Collectionner les pièces de théâtre écrites par des femmes sous l’Ancien Régime : parcours dans les fonds de la Bibliothèque nationale de France

DOI : 10.35562/pfl.760

Résumés

À partir d’une enquête bibliographique dans les fonds théâtraux de la Bibliothèque nationale de France (BnF), l’article se propose d’étudier les pratiques de conservation et de collection du théâtre de femmes de l’Ancien Régime entre le xviiie et le xixe siècles. Sous quelles formes les œuvres théâtrales féminines nous sont-elles parvenues ? Et comment s’opère leur intégration dans les collections patrimoniales ? Ce corpus fait-il l’objet d’un traitement particulier, et l’identité de genre est-elle un facteur dans ce traitement ? Grâce à une approche interdisciplinaire croisant les études littéraires et les outils de l’analyse bibliothéconomique, l’article entend interroger l’entrée ou non des œuvres dans les collections patrimoniales, leur présence, leur traitement, et montrer comment la préservation du matrimoine matériel – à savoir les pièces de femmes en tant que livres imprimés – est liée à la réception historiographique dont ce théâtre a fait l’objet.

Based on a bibliographic survey of the theatrical collections at the National Library of France (BnF), a primary conservation site in France, this article aims to study the conservation and collection practices that women’s theatre from the Ancien Régime has undergone between the eighteenth and nineteenth centuries. In what forms have female theatrical works come down to us? And how is their integration into heritage collections carried out? Does this corpus receive special treatment, and is the feminine gender a factor in this treatment? Through an interdisciplinary approach that intersects literary studies and tools of bibliothecal analysis, the article seeks to examine whether or not works enter heritage collections, their presence and treatment, and demonstrate how the preservation of material heritage – namely, women’s plays as printed objects – is closely connected to the historiographical reception that this theatre has received.

Plan

Texte

Progressivement écartées de la mémoire collective et du canon littéraire classique, les pièces de théâtre écrites par des femmes sous l’Ancien Régime font aujourd’hui l’objet d’un regain d’intérêt, tant sur le plan académique que scénique. Parallèlement, elles ont été conservées dans les fonds dramatiques de grands collectionneurs des xviiie et xixe siècles, où elles ont même suscité des pratiques bibliophiliques spécifiques. Cet article se propose d’interroger ces deux processus de patrimonialisation en montrant comment la préservation de ce que l’on peut appeler un matrimoine matériel – à savoir les pièces de femmes en tant que livres imprimés – est liée à la réception historiographique dont ce théâtre a fait l’objet1.

Sous quelles formes les œuvres théâtrales féminines nous sont-elles parvenues ? L’identité de genre est-elle un facteur dans le traitement qu’en font les collectionneurs ? Croisant l’histoire du théâtre et l’analyse bibliothéconomique, cette étude s’appuie sur un travail en cours d’examen des exemplaires anciens préservés à la BnF2, lieu de collecte et de conservation le plus important en France pour le patrimoine du livre3.

La BnF : une tradition bibliophilique théâtrale

À partir de la chronologie de l’édition Théâtre de femmes de l’Ancien Régime4, mon enquête porte sur 17 autrices, allant de Marguerite de Navarre à Françoise de Graffigny. Le corpus matériel comporte 318 exemplaires, répartis entre les quatre sites de la BnF – l’Arsenal, François-Mitterrand, Richelieu et l’Opéra5. Certains exemplaires ont été acquis par la BnF grâce au dépôt légal6, mais la grande majorité de mon corpus provient de collections privées, intégrées aux fonds publics par divers moyens : confiscations révolutionnaires, ventes aux enchères, ou dons7. Le tableau suivant donne un aperçu des collections examinées :

Tableau 1. Typologie des collections8

Nature de la bibliothèque Nombre d’exemplaires
Bibliothèques ecclésiastiques 3
Bibliothèque royale* 27
Bibliothèques privées 180

*Sont rangés dans cette catégorie les livres provenant de la Bibliothèque royale – à l’origine de la Bibliothèque nationale – ainsi que ceux issus des bibliothèques des membres de la famille royale (xvie-xviiie siècles).

Les exemplaires issus des bibliothèques privées m’intéressent particulièrement ici. L’étude des marques de propriété – armoiries, estampilles, ex-libris, annotations, numéros d’anciennes cotes, etc. – permet d’identifier une trentaine de collectionneurs allant du début du xviiie à la fin du xixe siècle. Six bibliophiles se distinguent particulièrement par le nombre d’exemplaires du théâtre de femmes conservés :

Tableau 2. Collectionneurs identifiés

Collectionneur Exemplaires du théâtre de femmes
Joseph-Antoine Crozat, marquis de Tugny (1696-1751) 8
Louis-César de La Baume Le Blanc, duc de La Vallière (1708-1780) 35
Antoine-René d’Argenson, marquis de Paulmy (1722-1787) 22
Georges Douay (1840-1919) 47
James de Rothschild (1844-1881) et Henri de Rothschild (1872-1947) 26
Auguste Rondel (1858-1934) 49

Pour les autres collectionneurs identifiés, le nombre d’exemplaires du théâtre de femmes varie entre un et quatre9. Les chiffres, exceptionnels pour les six bibliophiles mentionnés, témoignent de la richesse de leurs collections respectives en matière de théâtre. Le duc de La Vallière10, dont une partie de la collection a été acquise puis enrichie par le marquis de Paulmy11, constitue aujourd’hui l’un des fonds théâtraux les plus importants de la bibliothèque de l’Arsenal. Entre la fin du xixe et le début du xxe siècle, trois grandes bibliothèques dramatiques se distinguent : celle de Georges Douay, compositeur d’opérettes, conservée sous la cote GD à la bibliothèque de l’Arsenal12, celle d’Auguste Rondel, qui constitue la majeure partie du département des Arts du spectacle à Richelieu13, et le fonds Rothschild, réputé pour ses éditions anciennes du théâtre classique14. Cette liste montre bien que le milieu de la bibliophilie est genré du côté masculin et réservé à une élite sociale constituée pour l’essentiel d’hommes d’État15.

Que collectionnent-ils ? Et pourquoi ? La signification des livres collectés varie en fonction des individus et d’une époque donnée16. Une partie importante du corpus provient de collections du xviiie siècle, correspondant à la naissance de la « haute bibliophilie17 ». Cette période se manifeste par la multiplication de bibliothèques privées luxueuses et de cabinets de livres rares. Pour un aristocrate érudit, avoir une bibliothèque représentant tous les champs du savoir est un signe de culture et de distinction sociale, mais aussi de luxe, certains collectionneurs recherchant des livres pour leur beauté esthétique, leur statut de curiosité, ou leur prix. La lecture n’est pas pour autant garantie : certains lisent et annotent abondamment leurs ouvrages, d’autres les conçoivent comme des curiosités ou des objets artistiques qui ne comportent aucune marque d’usure18. La bibliophilie du xviiie siècle se distingue tout particulièrement par la culture et l’économie de la rareté. Difficile à évaluer, la rareté excède le simple amour du « beau livre ». Elle peut s’appuyer sur plusieurs critères cumulatifs, tels que la condition du livre, la matière de la reliure, le nombre d’exemplaires connus, le caractère manuscrit ou imprimé, les premières éditions et les éditions illustrées, la notoriété de l’auteur, de l’imprimeur, mais aussi du précédent possesseur19. L’étude des catalogues, des manuels de libraires ou des journaux de bibliophiles permet parfois de vérifier si un ouvrage est recherché20.

