HAL : une archive ouverte tournée vers ses utilisateurs

DOI : 10.35562/arabesques.481

p. 10-11

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Partagée par l’ensemble de l’ESR et bénéficiant d’une forte visibilité à l’international, la plateforme collaborative HAL est basée sur l’auto-archivage. Elle développe des outils de création d’archives ouvertes – institutionnelles, thématiques… – et participe au projet Conditor, soutenu par la BSN.

Depuis maintenant seize ans, HAL (« hyper articles en ligne ») propose à la communauté scientifique un outil pour l’archivage et la diffusion en libre accès des résultats de la recherche. Début 2017, plus de 422 000 documents étaient disponibles en texte intégral : documents déjà publiés (articles de revue, ouvrages ou chapitres) ou non (preprint, working papers, rapports), communications et posters présentés à des congrès ou travaux universitaires (thèses et habilitations à diriger des recherches). Toutes les disciplines sont représentées : 380 champs disciplinaires, répartis en treize grands domaines scientifiques. L’objectif de transversalité conduit à archiver non seulement des données textuelles, mais aussi des images et des enregistrements vidéo et audio produits et utilisés dans le cadre de recherches. HAL est à la fois un entrepôt unique et une application, une plateforme mutualisée pour les archives institutionnelles, les archives ouvertes thématiques (HAL‑SHS) et les thèses électroniques (TEL). Cet ensemble participe à constituer un historique patrimonial de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les principes fondateurs de HAL sont conformes aux standards d’une archive ouverte : architecture OAI‑PMH (Open Archive Initiative Protocol for Metadata Harvesting) qui garantit l’interopérabilité des données, la stabilité des identifiants et la pérennité des documents (assurée par le partenariat avec le CINES). Interconnecté avec les grandes archives internationales thématiques comme arXiv, PubMed ou encore RePec, HAL offre un service apprécié des chercheurs : un dépôt effectué ici est automatiquement reversé dans ces outils de référence. Bien évidemment, HAL et ses portails répondent aux critères d’OpenAIRE et participent ainsi à la visibilité et l’accessibilité de la recherche française.

MédiHal est une archive ouverte, intégrée à HAL, qui permet de déposer des données visuelles et sonores

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Ici, Joute oratoire de moines tibétains

Photo prise au monastère de Sera, au Tibet, par Élisabeth de Pablo. CFI-Inalco. CC BY-NC-ND 4.0

Tout au long de la carrière du chercheur, des résultats référencés

HAL est alimentée pour une grande partie par les auteurs des publications eux-mêmes. Leurs motivations sont diverses : volonté de diffuser largement leurs recherches, pratique bien ancrée dans leur discipline, incitation de leur organisme… Les fonctionnalités au service de leur présence numérique constituent aussi des incitations au dépôt : identifiant auteur (IdHAL) qu’ils créent eux-mêmes et qu’ils peuvent lier avec d’autres identifiants (IdRef, ORCID), leurs blogs et leurs profils sur les réseaux sociaux ; CV doté d’une URL pérenne, avec un affichage dynamique des publications déposées. De plus, ils y trouvent une base de données unique, dans laquelle ils peuvent référencer leurs productions tout au long de leur carrière, et qui leur est accessible quelles que soient leurs affectations. Mais de plus en plus souvent, les unités de recherche, les établissements et les institutions organisent aussi des dépôts ; des professionnels IST se consacrent aux saisies ou imports, à la formation au dépôt, etc. L’objectif est non seulement d’avoir une vision précise de la recherche produite, mais aussi de la valoriser.

Portails, collections… des outils adaptés au paysage français

L’affiliation des auteurs dans les dépôts a été un choix dès la création de HAL. Elle correspond à la façon spécifique dont la recherche française est généralement organisée : en unités de recherche relevant de plusieurs tutelles. L’ensemble de la communauté scientifique et universitaire a ainsi pu être représenté dans HAL et s’est approprié l’outil. Un laboratoire de recherche, par exemple, utilisera la fonctionnalité de collection : site web, dans lequel sont affichés les dépôts de ses membres, avec une charte graphique personnalisée, et qui peut être organisé par projet de recherche, par équipes…

La fonctionnalité de portail, plus particulièrement destinée aux établissements et organismes, permet de créer et gérer en toute autonomie une archive institutionnelle. Il s’agit d’un sous-ensemble de HAL qui n’affiche que les dépôts des auteurs affiliés à l’établissement. Le bénéfice immédiat est que, dès sa création, l’archive institutionnelle peut déjà afficher des publications si des chercheurs ou enseignants-chercheurs ont déjà déposé. Toutes les thèses seront également disponibles : qu’elles soient archivées par les auteurs eux-mêmes sitôt la soutenance passée, ou bien si l’établissement a choisi HAL pour leur diffusion. La plateforme Star, en effet, les exporte automatiquement dans TEL, et donc dans HAL, grâce à un partenariat Abes‑CCSD. Par ailleurs, un établissement qui gère déjà une archive institutionnelle en local s’engage à reverser dans HAL, pour bénéficier notamment de sa visibilité internationale. C’est le cas, par exemple, d’OATAO (pôle de recherche et d’enseignement supérieur de Toulouse), ou de Spire (Sciences Po). Ce mode de mutualisation est prévu par la convention de partenariat inter-établissements issue des travaux de la BSN. Cette convention a été signée en 2013 par la Conférence des présidents d’université, la Conférence des grandes écoles, l’Agence de mutualisation des universités et établissements et 23 autres établissements.

