument principal de plusieurs ballets », C. Pédelaborde, Itinéraires musicaux à la cour de France, op. cit., p. 539. Return to text

39 Ibid., p. 541. Return to text

40 Paul Bourcier, Histoire de la danse en Occident, Paris, Seuil, 1978, voir « Trois leçons dansées de politique » du chap. 4, p. 89-93, DOI restreint 10.3917/ls.bourc.1978.01. Return to text

41 M. Paquot, « Madame de Rohan, auteur de comédies-ballets ? », art. cité, n. 1, p. 828. Return to text

42 Margaret M. McGowan, L’art du ballet de cour en France : 1581-1643 [1963], Paris, Éd. du CNRS, « Le chœur des muses », 1978, chap. 3 : « Le ballet de cour en France de 1581 à 1610 », p. 54-61. Voir également Henri Prunières, Le ballet de cour en France avant Benserade et Lully [1914], Paris, Éd. d’Aujourd’hui, « Les Introuvables », 1982, p. 95-96 : dans cet ouvrage, publié avant l’édition de Ritter, les trois ballets sont présentés sans nom d’auteur. C’est aussi le cas de l’anthologie de Paul Lacroix, Ballets et mascarades de cour de Henri III à Louis XIV (1581-1652), t. I, Genève, J. Gay et fils, 1868-1870, où les trois ballets, p. 89-134, restent anonymes. Dès lors, dans certains travaux récents sur le ballet de cour fondé sur l’anthologie de Lacroix, les ballets restent sans attribution. Voir par exemple Marianne Closson, « Scénographies nocturnes du baroque. L’exemple du ballet français (1581-1653) », dans Dominique Bertrand (dir.), Penser la nuit (xve-xviie siècles), actes du colloque international du CERHAC à Clermont-Ferrand (22-24 juin 2000), Paris, Champion, 2003, p. 425-448. Return to text

43 William Marx, « À la recherche des œuvres perdues (1) : Pourquoi y a-t-il des œuvres plutôt que rien ? », cours dispensé au collège de France le 4 janvier 2022. Disponible en ligne sur la chaîne Youtube du Collège de France, [en ligne, consulté le 06/06/2024] https://www.youtube.com/watch?v=CZHGG2cKwW4. Return to text

References

Electronic reference

Nina Hugot, « À la recherche d’Holoferne de Catherine de Parthenay (ca 1574 ?) », Pratiques et formes littéraires [Online], 22 | 2025, Online since 02 février 2026, connection on 02 mars 2026. URL : https://publications-prairial.fr/pratiques-et-formes-litteraires/index.php?id=770

Author

Nina Hugot

Université de Lorraine – Écritures UR 3943

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