Créé en 2014 à Besançon, ce qui deviendra en 2022 l’atelier de la donnée de Bourgogne-Franche-Comté a bien grandi en 12 ans d’existence !
Les ateliers de la donnée sont des services de proximité, labellisés par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE), qui accompagnent les équipes de recherche dans la gestion et l’ouverture des données de la recherche qu’elles produisent. Le périmètre de ces services varie en fonction des régions : parfois l’atelier de la donnée est centré sur un seul établissement, parfois il couvre une dizaine d’établissements ou plus.
Ces ateliers de la donnée font partie de l’écosystème Recherche Data Gouv1, inauguré en 2022 par le MESRE.
Un « atelier de la donnée » avant l’heure
En Bourgogne-Franche-Comté, l’atelier de la donnée dont je suis co-responsable a été labellisé en 2022, dans la première vague de labellisation, mais les services qu’il propose existent depuis bien plus longtemps. Par ailleurs, il n’a pas toujours eu un périmètre régional, comme c’est le cas aujourd’hui.
Ce que nous connaissons en 2026 comme « l’atelier de la donnée de Bourgogne-Franche-Comté » est né en 2014 à l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Besançon (OSU THETA), sous l’impulsion d’une chercheuse et d’un ingénieur de recherche. A l’origine, l’objectif était d’accompagner les équipes de recherche de l’OSU THETA dans la gestion et l’ouverture de leurs données de recherche, notamment via des interventions de sensibilisation et d’accompagnement dans les trois laboratoires et deux équipes fédérés par l’Observatoire (astrophysique, chimie, sciences de l’environnement…).
Assez vite, plusieurs recrutements de personnels ITRF sont réalisés grâce au soutien de l’OSU THETA et du CNRS, afin d’enrichir l’équipe de nouvelles compétences documentaires et informatiques. Ces nouveaux collègues s’investissent notamment dans la création, en 2016, d’un portail de description des données de recherche : dat@OSU.
Sur le portail dat@OSU, les équipes de recherche de l’OSU THETA peuvent communiquer des informations sur les données qu’elles produisent, grâce à différents champs de métadonnées, afin de les rendre FAIR (Facile à trouver, Accessibles, Interopérables et Réutilisables). Certains de ces champs sont ajoutés pour correspondre aux disciplines de l’OSU THETA : couvertures taxonomique, spatiale, temporelle et spectrale.
Pour faciliter la description de ces données, les documentalistes recrutées accompagnent les équipes de recherche de l’OSU THETA dans la création de fiches de métadonnées, puis réalisent la curation de toutes les fiches créées. Elles vérifient par exemple que les champs sont correctement remplis, que les mots-clés choisis sont bien associés à un thésaurus disciplinaire, que les créateurs et créatrices cité·e·s dans les données sont bien lié·e·s à la bonne affiliation, etc.
En parallèle, les deux porteurs du projet dat@OSU s’assurent auprès de leurs collègues que les services proposés sont bien identifiés au sein des laboratoires et équipes fédérées par l’Observatoire. Ainsi, ils convainquent par exemple un chercheur proche de la retraite de décrire toutes les données produites pendant sa carrière sur le portail dat@OSU, ce qui donne lieu en 2017 à la création de plus de 400 fiches de métadonnées !
Crédit photo Adobe Stock - Nilima, généré à l’aide de l’IA
L’élargissement du périmètre
En 2019, la COMUE Université de Bourgogne-Franche-Comté (UBFC) s’intéresse au projet dat@OSU, qui s’élargit ainsi en 2020 à l’échelle de la région Bourgogne-Franche-Comté. Le périmètre du projet, devenu dat@UBFC2, comprend désormais six établissements et leurs soixante laboratoires de recherche : les universités de Bourgogne (uB) et de Franche-Comté (uFC), l’université de technologie de Belfort Montbéliard (UTBM), SUPMICROTECH-ENSMM, Burgundy School of Business (BSB), l’Institut Agro Dijon et le campus de Cluny de l’Ecole nationale supérieur d’Arts et métiers (ENSAM Cluny).
Suite à ce passage à l’échelle régionale, dat@UBFC est devenu un service généraliste : là où il se concentrait spécifiquement sur les disciplines de l’OSU THETA, le portail dat@UBFC3 couvre en effet tous les établissements du nouveau périmètre. Cet élargissement a également multiplié les besoins d’accompagnement, ce qui a conduit les membres de l’équipe à embaucher encore davantage de documentalistes et d’informaticiens.