Quelle est la place des femmes dramaturges dans ces pratiques de collecte, et pourquoi s’y intéresser ? La bibliophilie a d’abord une fonction patrimoniale évidente, les collectionneurs étant des acteurs centraux de l’entrée du théâtre en littérature. Ensuite, cette discipline repose sur un travail de hiérarchisation : la rareté est une tradition bibliophilique qui émanerait d’un consensus social, faisant qu’un livre devient recherché et lui donnant une valeur et une réputation21. Dans cette perspective, quelle valeur a été attribuée au théâtre de femme ? Et, pour reprendre Françoise Héritier, cette valeur matérielle est-elle liée à la « valence » moindre du féminin qui s’est traduite par une minoration dans le champ littéraire22 ? Trois outils de l’analyse bibliothéconomique nous permettent de répondre à ces questions : le catalogage du théâtre de femmes, le mode de conservation des exemplaires, et les marques de traitement matériel ou d’appropriation. Alicia C. Montoya proposant une étude du premier outil dans ce volume23, je concentrerai mon analyse sur les deux derniers.

Étude du mode de conservation : le théâtre de femmes en recueil

Le théâtre, comme les autres genres littéraires, présente deux principaux modes de conservation : soit la pièce est conservée en tant qu’exemplaire séparé, soit elle est insérée dans un recueil qui relève d’un acte d’édition ou de collection. L’on s’intéresse ici aux exemplaires qualifiés de « recueils factices » par les catalogues de bibliothèque : ces ouvrages résultent de la volonté d’un possesseur souvent guidé par un libraire, qui a trouvé bon de réunir sous une même reliure des textes issus d’éditions séparées24. Le possesseur « fabrique » donc un objet qui n’a pas d’équivalent, et cela pour des raisons diverses. Dans le cas du théâtre de femmes, presque tous les recueils factices que j’ai étudiés ont pour ambition de créer un recueil de théâtre. Celui-ci prend généralement deux formes.

Dans un premier cas, les œuvres de théâtre de femmes ont été recomposées afin de constituer un recueil d’autrice. Auguste Rondel a constitué un recueil de la sorte à partir d’une édition des Œuvres de Mademoiselle Des Jardins, éditées par Gabriel Quinet en 1664 (exemplaire 8-RF-7359).

Fig. 1. Recueil factice des Œuvres de Mademoiselle Des Jardins, Paris, Gabriel Quinet, 1664

Fig. 1. Recueil factice des Œuvres de Mademoiselle Des Jardins, Paris, Gabriel Quinet, 1664

Légende : [en haut de gauche à droite] reliure, dos et page de titre du recueil factice ; [en bas de gauche à droite] pages de titre des pièces de théâtre de Mlle Desjardins insérées dans le recueil : Manlius (1662) et Nitetis (1663) éditées par Gabriel Quinet, Le Favory (1665) éditée par Thomas Jolly.

Source/crédit : BnF, cote 8-RF-7359, collection théâtrale d’Auguste Rondel, ark:/12148/cb32668450h. Photos Caroline Mogenet

L’édition est à l’origine un recueil d’œuvres diverses, composé de poésies, lettres, et de deux pièces de théâtre, Manlius (1662), et Nitétis (1663)25. Auguste Rondel a extrait les deux dernières pièces du recueil, mis de côté les pièces poétiques et les lettres afin d’ajouter Le Favory (1665) : l’ensemble constitue ainsi un recueil théâtral, dans une belle reliure en maroquin rouge, avec un titrage sur le dos qui indique « mlle desjardins – theatre ». Ce travail de réagencement pour former un recueil de théâtre entièrement dédié à Desjardins est inédit dans la mesure où, de son vivant, l’autrice n’a publié aucun recueil uniquement dédié à l’art dramatique.

Le duc de La Vallière est aussi connu pour ses recueils de théâtre factices. L’image qui suit est une série de pièces de femmes que le bibliophile a pris soin de réunir en collections spécifiques. Ces exemplaires se caractérisent par un nouveau titre figurant sur le dos de chaque livre : « Theatre de Saintonge », « Theatre de M.le. Bernard », « Theatre de Melle Desjardins », ou encore « Theatre de Mle Durand ».

Fig. 2. Recueils factices de théâtre de femmes formés par le duc de La Vallière

Fig. 2. Recueils factices de théâtre de femmes formés par le duc de La Vallière

Légende : empilement de quatre recueils factices du duc de La Vallière avec leur titre figurant sur le dos. De bas en haut : 2a. « Theatre de Saintonge », 2b. « Theatre de M.le Bernard », 2c. « Theatre de M.elle Desjardins » et 2d. « Theatre de M.le Durand ».

Source/crédit : 2a. « Theatre de Saintonge », BnF-8-BL-13106, ark:/12148/cb39333659s ; 2b. « Theatre de M.le. Bernard », BnF 8-BL-13879, ark:/12148/cb317609938 ; 2c. « Theatre de M.elle Desjardins », BnF 8-BL-14148, ark:/12148/cb31581269s ; 2d. « Theatre de M.le Durand », BnF 8-BL-14295, ark:/12148/cb393251857. Photo Caroline Mogenet

Cette pratique donne encore une fois une visibilité matérielle singulière à des autrices qui n’ont pas pris l’initiative de la mise en recueil. L’identité de genre n’est cependant pas un facteur déterminant puisque La Vallière réserve le même traitement matériel au théâtre masculin. La mise en reliure des textes théâtraux révèle ici une volonté d’obtenir des objets esthétiques et uniformes pour des étagères harmonieuses26. Bien que cette pratique permette une conservation du matrimoine dramatique, elle ne relève pas d’une intention particulière du collectionneur.

Dans un second cas, l’œuvre a été extraite de son exemplaire d’origine et mêlée à des œuvres de théâtre écrites par des hommes. Le critère du genre n’est donc pas un motif d’exclusion, l’ouvrage étant pensé comme une anthologie théâtrale, auteurs et autrices confondus. Ce type d’objet présente néanmoins une logique dans l’assemblage des pièces. La cohérence chronologique, générique, ou le format, sont généralement des critères déterminants, comme c’est le cas d’un exemplaire des Chastes Martyrs de Marthe Cosnard (YF-239)27, relié dans un recueil factice de tragédies de martyrs de même format in-4o. Louise-Geneviève de Sainctonge se démarque également par une présence récurrente dans des recueils factices d’opéra : ses tragédies en musique, Didon (1694) et Circé (1696), sont conservées dans une quinzaine de recueils factices, soit presque autant que le nombre d’exemplaires séparés28. Prenons pour dernier exemple une collection théâtrale formée par le marquis de Tugny29. Ce bibliophile est à l’origine d’une anthologie de recueils factices en treize volumes, contenant des œuvres tragiques ou comiques publiées entre 1731 et 1751. L’ensemble, titré « Recueil pour la Comedie Françoise », en référence à l’institution, comprend deux pièces de femmes dramaturges contemporaines du collectionneur : Les Amazones d’Anne-Marie Du Bocage (volume XII, exemplaire 8-BL-13456 (2))30, et Cénie de Françoise de Graffigny (volume XIII, 8-BL-13457 (3)). Le geste est fort de conséquence pour la réputation de deux autrices dont les pièces rencontrent un certain succès théâtral et éditorial31. Le collectionneur contribue à leur reconnaissance auctoriale en les intégrant, de leur vivant, à une œuvre qui conserve la mémoire d’un répertoire en cours de canonisation.

