A faire classer : une opportunité pour les bibliothécaires ?

DOI : 10.35562/arabesques.1470

p. 9

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Les classements internationaux d’universités représentent une opportunité pour les bibliothèques de faire mieux reconnaître leurs compétences au sein de leur établissement.

Depuis quelques années, les débats au sujet des classements se sont intensifiés : séminaires de la Conférence des présidents d’université (CPU)1, journée organisée par Clarivate Analytics2 à l’université Paris-Saclay pour présenter les classements CTWS Leiden et Academic Ranking of World University de Shanghai, création d’un groupe de référents par la CPU en lien avec le MESRI,…

Dans le contexte du programme national « Initiatives d’excellence », l’un des enjeux pour l’État consiste à mieux identifier au sein des classements internationaux les universités issues des regroupements opérés, notamment au sein d’universités expérimentales. Les agences de classement ont chacune des règles quant à la nature des institutions classées. Dans ce cadre, les regroupements tels que les ComUE3 ont connu des sorts différents en fonction des agences, étant parfois considérées comme des consortiums et non comme des universités de plein exercice. La riche actualité et les échanges multiples sur le sujet s’expliquent dans le contexte de l’émergence de ces nouvelles universités et rappellent le besoin de bien comprendre leur perception à l’international.

 

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Pour autant, le positionnement des universités à l’égard de ces classements n’est pas sans ambiguïté : entre projet politique qui en explicite l’importance et déclarations dans la presse, et il y a fort à parier que dans les deux ans qui viennent, les établissements français vont connaître une actualité encore forte au moment de la sortie des classements de juin à septembre.

Or, tous les classements ne se valent pas et n’ont pas la même fin. Les critères sur lesquels ils se basent peuvent être de natures très différentes : publication, encadrement, formation, réputation académique, employabilité, prix scientifiques,… De nombreuses critiques pourraient être formulées sur ces critères et, in fine, sur les classements qui en sont issus : définition d’une performance, standardisation de l’évaluation, modèle économique, biais,… il convient de retenir qu’ils donnent à voir sous un angle commun des critères ou des données à l’échelle internationale, et sont considérés à cette aune – c’est sans doute là tout l’intérêt pour les spécialistes de l’information scientifique et technique.

Pour le bibliothécaire, le classement comporte plusieurs atouts : il propose une approche standardisée de données, porte une ou plusieurs dimensions liées à la publication et, pour des classements tels que Multirank4 ou Leiden5, comportent des critères concernant l’accès ouvert. Les services de recherche ou de pilotage des universités devant pouvoir compter sur des données de qualité pour organiser leurs missions, le classement peut constituer le levier d’une offre de service sur la qualité des informations fournies dans les domaines de l’IST.

Instruments de mesure astronomique

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Source Library of Congress

En travaillant sur les référentiels des structures de recherche qui le composent, les bibliothèques peuvent mieux aider leur établissement dans leur appréhension des outils des classements de type Web of Science6 ou Scopus7. Ainsi, Aix-Marseille Université a décliné une politique de contrôle qualité qui sert notamment à accompagner sa politique de science ouverte. À partir d’une nécessaire qualité de signature indispensable pour repérer les publications de l’établissement par les outils de bibliométrie et dans les corpus considérés par les classements, l’université a mis en place une politique de bonification basée sur la qualité de la signature, du signalement bibliographique de la production des laboratoires sur HAL et du dépôt de texte intégral en libre-accès.

L’attention particulière portée aux classements constitue donc une véritable opportunité pour les bibliothèques de s’impliquer pleinement dans la gestion de la qualité de l’information scientifique produite par leur université. Il s’agit également de rendre identifiables les compétences et missions des professionnels de l’information scientifique et technique par des acteurs académiques dont l’attention ne se porte pas toujours sur ces enjeux de qualité et de partage des données produites.

1  http://www.cpu.fr/actualite/classements-universitaires-un-seminaire-organise-a-la-cpu ; http://www.cpu.fr/actualite/

2 Propriétaire entre autres du Web of Science et du Journal Citation Reports.

3 Communauté d’universités et établissements.

4 https://www.umultirank.org

5 https://www.leidenranking.com

6 https://login.webofknowledge.com

7 https://www.elsevier.com/fr-fr/solutions/scopus

Notes

1  http://www.cpu.fr/actualite/classements-universitaires-un-seminaire-organise-a-la-cpu ; http://www.cpu.fr/actualite/classements-universitaires-donner-des-cles-aux-etablissements-pour-se-positionner

2 Propriétaire entre autres du Web of Science et du Journal Citation Reports.

3 Communauté d’universités et établissements.

4 https://www.umultirank.org

5 https://www.leidenranking.com

6 https://login.webofknowledge.com

7 https://www.elsevier.com/fr-fr/solutions/scopus

Illustrations

 
Instruments de mesure astronomique

Instruments de mesure astronomique

Source Library of Congress

References

Bibliographical reference

Julien Sempéré, « A faire classer : une opportunité pour les bibliothécaires ? », Arabesques, 96 | 2020, 9.

Electronic reference

Julien Sempéré, « A faire classer : une opportunité pour les bibliothécaires ? », Arabesques [Online], 96 | 2020, Online since 29 janvier 2020, connection on 25 octobre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=1470

Author

Julien Sempéré

Chef de projet Lumen Learning Center, Préfigurateur Documentation
Université Paris-Saclay

julien.sempere@universite-paris-saclay.fr

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