Ces établissements ont donc adhéré au projet avant même l’existence des ateliers de la donnée et la création de l’écosystème Recherche Data Gouv, preuve sans doute que la science ouverte était déjà identifiée comme un sujet important par leur gouvernance. En 2020, le premier Plan national pour la science ouverte était en effet déjà publié, certains financeurs de la recherche comme l’Europe ou l’ANR demandaient déjà la rédaction de plan de gestion de données pour les projets qu’ils finançaient…
Je suis donc recrutée en 2022, en même temps que plusieurs autres collègues. Mon poste a tout de même une particularité : je suis la première membre de l’équipe à être géographiquement éloignée des autres, puisque mon poste se situe à Dijon (soit à environ 80km de l’OSU THETA à Besançon). L’un des objectifs de la création de ce poste est de faire connaître dat@UBFC dans les établissements bourguignons de son périmètre : l’université de Bourgogne (qui porte mon poste), l’Institut Agro Dijon, BSB et l’ENSAM Cluny.
Depuis 2024, mon poste est officiellement rattaché au Pôle documentation de l’université Bourgogne Europe (anciennement université de Bourgogne) et plus précisément à son service de soutien à la recherche. Ce lien avec les bibliothèques a beaucoup enrichi mon travail, puisque nous organisons désormais régulièrement des actions communes, notamment sur le lien entre les publications scientifiques (dont l’accompagnement est porté par le Pôle documentation de l’université Bourgogne Europe) et les données de recherche.
Les apports de la labellisation
Deux mois avant ma prise de poste en 2022, dat@UBFC est labellisé « atelier de la donnée » pour la Bourgogne-Franche-Comté par le Ministère de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation (MESRI, aujourd’hui MESRE), dans la première vague de labellisation. Pour nous, c’est la reconnaissance du travail réalisé depuis 2014.
Cette intégration nous permet de rejoindre un réseau national d’appui à la recherche, qui s’est par ailleurs beaucoup agrandi depuis (il y a aujourd’hui 25 ateliers de la donnée, là où il n’y en avait que 5 en 2022). Le réseau s’est également structuré autour de rendez-vous réguliers : nous nous rassemblons deux fois par an dans une ville différente à l’occasion des séminaires Recherche Data Gouv, nous disposons d’une plateforme interne collaborative, d’un chat commun et de groupes de travail, nous nous réunissons tous les mois entre responsables d’ateliers de la donnée, etc. La plupart de ces rendez-vous s’adressent aux Ateliers de la donnée, mais aussi aux autres centres de compétences de l’écosystème (centres de référence établissement, centres de référence thématique, centres de ressources, etc), qui font également partie du même réseau. Les ateliers de la donnée ont aussi un bureau, qui nous représente dans les différentes instances de gouvernance de Recherche Data Gouv.
Cette intégration a également des avantages concrets pour notre atelier de la donnée : nous sommes désormais plus visibles auprès des gouvernances des établissements de notre périmètre et avons davantage d’arguments à avancer lorsque nous demandons du budget ou des postes. Elle nous a également permis de mieux connaître les collègues qui proposent un accompagnement similaire au nôtre dans d’autres régions, et donc de trouver de nouvelles idées pour faire évoluer nos services.
Par ailleurs, l’écosystème Recherche Data Gouv réunit une multitude de métiers (documentalistes, bibliothécaires, informaticien.ne.s, archivistes, chercheurs et chercheuses, etc), ce qui conduit régulièrement à des échanges très riches. Etant moi-même archiviste de formation, j’étais particulièrement heureuse de trouver des archivistes dans cet écosystème. C’est d’ailleurs ce qui m’a conduit, avec une collègue copilote, à créer un groupe de travail interne à Recherche Data Gouv dédié à la question de l’archivage des données de la recherche.
La collaboration entre les différents métiers est particulièrement intéressante sur ce sujet : nous avons par exemple beaucoup échangé sur les différents termes utilisés par chaque corps de métier et les conséquences que cela peut avoir. Par exemple, « stockage » et « archivage » ne signifient pas forcément la même chose pour un·e informaticien·ne et pour un·e archiviste, ce qui peut conduire à des quiproquos. L’intérêt pour nous est de mieux nous comprendre afin de tenir un discours cohérent aux chercheurs et chercheuses que nous accompagnons.