Fig. 3. Cénie, piece en cinq actes, Paris, Cailleau, 1751, dans les Recueils [factices] pour la Comedie Françoise formés par le marquis de Tugny, vol. XIII : Françoise de Graffigny

Fig. 3. Cénie, piece en cinq actes, Paris, Cailleau, 1751, dans les Recueils [factices] pour la Comedie Françoise formés par le marquis de Tugny, vol. XIII : Françoise de Graffigny

Légende sous le titre : « Représentée pour la premiére fois par les Comédiens François Oridinaires du Roi , le 25 Juin 1750. »

Source/crédit : BnF, cote 8-BL-13457 (3), ark:/12148/cb33993033w. Photos Caroline Mogenet

Ces initiatives bibliophiliques prouvent que les femmes dramaturges sont intégrées dans des collections, qui sont, pour ainsi dire, mixtes, et qui les considèrent, à l’image des hommes, comme représentatives d’une période théâtrale. Que ces anthologies factices soient mixtes par un acte conscient ou par simple souci d’exhaustivité, elles ont le mérite de ne pas renvoyer les femmes dramaturges à un domaine séparé de celui des hommes, mais font du théâtre un domaine partagé. Au-delà de la question de l’identité de genre, la recomposition des œuvres, puis leur insertion dans des fonds spécifiques dédiés au théâtre, témoignent non seulement d’une lecture particulière – l’« amour » du théâtre du collectionneur – mais aussi d’un geste plus large qui consiste à faire émerger le théâtre comme genre littéraire, objet de conservation et de transmission par le livre.

Traitement matériel et marques d’appropriation

Les marques d’appropriation, si elles peuvent nous renseigner sur l’usage que le collectionneur a fait du texte, constituent des données parfois difficilement exploitables car elles résistent à un discours généralisant sur les pratiques de lecteur ou de collection. Il est également difficile de faire la part entre le geste d’un collectionneur-lecteur initial et celui d’un acteur ultérieur – archiviste ou conservateur –, responsable de la mise en collection patrimoniale publique. Ces incertitudes matérielles nous invitent donc à la prudence quant à la lecture du théâtre de femmes par les collectionneurs, c’est pourquoi je m’en tiendrai surtout à des hypothèses.

Reliure et titrage

Faite au moment de l’achat par le collectionneur, la reliure ne permet pas toujours de valider le traitement particulier d’une œuvre. Que le théâtre soit écrit par un homme ou une femme, il se présente sous tous types de reliures, des plus modestes, en simple parchemin, aux plus coûteuses, en veau ou en maroquin. Les titrages figurant sur le dos de la reliure sont plus riches d’analyse. Pour des raisons évidentes de place sur le dos du livre, titres et noms d’auteurs ou d’autrices font l’objet d’abréviations. Pour les femmes dramaturges, ces raccourcis entraînent fréquemment l’occultation du féminin. Au « Mme » ou « Mlle », les livres préfèrent des formulations qui laissent planer le doute sur l’intention du geste. On en donnera deux exemples : un livre des Œuvres de Madeleine et Catherine Des Roches intitulé au dos « Œuvres de M. Desroches » (8-BL-8897)32, et un exemplaire des Jumeaux martyrs d’Alberte-Barbe de Saint-Baslemont, intitulé « Les Jumeaux martirs de St Balmon » (4-BL-3633)33. L’abréviation relève-t-elle d’une commodité, d’un effacement volontaire du féminin, ou de l’ignorance de l’artisan-relieur qui présuppose le masculin sans faire le lien avec la page de titre ? Dans tous les cas, l’abréviation n’est pas une simple neutralisation puisqu’elle programme une lecture qui masculinise.

Cela est plus flagrant encore pour trois exemplaires du théâtre de Françoise Pascal (8-BL-14085 ; 8-BL-14086 ; 8-BL-14087). Formée par le duc de La Vallière, cette collection théâtrale de Françoise Pascal est absolument inédite et fait l’objet d’un traitement soigné avec une reliure précieuse en maroquin rouge. Pourtant, le titrage au dos masculinise l’autrice devenue « François Pascal ». Certes, la perte du « e » peut se justifier par le manque de place, mais cette explication reste, au fond, peu satisfaisante. Il peut s’agir d’un choix délibéré du doreur ou d’un lapsus révélateur de l’automatisme qu’un agent de la fabrication du livre a devant un livre de théâtre, à savoir qu’il est nécessairement masculin.

Fig. 4. Collection de trois recueils factices du théâtre de Françoise Pascal formée par le duc de La Vallière : [de haut en bas] 4a. Vol. I : Françoise Pascal, Agathonphile martyr, Lyon, Clément Petit, 1655 ; 4b. Vol. II : Françoise Pascal, Endymion, Lyon, Clément Petit, 1657 ; Sésostris, Lyon, Antoine Offray, 1661 ; Le Vieillard amoureux, Lyon, Antoine Offray, 1664 ; 4c. Vol. III : Diverses Poesies, Lyon, Simon Matheret, 1657

Fig. 4. Collection de trois recueils factices du théâtre de Françoise Pascal formée par le duc de La Vallière : [de haut en bas] 4a. Vol. I : Françoise Pascal, Agathonphile martyr, Lyon, Clément Petit, 1655 ; 4b. Vol. II : Françoise Pascal, Endymion, Lyon, Clément Petit, 1657 ; Sésostris, Lyon, Antoine Offray, 1661 ; Le Vieillard amoureux, Lyon, Antoine Offray, 1664 ; 4c. Vol. III : Diverses Poesies, Lyon, Simon Matheret, 1657

Légende : trois recueils factices superposés avec reliure en maroquin rouge comprenant des œuvres de l’autrice Françoise Pascal mais dont les dos titrent le nom masculin « François Pascal ».

Source/crédit : 4a. BnF-8-BL-14085, ark:/12148/cb31063006j ; 4b. BnF-8-BL-14086, ark:/12148/cb39325032c ; 4c. BnF-8-BL-14087, ark:/12148/cb39325035d. Photo Caroline Mogenet

Annotations

Les annotations et autres notes manuscrites dans les exemplaires consultés sont assez rares. Elles prennent généralement deux formes dans le corpus étudié.

Annotations portant sur l’attribution

Les annotations portant sur l’attribution d’une œuvre ne sont pas spécifiques aux femmes dramaturges car elles s’appliquent à toutes les éditions ne faisant pas figurer de nom d’auteur ou d’autrice sur leur page de titre. Néanmoins, l’anonymat est plus courant chez les femmes de lettres, pour des raisons tant morales que sociétales, ou par choix auctorial34. Les annotations ont alors le mérite d’ajouter une signature absente. Elles révèlent également les différents débats d’attribution autour d’un texte. Le cas très célèbre du Brutus de Catherine Bernard, attribué à tort à Fontenelle35, en est un bon exemple. Les annotations, qu’elles proviennent des collectionneurs ou de leurs bibliothécaires, rendent alors compte des différentes disputes autour de la paternité, ou maternité, de l’œuvre, comme le démontre la série des trois exemplaires suivants : le premier présente bien la note manuscrite « par Mlle Bernard » (THN-10601), le second ne sait pas trancher entre « Mlle Bernard et Bernard de Fontenelle » (GD-6660), le troisième invente quant à lui une nouvelle attribution en le donnant à « Mlle Barbier » (8-YTH-20360). Ces hésitations donnent lieu à une triple auctorialité sur les notices du catalogue numérique de la BnF, où l’on trouve souvent Catherine Bernard, Marie-Anne Barbier et Bernard de Fontenelle mentionnés en tant que co-auteurs.

