À onze heures du matin de mil neuf cent soixante-deux

p. 3

Texte

À onze heures du matin de mil neuf cent soixante-deux
Ma montre s’est brisée entre Quipedro et Nambuangongo.

Et depuis lors le temps est une diphtongue
Entre l’absence d’hier et l’absence de demain
À ma montre entre Quipedro et Nambuangongo.

J’ignore s’ils riaient s’ils pleuraient s’ils criaient
J’ignore les mots qu’ils prononçaient.
Ils sont là ils sont là. Et ils tiraient.
Et soudain un cri. Et soudain le fracas.
Et j’ignore ce qu’ils disaient : s’ils pleuraient s’ils riaient.
Ils sont là ils sont là. Et ils tiraient.
À onze heures du matin entre Quipedro et Nambuangongo.

Et plus jamais il n’y eut ni hier ni demain.
Il est onze heures du matin de mil neuf cent soixante-deux
À ma montre entre Quipedro et Nambuangongo.

Citer cet article

Référence papier

Manuel Alegre, « À onze heures du matin de mil neuf cent soixante-deux  », Textures, 20 | 2010, 3.

Référence électronique

Manuel Alegre, « À onze heures du matin de mil neuf cent soixante-deux  », Textures [En ligne], 20 | 2010, mis en ligne le 13 février 2023, consulté le 05 octobre 2026. URL : https://publications-prairial.fr/textures/index.php?id=339

Auteur

Manuel Alegre

Autres ressources du même auteur

  • IDREF
  • ISNI
  • BNF

Traducteur

Olinda Kleiman

Autres ressources du même auteur

  • IDREF
  • HAL
  • ISNI
  • BNF

Droits d'auteur

CC BY 4.0