Bibliothèque de l’École française d’Extrême-Orient : l’Asie en ses mouvantes demeures

DOI : 10.35562/arabesques.425

p. 10-11

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La politique documentaire de la bibliothèque de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) est restée fidèle aux domaines phares de l’établissement (archéologie, épigraphie, ethnologie, religions), sans cependant négliger les disciplines émergentes de la recherche à l’EFEO, en complémentarité avec les autres institutions abritant des fonds similaires, telles que le Collège de France et la BULAC.

Fondée en 1898 à Saigon sous le nom de Mission archéologique d’Indochine, l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) est conçue dès l’origine comme étant une institution consacrée à la recherche sur le terrain en Asie. Placée sous l’égide scientifique de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, elle répond aussi à une demande du Gouvernement général de l’Indochine d’inventorier le patrimoine culturel, monumental et manuscrit des territoires qu’il contrôle. En 1903, le siège de l’EFEO est implanté à Hanoï, d’où l’École va poursuivre durant plus d’un demi-siècle à travers la région ses missions d’investigation archéologique, de collecte documentaire et d’inventaire ethnographique et linguistique. Une vaste bibliothèque orientaliste, comprenant de nombreux corpus originaux, est constituée, de même que tout un réseau de musées. La restauration et la maintenance du site d’Angkor échoient à l’EFEO dès 1907.

Salle de lecture de la bibliothèque parisienne de l’EFEO

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© EFEO

18 centres dans 12 pays d’Asie

Les guerres d’indépendance contraignent l’EFEO à quitter le Vietnam en 1957, puis le Cambodge en 1975, mais l’École poursuit son objectif de recherche sur les civilisations asiatiques en développant de nouvelles implantations. Dans les années 1950, des centres sont créés en Inde, à Pondichéry (Inde) et à Jakarta (Indonésie) ; au cours des années 1960-1970 un institut de recherche sur le bouddhisme japonais et chinois est ouvert au Japon, à Kyoto, et un autre, sur le bouddhisme theravada, en Thaïlande, à Chiang Mai. À partir du début des années 1960, le siège de l’EFEO est installé à Paris, dans l’actuelle Maison de l’Asie.

Le retour de l’EFEO au Cambodge, au Laos et au Vietnam dans les années 1990 s’accompagne d’un mouvement de réouverture de plusieurs centres de recherche. Aujourd’hui, l’EFEO s’appuie sur un réseau de dix-huit centres dans douze pays d’Asie, où sont affectés une vingtaine d’enseignants-chercheurs, soit la moitié de son effectif. Les quelque 600 titres publiés à ce jour par ses Éditions ainsi que les cinq revues qu’elle édite – dont son Bulletin, depuis 1901, et la revue Arts asiatiques, en collaboration avec le musée Guimet – montrent la variété de la recherche à l’EFEO, qui met en regard l’histoire des civilisations asiatiques classiques et le monde contemporain.

Des fonds constitués pour moitié d’unica

Les collections de la bibliothèque de l’EFEO sont inséparables de l’histoire de l’institution, qu’elles documentent. Avec 110 000 volumes et 1 450 titres de périodiques, la bibliothèque parisienne s’inscrit dans la succession de la bibliothèque fondée en 1903 à Hanoi, dont les collections en langues occidentales avaient rejoint la France à la fin de la période indochinoise. Si le cœur des collections est l’Asie du Sud-Est avec 33 000 volumes, l’Asie du Sud, puis l’Asie orientale ont fait l’objet d’importants développements documentaires. Outre les acquisitions onéreuses, l’enrichissement des fonds s’appuie sur des dons réguliers de chercheurs liés à l’institution et sur les partenariats noués avec 130 institutions scientifiques internationales. La bibliothèque s’est également constituée en réseau, avec une antenne principale à Chiang Mai (comptant près de 50 000 volumes), spécialisée dans le bouddhisme thaï, et six bibliothèques comprenant de 10 000 à 15 000 volumes, dont la dernière-née est implantée à Kyoto (2009). Des documents uniques (manuscrits, estampages et objets), collectés ou copiés sur le terrain, sont également présents dans les collections. Enfin, les archives scientifiques de l’EFEO, avec sa riche photothèque, sont conservées à Paris, et occupent 320 mètres linéaires.