Fig. 5. Trois exemplaires du Brutus de Catherine Bernard, Paris, Vve de Louis Gontier, 1691 [5a et 5c] ; et Paris, Vve de Pierre Ribou, 1730 [5b]

Fig. 5. Trois exemplaires du Brutus de Catherine Bernard, Paris, Vve de Louis Gontier, 1691 [5a et 5c] ; et Paris, Vve de Pierre Ribou, 1730 [5b]

Légende : annotations manuscrites des pages de titre de Brutus. [De gauche à droite] : 5a. « Par Catherine Bernard » ; 5b. « Mlle Bernard et Bernard de Fontenelle » ; 5c. « Mlle Barbier ».

Source/crédit : 5a. BnF THN-10601, ark:/12148/cb300550714 ; 5b. BnF GD-6660, ark:/12148/cb321163489 ; 5c. BnF 8-YTH-20360, ark:/12148/cb300550714. Photos Caroline Mogenet

Plus problématique est le cas de La Folle Enchère de Mme Ulrich (1691), qui a été attribuée au seul Dancourt. Ce phénomène de spoliation éditoriale étudié par Justine Mangeant36, prend aussi corps matériellement dans les annotations des exemplaires qui présentent tantôt le nom d’Ulrich, tantôt celui de Dancourt.

L’anonymat, subi ou volontaire, des autrices de théâtre, se reflète dans l’incertitude des collectionneurs, incertitude qui donne lieu à une spoliation. Ce constat appelle à un long travail de correction des catalogues numériques qui constituent les premières interfaces de recherche et de visibilité des exemplaires.

Annotations de lecture

La plupart des notes de lecture relevées sont de la main des secrétaires du marquis de Paulmy. Érudit et studieux, Paulmy est connu pour sa Bibliothèque universelle des romans (1775-1789) et pour son travail d’annotateur en pages liminaires de ses ouvrages ou dans son Catalogue raisonné d’une grande bibliothèque, resté à l’état de manuscrit37. Ces notes ne sont pas l’apanage des pièces de femmes38, mais examinons quelques autrices pour lesquelles ces notes sont plus systématiques, à savoir Marie-Catherine Desjardins, Catherine Bernard, Louise-Geneviève de Sainctonge et Marie-Anne Barbier. Ces autrices ont en commun de s’être imposées sur la scène théâtrale de manière, sans doute, plus affirmée que les autres, mais surtout, d’avoir donné au public un recueil de théâtre complet, ou un recueil d’œuvres diverses, ce qui peut être compris comme une posture d’affirmation de leur œuvre.

Dans un recueil factice du théâtre de Marie-Anne Barbier (8-BL-13033), Paulmy remet en question l’attribution du texte et pense que l’abbé Pellegrin en est le véritable auteur. Le reste n’est qu’une suite de critiques à l’égard de la versification ou de la structure des pièces :

Tout ce que j’ay pu decouvrir de cette Dlle c’est qu’elle mourut en 1745, et qu’elle etoit fort liée dans sa jeunesse avec M. l’Abbé Pelegrin, si bien qu’il y a tout lieu de croire que celuy-ci est le veritable auteur de toutes ces pieces […], la versification en est negligée comme celle de toutes les pieces de l’abbé Pelegrin […]. Le merite de ces Tragedies est que le sujet en est toujours très interessant. Celuy d’Arrie et Petus, est assez connu ; c’est bien dommage que les trois derniers actes soient si froids. […] Tomyris est la plus mauvaise pièce, mais le sujet est traité d’une façon romanesque et l’histoire est fort gâtée39.

Le ton est similaire dans cet autre exemplaire du deuxième tome des Œuvres de Mme de Villedieu, comportant exclusivement son théâtre40. D’après les notes de Paulmy, Marie-Catherine Desjardins « fut aidée par l’Abbé d’Aubignac » pour sa tragédie Manlius, dont le sujet est « très ridicule » et la versification « faible ». À propos de Nitétis, il est dit qu’il s’agit d’une « faible et mauvaise copie d’Andromaque » et que la tragicomédie du Favory est « assez peu intéressante ». Le marquis de Paulmy est tout aussi sévère à l’égard de la tragédie Genséric, qu’il commente en page liminaire d’une édition des Œuvres d’Antoinette Deshoulières (8-BL-9243 (1)) :

La Tragedie de Genseric est dans le 2nd vol. et eut très peu de succès, elle (ne) meritoit pas davantage. (La) versification etant foible, les caracteres manqués. Les gots, ces peuples barbares, paroissent doucereux chez Made. Deshoulieres qui ne pouvoit et ne devoit (faire) que des églogues41.

Fig. 6. Notes du marquis de Paulmy dans un recueil factice de théâtre intitulé Théâtre de Mlle Barbier (1707)

Fig. 6. Notes du marquis de Paulmy dans un recueil factice de théâtre intitulé Théâtre de Mlle Barbier (1707)

Source/crédit : BnF, cote 8-BL-13033 (1 à 3), ark:/12148/cb30055088v. Photos Caroline Mogenet

En insistant ainsi sur la trop grande douceur des personnages de Genséric, le collectionneur laisse entendre que le théâtre requiert une force qui ferait naturellement défaut à Antoinette Deshoulières, plus à l’aise dans la poésie pastorale42.

Ces trois exemples montrent bien la façon dont les notes de lecture reproduisent les discours tenus à propos des femmes dramaturges dans les dictionnaires dramatiques et les histoires littéraires43. Les Frères Parfaict dénoncent dans Manlius Torquatus une versification « non-seulement très-foible, mais très-prosaïque, & mêlée d’expressions basses, & quelquefois ridicules44 », critique étrangement familière à celle du marquis de Paulmy. Le jugement de l’abbé Joseph de La Porte est lui aussi très similaire à celui de l’exemplaire consulté :

[…] les matieres élevées n’étoient pas faites pour Madame Déshoulieres. Elle avoit le stile & l’expression propres pour l’Ydille, l’Eglogue, la Chanson ; mais trop foible, lorsqu’elle vouloit sortir du genre auquel la nature l’avoit, pour ainsi dire, condamnée, Madame des Houlieres a voulu forcer son talent, & effrayer de s’exercer dans le Tragique45.

La comparaison peut se poursuivre longtemps et mériterait une recherche à part entière.

Comment expliquer une telle minoration des femmes dramaturges ? Tout porte à croire qu’elle résulte d’une influence mutuelle entre, d’une part, l’écriture de l’histoire littéraire et, d’autre part, la collection des pièces de théâtre. Cette interaction s’explique par une coïncidence chronologique, l’essor massif des ouvrages d’histoire littéraire correspondant à la période où la bibliophilie connaît son apogée. Les historiens du théâtre s’appuient sur les bibliothèques des grands collectionneurs pour composer leurs ouvrages, tandis que les bibliophiles se réfèrent aux histoires littéraires pour orienter leurs acquisitions. Notons par ailleurs que nombre de bibliophiles sont eux-mêmes des historiographes qui publient des dictionnaires dramatiques à partir de leur propre collection. Le duc de La Vallière publie en 1768 une Bibliothèque du Théatre François46, le comte d’Argenson, père du marquis de Paulmy écrit entre 1740-1757 ses Notices sur les œuvres de théâtre47, enfin, la Bibliothèque dramatique de Monsieur de Soleinne (1843-1845), a conservé, encore aujourd’hui, toute son aura auprès des historiens du théâtre.

