L’Institut des sciences de l’homme ?

Recherches en SHS

DOI : 10.35562/arabesques.2167

p. 18-20

Plan

Notes de la rédaction

L’Institut des sciences de l’homme (ISH)
Implanté à Lyon, membre du réseau des maisons des sciences de l’homme (MSH), entre dans le réseau du Système universitaire de documentation (Sudoc). Le conseil d’administration de l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur de juin 2008 a approuvé, entre autres, et le projet d’établissement et différents déploiements. Ainsi, dans le contexte de ce projet – qui posent évidemment les questions de déploiements – une douzaine d’organismes intègrent Calames, plus d’une vingtaine, Star, et sept entrent dans le Sudoc. L’Institut des sciences de l’homme fait partie des sept.

Texte

La révolution numérique a transformé les manières de mener des recherches en sciences humaines et sociales. Pour autant, tous les chercheurs n’ont pas encore pris la mesure de ces mutations fondamentales. C’est le rôle et la fonction des maisons des sciences de l’homme, et donc de l’Institut des sciences de l’homme, d’aider à l’apprentissage de ces nouveaux outils et, peut-être plus encore, de favoriser leur appropriation. L’échange des savoir-faire, la mutualisation des moyens, l’organisation de la réflexion méthodologique sont autant d’atouts que l’ISH met à la disposition des chercheurs.

J.-L Pinol, directeur de l’ISH
jean-luc.pinol@ish-lyon.cnrs.f

Le SID de l’ISH : le numérique au service de la recherche en SHS

L’Institut des sciences de l’homme (ISH) a fêté ses 20 ans le 19 juin 2008. Sa mission initiale était de rapprocher les chercheurs de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne et de favoriser l’accueil de chercheurs étrangers. Aujourd’hui, l’ISH a pour tutelles le CNRS, l’Université Lumière (Lyon-II) et l’École normale supérieure lettres et sciences humaines ; il fait partie du réseau national des maisons des sciences de l’homme (MSH). C’est une MSH multidisciplinaire puisque ses laboratoires relèvent aussi bien de la littérature, de la linguistique, de la sociologie, de l’économie et de la gestion que des sciences politiques, de l’anthropologie, de l’histoire, de l’archéologie, etc. Ils sont porteurs d’une trentaine de programmes financés par l’Agence nationale de la recherche (ANR) ou par l’Europe. Cette richesse fait de l’ISH l’une des MSH les plus importantes de France. Par exemple, lors de la journée anniversaire de l’ISH, les chercheurs de ses laboratoires spécialisés dans des disciplines différentes ont présenté plusieurs communications sur le thème commun des spatialités. Ces communications ainsi qu’une présentation des activités de l’ISH sont consultables dans la vidéothèque de l’ISH (http://www.ish-lyon.cnrs.fr/Video/index_fr.php). À la suite de ces conférences, une table ronde a été organisée sur le devenir des « Sciences humaines et sociales : prospectives et perspectives ». Avec 16 laboratoires et 450 chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, ingénieurs et techniciens, c’est un centre reconnu de la recherche en sciences humaines et sociales (SHS), notamment par ses liens internationaux. Chaque laboratoire de recherche présente ses activités via Internet ; tous ces sites web sont consultables à partir de celui l’ISH1. La politique de l’ISH vise à favoriser l’ouverture et l’enrichissement des programmes des laboratoires par la promotion de réflexions et de travaux pluridisciplinaires innovants. Il met à la disposition des chercheurs des moyens et des savoir-faire mutualisés. Il assure des services communs ; en dehors des activités classiques d’un service informatique, le pôle « ressources informatiques » s’est spécialisé dans la production d’applications spécifiques comme les systèmes d’information géographique (SIG) en ligne, la réalité virtuelle, ou encore les applications pour terminaux mobiles. Le pôle « image animée », quant à lui, aide les chercheurs à utiliser l’image et le film documentaire comme outils de recherche. Ce savoir-faire autour de l’image, nouvelle forme d’écriture de la recherche, est l’une des caractéristiques de l’ISH.

Le service d’ingénierie documentaire (SID) fait également partie des services communs. La politique documentaire actuelle a été définie il y a une dizaine d’années. Le service est positionné depuis lors, sur l’utilisation de l’électronique et du numérique, pour répondre, d’une part à des contraintes de capacité de stockage et, d’autre part, à des objectifs d’optimisation de l’impact de la diffusion de l’information, enfin, devant des coûts croissants mettre en place les outils de la mutualisation. Les fonds documentaires spécialisés des laboratoires sont gérés par des documentalistes rattachés aux laboratoires ; le SID, quant à lui, assure des missions de gestion de moyens documentaires informatisés et mutualisés ; il développe des services accessibles via son site web, le but étant d’en faire un espace de ressources vivant et abondant en informations et en données.