Un réservoir commun, alimenté au fil de l’eau

Cette philosophie collaborative est également au cœur du projet Conditor, soutenu par la BSN et dont HAL sera un pilier. Son objectif est de mieux identifier la production de l’enseignement supérieur et la recherche et de permettre la mutualisation des travaux de recensement de la production scientifique effectués au sein des institutions. Sur un modèle de collaboration interétablissements, on prévoit un réservoir commun de métadonnées, articulé avec HAL, alimenté au fil de l’eau par les sources existantes, signalant l’ensemble de la production de la recherche publique française, en s’appuyant sur des référentiels communs.

HAL est ainsi légitimée comme archive commune et partagée, au cœur de la coordination nationale en faveur des archives ouvertes. Son inscription dans les infrastructures de l’IST en 2016 est un signe fort de reconnaissance et lui apporte une visibilité à long terme. La feuille de route du CCSD pour 2016-2020 poursuit une stratégie renforcée dans le sens d’un projet collaboratif, avec des choix de développements visant à faciliter l’utilisation de HAL pour le chercheur et l’institution, à pérenniser son rôle d’infrastructure commune et partagée tout en l’inscrivant dans le paysage international.

Ici, une illustration signée Faria (ca 1895), déposée sur MédiHal par Éliane Daphy, Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain.

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La construction collaborative de l’archive ouverte

Que ce soit dans la saisie ou la curation de données, une multiplicité d’acteurs interviennent à différents niveaux.

• Partage du dépôt : plusieurs utilisateurs ont les droits d’édition sur un dépôt. Ainsi, les coauteurs, par exemple, peuvent mettre à jour les données. Cela permet aussi d’organiser le dépôt : saisie des références bibliographiques par un professionnel de la documentation et ajout par l’auteur lui-même du fichier contenant le texte intégral.
• Des rôles avec des droits : le référent structure peut modifier/compléter les données d’un dépôt lié à son unité de recherche ; le gestionnaire de collection valorise les publications qui correspondent à un critère (laboratoire, conférence, projet européen) ; le valideur technique vérifie les dépôts avant leur mise en ligne ; l’administrateur d’un portail valorise les publications de son établissement, met à jour les dépôts et les référentiels.
• Des référentiels en accès ouverta : auteurs, structures de recherche, revues, disciplines, projets ANR et projets européens.
• CasuHAL, le club d’utilisateurs : en 2016, un groupe d’utilisateurs, pour l’essentiel des administrateurs de portails, ont formé une association, CasuHAL. Liste de discussion, réunions régulières en visioconférence, wikib sont mis à leur disposition par le CCSD pour le partage d’expérience et l’échange de bonnes pratiques. La qualité des échanges et la confiance entre le CCSD et ses utilisateurs sont les garanties des meilleurs choix de développement.

a. https://aurehal.archives-ouvertes.fr/
b. https://wiki.ccsd.cnrs.fr/wikis/hal/index.php/Accueil

 

Pour en savoir plus

https://hal.archives-ouvertes.fr

Illustrations

MédiHal est une archive ouverte, intégrée à HAL, qui permet de déposer des données visuelles et sonores

MédiHal est une archive ouverte, intégrée à HAL, qui permet de déposer des données visuelles et sonores

Ici, Joute oratoire de moines tibétains

Photo prise au monastère de Sera, au Tibet, par Élisabeth de Pablo. CFI-Inalco. CC BY-NC-ND 4.0

Ici, une illustration signée Faria (ca 1895), déposée sur MédiHal par Éliane Daphy, Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain.

Ici, une illustration signée Faria (ca 1895), déposée sur MédiHal par Éliane Daphy, Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain.

References

Bibliographical reference

Christine Berthaud and Agnès Magron, « HAL : une archive ouverte tournée vers ses utilisateurs », Arabesques, 84 | 2017, 10-11.

Electronic reference

Christine Berthaud and Agnès Magron, « HAL : une archive ouverte tournée vers ses utilisateurs », Arabesques [Online], 84 | 2017, Online since 10 juillet 2019, connection on 20 octobre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=481

Authors

Christine Berthaud

Directrice du CCSD, copilote de BSN4

christine.berthaud@ccsd.cnrs.fr

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By this author

Agnès Magron

Responsable communication, CCSD

agnes.magron@ccsd.cnrs.fr

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CC BY-ND 2.0