***

À l’issue de ce parcours, peut-on conclure que les femmes dramaturges sont traitées à l’égal de leurs homologues masculins ? La réponse ne saurait être tranchée. D’une part, le traitement matériel d’un objet imprimé ne se réduit pas au seul genre de son auteur : le collectionneur évalue également la qualité de l’exemplaire, son état, sa reliure et sa rareté. D’autre part, les annotations présentes dans les pièces du théâtre de femmes semblent révéler l’influence d’une historiographie discriminante à l’égard des autrices.

Cette étude ouvre cependant de nouvelles perspectives pour mieux faire connaître et faciliter l’accès au théâtre de femmes, notamment par la mise à jour et la correction des notices de catalogue, ainsi que par la numérisation des éditions. Rappelons que c’est grâce à une recherche assidue dans les catalogues anciens qu’une femme dramaturge comme Sœur de la Chapelle a pu sortir de l’ombre48. Le cas des rééditions du théâtre de femmes par des bibliophiles mériterait également une étude à part entière : la tragédie des Chastes martyrs de Marthe Cosnard, rééditée par la « Société des bibliophiles normands » en 1888, témoigne d’une attention particulière accordée à la dramaturge, prise comme symbole culturel du patrimoine normand. D’un point de vue matériel, on peut également se demander si ces attentions, qu’elles relèvent de la mise en recueil ou de la réédition, ne demeurent pas des mises en valeur paradoxales dans la mesure où l’ouvrage acquiert une rareté et une réputation, mais n’est diffusé qu’au sein d’un cercle bibliophile très restreint, ce qui en limite la portée49.

Notes

1 Pour un état des lieux historiographique sur le matrimoine théâtral de l’époque moderne, voir Aurore Évain, « Les autrices de théâtres et leurs œuvres dans les dictionnaires dramatiques du xviiie siècle », communication donnée lors des premières Rencontres de la SIEFAR, Paris, 20 juin 2003, [en ligne, consultée le 12 août 2025] ; « Vous avez dit “matrimoine” ? », tribune pour le « Mouvement HF », blog Le Club de Médiapart, 25 novembre 2017, [en ligne, consultée le 12 août 2025] ; Julia Gros de Gasquet, « Femmes dramaturges au xviie siècle. Faire entendre le différend », Revue d’historiographie du théâtre, no 8 : Le canon théâtral à l’épreuve de l’histoire, Florence Naugrette (dir.), t. III, 2023, p. 182-191. Retour au texte

2 J’utiliserai dorénavant l’acronyme BnF pour désigner la Bibliothèque nationale de France. Retour au texte

3 Je remercie la conservatrice du fonds ancien de l’Arsenal, Nadine Ferey-Pfalzgraf, dont le suivi a permis ce travail. Il fait partie intégrante d’une thèse en cours, Caroline Mogenet, Le théâtre féminin de la deuxième moitié du xviie siècle : la construction d’un patrimoine spécifique ?, sous la dir. de Mathilde Bombart, co-encadrement Edwige Keller-Rahbé et Nadine Ferey-Pflazgraf, université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, BnF, Fondation des sciences du patrimoine. Projet soutenu par l’École universitaire de recherche Paris Seine Humanités, Création, Patrimoine, ANR-17-EURE-0021. Retour au texte

4 Aurore Évain, Perry Gethner et Henriette Goldwyn (dir.), Théâtre de femmes de l’Ancien Régime, éd. P. Gethner, Juliette Cherbuliez, H. Goldwyn, Paul Scott et Deborah Steinberger, 3 vol. (t. I : xvie siècle, t. II : xviie siècle, t. III : xviie-xviiie siècle), Publications de l'université de Saint-Étienne, « La cité des dames », 2006-2011. Rééd. Paris, Classiques Garnier, « Bibliothèque du xviie siècle », 2014-2022 (avec un t. IV : xviiie siècle.) Retour au texte

5 Mon enquête porte sur les premières éditions et les rééditions du xviie au xviiie siècle. Même parmi les autrices les plus rééditées à titre posthume, on observe généralement une interruption des rééditions au cours du xixe siècle. Retour au texte

6 Instauré par François Ier le 28 décembre 1537, le dépôt légal est une obligation qui enjoint les imprimeurs et les libraires à déposer à la Bibliothèque royale tout livre imprimé et mis en vente dans le royaume. Retour au texte

7 Pour une histoire de la BnF et de ses collections, voir Bruno Blasselle, Gennaro Toscano (dir.), Histoire de la Bibliothèque nationale de France, Paris, BnF Éditions, 2022. Une source bibliographique précieuse est la Bibliographie historique de la Bibliothèque nationale de France, dirigée par Thomas Creusot et Olivier Jacquot, BnF, [en ligne]. Retour au texte

8 J’ai pu identifier la provenance de 210 exemplaires. 108 exemplaires ne présentent aucune marque de propriété visible ou clairement interprétable pour identifier le collectionneur. Retour au texte

9 Parmi ceux qui méritent d’être mentionnés, on retient Joseph d’Hémery (1722-1806), inspecteur de librairie française, Victor Luzarche (1805-1869), ancien maire de Tours, et Jeanne Lagarde (1867-19?), collectionneuse férue de théâtre et d’opéra. Retour au texte

10 Louis-César de La Baume Le Blanc, duc de La Vallière (1708-1780), est l’un des plus puissants seigneurs de la cour de Louis XIV et un grand collectionneur. Sa collection connaît plusieurs ventes, dont les catalogues ont été rédigés par ses libraires, Guillaume-François Debure, ou Jean-Luc Nyon. Le marquis de Paulmy achète en bloc la seconde partie de la dernière vente, en 1786. Riche de 52 000 ouvrages, elle constitue le cœur du fonds ancien de l’Arsenal. Voir Henry Martin, Histoire de la bibliothèque de l’Arsenal, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1900, p. 134-160 ; Dominique Coq, « Le parangon du bibliophile français : le duc de La Vallière et sa collection », dans Claude Jolly (dir.), Histoire des bibliothèques françaises, t. II : Les bibliothèques sous l’Ancien régime, 1530-1789, [1988], Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 2008, p. 409-415, DOI restreint 10.3917/elec.verne.2008.02.0409. Retour au texte

11 Antoine-René d’Argenson (1722-1787), marquis de Paulmy, tient résidence dans le bâtiment de l’Arsenal en 1757. Il enrichit la bibliothèque de son oncle, le comte d’Argenson, par des achats auprès des libraires de toute l’Europe, des ventes aux enchères, voire l’achat de bibliothèques entières, comme celle de La Vallière en 1786, qu’il acquiert en vendant une partie de sa propre collection au comte d’Artois. Voir H. Martin, Histoire de la bibliothèque de l’Arsenal, op. cit., p. 141-164 ; Martine Lefèvre, Danielle Muzurelle, « La bibliothèque du marquis de Paulmy », dans Cl. Jolly (dir.), Histoire des bibliothèques françaises, t. II, op. cit., p. 391-408, DOI restreint 10.3917/elec.verne.2008.02.0391. Retour au texte

12 À sa mort en 1919, Georges Douay lègue sa collection, riche de plus de 50 000 pièces, à la bibliothèque de l’Arsenal, qui accueille pour la première fois un fonds entièrement dédié à l’art dramatique. Voir « La bibliothèque de l’Arsenal », Art et métiers du livre, 1997, no 206, p. 53. Retour au texte

