48e congrès de l’ADBU (Brest, 25-27 septembre 2018)

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Le 48e congrès de l’ADBU, organisé en partenariat avec l’UBO (Université de Bretagne-Occidentale) s’est tenu cette année à Brest, du 25 au 27 septembre. Le Quartz (scène nationale de Brest) a accueilli pendant trois jours les congressistes, rassemblés autour de la question des « bibliothèques universitaires, catalyseurs de réussites ».

Telle l’hydre, petit animal aquatique qui garde une jeunesse potentiellement éternelle en se régénérant, les bibliothèques universitaires se renouvellent constamment, bouleversant leurs missions initiales. En ouverture du congrès, Sophie Kennel, directrice de l’Institut de développement et d’innovation pédagogiques (Idip) de l’université de Strasbourg, indiquait qu’il fallait privilégier les activités orientées vers la réussite des étudiants. Avec le développement des learning centers, et plus généralement la requalification de leurs espaces, les bibliothèques deviennent des tiers lieux, points de rencontre obligés sur les campus. À l’heure du tout dématérialisé, du consumérisme universitaire, la bibliothèque, lieu de transmission des savoirs et de socialisation, permet à l’apprenant de devenir étudiant, d’apprendre à apprendre, à chercher, à trouver l’information – autant de conditions à la réussite académique, professionnelle, mais aussi personnelle.

 

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Politiques publiques et réussite des étudiants

Avec la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants1, les politiques publiques ont pris acte du défi à relever. Dans ce contexte, les structures documentaires doivent mettre en regard la réussite académique et la réussite personnelle et éducative des étudiants, et la seule gestion des indicateurs de réussite aux diplômes n’est plus suffisante. Il faut centrer l’attention des professionnels, et particulièrement des bibliothèques universitaires, sur l’étudiant, pour lui donner les moyens de construire son parcours et de s’épanouir.

La réussite académique passe aussi par la prise en compte de l’hétérogénéité des publics étudiants. Certains ne sont en effet pas préparés à des études universitaires, et nécessitent une attention plus grande pour ce qui de leur accompagnement, qui doit tendre vers une personnalisation voire une individualisation. Dans cette perspective, le développement de compétences transversales et l’amélioration des apprentissages a été évoqué au cours du congrès via un retour d’expérience du LIC de Bruxelles, structure ouverte qui accueille sur le campus de l’université Libre de Bruxelles des étudiants, des enseignants et des chercheurs.

 

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Les bibliothèques, lieux d’apprentissage informels

La présentation du service Info Campus, guichet unique au sein de l’université d’Angers, a permis de découvrir comment ce nouveau service, réparti sur deux sites, favorise la rationalisation des services d’assistance aux étudiants. Hors scolarité, Info Campus a vocation à renseigner sur l’ensemble des offres de l’université, dès la période des inscriptions – avec des étudiants ambassadeurs, spécialement formés – mais aussi tout au long de l’année, différents professionnels, les « experts », offrant leur assistance lors de permanences.

Les bibliothèques évoluent pour devenir des lieux d’apprentissage informels. De nouveaux types d’espaces émergent : amphithéâtres collaboratifs où les rangées de sièges sont remplacées par des table collaboratives ; learning commons, espaces d’apprentissages. Des études montrent que les étudiants passent quatre fois plus de temps dans les espaces informels que dans les espaces formels d’une bibliothèque. Dès lors, la tendance la plus rationnelle lors de la conception d’un nouveau bâtiment conduit à l’installation d’un bâtiment iconique, dans lequel sont rassemblés tous les espaces formels et informels ainsi que les services innovants. À cet égard, le retour d’expérience sur la transformation de la bibliothèque de l’université Concordia à Montréal donne à voir un bouleversement aussi radical que réussi. Avec des horaires d’ouverture exceptionnels (7 jrs/7 et 24 h/24), ainsi qu’une variété d’espaces de travail adaptés à tous les types d’apprentissage et d’apprenants, la bibliothèque se situe résolument comme une hydre particulièrement active.

Pour ce qui est du renouvellement des instances de l’ADBU, le congrès de cette année marquait la fin de mandat du bureau actuel de l’association. À la tête de l’ADBU depuis 2012, Christophe Péralès (SCD Paris Diderot) cède la place à Marc Martinez (SCD Lyon III) à compter du 1er janvier 2019.

1 Loi du 8 mars 2018.

Notes

1 Loi du 8 mars 2018.

Illustrations

 
 

Citer cet article

Référence papier

Pierre Funk, « 48e congrès de l’ADBU (Brest, 25-27 septembre 2018) », Arabesques, 92 | 2019, 20.

Référence électronique

Pierre Funk, « 48e congrès de l’ADBU (Brest, 25-27 septembre 2018) », Arabesques [En ligne], 92 | 2019, mis en ligne le 06 janvier 2020, consulté le 02 décembre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=118

Auteur

Pierre Funk

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