Et si les idées reçues constituaient le meilleur point d'entrée vers la science ouverte ? Développé à l'Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), le Bingo des données de la recherche transforme ces représentations en un outil collectif de sensibilisation, facilement transférable à d'autres établissements.
Le tirage gagnant : d’un modèle partagé à une adaptation locale
Ce dispositif s'inspire du Bingo de la science ouverte1, conçu en 2021 à l'Université Paris Dauphine-PSL par Magali Civet, Delphine Quentin et Claire Tignolet. En faisant du hasard du tirage un levier pédagogique, le jeu favorise une prise de parole libre autour des idées reçues qui circulent dans la communauté scientifique. Les participants ne débattent plus de leurs propres réticences, mais de représentations partagées, qui deviennent autant de cases ouvrant la discussion plutôt que de freins à la science ouverte.
Créée en 2025, la direction « Science et Société » (D2S) de l'UNC, qui porte les missions d'appui à la science ouverte, a adapté ce principe aux enjeux de la gestion et du partage des données de la recherche. Baptisé Bingo des données de la recherche, ce nouveau dispositif a bénéficié d'une relecture scientifique de Claire Tignolet, Annaïg Mahé (URFIST de Paris – École nationale des chartes-PSL) et Amélie Barrio (URFIST Occitanie).
Briser la glace sans perdre la boule : le hasard comme levier pédagogique
Animé à l'aide d'un support interactif projeté, le jeu invite les participants à tirer successivement une boule numérotée. Chaque numéro correspond à une idée reçue — « On va me voler mes données », « Un PGD, ça ne sert à rien » ou encore « Mes données sont en sécurité sur mon disque dur » — servant de point de départ à une discussion collective. Au fil du tirage, vingt-quatre idées reçues sont déconstruites, couvrant l'ensemble du cycle de vie des données, des questions techniques aux dimensions juridiques et éthiques.
À l'UNC, le dispositif est utilisé comme brise-glace ou comme activité de synthèse lors de la formation doctorale consacrée aux données de la recherche, ainsi que dans des ateliers réunissant les chercheurs de l'université et du consortium des organismes de recherche calédoniens CRESICA. Ces temps d'échange favorisent l'expression des interrogations, la levée des réticences et le partage des bonnes pratiques.
Sorella tire le gros lot : un univers narratif au service de la science ouverte
Le Bingo des données de la recherche s'inscrit dans un continuum pédagogique plus large diffusé intégralement sous licence Creative Commons BY NC SA sur la plateforme Zenodo. Illustré par Bénédicte Sauvage et Olivier Copin, il reprend les personnages de la bande dessinée On fait le point sur les données de la recherche avec Sorella !2 (Université de Guyane), qui seront également au cœur de FAIRDataCARE, une fresque de sensibilisation actuellement en cours de finalisation. Cette continuité narrative permet de construire un véritable écosystème pédagogique, mobilisable selon les publics, les objectifs et les formats d'animation.