13 Polytechnicien, Auguste Rondel devient juge au tribunal de Commerce de Marseille. Il commence à collectionner dès les années 1890 des livres, des brochures, des articles de presse, de l’iconographie sur le théâtre et les autres formes de spectacle. Voir Frantz Calot, « Les collections théâtrales de l’Arsenal », Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, décembre 1934, p. 548-555 ; Cécile Giteau, « La collection Auguste Rondel au département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale », Bulletin d’information de l’Association des bibliothécaires de France (ABF), no 128, 1985, p. 11-12, [en ligne]. Retour au texte

14 La collection du baron James de Rothschild est enrichie par son fils, Henri de Rothschild, qui réunit une bibliothèque théâtrale imposante. La collection est conservée à François-Mitterrand et au département des Manuscrits. Retour au texte

15 L’on retient parmi les femmes bibliophiles les collections de la comtesse de Verruë (1670-1736), celle de la princesse de Conti (1680-1739) et celle de la marquise de Pompadour (1721-1764). Trop peu d’exemplaires du théâtre de femmes ont été trouvés dans ces collections pour en faire une étude représentative. Retour au texte

16 La singularité des pratiques de collecte à travers le temps, les pays et les collectionneurs est bien examinée par Krzysztof Pomian, Collectionneurs, amateurs et curieux. Paris, Venise : xvie-xviiie siècles, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 1987 ; Emmanuelle Chapron et Isabelle Luciani (dir.), Érudits, collectionneurs et amateurs. France méridionale et Italie xvie-xixe siècle, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2017, DOI 10.4000/books.pup.45473. Retour au texte

17 Voir Jean Viardot, « Naissance de la bibliophilie : les cabinets de livres rares », dans Cl. Jolly (dir.), Histoire des bibliothèques françaises, II, op. cit., p. 345-374 ; « Qu’est-ce que la bibliophilie », Revue d’histoire littéraire de la France, no 1, vol. 115, 2015, p. 27-47 ; Jean Toulet, « La notion d’exemplaire », Mélanges de la bibliothèque de la Sorbonne, no 10, 1990, p. 11-22. Retour au texte

18 Beaucoup de bibliothèques privées constituent en cela des lieux d’exception et suivent le modèle du cabinet de curiosité. Les livres ne sont pas acquis en tant qu’objets de savoir, mais pour leur rareté, leur statut de curiosité, ou comme moyen d’exhibition sociale. Amélie Calderone le démontre bien pour le xixe siècle, « Les bibliothèques d’amateurs au xixe siècle : œuvres transitoires cherchent mémoire », Romantisme, no 177 : Bibliothèques, Cécile Reynaud (dir.), 2017/3, p. 54-63, DOI 10.3917/rom.177.0054. Retour au texte

19 D’après J. Viardot, ces critères tendent à s’affirmer au cours du xixe siècle, « Les nouvelles bibliophilies », dans Roger Chartier et Henri-Jean Martin (dir.), Histoire de l’édition française, t. 3 : Le temps des éditeurs. Du romantisme à la Belle Époque, Paris, Fayard/Cercle de la librairie, 1990, p. 383-402. Voir aussi Jean-Marc Chatelain, « Le jeu de la rareté ou vingt ans d’enrichissements à la Réserve des livres rares », dans J.-M. Chatelain (dir.), Éloge de la rareté : cent trésors de la Réserve des livres rares, catalogue d’exposition, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2014, p. 10-15. Retour au texte

20 Citons, entre autres ouvrages, la Bibliographie instructive ou Traité de la connoissance des livres rares et singuliers de Guillaume-François Debure, 7 vol., Paris, Debure le jeune, 1763-1768 et le Manuel du libraire et de l’amateur de livres de Jacques-Charles Brunet fils, Paris, Brunet /Leblanc, 1810 [1re édition]. Retour au texte

21 Jean-Marc Chatelain, « Bibliophilie et tradition littéraire en France au début du xviiie siècle », Revue d’histoire littéraire de la France (RHLF), no 1, vol. 115 : Bibliophilie, collectionnisme et littérature française. Hommage à M. Jean Bonna, 2015, p. 92, DOI restreint 10.3917/rhlf.151.0091. Retour au texte

22 Il s’agit de la « valence différentielle » des sexes, qui « exprime un rapport conceptuel orienté, sinon toujours hiérarchique, entre le masculin et le féminin, traduisible en termes de poids, de temporalité (antérieur/postérieur), de valeur », Françoise Héritier, Masculin/Féminin : la pensée de la différence, Paris, Odile Jacob, 1996, p. 24. Retour au texte

23 Voir, dans ce même volume, A. C. Montoya, « Le théâtre des femmes dans le marché européen du livre : enquête dans les catalogues de vente des bibliothèques privées au xviiie siècle », DOI 10.35562/pfl.755. Retour au texte

24 « Un recueil factice est la réunion d’un certain nombre de pièces ou ouvrages à l’initiative d’un possesseur. Ceux-ci sont parfois répertoriés dans une table des matières manuscrite voire introduits par un titre manuscrit qui ont été ajoutés par le possesseur. Chaque pièce est alors cataloguée séparément ». Un recueil factice peut également provenir d’une offre de libraire, il est alors un recueil d’éditeur. Catalogage des monographies anciennes. Description bibliographique et données d’exemplaire. RecommandationGroupe AFNOR CG46 – BnF, juin 2016, p. 82. Voir Mathilde Bombart, « Introduction », Pratiques et formes littéraires 16-18, no 18 : Recueils factices : de la pratique de collection à la catégorie bibliographique, M. Bombart (dir.), 2021, DOI 10.35562/pfl.403. Retour au texte

25 L’ouvrage est lui-même un recueil d’éditeur : formé par Gabriel Quinet, il est constitué d’œuvres tirées d’éditions séparées. Retour au texte

26 Les exemplaires illustrent bien l’investissement de La Vallière dans des reliures de luxe, caractéristiques de sa bibliothèque : un veau fauve (parmi les matières les plus onéreuses), un triple filet d’encadrement doré sur les plats, et un dos long orné de volutes ou de motifs végétaux dorés. Certains portent également ses armoiries sur les plats, représentant un lion à tête couronné. Retour au texte

27 Marthe Cosnard, Les Chastes martirs, Paris, Nicolas et Jean de La Coste, 1650. Source : BnF RES YF-239. URL : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30275190f. Retour au texte

28 Leur nombre est trop important pour donner la cote de chacun. Je citerai simplement l’exemplaire 4-BL-3752 (5), URL : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31283621v ; et l’exemplaire THN-9725, URL : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33302280t. La plupart des exemplaires reprennent en réalité la composition du Recueil general des operas édité par Christophe Ballard en seize volumes entre 1703 et 1714, preuve que les recueils éditoriaux servent souvent de modèle aux recueils factices. Retour au texte

29 Joseph-Antoine Crozat, marquis de Tugny (1696-1751), est président à la quatrième Chambre des Enquêtes au Parlement de Paris. Sa bibliothèque est aujourd’hui dispersée. Les exemplaires portent généralement un ex-libris sur une des pages liminaires, indiquant « Ex Bibliotheca D. Crozat ». Retour au texte

30 Anne-Marie Du Bocage, Les Amazones, Paris, F. Mérigot, 1749. Source : BnF 8-BL-13456. Lien URL : https://catalogue.bnf.fr/ark :/12148/cb30358006x. Retour au texte