Ses activités s’articulent autour de trois grands axes.

Internet et ressources électroniques

Annuaire de sites SHS

Grâce à une sélection de sites et à leur classement, ces pages constituent un guide thématique des domaines de recherche représentés à l’ISH. Cette « hyperthèque » propose aussi des utilitaires comme, par exemple, des sites donnant accès à des dictionnaires en ligne. Ce travail permet, via la mise à jour et l’enrichissement régulier de ses pages, une collaboration efficace avec les membres des laboratoires.

Revues électroniques

Le SID gère les abonnements et les accès aux revues électroniques des laboratoires de l’ISH.

Depuis 2005, le SID et le SCD de Lyon-II ont mutualisé l’accès à certains abonnements électroniques. Grâce à cet accord, 136 revues sont accessibles en texte intégral depuis n’importe quel poste informatique connecté au réseau de l’ISH ou de l’université.

Sur le site de l’ISH la page d’accueil des dossiers de Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert

Image

Conception graphique : Anne Roberty (ENS-LSH, SCAM) - anne.roberty@ish-lyon.cnrs.fr

Pour une consultation des revues simplifiée, le SID a mis en place, sur son site, une interface web commune qui permet à tous d’accéder, à la fois, aux périodiques électroniques mutualisés par les laboratoires ISH et par le SCD de Lyon-II (http://sid.ish-lyon.cnrs.fr/revues/).

Base de données CALAME

Répertoire français de bases de données en SHS, cette réalisation est née fin 2004, dans la foulée du projet européen MORESS. On y trouve la description de 200 bases de données produites par des organismes de recherche ou d’enseignement supérieur ; l’interface est bilingue. Les ressources sont proposées selon une classification européenne, les recherches peuvent se faire suivant les critères classiques : période, discipline, zone géographique, type de document… (http://calame.ish-lyon.cnrs.fr/).

Informatique documentaire

Actuellement, huit laboratoires participent à l’alimentation du catalogue bibliographique commun et multidisciplinaire dans le domaine des SHS par l’utilisation de la base documentaire installée et administrée par l’ISH.

(http://smultidoc.ish-lyon.cnrs.fr/)

Ce fonds ainsi constitué, est aujourd’hui riche de 110 000 notices.

Les laboratoires qui enrichissent le catalogue commun sont :

  • le laboratoire Triangle ;
  • le laboratoire de Recherches historiques Rhône-Alpes (LARHRA) (reversement à partir du catalogue de la bibliothèque Denis-Diderot) ;
  • le Groupe d’analyse et de théorie économique (GATE) ;
  • l’institut d’Asie orientale (IAO) ;
  • le laboratoire Économie des transports et le fonds Transalpes (LET) ;
  • la maison Asie-Pacifique (MAP) ;
  • Sociologie et anthropologie des formes d’actions (MODIS) ;
  • Histoire et archéologie des mondes chrétiens et musulmans médiévaux (CIHAM).

L’application en UNIMARC utilise l’encodage universel Unicode UTF8 depuis 2002, puisque approximativement un quart du fonds est décrit dans des langues natives utilisant des alphabets ou des formes d’écritures variées (chinois, japonais, vietnamien…) ; les notices proposent systématiquement les deux formes, originales et translittérées.

Outre l’administration du SIGB, le SID assume le rôle de coordination auprès des documentalistes des laboratoires alimentant le catalogue commun, les forme aux évolutions de l’application ou à l’utilisation de nouveaux modules.

L’équipe du SID participe à un groupe de travail sur l’avenir des SIGB libres avec des partenaires lyonnais (universités et EPST). Le SID a ainsi créé et héberge un espace collaboratif en ligne dédié à cette activité (http://www.sigb-libres.info/).

Un nouvel enjeu

La demande d’intégration du catalogue commun de l’ISH dans le Système universitaire de documentation a été acceptée ; ce déploiement se fera en 2009. C’est un grand chantier qui s’ouvre pour le service et les documentalistes partenaires d’autant, que ce projet se fera dans le cadre de la réinformatisation du catalogue. À terme, la visibilité des fonds de l’ISH sera améliorée ; ce choix est bien dans la droite ligne de la politique documentaire de l’ISH qui a toujours veillé à promouvoir les logiques de mutualisation et à favoriser les partenariats en réseau riches d’échanges.

