L’EBAF, à Jérusalem : au service de l’exégèse et de la recherche

DOI : 10.35562/arabesques.433

p. 18

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Auprès de la communauté scientifique internationale, l’École biblique et archéologique française (EBAF) est réputée pour sa magnifique bibliothèque, fondée en 1890. Des plans, des cartes, des photographies… un trésor pour les biblistes, les archéologues et les chercheurs.

Dans ses rayons, la bibliothèque contient plus de 150 000 volumes et plus de 1 000 titres de revues ou périodiques spécialises (dont 450 sont toujours actifs), la plupart traitant d’exégèse biblique et d’archéologie du Proche-Orient, sans oublier les langues et la littérature des peuples du Proche-Orient ancien. Elle possède aussi une importante collection de plans et cartes topographiques, numérisée et prête à être intégrée au catalogue informatique, ainsi qu’une précieuse série de quelque 20 000 photographies de la Terre sainte et du Proche-Orient, la plupart remontant au début du XXe siècle.

Un lieu « sans équivalent » et un catalogue détaillé

La très riche collection de livres et de revues, avec son catalogue détaillé, fait de cette bibliothèque un lieu sans équivalent pour les chercheurs du monde entier. Sans cesse mis à jour, et en cours d’informatisation, le catalogue rassemble les données bibliographiques concernant les publications scientifiques relevant des domaines de recherche de l’École. Il permet de mener une recherche à partir du nom de l’auteur, du titre ou du sujet. Les biblistes en apprécient surtout un avantage : il donne accès directement à la bibliographie concernant chaque passage, et même chaque verset, de la Bible. En un temps très bref, un chercheur peut donc disposer d’une bibliographie précise et complète.

L’éditeur nord-américain G. K. Hall a jugé ce catalogue si utile qu’en 1975, il en publia l’intégralité, soit 13 volumes ; dans les années 1990, il fut édité chez Brill sur cédéroms. Grâce au nouveau système de catalogage introduit en décembre 2008, les chercheurs et les bibliothèques du monde entier ont accès au catalogue complet et mis à jour.

Connaissance concrète du pays de la Bible

La bibliothèque est surtout au service de l’EBAF. Fondée en 1890 par le Père dominicain Marie-Joseph Lagrange dans le couvent Saint-Étienne, l’École biblique devint officiellement École archéologique française en 1920. Cette reconnaissance par la France du rôle archéologique de l’École était la conclusion de trente ans de travaux assidus en Palestine turque et dans les pays environnants. En 1890, il s’agissait du premier institut de recherches bibliques et archéologiques installé en Terre sainte de manière permanente.

Son originalité est d’associer la recherche exégétique à une connaissance concrète du pays de la Bible. Une petite équipe de chercheurs se forma autour du Père Lagrange, le fondateur, et s’illustra par des travaux historiques, archéologiques, épigraphiques, linguistiques, et, bien sûr, exégétiques.

Les publications se succédèrent, en plus du périodique trimestriel de la maison, la Revue biblique (Peeters) : des monographies techniques ou des ouvrages pour le grand public, dont le plus connu est la traduction française de la Bible (connue sous le diminutif de « Bible de Jérusalem », éd. du Cerf). La bibliothèque demeure un lieu important de recherche pour les savants venant des nombreuses institutions scientifiques dans le pays, parmi lesquelles on compte le Centre de recherche français de Jérusalem (CRFJ), l’Institut français du Proche-Orient (IFPO), l’Université hébraïque, W. F. Albright Institute of Archaeological Research, les universités de Tel-Aviv et de Beer Sheva.

Parmi les récents développements, on notera que la bibliothèque de l’EBAF a été retenue comme un des partenaires du projet de portail numérique des Bibliothèques d’Orient, projet initié par la Bibliothèque nationale de France (BnF) et qui inclut les bibliothèques les plus prestigieuses du pourtour méditerranéen (voir ci-contre en page 19). Une convention est en cours de signature entre la BnF et ces bibliothèques, afin de promouvoir la sauvegarde, la numérisation, la diffusion et la valorisation du patrimoine culturel, afin de le rendre à terme disponible sur le portail numérique Gallica.

l’EBAF n’est pas considérable ; en revanche y figurent des ouvrages rares, parfois difficiles d’accès, en archéologie et épigraphie, et des éditions fragiles. La numérisation a ici sa raison d’être. L’expertise et l’appui technique de la BnF seront précieux pour mieux conserver et valoriser ce patrimoine.

Évangéliaire copte-arabe [1250]

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Cet évangéliaire, conservé à la Bibliothèque de Fels, fait partie du premier corpus mis en ligne par la bibliothèque de l’Institut catholique de Paris.

Source : Bibliothèque de Fels, Ms_copte-arabe_1 / Bibliothèque numérique ICP

Porte des lions, Jérusalem (détail)

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© Marie-Pierre Roux

Illustrations

Évangéliaire copte-arabe [1250]

Évangéliaire copte-arabe [1250]

Cet évangéliaire, conservé à la Bibliothèque de Fels, fait partie du premier corpus mis en ligne par la bibliothèque de l’Institut catholique de Paris.

Source : Bibliothèque de Fels, Ms_copte-arabe_1 / Bibliothèque numérique ICP

Porte des lions, Jérusalem (détail)

Porte des lions, Jérusalem (détail)

© Marie-Pierre Roux

Citer cet article

Référence papier

Frère Pawel Trzopek, « L’EBAF, à Jérusalem : au service de l’exégèse et de la recherche », Arabesques, 86 | 2017, 18.

Référence électronique

Frère Pawel Trzopek, « L’EBAF, à Jérusalem : au service de l’exégèse et de la recherche », Arabesques [En ligne], 86 | 2017, mis en ligne le 01 décembre 2019, consulté le 02 décembre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=433

Auteur

Frère Pawel Trzopek

o.p. https://biblio.ebaf.edu

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