La bibliothèque de l’Ifao : au Caire, le monde en mille et une histoires

DOI : 10.35562/arabesques.423

p. 8-9

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Pôle majeur de l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao) depuis sa fondation, dotée d’un fonds sur l’Égypte – depuis les origines jusqu’à nos jours – parmi les plus importants au monde, la bibliothèque accueille les scientifiques de France et de l’étranger.

Créé en 1880 comme « École française du Caire », l’Institut français d’archéologie orientale prend son nom actuel en 1898. Il a pour vocation l’étude des cultures qui se sont succédé en Égypte depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque moderne. En partenariat avec les institutions françaises, égyptiennes et étrangères, l’Ifao développe une soixantaine de programmes de recherche, dont trente chantiers archéologiques répartis sur tout le territoire égyptien.

Le palais Mounira, siège de l’Ifao et de sa bibliothèque

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© Ifao / G. Pollin

Les presses de l’Ifao, du plomb au XML

Ces travaux, ainsi que les rencontres scientifiques organisées par l’Ifao, sont souvent publiés sur ses presses. Seul parmi les EFE, l’Ifao possède en effet sa propre imprimerie, créée dès 1898. Cette dernière s’est progressivement modernisée et adaptée à l’évolution des technologies, jusqu’à l’impression numérique et, depuis 2016, la « XMLisation » native et la publication sur OpenEdition. Le pôle éditorial de l’Ifao assure aujourd’hui la publication d’une vingtaine d’ouvrages par an, dont quatre revues de rang international1. Six membres scientifiques et deux membres scientifiques à titre étranger, ainsi que trois chercheurs associés et trois collaborateurs scientifiques égyptiens sont attachés à l’Ifao. Avec le directeur des études et le directeur, ils animent les manifestations scientifiques et organisent les formations au profit des universitaires égyptiens et employés du ministère des Antiquités. L’Ifao accueille également, chaque année, outre les missionnaires de passage, une trentaine de boursiers français ou étrangers, doctorants ou post-doctorants. La recherche menée à l’Ifao est soutenue par différents services et spécialistes : photographie et dessin, topographie, céramologie, conservation-restauration, laboratoires d’analyse des matériaux et de datation par le radiocarbone.

Au cœur de ce dispositif unique en Égypte se trouvent la bibliothèque et le service des archives et collections.

En égyptologie et papyrologie : des collections exhaustives

La bibliothèque a été fondée avec l’Institut en 1880. Un poste de secrétaire-bibliothécaire a été créé en 1913 et, depuis, chercheurs et bibliothécaires professionnels se sont succédé à sa tête.

Riche de quelque 90 000 volumes, elle est, en Égypte, la meilleure bibliothèque de recherche sur l’histoire de ce pays, et l’une des meilleures dans le monde en égyptologie et en papyrologie, domaines dans lesquels elle prétend à l’exhaustivité. L’attractivité de la bibliothèque tient également à la possibilité d’obtenir un accès 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, accordé aux membres scientifiques, boursiers, chercheurs et étudiants liés aux programmes et chantiers de l’Ifao. Les chercheurs extérieurs sont accueillis dans la salle de lecture de 20 places, ouverte 42h30 par semaine2. En termes de valorisation de la recherche, l’Ifao s’est engagé dans un programme de numérisation coordonné par la BnF et regroupant six autres partenaires du pourtour méditerranéen. Le pôle éditorial, la bibliothèque et les archives et collections ont procédé à une sélection documentaire qui sera mise en valeur dans un sous-portail Gallica (lire page 19) : publications épuisées de l’Ifao, ouvrages rares, anciens et précieux, dessins, photographies et carnets de fouilles. Les documents de la bibliothèque font en parallèle l’objet d’un catalogage rétrospectif dans le Sudoc.

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© Ifao - Alain Leclerc

En termes de signalement, la bibliothèque de l’Ifao est en effet entrée dans le Sudoc en avril 2013. Elle a aussi bénéficié de trois subventions de l’Abes pour rétroconvertir ses fonds. Elle apporte au réseau en retour un enrichissement, notamment par la grande qualité des notices des ouvrages en langue arabe de son fonds. Dans un projet CollEx commun aux EFE, elle a obtenu en 2015 une subvention afin de signaler dans IdRef les sites archéologiques étudiés par l’Ifao avec leur géolocalisation. Depuis le 1er janvier 2017, l’Ifao a fait le choix de faire apparaître ses quelque 6 800 références du Sudoc dans Worldcat.

