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L’art de l’installation a plus de cinquante ans. Il a modifié notre rapport à l’art en sollicitant le corps tout entier, en démontrant sa sensibilité à l’espace, à l’environnement, aux êtres vivants avec lesquels il est en constante interaction. Cette publication, issue de journées d’études organisées par l’équipe interuniversitaire Langarts en 2017, analyse cette modification de la perception induite par les installations à travers des approches théoriques et des œuvres devenues classiques ou emblématiques, de Carl Andre, Dan Graham, Jean-Michel Sanejouand, Philippe Parréno, ainsi que l’influence de cette forme d’art sur la musique. Elle examine également sa réception en Asie, révélant où elle entre en résonance avec les représentations et pratiques asiatiques anciennes, souvent associées au spirituel. L’articulation corps/espace/imaginaire est le point commun des différentes installations. Ces installations révèlent le chiasme entre le corps individuel et l’espace extérieur dans la représentation intérieure de l’expérience. Les textes témoignent du processus par lequel le voyage physique du corps du spectateur dans un espace matériel — parfois invisible — et ses composantes structurelles se déroulent dans le temps, comme une succession de micro-expériences.
Cette publication ajoute à la littérature existante un niveau d’analyse théorique, expérientielle et transculturelle qui la rend pertinente pour des domaines connexes tels que la philosophie, la psychologie, les études sociales, les études asiatiques. Elle a pour ambition de favoriser la prise de conscience de la rencontre active qui caractérise toute expérience de vie.


39 | 2019
Synesthésies visuelles

Sous la direction de Fleur Vigneron


À partir des années 1980 eut lieu une révolution dans la connaissance de la synesthésie, un phénomène qui est considéré non plus comme comme une invention culturelle, mais comme une réalité neurologique concernant plus de 2 % de l’humanité. Les deux synesthètes, Carol Steen et Pat Lynne Duffy, qui jouent un rôle éminent et pionnier dans la représentation plastique et littéraire de la synesthésie, rôle souligné par Richard Cytowic et Peter Brook, participent à ce dossier consacré à l’étude de la synesthésie visuelle, de ses photismes et de la vision entoptique. La synesthésie neurologique est devenu un thème de l’imaginaire contemporain, ainsi dans la production littéraire étudiée par Pat Lynne Duffy. L’article de H.-P. Lambert montre comment une notion — les form constants — élaborée par Klüver dès 1928, est devenue un élément essentiel pour comprendre les photismes de la synesthésie visuelle : ils sont produits par le cerveau selon des formes géométriques universelles que l’on trouve aussi bien dans la synesthésie visuelle que dans la migraine à aura, les visions psychédéliques, ou même les chutes de tension. Ces form constants, objet d’étude actuelle en neurogéométrie, s’appliquent à l’anthropologie et à la théorie de l’externalisation. Gabriella Brusa-Zappellini, dans « Imagerie mentale et imagerie iconique : l’art des origines entre neuropsychologie et chamanisme », rappelle l’intérêt de la thèse de l’origine de l’art paléolithique dans les phénomènes entoptiques.


38 | 2017
Faire corps

Sous la direction de Estelle Doudet


Le numéro 38 d’Iris se place tout entier sous le signe du faire corps, déployant au fil de ses pages la polysémie dont s’est enrichie cette expression à partir du XIXe siècle.
Fidèle à l’investigation archéologique des imaginaires et des pratiques sociales que la revue Iris s’est donnée pour but, il en explore les dimensions multiples. Le volume met en particulier à l’essai deux manières d’enquêter sur les relations entre corporalités et identités : la recherche ethno-culturelle sur les corps porteurs de récits traditionnels ; les analyses philosophiques et littéraires éclairant le rôle donné aux personnages et narrateurs post-humains mises en scène dans les créations contemporaines.


37 | 2016
L’entre-deux et l’imaginaire

Sous la direction de Claude Fintz


Ce numéro spécial s’inscrit dans une filiation libre par rapport au travail de François Jullien, philosophe et sinologue. Ce dernier donne à la question de l’entre une dimension philosophique et il en fait un outil épistémologique, en proposant le concept exploratoire, fécond et aventureux, « d’écart ». Contrairement à la notion de différence, qui reste à la remorque de l'identité, l’entre met en tension ce qu'il sépare. L'entre — tel qu'il le théorise — n’est plus réduit au statut d’intermédiaire, entre le plus et le moins, mais se déploie comme « l’à travers ». L’entre (écart vide mais plein de potentialités) n’est pas non plus réductible à la catégorie de l’inter (espace plein de choses communes, au croisement de deux ensembles), globalement plébiscitée dans les sciences humaines et le comparatisme. L’entre permet une pensée de la transformation et du cheminement. Il autorise une fécondité de l’échange (« après des siècles de sujet insulaire et solipsiste, on se met à croire à l’entre de l’entre-nous, celui de l’intersubjectivité », F. Jullien).


36 | 2015
Les imaginaires du cerveau (deux)

Sous la direction de Marie-Agnès Cathiard et Patrick Pajon


Ce numéro de la revue est dédié à Philippe Walter qui a dirigé depuis 1999 le Centre de recherche sur l'imaginaire (CRI) et la revue Iris pendant une quinzaine d’années. Blanca Solares dans un article intitulé « La poétique mythique de Philippe Walter » nous rappelle que l’ambition de Philippe Walter a été « d’étudier la force de l’imagination symbolique et mythologique du “christianisme païen” médiéval, dans sa fonction fondamentale d’équilibre anthropologique — biologique, psychique, socio-historique — tout au long de presque dix siècles d’Histoire ».
La section « Topiques » est consacrée aux « Imaginaires du cerveau », faisant suite à une première publication sur le même thème aux Editions EME (Pajon & Cathiard, 2014). La question posée est de savoir comment confronter de manière pertinente le cerveau imaginé, objet parmi d’autres des études sur l’imaginaire, avec le cerveau imaginant, dans ses fonctions encore peu connues pour la production des œuvres de l’imaginaire, deux domaines ne pouvant faire l’économie de l’histoire des sciences et des développements neuroscientifiques les plus actuels ?


35 | 2014
Imaginaires andalous

Sous la direction de Philippe Walter



34 | 2013
Hommage à Gilbert Durand

Sous la direction de Philippe Walter