Pourquoi un PCP pour les revues de mathématiques ?

DOI : 10.35562/arabesques.1188

p. 12

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Outil de politique scientifique et documentaire, le PCMath coordonne au niveau national la conservation d’un corpus de périodiques défini par la communauté des mathématiciens, pour qui, plus encore que pour d’autres scientifiques, la préservation des résultats précédemment obtenus est primordiale.

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La documentation, enjeu crucial pour la recherche en mathématiques, représente l’équivalent des grands équipements pour d’autres disciplines scientifiques. Elle est depuis longtemps très structurée par une collaboration constante entre professionnels de l’IST et mathématiciens.

Les mathématiques sont une science « cumulative », où les avancées s’appuient sur un large corpus de résultats précédemment obtenus. Les publications ont une longue durée de vie et leur préservation à long terme est un impératif de premier ordre. Dans le contexte d’une accélération des désabonnements dans des bibliothèques aux budgets contraints, et celui du passage au tout-électronique, l’exigence d’organiser la préservation de ce corpus scientifique s’est imposée rapidement. Dès son origine, en 2012, le PCMath s’est constitué autour d’un postulat scientifique, plus que par nécessité bibliothéconomique. L’objectif premier est de garantir la conservation et l’accessibilité, sur le long terme et pour toute la communauté, de l’ensemble des revues considérées comme le corpus indispensable à la recherche : le gain de mètres linéaires est un des effets du plan, mais il n’en est pas un but.

Ne perdre aucune miette de savoir !

Le corpus du PCMath est l’ensemble des revues à conserver et à rendre facilement accessibles pour, idéalement, ne perdre aucun savoir mathématique. C’est un outil de politique scientifique et documentaire, qui comprend des revues pour lesquelles il n’y a pas (encore) de localisation dans les bibliothèques participantes : un des attendus du plan est de trouver de nouveaux participants, et de compléter les collections lacunaires ou orphelines.

Le corpus a été sélectionné par un collège de six mathématiciens participant au comité de pilotage1, avec l’appui d’une équipe de bibliothécaires et documentalistes. Des avis extérieurs ont été sollicités pour couvrir l’ensemble des thématiques. Il a été décidé de limiter le corpus, dans un premier temps, aux titres vivants et strictement mathématiques. Les revues aux interfaces, parfois très importantes, seront analysées ultérieurement au regard d’autres plans (en physique, en informatique…). Plusieurs critères (contenu, comités éditoriaux, renommée, bon référencement dans les bases de données) ont permis d’effectuer cette première sélection : 433 titres dans une liste de 950.

Le but est d’identifier, pour chaque titre, au moins deux collections complètes en bon état, dont la préservation est confiée à un ou plusieurs pôles de conservation, qui s’engagent à les conserver dans les meilleures conditions et à ne pas les dés herber sans concertation préalable, mais aussi à en assurer la diffusion auprès des chercheurs. Pour compléter ces collections « labellisées », les pôles de conservation s’appuient sur des pôles associés.

Pour chaque titre, les participants peuvent choisir de s’engager selon deux modalités : pôle de conservation ou pôle associé. Toute bibliothèque qui possède une collection sur l’un des titres du corpus peut donc participer, au niveau qui convient à sa politique documentaire. Elle signe alors une charte d’adhésion.

Le PCMath est animé par le Réseau national des bibliothèques de mathématiques, avec l’appui des partenaires naturels des PCP nationaux que sont l’Abes et le CTLes. Pour autant, le plan ne repose pas sur les outils du CTLes. Dès ses débuts, alors qu’il n’existait pas encore de PCP d’envergure nationale, le PCMath a utilisé ceux existants, déjà bien implantés dans la communauté mathématique, en particulier le Catalogue fusionné des périodiques de mathématiques (CFP), développé par Mathdoc. L’interopérabilité du CFP avec les outils du CTLes et de l’Abes a été très vite un enjeu. Il est aussi apparu important d’éviter le doublonnage des actions et de rendre visible le travail de signalement du PCMath au niveau national (Sudoc, Périscope). Les imports des états de collection du Sudoc dans le CFP sont désormais opérationnels.

Après une phase de test, le PCMath a bénéficié d’une subvention CollEx en 2016, qui a permis de traiter le premier corpus. Le PCMath a été sélectionné dans la deuxième phase de subventions CollEx-Persée pour 2017-2019 : nous allons continuer la labellisation des collections du premier corpus, élargir le cercle des adhérents, sélectionner un deuxième corpus, et continuer à améliorer le CFP afin de garantir son interopérabilité avec les autres outils nationaux.

Toutes les informations utiles : http://www.rnbm.org/le-pcmath

En chiffres

Le premier corpus en chiffres
Il y a actuellement 23 bibliothèques participantes.
Sur les 433 titres traités,
• 251 ont une ou deux collections complètes labellisées
• 13 titres restent orphelins
• 182 titres sont encore lacunaires malgré les nombreux transferts effectués Le travail reste donc en cours !

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Geralt / Pixabay (CCO)

1 Le CTLes est membre du comité de pilotage.

Notes

1 Le CTLes est membre du comité de pilotage.

Illustrations

Geralt / Pixabay (CCO)

References

Bibliographical reference

Julie Janody, « Pourquoi un PCP pour les revues de mathématiques ? », Arabesques, 88 | 2018, 12.

Electronic reference

Julie Janody, « Pourquoi un PCP pour les revues de mathématiques ? », Arabesques [Online], 88 | 2018, Online since 03 septembre 2019, connection on 21 septembre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=1188

Author

Julie Janody

(RNBM) pour le comité de pilotage PCMath

julie.janody@ens.fr

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Copyright

CC BY-ND 2.0