Projets de recherche et programmes nationaux

Á la demande d’un laboratoire, le SID a développé I-conf (http://www.i-conf.org/), plateforme de gestion en ligne de conférences, colloques et revues scientifiques (suivi scientifique des communications) ; depuis 2006 cette application est régulièrement utilisée par des membres de l’ISH pour l’organisation de manifestations scientifiques dont ils ont la responsabilité.

Le SID a pour mission de coordonner le projet mobilisateur de l’ISH d’édition critique électronique de corpus .C’est à ce titre qu’il coordonne la partie technique du projet d’édition en ligne des Dossiers de Bouvard et Pécuchet (http://dossiers-flaubert.ish-lyon.cnrs.fr/) sous la responsabilité scientifique du LIRE et financé par l’Agence nationale de la recherche, ou encore qu’il soutient techniquement la mise en ligne des Gazettes européennes du XVIIIe siècle (http://gazettes18e.ish-lyon.cnrs.fr/).

Dans le cadre de ces activités, le SID copilote avec l’ENS-LSH le projet partenaire et financé par le TGE ADONIS : MutEC, dispositif de partage et de diffusion des technologies mises en œuvre dans le champ des humanités numériques (http://www.mutec-shs.fr/).

Le SID travaille, depuis 2004, avec le Centre pour la communication scientifique directe (CCSD) sur le projet national d’archives ouverte en SHS. Outre sa participation à la mise en œuvre et à l’animation de l’archive ouverte HAL-SHS (http://halshs.archives-ouvertes.fr/), ce service assure la vérification et la mise en ligne de l’ensemble des dépôts des documents scientifiques soumis.

Au XXIe siècle, le travail du chercheur en sciences humaines et sociales a pris un tournant. L’informatique est devenue son instrument de base, ainsi que des équipements plus lourds liés à la révolution numérique. L’ISH se situe à la pointe de l’application de ces nouveaux outils qui ont transformé les manières de travailler et de chercher. Ce faisant, il occupe une place de choix dans les « digital humanities » (Humanités numériques), qui renouvellent les questionnements et les méthodes. La communauté scientifique n’a pas encore pris toute la mesure des mutations épistémologiques qu’impose cette révolution numérique. À l’ISH s’élaborent, par la maîtrise des nouvelles technologies et par la réflexion méthodologique qu’elles impliquent, les sciences humaines et sociales de demain. Par ses choix confirmés de mutualisation, de travail en réseau et d’utilisation judicieuse des innovations technologiques, le SID participe pleinement à cette nouvelle dynamique.

Image

Membre du réseau des maisons des sciences de l’homme (MSH) l’ISH est installé dans une partie des bâtiments de l’ancienne École du service de santé militaire à Lyon. Ces locaux, du printemps 1943 à mai 1944, ont été occupés par les services de la Gestapo ; Klaus Barbie, jugé et condamné à Lyon en 1987 pour crimes contre l’humanité, dirigeait certains de ces services. Aujourd’hui, le centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation – et l’Institut d’études politiques – sont également situés dans l’ancienne école.

1 http://www.ish-lyon.cnrs.fr/Annuaire/Annuaire_Unite_fr.php

Notes

1 http://www.ish-lyon.cnrs.fr/Annuaire/Annuaire_Unite_fr.php

Illustrations

Sur le site de l’ISH la page d’accueil des dossiers de Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert

Sur le site de l’ISH la page d’accueil des dossiers de Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert

Conception graphique : Anne Roberty (ENS-LSH, SCAM) - anne.roberty@ish-lyon.cnrs.fr

Membre du réseau des maisons des sciences de l’homme (MSH) l’ISH est installé dans une partie des bâtiments de l’ancienne École du service de santé militaire à Lyon. Ces locaux, du printemps 1943 à mai 1944, ont été occupés par les services de la Gestapo ; Klaus Barbie, jugé et condamné à Lyon en 1987 pour crimes contre l’humanité, dirigeait certains de ces services. Aujourd’hui, le centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation – et l’Institut d’études politiques – sont également situés dans l’ancienne école.

Citer cet article

Référence papier

Christine Berthaud, « Recherches en SHS », Arabesques, 53 | 2009, 18-20.

Référence électronique

Christine Berthaud, « Recherches en SHS », Arabesques [En ligne], 53 | 2009, mis en ligne le 10 septembre 2020, consulté le 30 novembre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=2167

Auteur

Christine Berthaud

Service d’ingénierie documentaire - 04 72 72 65 19 - http://www.sid.ish-lyon.cnrs.fr/ - http://mutec-shs.fr/

christine.berthaud@ish-lyon.cnrs.fr

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