31 Voir notamment pour Françoise de Graffigny : English Showalter, chap. xiii « Cénie », dans Françoise de Graffigny : sa vie, son œuvre, trad. Marie-Paule Powell, Paris, Hermann, 2015, « Les collections de la République des lettres », p. 319-350, [en ligne sur Cairn]. Retour au texte

32 Catherine Des Roches, Les Premieres Œuvres de mesdames Des Roches de Poitiers, mere et fille, corrigees & augmentees de six dialogues, avec une tragicomedie de Tobie & autres œuvres poetiques, 3e éd., Rouen, Nicolas Hamillon, 1604. Source : BnF 8-BL-8897, ark:/12148/cb39331333s. Retour au texte

33 Alberte-Barbe de Saint-Baslemont (ou A.-B d’Ernecourt de Balmon), Les Jumeaux martyrs, tragédie par Mme de S.-Balmon, Paris, Augustin Courbé, 1650. Source : BnF 4-BL-3633, ark:/12148/cb39324963w. Retour au texte

34 Sur la question de l’anonymat, voir Bérengère Parmentier (dir.), L’anonymat de l’œuvre (xvie-xviiie siècles), Littératures classiques, 2013/1, no 80, 344 p., [en ligne sur Cairn] ; Myriam Dufour-Maître, « Éditer, imprimer, publier : quelques stratégies féminines au xviie siècle », Travaux de littérature, no 14 : L’écrivain éditeur. I. Du Moyen Âge à la fin du xviiie siècle, François Bessire (dir.), 2001, p. 257-276. Rappelons par ailleurs que le choix de l’anonymat n’est pas propre aux belles-lettres. C’est le cas par exemple de Marie-Geneviève-Charlotte Thiroux d’Arconville, femme de science du xviiie siècle, qui a publié ses travaux de manière anonyme (Adeline Gargam, « Les recherches sur la putréfaction de Mme Thiroux d’Arconville ou l’image obsessionnelle d’un corps en décomposition », dans Les femmes savantes, lettrées et cultivées dans la littérature française des Lumières ou la conquête d’une légitimité (1690-1804), t. I, Paris, Champion, « Les dix-huitièmes siècles », 2013, p. 134-139). Retour au texte

35 Nina Ekstein, « Appropriation and gender : The case of Catherine Bernard and Bernard de Fontenelle », Eighteenth-century studies, no 1, vol. 30, 1996, p. 59-80. Retour au texte

36 Justine Mangeant, « Le funeste destin éditorial de Madame Ulrich, entre spoliation et invisibilisation », Raconter la publication : la place des femmes (xvie-xviiie siècles) : anthologie, à paraître. Retour au texte

37 Les notes du marquis ont surtout été étudiées pour le fonds musical : Amédée Gastoué, « Les notes inédites du marquis de Paulmy sur les œuvres lyriques françaises (1655-1775) », Revue de musicologie, no 1, 25e année, janvier 1943, p. 1-7 ; Thomas Vernet et Valérie de Wispelaere, « Les annotations du marquis de Paulmy sur le fonds ‘‘Musique’’ de sa bibliothèque », dans Élise Dutray-Lecoin, Martine Lefèvre et Danielle Muzerelle (dir.), Les plaisirs de l’Arsenal : poésie, musique, danse et érudition au xviie et au xviiie siècle, Paris, Classiques Garnier, « Rencontres », 2018, p. 533-546. Pour une comparaison, voir aussi les notes de Voltaire sur les ouvrages de sa bibliothèque, Gillian Pink, Voltaire à l’ouvrage, Paris, CNRS Éditions, « Arts et essais littéraires », 2018. Retour au texte

38 Une étude approfondie de son Catalogue raisonné révèle des jugements sévères à l’égard de certains dramaturges masculins, tels que Pradon, Pellegrin ou Voltaire, Catalogue raisonné d’une grande bibliothèque, t. X, Belles-Lettres (Ms-6288). Retour au texte

39 Marie-Anne Barbier, Recueil factice du Théâtre de Mlle Barbier (pièces éditées entre 1703 et 1719 chez Ribou). Source : 8-BL-13033 (1 à 3), URL : https://catalogue.bnf.fr/ark :/12148/cb30055088v. Retour au texte

40 Œuvres de Madame de Villedieu, t. II, Paris, Le Breton, 1741. Source : BnF 8-BL-28925 (2). Lien URL : https://catalogue.bnf.fr/ark :/12148/cb393363319. Retour au texte

41 Œuvres de Me et Mlle Deshoulieres. Nouvelle edition, t. I, Paris, Prault, 1747. Source : BnF 8-BL-8243 (1). URL : https://catalogue.bnf.fr/ark :/12148/cb39331509g (le catalogue de la BnF indique le titre Poésies mais il s’agit bien des Œuvres). Retour au texte

42 Sur la corrélation entre le genre littéraire et le sexe de l’auteur ou de l’autrice, voir les contributions au no 90 de Littératures classiques, Les voies du « genre » : rapports de sexe et rôles sexués (xvie-xviiie siècles), Florence Lotterie (dir.), 2016/2, 182 p., [en ligne sur Cairn]. Voir aussi les articles de Charlotte Simonin, « Deuxième sexe, deuxièmes genres ? Femmes auteurs et genres mineurs », dans Christelle Bahier-Porte, Régine Jomand-Baudry (dir.), Écrire en mineur au xviiie siècle, Paris, Desjonquères, « L’Esprit des lettres », 2009, p. 151-166 ; Shelly Charles, « “Le domaine des femmes” : roman et écriture féminine dans la critique du tournant des Lumières », dans Martine Reid (dir.), Les femmes dans la critique et l’histoire littéraire, Paris, Champion, 2011, p. 85-100 ; Caroline Mogenet, « Le théâtre classique est-il un genre masculin ? La minoration des femmes dramaturges par la louange dans les discours historiographiques des xviiie et xixe siècles », Tropics. Revue électronique des lettres et sciences humaines, no 14 : Oubliés, retrouvés : les Minores, Guilhem Armand et Annette Deschamps (dir.), 2023, [en ligne, consulté le 10 avril 2025]. Retour au texte

43 A. Évain, « Les autrices de théâtres », art. cité. Retour au texte

44 François et Claude Parfaict, Histoire du theatre françois, depuis son origine jusqu’à présent, avec la vie des plus célébres Poëtes Dramatiques, un Catalogue exact de leurs Piéces, & des Notes Historiques & Critiques, 15 vol., vol. IX : pièces de 1661 à 1665, Paris, P. G. Le Mercier, Saillant, 1746, [Genève, Slatkine reprints, 1967, t. II], p. 117. Retour au texte

45 Joseph de La Porte et Jean-François de La Croix, Histoire littéraire des femmes françoises ou Lettres historiques et critiques, Contenant un Précis de la Vie & une Analyse raisonnée des Ouvrages des Femmes qui se sont distinguées dans la Littérature Françoise., t. I, Paris, Lacombe, 1769, p. 530. Retour au texte

46 Louis-César de La Baume Le Blanc, duc de La Vallière, Bibliothèque du Théatre François. Depuis son origine ; contenant un Extrait de tous les Ouvrages composés pour ce Théâtre, depuis les Mystères jusqu’aux Pieces de Pierre Corneille ; une Liste Chronologique de celles composées depuis cette derniere époque jusqu’à présent ; avec deux Tables alphabétiques, l’une des Auteurs & l’autre des Pièces, Dresde, Michel Groell, 1768, 3 vol. [Genève, Slatkine reprints, 1969, t. I, II et III]. Retour au texte