Des partenariats réguliers

Outre l’Abes et les bibliothèques des autres EFE, l’Ifao entretient des partenariats réguliers : à Paris, la bibliothèque d’égyptologie du collège de France (échanges de publications et de listes d’acquisitions, labellisation commune en égyptologie dans le cadre de CollEx-Persée) ; au Caire, le Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej, qui dépend du MEAE), et l’Institut dominicain d’études orientales (Ideo), spécialisé en islamologie (acquisitions en concertation, numérisation) et avec l’institut français d’Égypte, centre culturel dépendant du MEAE) (formations…) ; à Alexandrie, le Centre d’études alexandrines (CEAlex), dont l’Ifao assure la cotutelle avec le CNRS (numérisation, échanges de publications). La bibliothèque, par ailleurs, fait partie de la branche de l’Egyptian Libraries Association qui réunit les bibliothèques étrangères en Égypte pour des visites et des échanges de bonnes pratiques. Enfin, l’Ifao a inauguré en 2016 une politique active en faveur de l’open access des publications de ses chercheurs : une formation leur a été dispensée, une page HAL est désormais consacrée à l’Institut et les références, nettoyées par le CCSD, ont été regroupées sous un même nom institutionnel.

Concernant les données de la recherche, la mission est confiée au service des archives et collections. Créé en 1972, celui-ci conserve des archives proprement dites, scientifiques et administratives (archives manuscrites, graphiques, photographiques, numériques, sonores ou cinématographiques) et des collections ou fonds documentaires (ostraca, papyrus, parchemins et autres antiquités), ainsi qu’une collection patrimoniale. Le service, outre une politique de numérisation intensive menée depuis plusieurs années, développe des solutions informatiques afin de mieux inventorier et signaler ses ressources sur Internet.

La Photothèque

Le fonds photographique de l’Ifao est géré par le service des archives et collections. Il compte environ 300 000 négatifs, 36 000 diapositives, 16 000 plaques de verre et autant de photo graphies numériques. Il s’agit majoritairement de documents en relation avec les chantiers de fouilles de l’Ifao, mais également de couvertures photographiques de collections d’objets de musées, de monuments, de paysages, de villes et d’événements qui se sont déroulés à l’Ifao. Ces documents uniques sont prioritaires depuis 2011 dans la politique de numérisation du service, à titre de conservation préventive ou pour leur mise à disposition sur internet.

Les travaux scientifiques autour du temple d’Hathor et ses annexes, sur le site de Dendérah, ont constitué, depuis les années 1930, une des missions notoires de l’Ifao

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© Ifao - G. Pollin

1 Des presses de l’Institut sortent des périodiques, parmi lesquels le Bulletin de l’Ifao pour les études égyptologiques et coptes, les Annales

2 La salle de lecture reçoit environ 3 000 visites annuelles et génère 15 000 communications de documents.

Notes

1 Des presses de l’Institut sortent des périodiques, parmi lesquels le Bulletin de l’Ifao pour les études égyptologiques et coptes, les Annales islamologiques pour les études arabisantes, les Mélanges de l’Institut dominicain d’études orientales et le Bulletin de liaison de la céramique égyptienne.

2 La salle de lecture reçoit environ 3 000 visites annuelles et génère 15 000 communications de documents.

Illustrations

https://www.ifao.egnet.net
Le palais Mounira, siège de l’Ifao et de sa bibliothèque

Le palais Mounira, siège de l’Ifao et de sa bibliothèque

© Ifao / G. Pollin

© Ifao - Alain Leclerc

Les travaux scientifiques autour du temple d’Hathor et ses annexes, sur le site de Dendérah, ont constitué, depuis les années 1930, une des missions notoires de l’Ifao

Les travaux scientifiques autour du temple d’Hathor et ses annexes, sur le site de Dendérah, ont constitué, depuis les années 1930, une des missions notoires de l’Ifao

© Ifao - G. Pollin

Citer cet article

Référence papier

Agnès Macquin, « La bibliothèque de l’Ifao : au Caire, le monde en mille et une histoires », Arabesques, 86 | 2017, 8-9.

Référence électronique

Agnès Macquin, « La bibliothèque de l’Ifao : au Caire, le monde en mille et une histoires », Arabesques [En ligne], 86 | 2017, mis en ligne le 01 décembre 2019, consulté le 19 octobre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=423

Auteur

Agnès Macquin

Responsable de la bibliothèque de Ifao - https://www.ifao.egnet.net

amacquin@ifao.egnet.net

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