Poursuivre le signalement, numériser les archives

Le réseau documentaire de l’EFEO s’est déployé dans le Sudoc en commençant par la bibliothèque de Paris, en 2001. Composées environ aux deux tiers de documents en langues vernaculaires, les collections présentent un taux important d’unica – à hauteur de moitié. Elles sont signalées localement dans le SIGB Koha de la BULAC, l’EFEO étant membre du GIP BULAC depuis 2011. La bibliothèque parisienne de l’EFEO signale également ses manuscrits dans le catalogue Calames. On y trouve d’ores et déjà les manuscrits thaïs, la publication de l’inventaire des manuscrits palis étant imminente.

Les directions de travail des bibliothèques de l’EFEO pour les prochaines années sont claires : poursuivre le signalement des collections d’imprimés et de manuscrits, ainsi que l’inventaire détaillé des archives ; mettre à profit le réseau documentaire en Asie pour développer les acquisitions et les partenariats français et internationaux ; enfin, mener des campagnes de numérisation ciblées, notamment, sur les archives.

La photothèque

Dès la création de l’EFEO, les chercheurs ont ressenti le besoin de compléter les notes et les croquis par la photographie. Une photothèque s’est donc constituée, en même temps que l’École se dotait d’une bibliothèque de recherche. Le fonds photographique de l’EFEO s’enrichit continuellement (monuments, fouilles archéologiques, rituels religieux, pièces de musées, éléments d’architecture…), il concerne le Cambodge, le Vietnam et le Laos et dans une moindre mesure l’Inde, la Thaïlande, la Birmanie, l’Indonésie, la Chine… Aujourd’hui, plus de 200 000 clichés sont conservés au siège à Paris, et cette collection est progressivement mise en ligne sur http://collection.efeo.fr/ws/web/. La photothèque est également consultable, sur place et sur rendez-vous. La photothèque de l’EFEO conserve plus de 18 000 clichés.

Tête de Bouddha en stuc trouvée dans la province de Nakhon Pathom en Thaïlande, le cliché date de 1940

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Source : Photothèque virtuelle de l’EFEO

Façade ouest du temple de Baphuon et Bouddha couché

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L’EFEO a commencé la restauration de ce temple, sur le site d’Angkor, en1960, et l’a achevée en 2011, avec une interruption entre 1970 et 1992 en raison de la guerre.

Jean-Pierre Dalbéra / Flickr (CC BY 2.0)

Illustrations

https://www.efeo.fr/index.php
Salle de lecture de la bibliothèque parisienne de l’EFEO

Salle de lecture de la bibliothèque parisienne de l’EFEO

© EFEO

Tête de Bouddha en stuc trouvée dans la province de Nakhon Pathom en Thaïlande, le cliché date de 1940

Tête de Bouddha en stuc trouvée dans la province de Nakhon Pathom en Thaïlande, le cliché date de 1940

Source : Photothèque virtuelle de l’EFEO

Façade ouest du temple de Baphuon et Bouddha couché

Façade ouest du temple de Baphuon et Bouddha couché

L’EFEO a commencé la restauration de ce temple, sur le site d’Angkor, en1960, et l’a achevée en 2011, avec une interruption entre 1970 et 1992 en raison de la guerre.

Jean-Pierre Dalbéra / Flickr (CC BY 2.0)

References

Bibliographical reference

Clément Frœhlicher-Chaix, « Bibliothèque de l’École française d’Extrême-Orient : l’Asie en ses mouvantes demeures », Arabesques, 86 | 2017, 10-11.

Electronic reference

Clément Frœhlicher-Chaix, « Bibliothèque de l’École française d’Extrême-Orient : l’Asie en ses mouvantes demeures », Arabesques [Online], 86 | 2017, Online since 01 décembre 2019, connection on 17 octobre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=425

Author

Clément Frœhlicher-Chaix

Conservateur des bibliothèques de l’École française d’Extrême-Orient

clement.froelicher@efeo.net

Copyright

CC BY-ND 2.0