À la villa Médicis. La bibliothèque de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis)

DOI : 10.35562/arabesques.2091

p. 14-15

Text

La bibliothèque de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), créée sous l’impulsion de Joseph‑Benoît Suvée, peintre du roi puis premier directeur de la période postrévolutionnaire, a été jusqu’en 1968 un instrument d’études réservé aux pensionnaires, à l’instar des principales académies des beaux-arts en France et en Italie. Avec la réforme Malraux‑Balthus de 1971, l’ouverture de l’Académie de France à Rome à la recherche, dans le domaine de l’histoire de l’art, a modifié considérablement la politique d’acquisition et la gestion de la bibliothèque.

En trois décennies, un outil à l’usage de quelques pensionnaires est devenu un lieu où les chercheurs italiens ou étrangers peuvent consulter des ouvrages français difficiles à trouver à Rome. Notre premier but est de devenir un maillon essentiel du réseau des bibliothèques romaines. En suivant l’actualité artistique en France, la bibliothèque de l’Académie de France à Rome acquiert de très nombreux catalogues d’expositions de grands musées parisiens, des publications de musées de province, d’universités, de petits éditeurs et, plus généralement, des livres reflétant l’actualité artistique la plus contemporaine, ainsi que des ouvrages sur l’art français parus à l’étranger. La rapidité d’acquisition de certains documents est très favorablement ressentie par les chercheurs, enseignants d’université ou étudiants qui fréquentent la bibliothèque. Nous proposons en outre un fonds de partitions de musique contemporaine.

L’accueil du public est le deuxième point fort et nos lecteurs sont ravis de trouver un lieu qui représente le trait d’union entre les chercheurs italiens et les institutions françaises. Le fonds d’origine, encore présent aux deux tiers dans la bibliothèque, fut en large partie le résultat d’une campagne de sélection par Suvée lui‑même, dans les dépôts littéraires parisiens (celui des Cordeliers entre autres) et de différents achats. Il est constitué d’environ 800 œuvres antérieures à 1800. Bien que la plupart de ces ouvrages soient des éditions du XVIIIe siècle, on compte également sept éditions du XVIe siècle, presque autant du XVIIe siècle. Parmi les éléments les plus précieux, on y trouve une collection presque entière des gravures de Piranèse, plusieurs récits de voyage en Italie, les gravures du Cabinet du Roi, celles de Pietro Santi Bartoli, « l’Antiquité expliquée » de Bernard de Montfaucon et divers traités de théorie de l‘art. L’architecture est représentée par les traités classiques, mais aussi par de nombreux volumes de descriptions de Rome. Le fonds musical ancien est en majorité constitué de partitions d’opéra qui couvrent une période chronologique assez large, des premières partitions imprimées de Lully jusqu’aux œuvres de Bizet et de Saint‑Saëns, en passant par celles des protagonistes les plus marquants du théâtre français des XVIIIe et XIXe siècles. Le catalogue des partitions antérieures à 1900, rédigé par Francesco Paolo Russo et Maria Irène Maffei, a été publié, en 1999, chez l’éditeur florentin L.S. Olschki.

Durant le XIXe et la première moitié du XXe siècle, la bibliothèque n’eut pas de véritable responsable et le nombre des volumes augmenta surtout par le biais de dons et de legs. Ce n’est qu’en 1964, sous l’impulsion de Balthus, directeur de l’Académie de France à Rome de 1961 à 1977, que furent alloués des crédits particuliers pour l’acquisition d’ouvrages et que fut nommé le premier bibliothécaire. La bibliothèque, qui avait connu précédemment différents emplacements, avait été installée, au milieu du XIXe siècle, dans le grand salon et avait été décorée des statues de Louis XIV et de Louis XVIII ainsi que des bustes des directeurs. Depuis 1963, elle occupe l’ancienne galerie des antiques du cardinal Ferdinand de Médicis. Grâce à Bruno Racine, directeur de l’Académie de France à Rome de 1997 à 2002, l’historien d’art installé à Rome, Alvar Gonzàlez‑Palacios, a légué son importante collection de livres concernant les arts décoratifs, dont une partie a déjà été déposée à la villa Médicis. Ces ouvrages, complétés par une photothèque unique en son genre, feront de la bibliothèque de la villa Médicis l’une des grandes bibliothèques d’arts décoratifs de Rome.

Les ouvrages de la bibliothèque sont en libre accès et classés en Dewey. Sans compter les périodiques, le fonds est constitué de plus de 32 000 volumes qui reflètent fidèlement les disciplines présentes à l’Académie. Outre les arts plastiques, l’architecture et l’histoire de l’art, on trouve également des documents sur la photographie, le cinéma, le design, la scénographie, la musique et la littérature. Les acquisitions s’élèvent à environ 700 ouvrages par an, dont la moitié sont reçus par don et par échange. L’accroissement des collections a rendu nécessaire l’aménagement d’une dépendance dans les jardins.

La bibliothèque est ouverte aux pensionnaires mais aussi aux historiens d’art, aux membres des académies romaines et aux professeurs, chercheurs et étudiants en histoire de l’art, en architecture et en musicologie, qui, après avoir pris rendez‑vous, peuvent consulter le fonds dans la limite des places disponibles. La bibliothèque ne fait pas de prêt à l’extérieur.

Grâce à la proposition de l’École française de Rome et au soutien très actif du nouveau directeur de la villa Médicis, Frédéric Mitterrand1, le catalogue de la bibliothèque sera, au cours de l’année 2009, hébergé sur le serveur de l’École française de Rome. Nous pourrons ainsi travailler avec le logiciel Millennium, acquis par l’École française, cataloguer en format UNIMARC et intégrer le Sudoc. Le catalogue sera, enfin, accessible en ligne et disponible pour le public des chercheurs internationaux.

1 Ministre de la culture et de la communication depuis le 23 juin 2009

Notes

1 Ministre de la culture et de la communication depuis le 23 juin 2009

References

Bibliographical reference

Maria Teresa De Bellis and Raffaella Carchesio, « À la villa Médicis. La bibliothèque de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) », Arabesques, 55 | 2009, 14-15.

Electronic reference

Maria Teresa De Bellis and Raffaella Carchesio, « À la villa Médicis. La bibliothèque de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) », Arabesques [Online], 55 | 2009, Online since 13 août 2020, connection on 06 décembre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=2091

Authors

Maria Teresa De Bellis

mariateresa.debellis@villamedici.it

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Raffaella Carchesio

raffaella.carchesio@villamedici.it

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Copyright

CC BY-ND 2.0