47 René Louis de Voyer de Paulmy, marquis d’Argenson (1694-1757). L’œuvre est à l’état de manuscrit, conservé à l’Arsenal (Ms. 3448-3455) ; il a été réédité : Notices sur les œuvres de théâtre. Publiées pour la première fois par H. Lagrave, Genève, Institut et musée Voltaire, « Studies on Voltaire and the Eighteenth century (SVEC) », 1966. Retour au texte

48 Par ses recherches à l’Arsenal, Paul Scott a pu identifier la cote de l’édition de L’Illustre philosophe dans un ancien catalogue datant des années 1920. Paul Scott, « Saint Catherine in Seventeenth-century French tragedy », dans Jennifer Britnell et Ann Moss (dir.), Female saints and sinners: saintes et mondaines (France 1450-1650), University of Durham, « Durham modern language series », 2002, p. 39-58. Retour au texte

49 Cette analyse est faite par J.-M. Chatelain à propos des rééditions à l’initiative des bibliophiles, mais nous pouvons aussi l’appliquer au traitement matériel des exemplaires : « […] elles-mêmes diffusées à un petit nombre et dans des cercles réservés, [elles] demeurent prises et comme enfermées dans une économie de la rareté qui limite assurément leur portée. Elles sont en quelque sorte de simples curiosités de substitution », (J.-M. Chatelain, « Bibliophilie et tradition littéraire en France », art. cité, p. 94, DOI restreint 10.3917/rhlf.151.0091.) Retour au texte

Illustrations

  • Fig. 1. Recueil factice des Œuvres de Mademoiselle Des Jardins, Paris, Gabriel Quinet, 1664

    Fig. 1. Recueil factice des Œuvres de Mademoiselle Des Jardins, Paris, Gabriel Quinet, 1664

    Légende : [en haut de gauche à droite] reliure, dos et page de titre du recueil factice ; [en bas de gauche à droite] pages de titre des pièces de théâtre de Mlle Desjardins insérées dans le recueil : Manlius (1662) et Nitetis (1663) éditées par Gabriel Quinet, Le Favory (1665) éditée par Thomas Jolly.

    Source/crédit : BnF, cote 8-RF-7359, collection théâtrale d’Auguste Rondel, ark:/12148/cb32668450h. Photos Caroline Mogenet

  • Fig. 2. Recueils factices de théâtre de femmes formés par le duc de La Vallière

    Fig. 2. Recueils factices de théâtre de femmes formés par le duc de La Vallière

    Légende : empilement de quatre recueils factices du duc de La Vallière avec leur titre figurant sur le dos. De bas en haut : 2a. « Theatre de Saintonge », 2b. « Theatre de M.le Bernard », 2c. « Theatre de M.elle Desjardins » et 2d. « Theatre de M.le Durand ».

    Source/crédit : 2a. « Theatre de Saintonge », BnF-8-BL-13106, ark:/12148/cb39333659s ; 2b. « Theatre de M.le. Bernard », BnF 8-BL-13879, ark:/12148/cb317609938 ; 2c. « Theatre de M.elle Desjardins », BnF 8-BL-14148, ark:/12148/cb31581269s ; 2d. « Theatre de M.le Durand », BnF 8-BL-14295, ark:/12148/cb393251857. Photo Caroline Mogenet

  • Fig. 3. Cénie, piece en cinq actes, Paris, Cailleau, 1751, dans les Recueils [factices] pour la Comedie Françoise formés par le marquis de Tugny, vol. XIII : Françoise de Graffigny

    Fig. 3. Cénie, piece en cinq actes, Paris, Cailleau, 1751, dans les Recueils [factices] pour la Comedie Françoise formés par le marquis de Tugny, vol. XIII : Françoise de Graffigny

    Légende sous le titre : « Représentée pour la premiére fois par les Comédiens François Oridinaires du Roi , le 25 Juin 1750. »

    Source/crédit : BnF, cote 8-BL-13457 (3), ark:/12148/cb33993033w. Photos Caroline Mogenet

  • Fig. 4. Collection de trois recueils factices du théâtre de Françoise Pascal formée par le duc de La Vallière : [de haut en bas] 4a. Vol. I : Françoise Pascal, Agathonphile martyr, Lyon, Clément Petit, 1655 ; 4b. Vol. II : Françoise Pascal, Endymion, Lyon, Clément Petit, 1657 ; Sésostris, Lyon, Antoine Offray, 1661 ; Le Vieillard amoureux, Lyon, Antoine Offray, 1664 ; 4c. Vol. III : Diverses Poesies, Lyon, Simon Matheret, 1657

    Fig. 4. Collection de trois recueils factices du théâtre de Françoise Pascal formée par le duc de La Vallière : [de haut en bas] 4a. Vol. I : Françoise Pascal, Agathonphile martyr, Lyon, Clément Petit, 1655 ; 4b. Vol. II : Françoise Pascal, Endymion, Lyon, Clément Petit, 1657 ; Sésostris, Lyon, Antoine Offray, 1661 ; Le Vieillard amoureux, Lyon, Antoine Offray, 1664 ; 4c. Vol. III : Diverses Poesies, Lyon, Simon Matheret, 1657

    Légende : trois recueils factices superposés avec reliure en maroquin rouge comprenant des œuvres de l’autrice Françoise Pascal mais dont les dos titrent le nom masculin « François Pascal ».

    Source/crédit : 4a. BnF-8-BL-14085, ark:/12148/cb31063006j ; 4b. BnF-8-BL-14086, ark:/12148/cb39325032c ; 4c. BnF-8-BL-14087, ark:/12148/cb39325035d. Photo Caroline Mogenet

  • Fig. 5. Trois exemplaires du Brutus de Catherine Bernard, Paris, Vve de Louis Gontier, 1691 [5a et 5c] ; et Paris, Vve de Pierre Ribou, 1730 [5b]

    Fig. 5. Trois exemplaires du Brutus de Catherine Bernard, Paris, Vve de Louis Gontier, 1691 [5a et 5c] ; et Paris, Vve de Pierre Ribou, 1730 [5b]

    Légende : annotations manuscrites des pages de titre de Brutus. [De gauche à droite] : 5a. « Par Catherine Bernard » ; 5b. « Mlle Bernard et Bernard de Fontenelle » ; 5c. « Mlle Barbier ».

    Source/crédit : 5a. BnF THN-10601, ark:/12148/cb300550714 ; 5b. BnF GD-6660, ark:/12148/cb321163489 ; 5c. BnF 8-YTH-20360, ark:/12148/cb300550714. Photos Caroline Mogenet

  • Fig. 6. Notes du marquis de Paulmy dans un recueil factice de théâtre intitulé Théâtre de Mlle Barbier (1707)

    Fig. 6. Notes du marquis de Paulmy dans un recueil factice de théâtre intitulé Théâtre de Mlle Barbier (1707)

    Source/crédit : BnF, cote 8-BL-13033 (1 à 3), ark:/12148/cb30055088v. Photos Caroline Mogenet

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Référence électronique

Caroline Mogenet, « Collectionner les pièces de théâtre écrites par des femmes sous l’Ancien Régime : parcours dans les fonds de la Bibliothèque nationale de France », Pratiques et formes littéraires [En ligne], 22 | 2025, mis en ligne le 23 février 2026, consulté le 02 mars 2026. URL : https://publications-prairial.fr/pratiques-et-formes-litteraires/index.php?id=760

Auteur·rice

Caroline Mogenet

UVSQ Paris-Saclay – DYPAC UR 2449

Droits d'auteur

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