Ce numéro de la revue Iris s’ouvre dans un moment de recueillement et de mémoire. Le comité scientifique a été profondément affecté par le décès, au mois de novembre 2025, de deux de ses membres éminents : Claude Lecouteux et Claude Thomasset. Tous deux ont incarné, chacun dans son champ, une conception exigeante et généreuse de la recherche, fondée sur la rigueur scientifique, la curiosité intellectuelle et le sens du partage.
Claude Lecouteux a consacré une œuvre considérable à l’étude des croyances, des mythes et des imaginaires du Moyen Âge germanique et européen. Ses travaux sur le merveilleux, les revenants, les figures de l’invisible et les traditions populaires ont profondément renouvelé la compréhension des mentalités médiévales et de leur postérité. Traducteur et passeur de textes, il a su faire dialoguer érudition philologique et réflexion anthropologique, ouvrant des perspectives durables pour les études littéraires et culturelles.
Claude Thomasset a quant à lui marqué la recherche par ses analyses des rapports entre textes littéraires, sciences et discours savants au Moyen Âge. Ses travaux sur les encyclopédies, la transmission des connaissances, ainsi que sur les représentations du corps et des maladies, ont contribué à éclairer les liens complexes entre littérature, pensée scientifique et culture intellectuelle. Son engagement constant dans les entreprises collectives, dont Iris, témoignait d’un attachement profond au travail éditorial et à la construction de communautés savantes.
Iris tient à rendre hommage à ces deux chercheurs dont l’œuvre continue d’irriguer la réflexion contemporaine et à exprimer sa reconnaissance pour l’apport scientifique et humain qu’ils ont offert à la revue.
Le présent numéro se voit consacré aux relations entre science-fiction et écologie. À l’heure où les crises environnementales interrogent en profondeur nos modes de vie, nos imaginaires et nos responsabilités, la littérature apparaît comme un lieu privilégié pour penser les relations entre humains, non‑humains et milieux. La section « Mythodologies » s’ouvre par une riche introduction proposant un cadrage théorique et critique, tandis qu’un article de Matteo Meschiari permet d’approfondir la réflexion. Comme à l’accoutumée, la partie « Topiques » propose des études portant sur des aspects thématiques et des auteurs précis, avant de se clore sur un entretien avec le bédéaste Mathieu Bablet.
Juste avant les comptes rendus finaux, on trouvera dans les varia un article s’intéressant aux chevaux en fuite qui interroge l’errance équine comme image funèbre à partir de la littérature chevaleresque en langue d’oïl et une analyse de L’homme qui va… de Jean-Charles Harvey, montrant comment la mythologie peut être mobilisée au service de la subversion et de la remise en cause des cadres idéologiques. Bonne lecture !
Remerciements
Les relecteurs sont restés dans l’anonymat tout le temps de la préparation, conformément à la politique scientifique de la revue qui évalue les contributions en double aveugle (avec auteurs et évaluateurs anonymes pendant le processus de relecture), mais au moment de la publication de ce numéro, il devient possible de remercier ceux qui ont accepté de l’être ici. Outre les membres du comité de lecture, mes remerciements vont à :
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Claire Barel-Moisan (ENS Lyon)
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Michel Biron (Université McGill, Montréal)
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Marie-Lucie Bougon (Université Paris Nanterre – IUT Ville d’Avray, Pôle Métiers du Livre de Saint‑Cloud)
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Simon Bréan (Université Sorbonne Nouvelle)
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Christian Chelebourg
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Christèle Couleau (Université Sorbonne Paris Nord)
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Lucia Della Fontana (Nantes Université)
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Filippo Fonio (Université Grenoble Alpes)
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Laurent Gerbier (Université de Tours)
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Anne-Marie Monluçon (Université Grenoble Alpes)
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Éric Picholle (Université Côte d’Azur)
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Anna Saignes (Université de Lorraine)
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Valérie Stiénon (Université Sorbonne Paris Nord)
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Myriam White-Le Goff (Université d’Artois)
